SARKOFRANCE #03

Blog politique depuis 2007.

26 mai 2015

Le Pen, Sarkozy, la République en déshérence

Pourquoi écrire et que commenter ? 


La République s'offre en dénomination au parti-clan de l'ancien monarque. La France de 2015 a des relents de fin de seconde République. Cécile Duflot a eu tort de traiter le braillard Melenchon de Déroulède alors que Sarkozy sévit encore comme un Napoléon rescapé de Waterloo.

"Les Républicains" auront fort à faire, car nous sommes tous républicains. Certains mêmes plus que d'autres. La République est maltraitée par ceux qui s'en réclament.

Mais les Républicains partent déjà rassérénés par la tentative judiciaire de quelques opposants de les priver de cette appellation déjà trop coûteuse pour les finances d'un parti rendu exsangue par l'affaire Bygmalion. Dans quelques jours, le Congrès fondateur autorisera par plébiscite le changement de nom, comme si cela changerait le fond. Et Nicolas Sarkozy pourra jouer de cette ambiance pour se poser en victime du "système". Il faut attaquer Sarkozy sur le fond, jamais sur le futile. L'appellation d'un parti est futile. Il suffit de relire  comment les mouvements se dénommaient avant que la République ne sombre dans la Collaboration pour s'en rappeler.

Nicolas Sarkozy est plus inquiet pour ses affaires, ses propres tracas avec la justice. Il a sans doute ses raisons que la justice n'ignore pas. Pour l'instant, chaque parti de France devrait accoler la mention "parti républicain" comme mention descriptive, histoire de brouiller les pistes et de s'amuser encore un peu.

François Hollande s'est réfugié au Panthéon pour un hommage mérité à quatre figures de la résistance à l'obscurantisme, tandis que la fachosphère s'excite sur les réseaux sociaux contre un film qu'elle n'a pas vu - il n'est pas sorti - relatant la repentance d'un skinhead d'extrême droite. L'actualité est quand même sacrément vicieuse pour nous infliger pareille coïncidence.

Les Le Pen continuent leur cirque politico-familial. Contre l'avis de son grand-père, la jeune Marion Maréchal-Le Pen a déclaré sa candidature à la présidence de la région PACA.  Le bureau national du FN l'avait investi, quel suspense ! Vendredi dernier, une huitième personne a été inculpée dans l'enquête sur le financement politique du FN. Et Marion Maréchal-Le Pen avait l'habitude de se faire aider/financer par le micro-parti du patriarche.

Le patronat s'indigne que le gouvernement maintienne le principe du compte de pénibilité que les élus de la Nation ont voté, mais un syndicat s'indigne que le même gouvernement simplifie à l'extrême les conditions de son application. On cherche à comprendre qui a raison et qui a tort. Il reste difficile de sortir des caricatures, sauf pour celles et ceux qui cessent d'écouter les ultra-résumés de l'actualité chaude.Le ministre du travail, le fidèle et centriste François Rebsamen déclare sa flamme deux ans trop tôt et trois ans trop tard. Deux ans trop tôt puisqu'il y a fort à parier que Hollande ne le changera pas de place ministérielle; et que même Hollande a compris qu'il lui faudra rallier quelques soutiens à gauche dont Rebsamen ne fait pas partie.  Trois ans trop tard car Rebsamen aura fort à faire pour faire oublier comment Pôle emploi s'apprête à fouiller les comptes bancaires de ses inscrits.

Pourquoi écrire ? Que commenter ? 

Même Manuel Valls le catalan a oublié de féliciter Podemos pour sa victoire à Barcelone.

C'est dire...


23 mai 2015

420ème semaine politique: Hollande, Sarkozy, Mélenchon - les égarés.

Il y a 420 semaines, Nicolas Sarkozy était élu président et cet homme tente de sortir du cercueil de l'Histoire dans lequel il s'est lui-même enfermé. Son successeur ne l'a pas fait oublier. Sarkozy est son propre pire ennemi. Mais la France politique toute entière s'est égarée.


Hollande est à Berlin, Hollande livre quelque soutien à une de ses ministres mal en point dans une réforme du collège qui coagule des oppositions contradictoires mais virulentes. Hollande inaugure des usines ou des musées. Hollande travaille sa comparaison avec le Mitterrand de 1987 qui préparait sa réélection de 1988. La France d'alors cohabitait avec un Jacques Chirac nerveux et thatchérien, on a oublié cette période et les plus jeunes ne l'ont pas connue. La France de 1986 avait une trentaine de députés frontistes à l'Assemblée nationale, des députés d'obédience pétainiste ou poujadiste, et franchement xénophobes.

La France de 2015 cohabite avec Manuel Valls. 

Hollande et Valls sont à l'image de la classe politique - élus, militants, sympathisants et commentateurs: ils sont égarés et crispés, inconscients et hors sol. Ni Hollande ni Valls ne sont conscients des alliances nécessaires, respectueux des soutiens passés, intelligents avec une époque qui a besoin de calme et d'assurance. Une bonne politique serait cohérente avec l'urgence du moment, la précarité plutôt que les dividendes, l'investissement plutôt que l'image.
La période est curieuse. Hollande et Valls ne sont pas seuls dans l'égarement. Cette semaine encore, un large échantillon politique a révélé ses faiblesses.

Prenez la réforme du collège qui, relate Mediapart, aurait d'autres enjeux.  Le premier d'entre eux, paraît-il, est l'autonomie,  "20 % de l’emploi du temps des collégiens seront réservés à un enseignement 'interdisciplinaire'". Une disposition qui irrite nombre des opposants à la réforme. Mélenchon hurle à la fin du collège unique. En face, la droite toute entière crie à l'inverse que cette réforme impose un carcan supplémentaire et prône le "collège diversifié". S'ajoute le stress des enseignants à l'idée que des matières peu attractives comme les langues antiques ou l'allemand vont disparaitre si l'on ne maintient pas des options (antiques) ou des classes dédiées (bilangues). La question suivante est rarement abordée: vaut-il mieux maintenir quelques enseignements publics élitaires ou améliorer l'enseignement scolaire du plus grand nombre ? Tous les désaccords sont respectables, mais la violence caricaturale des arguments de part et d'autres laissent pantois.

Mardi, des enseignants manifestent ou font grève, le ministère et syndicats se disputent les taux de grévistes, 27% d'après le premiers, 50% d'après les seconds. La différence, explique la responsable du SNEP-FSU mardi soir, proviendrait de manipulations - le ministère n'aurait pas voulu compter les absents (sic!). Le lendemain, Hollande passe en force. Le décret de la réforme est signé. On ne comprend plus où est le dialogue social. Mais les opposants promoteurs du dialogue, à force de crier trop fort, n'ont-ils pas été une fois de plus contreproductifs , et poussé le gouvernement à régler rapidement cette affaire ?

Entre les concurrents UMPistes à la primaire présidentielle, c'est le concours Lépine des (mauvaises) idées.
 
Que l'UMP s'énerve n'a rien de surprenant. Pour les autres opposants en revanche... La droite présente son "collège idéal". Bruno LeMaire prend de vitesse Nicolas Sarkozy. Il ne veut plus que les gouvernements aient leur mot à dire sur les programmes (que n'a-t-il dit entre 2007 et 2012 ?), mais il refuse que l'enseignement public mette à mal la "fierté nationale". Passer sous silence les heures sombres de la patrie, quelle belle idée ! On croit rêver.

Jeudi, Sarkozy tente de se rattraper à Rillieux-la-Pape, près de Lyon, dans un meeting devant 2.500 militants. Il prépare son Congrès, dans quelques jours. La grande affaire du moment est un changement de nom drôlatique - les Républicains. "Les amis de “moi je” ont donc décidé que nous n'aurions pas le droit de nous appeler les Républicains. Moi, je ne luis conteste pas le droit d'être socialiste!" Nicolas Sarkozy

Se disputer des étiquettes politiques a remplacé chez certains le débat de fond.

Deux proches de Nicolas Sarkozy n'étaient pas à Rilleux-la-Pape. La justice leur court après, maintenant qu'ils ont perdu leur immunité parlementaire. Il y a bien sûr Patrick Balkany, dont on apprend que son évasion fiscale a été élaborée par un associé de Nicolas Sarkozy, l'avocat Arnaud Claude. Le second mal en point s'appelle Jérôme Lavrilleux, ancien directeur de campagne en 2012, qui a avoué l'an dernier l'ampleur des fausses factures de l'agence Bygmalion pour couvrir la fraude aux règles de financement électoral de Nicolas Sarkozy.
 
Manuel Valls est à Nice, aux côtés de Christian Estrosi. 
Il pense sans doute qu'une fraction des électeurs du maire de Nice et autres supporteurs surexcités de cette droite furibarde votera pour lui puisqu'il est venu s'inquiéter localement des "afflux de migrants". Ces migrants par milliers représentent quelque pouillème de pourcentage de population européenne ou française, mais on stresse "le retraité et la ménagère". Entre les caricatures complaisantes du sociologue désoeuvré qui s'indigne qu'on s'indigne après les attentats contre Charlie Hebdo et l'HyperCasher et les inflammations verbales anti-migratoire, comment ne pas perdre la tête ?

Manuel Valls était aux côtés de cette personne qui au même moment dérapait sur le blanchiment des deux policiers poursuivants les garçons Ziad et Bouna, électrocutés quelque part à Clichy-sous-Bois en 2005. A l'époque, ce drame avait déclenché des émeutes inédites en France. Le ministre de l'intérieur, incapable, s'appelait Nicolas Sarkozy. Dix ans plus tard, les deux flics sont blanchis, Marion Maréchal-Le Pen applaudit des mains et des pieds. Christian Estrosi renchérit et abonde sur iTélé.
— Bruce Toussaint : «Là, vous parlez de délinquants mais pour Zyed et Bouna, pour ces deux garçons, il n’y a aucune preuve qu’ils étaient délinquants.»
— Christian Estrosi : «Mais de quoi parlez-vous ? Ils étaient bien en excès de vitesse !»
Le même Estrosi était aux côtés de Manuel Valls la même semaine pour parler d'immigration.

On hallucine.

Ces postures misérables dégradent la politique.

Au PS, on vote pour quatre motions. Le parti cherche ses militants, les sections sont désertées. Même Montebourg est parti vendre des meubles Habitat. Le sujet - qui des légitimistes, des frondeurs ou de la "fabrique" l'emportera ? - a peu d'intérêt autre que politicienLe PS est trop faible pour qu'un changement de majorité en son sein change grand chose. Au final, près de la moitié des encartés ne se déplace pas. Et la direction sortante s'en tire avec 60% des suffrages exprimés.


Même en matière économique, le hasard fait désormais mal les choses. Mercredi, les Echos révèlent que le gouvernement réfléchit à plafonner légalement les indemnités que les prudhommes pourraient attribuer. Le même jour, Pôle Emploi confirme le renforcement des contrôles... sur les chômeurs de longue durée. François Rebsamen, ministre égaré du Travail, qui assume la décision, a le sens du timing. Il a raté le nouveau film de Stéphane Brizé, "Loi du Marché", avec un excellent Vincent Lindon, chômeur devenu vigile au service d'une répression sociale discrète et effroyable. Que connaît Rebsamen, maire de la bourgeoise Dijon, de la réalité ?

Comme il faut "équilibrer" , Rebsamen avait aussi une annonce - le rétablissement d'une prime de 300 euros par mois pour les chômeurs de plus de 60 ans, et une suggestion - que les partenaires sociaux réduisent le plafond d'indemnité chômage des cadres.

Cécile Duflot rompt avec Jean-Luc Mélenchon. 

Sa tribune publiée mercredi par Libération est un petit séisme. Il met un terme au rapprochement inachevé entre EELV et Parti de gauche. Il y avait pourtant matière à une nouvelle alliance. Duflot rappelle les convergences - le refus du "calamiteux traité Merkozy", le soutien à Syriza,

Duflot écrit tout fort ce que d'autres pensent trop bas. La posture anti-Merkel de Mélenchon devient germanophobe et souverainiste à force d'outrances. Et "l’invective n’est pas le meilleur moyen de se faire entendre d’un peuple." Ce reproche n'est pas nouveau. Forcément, chez "l'accusé", on se défend et on riposte. On sous-entend que le désaccord de Duflot avec Hollande/Valls était factice, que Duflot "cotise" au PS, qu'elle n'est qu'un "agent double" ou une "girouette".  Cette intolérance des plus braillards à supporter la critique en retour est fascinante.




Cette période politique est tristement fascinante, presque décourageante. Il ne reste plus qu'à distribuer des gifles, ici ou là, et surtout à tout le monde, afin de rééquilibrer le débat. Tenter de faire comprendre que personne n'est à l'abri, qu'il faudrait déjà commencer par calmer la forme pour approcher le fond, et retrouver le sens de l'échange des idées.



16 mai 2015

419ème semaine politique: Hollande, la nostalgie castriste et les amnésiques



C'était un voyage historique, on vous l'assure. Mais là n'était pas l'important. 

 

François Hollande a rencontré Fidel Castro.

 

Quelle affaire !




Le voyage fut express, une poignée de jours pour visiter Martinique, Guadeloupe, Saint-Barth, Saint-Martin et même Cuba. Lundi soir, le président français était rentré à Paris avec ses ministres et ses industriels, lesquels espèrent à juste titre ne pas laisser l'île récemment libérée du blocus nord-américain se faire accaparer par les entreprises de l'Oncle Sam. Aux Antilles, Hollande a fait beaucoup de cadeaux: quelques désagréables mesures de défiscalisation en Martinique ou à Saint-Barth, plus d'effectifs de  gendarmerie, un foyer éducatif, une annexe du tribunal de grande instance à Saint-Barth, un programme d'Erasmus caribéen, la création de deux IUT (Martinique et Guadeloupe), des selfies en cascade, du serrage de mains et des bisous partout.&nbsp
Hollande est en campagne, l'envoyée spécial du Figaro est glacé d'effroi qu'un président fasse aussi tôt campagne.
Un conseiller lâche: «Une main, un selfie, un bisou, ça fait trois voix». Bas les masques. Hollande aux Caraïbes : les coulisses d'un voyage au long cours", 14 mai 2015.
Un autre ancien thuriféraire de Sarkofrance s'en inquiète. Le même ne disait rien des tournées de voeux somptuaires et somptueuses de Nicolas Sarkozy.

Hollande rencontre Castro et c'est l'émoi ou la joie en Sarkofrance. 

Un député communiste accompagnant jubile, l'Huma applaudit, une gauche se félicite du rendez-vous. Hollande est habile, il s'attendait à ces effusions de joie, forcément provisoires: la gauche de la gauche ne se ralliera pas pour si peu.

A droite, c'est la consternation. Le Figaro publie un cliché figurant Hollande et Castro souriant et se serrant la main. Le vieux Fidel est encore et comme toujours en jogging Adidas. la photo, comme toutes les autres publiées sur cette rencontre, a été prise par l'un des fils de Fidel Castro. Les sarkozystes braillent, couinent et pleurent leur indignation sur toutes les ondes. Même l'ex-villepiniste Bruno Le Maire, ancien ministre des affaires européennes de Nicolas Sarkozy, habitué des génuflexions diplomatiques les plus scabreuses du quinquennat précédent, fustige le président. Tous ont été frappés de la forme la plus terrible de l'amnésie politique, la plus grave, la plus hypocrite. Celle qui vous fait oublier le cirque de l'Union pour la Mediterranée, les courbettes de Sarko devant le boucher Assad (2008), ses embrassades avec Poutine aux Jeux Olympiques de Pékin (2008), la tente de Kadhafi à l'hôtel Marigny (2007), ou le discours sur l'homme africain "insuffisamment entré dans l'histoire" à Dakar (juillet 2007). De quel droit un homme politique régulièrement rémunéré par des banquiers ou des autocraties étrangères pour quelques heures de conférences peut-il avoir quelque chose de digne à dire en terme de diplomatie droits-de-lhommiste ?

Qu'une rencontre avec Castro suscite autant d'émois avait finalement quelque chose de cocasse. La France politique de 2015 n'a plus beaucoup de repères, alors elle s'attribue les anciens, et sombre dans des joutes faciles. La France normale s'en fiche un peu. D'après quelques enquêtes, les Français sondés approuvent même.

Hollande est absent. 

Des sujets qui fâchent, il ne dit rien. En France, le chômage, la précarité, la pauvreté. Il attend la croissance, plus forte en France qu'en Allemagne au dernier trimestre. Et la fameuse inversion de la courbe du chômage qui suivra. Il laisse sa ministre de l'Education nationale batailler contre la coalition des contraires qui fustige la prochaine réforme du collège. Comme parfois, les critiques sont nombreuses et contradictoires. Quelques syndicats critiquent, d'autres soutiennent, la suppression d'options élitaires au profit d'un plus large enseignement. La droite furibarde tente de faire croire que cette ministre veut transformer nos collèges en écoles coraniques. Et d'autres encore s'inquiètent de l'autonomie pédagogique plus grande que le ministère propose.

Un hebdomadaire en remet une couche, en fin de semaine, sur Julie Gayet. Un autre, plus sérieux, plus drôle, plus triste aussi, est en crise. Charlie Hebdo, bêtement attaqué par l'intellectuel Emmanuel Todd, se déchire. La direction cherche à virer l'une de ses journalistes. L'emblématique Luz serait aussi sur le départ.

La France peut être Charlie même sans Charlie.

Après l'Auvergne, Poitou-Charentes, Manuel Valls poursuit sa tournée de signature des nouveaux contrats de plan Etat-Région. Les élections régionales sont proches. Lundi, le voici donc à Lyon, pour celui de  Rhône-Alpes, 2 milliards d'euros pour 5 ans, avant la fusion, l'an prochain de cette région avec l'Auvergne. Valls use d'une curieuse expression, relayée sur le site officiel du gouvernement: "Les montagnes ont toujours constitué un lien et non pas un obstacle".  Au passage, il "refuse" le plan social de Renault Trucks, 512 postes supprimés à  Saint-Priest dans la banlieue lyonnaise, annoncé le jour même. On ne sait pas très bien ce que cet interventionnisme de façade signifie, mais Valls a la formule ferme: "On ne peut pas accepter le plan qui nous a été présenté [...] il faut aujourd'hui trouver une autre solution". Laquelle ?

Dimanche, le premier ministre se montre à Cannes, le Festival vient d'ouvrir ses portes. Officiellement, c'est pour parler "droits d'auteur" alors que la Commission de Bruxelles lance une nouvelle salve contre l'exception culturelle française.

Jean-Luc Mélenchon entame la tournée promotionnelle de son dernier bouquin. Une charge anti-Merkel que d'aucuns résument à de la germanophobie. Ces derniers esprits faibles sont surtout aveugles, ou aveuglés, pour ne pas voir l'emprise parasitique de notre voisin d'Outre-Rhin sur l'économie européenne. Le modèle allemand, tant vanté de Nicolas Sarkozy aux socialistes convertis à la politique de l'offre, ne fonctionne que pour un seul pays, le premier, le plus puissant. Mélenchon pointe les dangers et en appelle à la solidarité avec le gouvernement grec, et de cette "Grèce qui change malgré tout".  La germanophobie qui "explose partout en Europe". "Ce sentiment peut virer à la haine xénophobe" car "Berlin se met au service d’une politique: l’ordo-libéralisme."

Sarkozy s'invite sur Twitter. 

Une photo de lui, une cravate bleue sur chemise blanche ou grise. L'ancien monarque nous propose d'inter-agir avec lui sur Twitter. L'opération est un fiasco. Les conseillers de Sarko sont contraints de trier les tweets pour trouver à qui répondre au milieu des railleries et des attaques. Sarkozy a toujours été du pain béni pour Internet.

On se régale. On apprend plein de choses, mais jamais l'essentiel. Sarkozy a fini la saison 3 de Homeland, mais ne répond pas sur ses tracas avec la justice.

Cherchez l'erreur.



Un maire UMP d'une commune des Bouches-du-Rhône achève le show d'un tweet promettant l'interdiction de l'islam en France en octobre 2017 si Sarkozy était réélu président. Quelques ténors UMPistes s'indignent, comme par réflexe. Mais cette droite reste agitée par les démons migratoires. Sa presse de prédilection travaille à effrayer le chaland, surtout âgé. La nouvelle que l'Europe allait se "partager" les migrants clandestins provoque des crises d'urticaire xénophobe. Passée l'émotion de la noyade de quelques milliers de clandestins en Méditerranée, on décrypte les routes clandestines à travers l'Europe, on jette d'alarmantes statistiques ("alerte rouge à la frontière franco-italienne"). On ne parle pourtant que de deux cent mille clandestins dont il faudrait allouer l'accueil entre une dizaine de pays européens. Sur une chaîne de télévision nationale, le "journaliste" pose la question qui tue, depuis son présentoir sur-éclairé: "y-a-t-il une droitisation de la société ?"

Mercredi, le maire de Nice Estrosi propose plutôt de couler les bateaux des passeurs dans les ports de l'autre côté de la Méditerranée. Vendredi, le député UMP Eric Ciotti réclame le retour au droit du sang. Il ressort les arguments de l'extrême droite, même les plus crétins, comme ce dernier: "on ne peut pas, aujourd'hui, donner la nationalité par hasard". Y-a-t-il plus grand hasard que la nationalité héritée de naissance ? 

 La droite républicaine est-elle perdue ? Elle zigzague entre délires frontistes et attaques primaires.

Ami sarkozyste, ressaisis-toi.






Crédit illustration: DoZone Parody - Croisepattes.