samedi 4 juillet 2009
113ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy, on t'a vu !
Masquer nos dettes
Tout le monde a compris que cette histoire d'emprunt populaire n'est qu'une opération de communication. Pour contrer les critiques contre ses incohérences fiscales et budgétaires, Sarkozy a trouvé cette idée: lancer un emprunt public, appuyé sur 3 mois de "débats" sur son utilisation. Le concept a fait flop. L'emprunt a surtout été un sujet de discorde... au sein du camp UMP. Fillon nous explique qu'il financera des projets d'avenir et "rentables" ("Il ne s'agit en aucun cas d'utiliser cet emprunt public comme une sorte de solution miracle à toutes nos difficultés budgétaires"). Guaino préfère des dépenses sociales. D'autres pensent à un second plan de relance. Gilles Carrez, le rapporteur UMP du Budget à l'Assemblée Nationale, s'inquiète du taux trop attractif qu'il faudra proposer pour séduire le public. Le débat existe, mais à droite. Dimanche dernier, "jour du Seigneur", François Fillon avait réuni quelques ministres pour lancer ce "Grenelle de l'Emprunt", et annoncer son calendrier de mise en œuvre. Rama Yade aimerait bien que l'emprunt serve à ... rénover les courts de Roland-Garros et les stades de football pour l'Euro de 2016. Luc Chatel pense plutôt à rendre les écoles écolo-compatibles ou aux "internats d'excellence". NKM parle de "numérique" (?); Valérie Pécresse aimerait que l'argent serve à la fibre optique. Martin Hirsch et Fadela Amara pensent "djeuns" et "banlieues". Même Frédéric Mitterrand y est allé de son couplet, sur la "rentabilité" d'installations culturelles, comme à Bilbao ou Conakry... En juin, c'est Noël en Sarkofrance ! Le ministre du budget a rappelé que "le gouvernement ne s'exprimera pas sur les modalités avant d'en avoir fixé le but". S'agit-il d'être prudent, ou d'alimenter un faux suspense pour occuper le terrain médiatique ?
Mercredi, le Monarque a reçu les organisations syndicales. Il fallait élargir le cercle. Les syndicats sont restés sceptiques. On a parlé des charges des entreprises, de l'accès des ex-intérimaires et des CDD au contrat de transition professionnelle, de la convention de reclassement personnalisée, et de la possibilité d'une prime pour les bas salaires. Nicolas Sarkozy a même annoncé la constitution d'une "commission, qui sera présidée par deux hautes personnalités". On attend encore un débauchage à la droite de la gauche.
Capter l'électorat vert et centriste
Une semaine après le remaniement ministériel, Nicolas Sarkozy poursuit son offensive de séduction: pour 2012, il a besoin de capter l'électorat centriste et surtout écolo. La droite s'est resserrée. Trente pour cent d'électeurs dociles qui suivent le monarque faute d'alternative. Et compte bien que le locataire de l'Elysée pour éviter qu'il y en ait.
Pour plaire aux centristes, Sarkozy adoucit son image. Rachida Dati est partie. Sarkozy veut éviter de parler haute couture et bijoux. L'expulsion de Dati à Strasbourg sert à ça: corriger l'image "bling bling" d'un Monarque en mal de popularité. Il a également débauché le trésorier du Modem, Michel Mercier, un vieil élu qui n'attendait qu'un strapontin ministériel pour finir sa carrière. Sensible aux attaques de François Bayrou sur les libertés publiques et l'indépendance des médias, il a nommé Frédéric Mitterrand, un clin d'oeil à la "gauche de Carla" qui n'effraiera personne. On attend de savoir si le ministre sera secondé par un autre Frédéric, Lefebvre et ineffable. Ce serait un mauvais signal, dans Sarkozy a aussi confié à Jean-Marie Bockel le soin d'afficher sa compassion pour les détenus et la situation carcérale. L'ex-socialiste s'est rapidement auto-administré une "piqure de rappel" en allant visiter une prison surpeuplée à Strasbourg cette semaine. Sarkozy nous enfle. Pardonnez l'expression. Les prisons débordent depuis des lustres, et l'ex-ministre de l'Insécurité n'a rien fait pour remédier au problème.
Côté écolo, l'offensive est plus puissante. Borloo sera sans doute le prochain premier ministre, après les élections régionales de 2010. Il faudra lui rappeler ses affaires de Valenciennes, sa conversion laborieuse et douteuse à l'écologie, son dilettantisme notoire. Cette semaine, Michel Rocard, nommé amabassadeur de la cause du Groenland par Nicolas II il y a deux mois, est revenu animer une conférence d'experts à Paris sur la "Contribution climat énergie" (CCE), la fameuse taxe carbone. C'est amusant, Rocard est une énigme. En septembre 2008, il fustigeait l'incompétence économique de Nicolas Sarkozy. Un mois plus tard, il se félicitait de sa réaction face à la crise. En 2009, Sarkozy pense à décembre prochain, le sommet de Copenhague sur le climat, un timing idéal pour les élections régionales de 2010. Il essaiera de nous faire oublier son misérable plan "Energie Climat" européen de décembre dernier, pour lequel il n'a soutenu aucun effort financier quelques mois plus tard.
Polir son image
Jeudi, Denis Olivennes a servi la soupe présidentielle, qui cherche à reconstruire la popularité défaillante du Monarque. Le patron du Nouvel Observateur a lui-même réalisé une interview du Monarque, sans prévenir sa rédaction. Le chef de l'Etat y confie qu'il regrette son image "Bling Bling" ("Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts") et ses excès verbaux-verbeux contre des journalistes. Il regrette ses emportements, s'excuse auprès de Laurent Joffrin, le directeur de Libération, se dit "choqué" par les procès en cours pour délits d'outrage à son égard.
Coïncidence, on apprenait que sa Présidence venait de réceptionner l'un des deux premiers Falcon 7X flambants neufs (coût 50 millions de dollars). Et dans la même interview, Sarkozy compare l'humour de Stéphane Guillon à celui de Jean-Marie Le Pen. Il voudrait donc nous faire croire qu'il a changé, ... comme un certain 14 janvier 2007. A l'époque, adoubé par les militants UMP, il avait livré un discours sur le thème du changement: "J'ai changé". La France et les médias découvraient incrédule un Sarkozy faussement calme. Polir l'image présidentielle est l'axe stratégique des prochains mois de l'équipe élyséenne. Franck Louvrier, le conseiller communication du monarque, a envoyé ayux patrons de presse un joli fascicule en papier glacé sur le discours de Versailles. France 5 va prochainement diffuser un documentaire hégériaque sur Sarkozy. L'Express relate comment Sarkozy s'ouvre "à de nouveaux horizons culturels". Suivrait-il la voie de Jacques Chirac, féru d'Asie et des arts premiers ? Samedi, le voici au carré Marigny, en face de l'Elysée, en train d'acheter des timbres de collection sur un marché.
Sarkozy veut être populaire, à l'approche de nouvelles secousses sociales, des prochaines élections régionales, et d'une crise dont la sortie n'est pas prévue avant 2010.
Oublier les délits en cascade
Mardi, l'Assemblée Nationale a adopté sa fameuse loi "anti-bandes", proposée par Christian Estrosi. Un dispositif inutile, basé sur le soupçon plutôt que le constat. Les polices de France pourront prochainement appréhender des groupes de jeunes sur la base d'un nouveau délit de faciès. Henri Guaino, le conseiller spécial du président, a pu juger des tensions en banlieues. Il s'est rendu caché à la Cité des Mureaux, à Montfermeil, un lieu devenu symbolique des banlieues difficiles et, du coup, très visité par des "people" politiques en mal d'expérience "terrain". La voiture de police qui l'abritait s'est faite caillasser.
L'UMP elle s'est fait prendre la main dans le sac : un vrai délit de racolage électoral actif. A peine la réduction de la TVA (de 19,6 à 5,5%) sur la restauration est-elle entrée en vigueur que le parti de Xavier Bertrand a envoyé aux quelques 120 000 restaurateurs un bulletin d'adhésion à l'UMP... Et comment l'UMP a-t-elle obtenu leurs coordonnées ? Luc Chatel, toujours porte-parole du gouvernement mais nouveau ministre de l'Education Nationale, a été pris en flagrant délit de ... contradiction. Alors qu'il défend la politique de l'emploi du gouvernement chaque mercredi à l'issue du Conseil des ministres, on apprenait qu'environ 30 000 auxiliaires et d'emplois de vie scolaire n'ont pas été renouvelés le 30 juin dernier.
Oublier le Karachigate
Il y a 15 jours, Nicolas Sarkozy a voulu balayé d'une phrase ("c'est une fable") l'affaire dite du Karachigate. L'un des avocats des familles des victimes de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002 avait révél que les juges suspectaient non plus la piste islamiste mais une vengeance du Pakistan, suite à l'arrêt du versement de commissions à leurs intermédiaires dans le cadre de la vente de 3 sous-marins français en 1994. Un ancien juge a contesté cette version. Reste que l'étau semble se resserrer autour du camp Balladur de l'époque: il est un soupçon que personne ne conteste, à part les intéressés eux-mêmes, celui du versement de commissions occultes, via cette vente d'armes (et de quelques autres), à la campagne présidentielle du candidat Balladur en 1995. Nicolas Sarkozy était son directeur de campagne. Et son équipe ne pouvait compter sur le soutien financier du RPR, tout engagé aux côtés du rival Chirac. En 1994, la France de Ballaudur, via la Direction des Constructions Navales (DCN), vend 3 sous-marins au Pakistan, mais aussi des frégates à l'Arabie Saoudite, en 1994 pour 2,9 milliards d'euros. D'après l'ancien directeur financier de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, Edouard Balladur aurait imposé deux intermédiaires à la DCN dans cette vente de sous-marins, dont l'un est "suspecté de longue date par les services secrets français de s'être livré à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur". Au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy défend sa cause: "Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté." La justice devrait entendre Edouard Balladur sur cette affaire. Attentat ou pas, le versement de commissions occultes pour financer une campagne politique n'est pas autorisé. Il faut parfois rappeler certaines vérités. Les comptes de campagne d'Edouard Balladur, validés, restent discrets sur le sujet.
Oublier la crise
Vendredi, Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat au Chômage a annoncé vouloir faire financer par le pôle emploi le permis de conduire de 0,006% des chômeurs prévus cette année, soit 20 000 personnes. Bel effort ! "Il faut aller beaucoup plus loin pour que le manque de mobilité ne soit plus un obstacle" a-t-il estimé. On se félicitera quand mêeme que le budget consacré aux aides à la recherche d'emploi (notamment pour la prise en charge des billets de train ou d'un déménagement) a été doublé de 40 à 80 millions d'euros en 2009. Il y a à peine 6 mois, le même Wauquiez estimait à 150 000 le nombre de dermandeurs d'emploi dans le besoin d'aide à la mobilité. En juillet 2009, les ambitions ont été revues à la baisse... Mercredi dernier, Sarkozy a enjoint les partenaires sociaux de renforcer l'indemnisation des salariés victimes de la crise. Il pensait surtout aux contrat de transition professionnelle (CTP), voire de rapprocher la convention de reclassement personnalisé (CRP) du CTP". Et lui, il attend quoi ? Qu'on soit tous dans la rue ?
Oublier avant tout
Sarkozy a encore deux ans pour faire oublier beaucoup de choses : ses déclarations sur les enseignants-chercheurs incompétents, son fichier Edvige, ses centres de rétentions, les franchises médicales pour tous pour financer le bouclier fiscal de quelques-uns, son "offre raisonnable d'emploi" qui expulse les chômeurs de leurs droits, son RSA qui flique leurs revenus, ses sanctions contre les préfets récalcitrants, le pantouflage de ses proches conseillers, son discours sur l'homme africain, sa diplomatie nucléaire auprès des dictatures de la planète. Nicolas Sarkozy doit faire oublier l'échec de sa rupture. La crise lui en a fournit le prétexte. Il peut célébrer le modèle social français qu'il voulait détruire tout en continuant de l'affaiblir par petites touches. L'électeur sarkozyste devra se demander si précipiter au chômage les seniors de plus de 58 ans est chose raisonnable, si lécher le cercueil d'Omar Bongo malgré les sifflets était bien nécessaire; si la défiscalisation des heures supplémentaires n'était pas la pire idée de la décennie. L'électeur sarkozyste a quelques mois encore pour juger s'il fallait acheter un nouvel Airbus présidentiel, ou claquer la bise à Poutine quelques heures avant que ce dernier n'envahisse la Géorgie; si l'éthique était au rendez-vous de cette présidence. Bref, l'électeur sarkozyste devra faire preuve de lucidité.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
(Copyright : le dessin est de Louison)
Publié par
Juan
à l'adresse
15:17
6
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : chroniques, Opinion, sarkofrance, Sarkozy
Elle ne sait pas se taire...
Publié par
Juan
à l'adresse
01:01
1 commentaires
Liens vers ce message
Libellés : Droite, gouvernement, UMP
vendredi 3 juillet 2009
Parole contre parole dans l'affaire du Karachigate ?
A chaque vente d'armes, des commissions
Le site satirique d'informations a largement relayé les pratiques de commissions dans quelques affaires de ventes d'armes par la France à Taïwan, l'Arabie Saoudite ou au Pakistan. S'appuyant sur des documents "confidentiels" de la DCN, il a rappelé les ventes des frégates à Taiwan en 1993 (une affaire demeurée mystérieuse, qui a généré, d'après la DCN, plus de 400 millions d'euros de commissions sur un contrat total de 2,3 milliards d'euros) ; celles des fameux trois sous-marins d’attaque à propulsion classique Agosta 90 B cédés au Pakistan en 1994, pour 840 millions d'euros (et 120 millions d'euros de commissions); ou celles de frégates à l'Arabie Saoudite, en 1994 pour 2,9 milliards d'euros (dont 340 millions d’euros de commissions à verser). Bakchich rapporte au passage que des accusations de corruption ont visé les proches de Benazhir Buttho, alors premier ministre, après l'acquisition des fameux sous-marins français en 1994. Son mari est l'actuel premier ministre du Pakistan, et il a rendu visite à Nicolas Sarkozy il y a quelques jours.
Le 30 juin dernier, le site racontait les coulisses de "la guerre des droites" en 1994-199, et les soupçons portés sur le camp Balladur par les Chiraquiens.
Mais le soupçon s’est installé : Balladur aurait utilisé ces contrats pour financer sa campagne. Les commissions perçues par l’équipe qui gagne, les intermédiaires Ali Bin Mussalam et Ziad Takieddine, auraient-elles atterri dans les caisses des balladuriens ? Aucune enquête judiciaire a cherché à le savoir, mais pour Chirac, pas de doute. Le nouveau président s’en serait même ouvert au Roi Fahd : « Il n’y aura plus rien pour Balladur ».
Il cite en particulier une étude réalisée par le service historique du ministère de la Défense en 2003, qui confirme les propos de Charles Millon: « Notons que sur l’initiative de Jacques Chirac quelques amendements sont apportés au contrat Sawari II. Le nouveau chef de l’Etat français obtient, en particulier, la diminution du montant des “commissions” versées en pareil cas aux “intermédiaires” ».
Pas d'attentat-vengeance
le 2 juillet, Bakchich sort un autre joker : le témoignage de Michel Debacq, un juge envoyé à Karachi au lendemain de l'attentat. Et ce dernier n'est pas tendre avec la thèse d'une vengeance pakistanaise: « aucun élément de renseignement qui accrédite la piste des commissions ». "Cette thèse est une fable". L'ancien juge explique que l'attentat est la conséquence d'une lutte intestine au sein des services secrets pakistanais. Pour preuve, Bakchich rappelle que "88 % des commissions avaient déjà été réglées" en 1995, quand Jacques Chirac décide de cesser leur versement.
Le Karachigate change-t-il de nature ? Bakchich ne (re)nie pas ses premiers propos pour autant, et insiste toujours sur les soupçons de commissions occultes ayant servi au financement de la campagne balladurienne de 1995. L'agence Reuters s'est procuré un courrier du parquet de Paris qui "envisagerait un lien entre une société créée par la DCN au Luxembourg et le financement de la campagne d'Edouard Balladur".
L'implication de Balladur... et donc de Sarkozy ?
Le site Mediapart reprend la thèse des financements occultes : d'après l'ancien directeur financier de la DCN, Gérard-Philippe Menayas, Edouard Balladur aurait imposé deux intermédiaires à la DCN dans cette vente de sous-marins : Ziad Takkieddine et Abdulrahman El-Assir. Mediapart ajoute que le second "est suspecté de longue date par les services secrets français de s'être livré à des activités illégales (blanchiment, trafic de drogue et d'armes...), mais aussi d'entretenir des «relations financières» avec l'ancien premier ministre Edouard Balladur". En 1995, Edouard Balladur ne disposait d'aucun soutien financier du RPR de l'époque, tout entier dévolu à la campagne du candidat officiel Jacques Chirac.
Si Edouard Balladur était effectivement impliqué, comment Nicolas Sarkozy, son directeur de campagne, ne pouvait-il pas l'être ?
La réponse présidentielle
Ré-interrogé sur le sujet par Denis Olivennes dans les colonnes du Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy a réitéré ses propos :
N. O. – Tout récemment encore, à Bruxelles, vous avez éconduit un journaliste de l’AFP qui vous interrogeait sur les rebondissements dans l’enquête judiciaire sur l’attentat de Karachi.
N. Sarkozy. – Si ce journaliste m’avait demandé: "L’assassinat de nos compatriotes est-il lié à un différend franco-pakistanais à propos de commissions non payées ?", je lui aurais répondu que je n’en savais rien et qu’il fallait que la justice aille jusqu’au bout de la recherche de la vérité. Mais la question était : "Vous étiez ministre du Budget, vous souteniez Balladur dans la campagne présidentielle, il y a l’attentat de Karachi, est-ce que vous étiez dans le coup ?" Je fais de la politique depuis trente-cinq ans, je n’ai jamais été associé à un scandale quel qu’il soit, et pourtant on a enquêté sur moi sous tous les angles. Cela devrait vous rassurer d’avoir un président pointilleux sur les questions d’honnêteté. J’en ai connu d’autres qui disaient à la télévision: "Des écoutes ? Moi, jamais." Je ne suis pas capable d’une telle hypocrisie !
Hypocrisie, qui a parlé d'hypocrisie ?
Dans le Monde du 2 juillet, Eva Joly répond au chef de l'Etat : "Ce qui est absolument certain aujourd'hui, c'est la gravité de l'affaire et de ces accusations, et c'est qu'il faut que cette enquête puisse désormais se dérouler dans de bonnes conditions, afin que les responsabilités, quelles qu'elles soient, soient enfin clairement établies. C'est pourquoi nous attirons l'attention du chef de l'Etat et de sa majorité sur les conséquences désastreuses que pourraient avoir, dans ce dossier comme dans d'autres, deux des réformes actuellement en cours : la suppression des juges d'instruction et l'extension du domaine du secret-défense."
CQFD
Publié par
Juan
à l'adresse
12:55
5
commentaires
Liens vers ce message
Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a pas changé
1. Nicolas Sarkozy reste un caïd
Sarkozy contrôle son parti. C'est heureux pour lui. L'ouverture, si ntant est qu'elle existe encore, n'est qu'un affichage extérieure. Celles et ceux qui le troublent, le gênent, le menacent subissent ses foudres. Dati, Boutin, Karoutchi (incompétents gaffeurs), Villepin, Bayrou (gêneurs) en ont fait les frais, sans politesse ni mesure.
2. Sa politique ne changera pas.
Bouclier fiscal, réduction (et non pas réforme) des retraites, offre raisonable d'emploi, rafles de sans-papiers, , etc..; Rien ne change en Sarkofrance. Nicolas Sarkozy en fait une affaire d'honneur. Sous la vulgate radical-socialiste du Congrès de Versailles, le président maintient la pression contre les "niches sociales" (mais pas les niches fiscales), les "mauvais" déficits publics (et ignore le soutien aux plus précaires). Quand la TVA baisse dans la restauration, sans aucun engagement ferme d'embauche de la part du secteur, Christine Lagarde nous conseille d'aller manger chez Quick. Marie-Antoinette, épouse de Louis XVI, suggérait la brioche...
Autre exemple du plan de comm', l'accent mis sur les prisons par le nouveau gouvernement : Nicolas Sarkozy, par sa politique répressive depuis 2002, est LE premier responsable de la surpopulation carcérale, une crise aggravée par les peines planchers votées dès août 2007. Et voici qu'un ex-socialiste, Jean-Marie Bockel, avocat de formation, devenu secrétaire d'Etat auprès de MAM à la Justice la semaine dernière, se dit préoccupé par la situation des prisons. Il s'est même rendu jeudi 2 juillet à la maison d'arrêt (surpeuplée) de Strasbourg, pour rappeler les deux (fausses et nouvelles) priorités gouvernementales : "Continuer à humaniser les prisons existantes", et "construire de nouvelles prisons."
3. Ses excès demeurent.
Remaniement, avion présidentiel, ou pantouflage de ses conseillers; Nicolas Sarkozy ne changera pas parce qu'il ne mesure pas ce qu'il devrait changer. Son nouveau Falcon 7X est luxueux à souhait. Nicolas Sarkozy ne s'en rend pas compte. Il n'avait aucun besoin légitime, en période de crise, de faire un tel investissement (50 millions de dollars X 2 avions). Mais c'est aussi l'avion des stars patronales. François Pinault a ainsi également reçu son nouveau Falcon 7X. Pour lui, l'appareil n'est que loué (par Artemis), et reste propriété de Lixxbail, un spécialiste du crédit-bail, et d’Oséo Financement. Oséo, la banque des PME... Son remaniement révèle aussi sa constance : un peu de "diversité" secondaire (Nora Berra, Marie-Luce Penchard), un coup de comm' (Frédéric Mitterrand), et quelques touches d'écologie (un second secrétaire d'Etat écolo, l'adjonction de l'Alimentation au porte-feuille de l'Agriculture), le tout sur fonds de fermeture.
4. Certains sont tombés dans le panneau
Il est de bon ton de dénoncer "l'anti-sarkozysme primaire" ou "pavlovien"; ça fait "gauche moderne et responsable". A dire vrai, on se fiche de Nicolas Sarkozy. L'homme est sans doute narcissique, violent, sympathique ou convaincant. Sa politique est détestable, son ambition dangereuse, son comportement sans charisme. Quand Denis Olivennes tresse une couronne de lauriers au chef de l'Etat, certains tombent dans le panneau. Laurent Joffrin, directeur de Libération, est tout heureux que Sarko 1er ait reconnu s'être injustement emporté contre lui lors de la conférence du 8 janvier 2008. ( "Pas seulement en raison de la considération que j'ai pour l'intéressé. Mais en raison de l'idée que je me fais de ma fonction"). Le socialiste Claude Bartolone résume bien l'attitude inverse : «J'ai eu surtout mal à mon Nouvel Observateur ce matin plutôt que je n'ai été surpris par le plan de com' de Nicolas Sarkozy».
Publié par
Juan
à l'adresse
00:05
5
commentaires
Liens vers ce message
jeudi 2 juillet 2009
Sarkozy a encore changé, sans blague ?
Le président français se livre à un bel exercice de communication-confession dans les colonnes du Nouvel Observateur publié jeudi 2 juillet. Dirigé depuis deux ans par le "sarkozyste de gauche" Denis Olivennes, l'hebdomadaire joue l'ouverture et sert la nouvelle stratégie présidentielle: celle qui cherche à reconstruire la popularité défaillante du Monarque "Bling Bling". Et devinez quoi ? Sarkozy a encore changé !
"J'ai commis des erreurs"
L'exercice nous rappelle un certain jour de janvier 2007. Nicolas Sarkozy adoubé par les militants UMP pour sa candidature à la Présidence de la République, avait livré un discours sur le thème du changement: "J'ai changé". La France et les médias découvraient incrédule un Sarkozy faussement calme. Cette fois-ci, Nicolas Sarkoy exprime ses regrets, pour tous ses coups de colère publics ... contre des journalistes (contre Laurent Joffrin lors de la conférence de presse du 8 janvier 2008; contre le journaliste de l'AFP en juin dernier au sujet de l'affaire Karachi). Nicolas Sarkozy regrette ses emportements, tout comme ses excès Bling Bling ("Ces critiques avaient commencé bien avant le Fouquet’s. Cela correspondait à une époque de ma vie personnelle qui n’était pas facile et où j’avais à me battre sur plusieurs fronts"), comme sa soirée au Fouquet's ("Je n’avais pas attaché à cette soirée une importance considérable") qu'il compare à la première conférence de presse du Général de Gaulle une fois revenu au pouvoir en 1958 à l'hôtel La Pérouse. Un curieux parallèle entre l'homme du 18 juin 1940 qui convie la presse et une soirée entre amis patrons et hommes d'affaires un soir de l'élection ! Autre "regret", certains délits d'outrages, comme la condamnation du témoin d'une arrestation qui s'était moqué des policiers en déclarant "Sarkozy je te vois". Le président se dédouane ("Je suis désolé de cette affaire que j’ai apprise par la presse. C’est ridicule. J’en ai été choqué. Je n’ai porté plainte en aucune manière. Je ne comprends pas pourquoi cet homme a été poursuivi devant un tribunal de police. D’autres choses ont pu me blesser – et je n’ai pas réagi pour autant.").
Ce sont donc les seules erreurs qu'il s'accorde à reconnaître. Interrogé sur ses propos à l'égard de Stéphane Guillon, le Monarque dérape, comparant l'humoriste à ... Jean-Marie Le Pen ! Finalement, il n'avait pas tellement changé que cela, n'est-ce pas ?
N. O. – Lorsque vous vous attaquez à un humoriste comme Stéphane Guillon sur France-Inter parce qu’il prend pour cible DSK, Martine Aubry ou vous-même d’ailleurs, vous sortez de votre rôle.Pour finir, le président français conclut tout en modestie et détermination: "Je ne me regarde pas agir. J’agis. Je ne suis pas narcissique, je ne vais pas commenter ma propre action. C’est vous qui direz, librement, de manière critique, ce qu’il y a lieu d’en penser. J’ai un travail à faire. C’est mon devoir. J’ai pour moi-même et ceux qui travaillent à mes côtés une immense exigence, autour d’une obsession: moderniser notre pays. Faire en sorte que la France sorte plus grande et plus forte de la crise qu’elle n’y est entrée. Et je veux aussi que, quand je partirai, nous ne laissions rien à nos successeurs que nous n’aurions pu accomplir nous-mêmes."
N. Sarkozy. – Je ne m’attaque à personne même si je considère que traiter sur le service public Mme Aubry de "pot à tabac" n’est pas respectueux de la dignité des personnes.
N. O. – Mais c’est un humoriste qui dit cela.
N. Sarkozy. – Si M. Le Pen disait cela, je suis sûr que vous le dénonceriez.
"Polir son image"
Avec cette interview exclusive, le Nouvel Obs sert la stratégie présidentielle du moment : Franck Louvrier, le conseiller en colmmunication du Monarque, travaille à polir l'image de son chef. A l'issue du Congrès de Versailles, quelques dirigeants d'entreprise et patrons de presse ont reçu un petit fascicule en papier glacé reprenant le "Discours du Président de la République" au Congrès de Versailles le 22 juin dernier; la semaine dernière, l'Express avait fait sa couverture sur "la métamorphose du président Sarkozy". On pouvait y lire, comme en janvier 2007, que le Monarque "s'efforce de gommer certains aspects de sa personalité", qu'il "découvre des horizons culturels inattendus." Suivrait-il la voie de Jacques Chirac, féru d'Asie et des arts premiers ? L'Express n'hésite pas écrire: "La culture est un registre qui permet à un président de s'inscrire dans l'Histoire. Nicolas Sarkozy l'a compris." Tout un programme !
La stratégie est claire : Sarkozy veut être populaire, à l'approche de nouvelles secousses sociales et d'une crise dont la sortie n'est pas prévue avant 2010. La nouvelle séquence électorale a un horizon :les élections réginales du printemps prochain. Sarkozy veut prendre de la hauteur, s'affiche plus discret, plus rare dans les médias, plus convivial sur Facebook. Echaudé par les couacs gouvernementaux de la précédente équipe Fillon, il hésite à se confier ("On se voit à sept-huit ministres et, le lendemain, tout se retrouve dans la presse. Non merci !"). Sarkozy veut s'afficher zen, solitaire et modeste. Au fait, il vient de se faire (enfin) livrer l'un de ses deux Falcons 7X gouvernementaux, entièrement réaménagés (coût 50 millions d'euros pièce). On attend encore son Airbus.
Dans une dizaine de jours, France 5 diffusera un portrait à la gloire du Monarque: le 13 juillet, un épisode spécial de la série "A visage découvert", dirigée par Christian Malar.
Certains médias accueillent, avec peu de recul, cette nouvelle communication offensive.
Mais la plupart s'en fichent.
Les vacances débutent.
Publié par
Juan
à l'adresse
07:38
7
commentaires
Liens vers ce message
Libellés : Président, sarkofrance, Sarkozy
Mots Clés
- Alliot-Marie (72)
- banlieues (14)
- blog (262)
- Bolloré (14)
- Borloo (64)
- carla bruni (62)
- censure (48)
- chroniques (111)
- chômage (66)
- contrat de travail (31)
- contre-proposition (6)
- culture (27)
- Cécilia (77)
- Darcos (67)
- Dati (217)
- dette (22)
- Devedjian (16)
- Droite (384)
- droitre (1)
- ducon (301)
- Défense (48)
- Education (118)
- Environnement (143)
- Eric Besson (22)
- Europe (131)
- Fillon (369)
- Finances (219)
- fiscalité (156)
- France (444)
- Françafrique (101)
- Gauche (144)
- gouvernement (819)
- Guéant (28)
- heures supplémentaires (60)
- Hortefeux (171)
- humour (86)
- identité nationale (99)
- immigration (224)
- incompétence (38)
- indépendance (88)
- Insécurité (83)
- international (328)
- inégalités (202)
- Juppé (24)
- justice (271)
- Kouchner (95)
- Lagarde (116)
- laquais (8)
- manifestations (59)
- Martinon (45)
- Ministre (38)
- Morin (29)
- médias (299)
- Opinion (219)
- opinions (1)
- Parlement (76)
- Parti Socialiste (50)
- plein emploi (42)
- police (168)
- politique (872)
- polémique (115)
- pouvoir d'achat (44)
- povcon (19)
- prison (17)
- promesses (992)
- Précarité (22)
- Président (414)
- Pécresse (38)
- religion (14)
- repentance (18)
- retraite (87)
- récidive (31)
- Santé (79)
- sarkofrance (1315)
- Sarkozy (2159)
- service minimum (45)
- sondage (72)
- Surveillance (17)
- UMP (302)
- vacarme (46)
- violence (82)
- Woerth (66)
- Xavier Bertrand (65)
- économie (106)
- élections (158)
- éthique (628)

















