30 mai 2020

Bigard President - la diversion pour cacher le fiasco.

 

 

Sous prétexte du déconfinement généralisé, Macron légalise l'application STOPCOVID, qui permettra de savoir qui est malade dans votre entourage - voisins, amis, famille, collègues.

 

Sous prétexte de faire "peuple", Macron téléphone à Jean-Marie Bigard, l'inventeur du "lâcher de salopes". Et pendant que les premier(e)s de corvée enragent en silence, Mme Brigitte organise une vente de meubles nationaux pour "financer l'hôpital".

 

La Présidence s'affaisse encore un peu plus.





Le Clown et l'Incompétent

Bigard avait besoin de faire sa pub, Macron avait besoin de faire peuple. Le monarque se sent menacé par l'inventeur du "lâcher de salopes."
"Je ramène ma gueule, je chie sur le président et le président m’appelle pour me dire 'Vous avez raison'. Donc je trouve ça génial !" Bigard.
Macron appelle Jean-Marie  Bigard, Eric Zemmour, Patrick Sébastien. Quelle séquence pour la Présidence de la République Française !

Bigard explique ensuite qu'il pourrait se présenter à la prochaine présidentielle. Quelques cercles macronistes sont gênés ou effarés par la bêtise du geste de Macron. C'est une dégradation de plus de la fonction, un abaissement du statut, un affaissement de l'homme. On l'impression d'une autodestruction, d'une exhibition masochiste. Pourquoi Macron a-t-il appelé Bigard ? Parce que l'humoriste attire beaucoup de vues sur les réseaux sociaux, et qu'il a critiqué Macron. Le couple présidentiel est comme aimanté - Brigitte Macron appelle Nabila, Jupiter appelle Bigard. Où vont-ils ? Où tombent-ils ?

La France compte 850 000 chômeurs de Catégorie A supplémentaire en avril, 29 000 morts officiels à cause de l'incompétence macroniste, des secteurs entiers ruinés - restauration, clubs sportifs professionnels et amateur, artisans; 21 000 hos­pi­ta­liers contaminés faute de matériel de protection. Mais Macron fait le clown avec les clowns.

Belle diversion.

Il n'a pas eu le temps d'appeler Guy Bedos, ni Christophe. Le premier vient de mourir de sa belle mort. Le second a été emporté par ce virus que l'Incapable de l’Élysée n'a su maitriser.

Un premier rapport d'enquête, par les élus insoumis, est venu compléter les révélations en cascade du fiasco macroniste dans la gestion du COVID sur les masques, les blouses, les tests, les lits, et même le vaccin.

L'incompétence sanitaire de Macron a tué. Fallait-il cette diversion clownesque pour qu'on parle d'autre chose ? Certainement.






"La liberté va redevenir la règle, et l'interdiction constituera l'exception". Le premier ministre était content de son bon mot, qui fut repris et répété sur toutes les ondes officielles. Edouard Philippe annonçait un déconfinement généralisé - bars, restaurants, cinémas, clubs de sports, parcs et jardins, la France devenait une immense "zone verte" (à quelques exceptions franciliennes près). Allait-on ainsi oublié le dernier recul liberticide, adopté la veille à l'Assemblée ? L'application STOPCOVID est légalisée par les godillots macronistes, y compris leurs supplétifs du MODEM (où est passé le centre humaniste défenseur des libertés individuelles ?) et le nouveau groupe parlementaire dissident AGIR. 

Les opposants au texte ont pourtant rappelé les dangers: cette application-espion a vocation à alerter toute fréquentation avec un malade - proche, ami, famille, collègue, client, fournisseur, voisins. Un nombre croissant de citoyens de tous âges comprend enfin les dangers d'espionnage et de violation de la vie privée par les applications numériques, Google et Facebook. Et c'est ce moment que le gouvernement choisit pour faire un chantage à la santé: prenez l'appli sinon vous serez complice d'une éventuelle seconde vague virale: c’est l'appli ou "accepter des morts supplémentaires" a déclaré le secrétaire d'Etat Cédric O. La démarche est ignoble, et stupide. Facultative, l'application ne sert à rien. Obligatoire, elle est liberticide. C'est l'un des meilleurs résumés, d'un député libéral à la tribune de l'Assemblée. 

La Macronie n'aime pas qu'on lui renvoie cette image liberticide. Pourtant, la violence de sa répression physique ou verbale est réelle. tout au long du confinement, et encore récemment, le nombre et l'ampleur des violences policières contre des civils impressionne. Il n'effraie plus. Il enrage.

Avant la crise du COVID, l'écrivain François Surreau, macroniste de la première heure, avait livré un réquisitoire stupéfiant pour l’Élysée sur l'ampleur de la régression des libertés publiques en France, à l'automne dernier.
"On ne peut considérer le citoyen libre comme un délinquant en puissance. C'est pourtant ce que la loi du 10 avril 2019, dite loi anti casseurs a prévu. " François Surreau.
Cette semaine, un coup final a été porté au projet de la ministre de la justice Nicole Belloubet:
le 26 mai, la chambre criminelle de la Cour de cassation a retoqué la prolongation automatique des détentions provisoires pour cause d’épidémie pour violation de la Convention européenne des droits de l'Homme. De son côté, Christophe Castaner a terminé sa traque interne dans l'affaire Geneviève Legay: il a suspendu un policier identifié comme l'une des sources de Mediapart. A Bondy, un adolescent de 14 ans est passé à tabac lors de son interpellation, à Bondy, dans la nuit du 25 mai.

Un collectif Urgences Violences Policieres a mis au point une appli pour filmer et sauvegarder les témoignages filmés.

La liberté comme règle ? De qui se moque Édouard Philippe?  Dans la France macroniste,
la police peut fouiller, tutoyer, insulter, frapper sans contrôle; on peut être placé en garde à vue pour une banderole anti-Macron à son balcon; on se fait insulter et menacer par le ministre de l'intérieur lui-même quand on dénonce le racisme et le "délit de faciès".




Premier(e)s de Corvée

A l'Assemblée nationale, les députés macronistes, soutenus par tous les autres sauf les insoumis, vident de tout sens une proposition du député François Ruffin sur les conditions de travail des agents d'entretien. Ruffin proposait une revalorisation en journée "afin d''inciter économiquement' le nettoyage en journée." - mesure supprimée par les godillots de la Macronie par une négociation volontaire entre employé(e)s et employeurs.

A la RATP, les premiers de corvée sont ces intérimaires distributeurs de gel hydroalcoolique, sous-traitants payés à la semaine, nouveaux esclaves du monde post-COVID. 12 kilos sur le dos, et deux tranches de grand trafic à distribuer du gel dans les rames du métro parisien.

D'autres premier(e)s de corvée, les infirmières, attendent leur revalorisation salariale: "la nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle". Cette formule d'Olivier Véran, ministre de la santé dont la nouvelle compagne, également députée macroniste, fait le service après vente de son mari sur les plateaux télévisés, est aussi grandiloquente que les efforts réels sont lents et petits. Depuis le début de la crise, Véran ne se distingue de Buzyn que par le sérieux avec lequel il multiplie les gaffes et les contradictions.

Des infirmières jettent leur médaille à la poubelle. La rage est toujours là. Macron ne se montre plus dans les hôpitaux. Il a laissé son ministre Véran organiser sa conférence gadget, le "Ségur de la Santé": "ce Ségur s’est ouvert par une pré­sen­ta­tion théâ­trale média­ti­que, avec une visio­confé­rence réu­nis­sant près de 300 repré­sen­tants sans pos­si­bi­lité d’expres­sion" résume le syndicat des infirmier(e)s. "A l’issue de cette opé­ra­tion de com­mu­ni­ca­tion était dévoi­lée, par voie de presse, la com­po­si­tion du comité natio­nal et du groupe natio­nal. Les repré­sen­tants des 700 000 infir­miers ont lit­té­ra­le­ment été exclus des concer­ta­tions."  Et la prime COVID (dont le décret d'application a été publié le 15 mai), est une mascarade: rien pour les infirmier(e)s du privé, des primes inférieures pour les infirmières que d'autres fonctionnaires territoriaux dans les mêmes zones géographiques, une attribution discrétionnaire dans certains établissements.


Cette Présidence des Riches ne s'arrête pas là: mercredi, le gouvernement signe une ordonnance qui réduit les délais de consultations des représentants du personnel à la Poste. Les Ordonnances Travail de Macron en 2017 avaient déjà supprimé les instances représentatives du personnel dédiées à l'hygiène et la sécurité (en supprimant 200 000 postes de représentants pour "faciliter le dialogue social" sic !). La crise sanitaire a permis de réduire encore davantage les contrôles/ Fin avril et début mai, alors qu'on s'approchait du déconfinement, Macron a diminué "temporairement" les délais d'information et de consultation.

Pour les derniers de corvée, les plus riches, les mieux protégés par leur richesse, le gouvernement est aux petits soins. Il refuse tout recours à l'impôt exceptionnel ou même le rétablissement de l'ISF (3 milliards d'euros perdus chaque année). Il exonère grandement les revenus financiers grâce aux plafonnements fiscaux et aux exonérations de cotisations sociales, malgré les 170 milliards d’euros de dividendes en 2018. Il ne fait pas grand chose contre la fraude et l'évasion fiscale (30 à 80 milliards d’euros annuels), sauf à réduire le nombre de fonctionnaires en charge du sujet et à soutenir que les paradis fiscaux n'existent pas en Europe

Il préfère brader le patrimoine national. Comble de l'hypocrisie, une "vente de meubles issus des collections publiques sera organisée en septembre au profit de la Fondation Hôpitaux de France", fondation présidée par ... Brigitte Macron.

Quelle belle charité avec le patrimoine d'autrui...

A l'incompétence sanitaire s'ajoute la complicité de classe. La Présidence des riches n'a pas changé. On a eu un micro-psychodrame quand Renault bénéficiaire de 5 milliards d'euros de prêts garantis par les contribuables annonça vouloir fermer des usines en France. Bruno Le Maire s'est fâché tout rouge sur les plateaux télévisés quand on l'a accusé d'être l'idiot utile de la situation - son "méga-prêt" n'était assorti d'aucune contrepartie en matière d'emploi. Deux semaines plus tard, on comprend ... qu'on avait tort. Bruno Le Maire n'est pas benêt, c'est un complice de l'appauvrissement national. Renault officialise cette semaine la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont deux usines en France. Et Sibeth Ndiaye fait même bénéficier Renault de son incompétence: la porte-parole du gouvernement vient faire le SAV à la radio, avec une grosse bêtise de plus qu'elle tente de rectifier le soir-même: "Renault fabrique 6 millions de voitures par an et en vend 3 millions, donc vous avez 3 millions qui restent sur le carreau."

Pire encore, Macron annonce son plan de soutien à l'automobile française. Surprise, surprise... Ce plan de 8 milliards d’euros chargé de "faire de la France la première nation productrice de véhicules propres en Europe" bénéficiera ... aux véhicules Diesel et les gros SUV: ce plan, résume LesJours, "c’est à peu de choses près ce que les constructeurs voulaient: soutenir le jeune marché électrique, ne pas embêter la relance des véhicules thermiques et surtout ne pas remettre en cause les confortables marges dégagées depuis quelques années en vendant des SUV, ces pseudo-4x4 urbains trop lourds, trop gourmands en énergie, trop émetteurs de gaz polluants." Soutenir les véhicules thermiques, alors que la planète s'apprête à vivre un nouvel épisode caniculaire sans précédent du réchauffement climatique général, il fallait y penser. Le conservatisme macroniste ne lasse pas de surprendre.

Au Canada, en Inde, et même en Sibérie, les températures sont déjà hors normes. En France, Macron subventionne l'achat de SUV.

Ami macroniste, ne change rien.