C'est une drôle de campagne que celle de Nicolas Sarkozy. A peine élu, il demandait à être jugé à l'issue de son mandat. Celle-ci arrive, et le voici emballé par une fausse agitation après 18 mois d'immobilisme incroyable à l'égard des urgences du pays. Tout juste fut-il contraint de se montrer sur quelques scènes européennes face à la nouvelle crise financière européenne et française.
Il fait campagne, mais sans le dire. Il s'énerve, mais tâtonne. Il stresse ou inquiète les autres, mais ne change rien.
Jeudi 26 janvier, il avait envoyé « le-meilleur-d'entre-eux», le rigoureux Alain Juppé, débattre face à François Hollande. Le résultat fut détestable.
Sarkozy candidat hésitant
Il serait faux de considérer que l'actualité internationale l'occupe à temps plein.
Au contraire, il est même étrangement absent. La perte du Triple A chez Standard and Poor's l'a même éjecté de la scène européenne. Certes, il assistera à un micro-sommet à trois, lundi à Bruxelles, avec l'italien Mario Monti et Angela Merkel. Mais le Monarque ne fait désormais plus que de la figuration. Mercredi à Davos, on n'a entendu qu'Angela Merkel réclamer davantage de fédéralisme européen. Cette dernière position est loin de faire sourire Nicolas Sarkozy. Il grimace en silence, lui qui préfère parler de « convergence » entre Etats. La chancelière « triple A » s'offrit même le luxe d'une interview dans 6 journaux européens (Le Monde, Süddeutsche Zeitung, The Guardian, La Stampa, El Pais et Gazeta Wyborcza).
Depuis début janvier, Nicolas Sarkozy ne s'épargne aucune cérémonie de voeux un peu partout en France. A chaque fois, l'intervention est brève - les discours n'excèdent pas 40 minutes pour les plus longs -, mais le déplacement mobilise l'Elysée tout entier. A chaque fois, Nicolas Sarkozy préfère tacler l'une ou l'autre des propositions du candidat Hollande. Ses véritables annonces pour l'année sont rares, et pour cause. Son horizon politique s'arrête en mai prochain. Tant qu'il n'avoue pas sa candidature, impossible de revendiquer quoique ce soit au-delà.
Dimanche, il a mobilisé pas moins de 6 chaînes de télévision pour de « grandes annonces ». N'est-il pas déjà fatigué de ces moments à répétition qu'il nous promet « décisifs », qu'il s'agisse de sommets étrangers ou élyséens, d'interventions ou d'annonces ?
Pris à partie par quelques députés de l'opposition, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel s'est résolu à décompter au moins partiellement le temps de parole de Nicolas Sarkozy lors de sa prestation de dimanche, dans deux cas de figure s'il cause de son bilan ou ou des « mesures d’un possible programme ».
Le candidat Sarkozy a même réactivé sa page Facebook. Il espère que les quelque 600.000 fans seront autant d'électeurs. Depuis quelques jours, il multiplie les messages, rédigés par d'autres, sur sa page « personnelle ». Il veut « reconquérir la toile », s'amuse un journaliste.
L'UMP matraque dans le vide
Certains citoyens, par un biais encore inexpliqué, ont reçu un spam dans leur boîte aux lettre, un courriel de Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP. Ce courriel, adressé à des destinataires non militants ni sympathisants de l'UMP, a été envoyé en masse, « jusqu'à 30% des Français connectés » précisait France Info, qui révélait le scoop mercredi dernier. Copé ne s'embarrassait pas: « En tant qu'électrice, vous êtes amenée à recevoir des courriers de partis politiques dont ceux de l'UMP ».
Mardi déjà, quelque 6 millions de tracts avaient été livrés et distribués pour défendre le bilan du Monarque. Les faux états d'âme de ce dernier avaient ruiné l'effet escompté.
Il a demandé à son fidèle Guéant de mobiliser les forces de l'ordre au « premier quadrimestre 2012 ». Le député socialiste Jean-Jacques Urvoas a ainsi publié sur son blog une note interne de la Direction générale de la gendarmerie datée du 19 janvier dernier qui enjoint les troupes à se montrer: « conformément aux orientations données par le ministre de l'intérieur, (...) il convient désormais, et ce jusqu'à la fin du mois d'avril 2012, de valoriser nos actions en externe en matière de lutte contre les personnes, les cambriolages, les incivilités ». La délinquance violente progresse depuis 2002. Mais les consignes, à moins de 3 mois du scrutin présidentiel, deviennent bizarrement plus orientée à l'égard des forces de l'ordre.
Cette manoeuvre est grossière et indigne.
Ses sbires racontent toujours n'importe quoi
C'est la mauvaise foi en action. Mercredi 25 janvier au matin, Laurent Wauquiez accusait François Hollande de mauvaise gestion en Corrèze, dont il préside le conseil général: « François Hollande a
augmenté en Corrèze les impôts de la Corrèze cette année de 12 %! ». Le ministre de l'enseignement supérieur, toujours très discret sur l'objet même de son boulot, omettait de préciser que la Corrèze était déjà surendetté avant 2008 et le changement de majorité départementale.
Mercredi, la cellule Riposte de l'UMP faisait encore plus fort: elle publiait le « programme caché de François Hollande », un florilège de 30 propositions dont l'essentiel figuraient... dans le programme d'autres candidats ou d'autres documents sans rapport avec le programme ni les déclarations du candidat ou, pire, étaient totalement inventées. Les journalistes Guillaume Launay et Cédric Mathiot de Libération, sur leur blog Desintox, n'en revenaient toujours pas: « Les trente points listés sur ce tract trouvent leur matière dans le
procès d'intention, l'amalgame ou le mensonge pur et simple. Eviter de
débattre du projet de l'adversaire pour s'échiner à débiner un fantasme
de projet : le degré zéro de la politique.» Ils n'avaient trouvé qu'une mesure (sur trente !) correctement énoncée.
Jeudi, la présentation par François Hollande de ses 60 propositions fut l'occasion d'une nouvelle salve de n'importe quoi. La ministre du Budget accusa: « C'est un projet qui met le modèle social en péril, la crédibilité de la France en péril et qui menace les Français ». Pourquoi ? Parce que le candidat a promis de réduire les avantages fiscaux ou sociaux des plus fortunés en période de crise ... Pourtant en charge du budget, elle refusa de commenter les hypothèses de croissance du candidat socialiste qui sont plus prudentes que celles du gouvernement. Ses deux attaques furet concentrées et sans preuve ni chiffrage contre la « réforme de la réforme » des retraites et les dépenses publiques. Elle accusa Hollande d'aggravé de 5 milliards d'euros le déficit des retraites si on autorisait ceux qui avaient commencé à bosser avant 18 ans mais cotisé 41 ans et demi à partir en retraite. Elle ajouta 15 milliards d'euros de déficit supplémentaires si la retraite à 60 ans s'ouvrait aussi à celles et ceux ayant cotisé 41 ans depuis 19 ou 20 ans... En quelques phrases et quelques bourses, Valérie Pécresse venait de confirmer la profonde injustice de la réforme Sarkozy: celles et ceux qui ont commencé à travailler et cotiser avant 20 ans supporteraient l'essentiel de la réforme Sarkozy.
Jeudi soir sur France 2, Nicolas Sarkozy avait envoyé son ministre des affaires étrangères Alain Juppé, débattre avec François Hollande. Ce satané candidat socialiste venu de nulle part a dissous l'ancien premier ministre de Jacques Chirac.
Le « meilleur d'entre eux » s'est agacé, énervé devant la précision du candidat socialiste.
Fichtre!
La prochaine fois, Nicolas Sarkozy devra y aller tout seul.
Quelle ignominie.
SARKOFRANCE
vendredi 27 janvier 2012
jeudi 26 janvier 2012
Comment Sarkozy a fait baisser le chômage... partiel
On se souvient de ses incantations en faveur du chômage partiel, au début de 2009. Des centaines de milliers de nouveaux chômeurs s'amassaient mois après mois dans les agences du nouveau Pôle Emploi tout récemment créé. L'agence de l'emploi était submergée, et Nicolas Sarkozy attendit une année supplémentaire pour la renforcer de 1.850 CDD et un peu de sous-traitance.
Un an plus tard, le chômage de masse continuait de s'imposer au pays. Interrogé à la télévision en janvier 2010 puis février 2011, Nicolas Sarkozy nous assurait qu'il allait baisser. Il avait entre-temps réduit de 15% les crédits de la politique de l'emploi en 2011, croyant que la reprise était là.
Chômage réel, chômage de masse
Mercredi 25 janvier, le ministre du travail devait encore commenter une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi en décembre dernier. Le bilan de l'année 2011 est exécrable. Finalement, le seul chômage que Nicolas Sarkozy est parvenu à faire baisser, était le chômage partiel en entreprise...
Fidèle à son habitude, il avait prévenu dès la veille que les résultats seraient mauvais, très mauvais.
Très mauvais, ils furent. La France frôle désormais les 3 millions de sans-emplois (2,874 millions à fin décembre 2011, soit +5,6% en un an), et 4,9 millions d'enregistrés à Pôle emploi. Si l'on ajoute les 320.000 radiés pour raison administrative ou technique, on dépasse allègrement les 5 millions de demandeurs d'emploi.
Quelque 4,27 millions cherchent activement un emploi (catégories A, B et C). Leur ancienneté moyenne d'inscription à l'agence de l'emploi est de 250 jours, soit 22 de plus qu'un an auparavant. Plus grave encore, le nombre d'offres d'emploi publiées chaque mois par Pôle Emploi progresse à peine: 262.000 en décembre 2010, 280.000 en décembre 2011.
Il reste pourtant quelques UMP du clan Sarkozy pour expliquer que les Français sont empêchés de travailler... Rappelons que 42% seulement sont indemnisés par l'assurance chômage, et 7% par la « solidarité nationale » (moins de 500 euros par mois).
Chômage partiel, chômage caché
La direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) vient justement de publier, avec retard, un bilan du recours au chômage partiel de 2007 à 2010. Et ce bilan est terrifiant. Aux côtés du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle Emploi, voici une seconde mesure de la sous-activité du pays, celle du chômage caché en entreprise.
1. Le recours au chômage partiel s’est fortement accru entre octobre 2008 et septembre 2009. Ce n'est pas une surprise. Nicolas Sarkozy l'a même soutenu, afin d'éviter les licenciements purs et simples. Trois mesures décidées par le Monarque coïncident avec cette hausse: l'augmentation de la durée légale du chômage partiel (décembre 2008); le relèvement modeste de l'indemnisation du chômage partiel (janvier 2009), et la mise en place de l'activité partielle de longue durée (mai 2009). En l'espace d'un an, le volume d'heures de chômage partiel passe de 1,6 millions au 3ème trimestre 2008 à ... 31 millions au 3ème trimestre 2009 !
2. Logiquement, le nombre de salariés au chômage partiel a suivi la même évolution: 12.300 salariés en moyenne mensuelle entre janvier 2007 et septembre 2008, puis 103.000 au 4ème trimestre 2008, 220.000 au 1er trimestre 2009, pour atteindre un pic à 270.000 personnes au 2e trimestre 2009. Il est ensuite redescendu à 78.000 fin 2010. L'industrie, dont surtout l'automobile, a consommé 85% des heures de chômage partiel en France métropolitaine entre 2007 et 2010.
3. Un salarié en chômage partiel a perdu en moyenne 30 heures de travail sur la période 2007-2010. La DARES notait que « le chômage partiel concerne davantage les hommes, les moins diplômés, les salariés les plus anciens dans l’entreprise. »
4. Le chômage partiel a couté 15 millions d'euros, puis 320 millions d’euros à l’État en 2009, et encore 280 millions d'euros en 2010. S'ajoutent le financement apporté par l'UNEDIC de 43 millions d'euros en 2009 et encore 44 millions d'euros en 2010.
5. A compter de fin 2009, le recours au chômage partiel s'effondre, pour retrouver un niveau très proche d'avant 2008: le volume horaire tombe à 3,6 millions d'heures déclarées au 4ème trimestre 2010. Et le nombre de salariés concernés à 36.000 par mois.
Sarkozy navigue à vue
Au regard de ses piteux résultats, la politique du gouvernement Sarkozy paraît incohérente: pendant la période étudiée, les dispositifs de soutien au chômage partiel ont certes été maintenus. Ils n'ont été supprimés (partiellement) qu'à compter du 1er janvier 2011, et l'on ne connaît pas encore les résultats de cette stupide initiative. Il faudra attendre une année supplémentaire, après l'élection présidentielle.
Lors du micro-sommet social du 18 janvier dernier, Nicolas Sarkozy a promis de réinjecter 100 millions d'euros supplémentaires pour financer davantage de chômage partiel. C'est un aveu d'échec bien tardif.
Fin 2010, le gouvernement Sarkozy avait déjà coupé dans les crédits, et promis la reprise de l'emploi, une reprise qui n'a jamais eu lieu, d'après la DARES. Pour 2012, il avait remis ça, avec une nouvelle réduction de 10% des crédits. Pour masquer cette bêtise, la DARES a justement publié, mardi 24 janvier 2012, un glorieux bilan des dépenses publiques ciblées en faveur de l'emploi... en 2009.
Le Monarque s'est aussi refusé à toucher à l'un de ses derniers marqueurs idéologiques qui subsistent de ce quinquennat raté, la défiscalisation des heures supplémentaires. Depuis la fin 2007, les entreprises recourent ou déclarent davantage d'heures supplémentaires qu'avant, grâce à la loi TEPA. Au point de décourager l'embauche. L'emploi intérimaire puis en CDD ont ainsi commencé à se dégrader dès le printemps suivant. Le volume d'heures supplémentaires défiscalisées a augmenté quasiment sans interruption depuis la mise en place du dispositif TEPA le 1er octobre 2007.
Pire, comme le rappelle Actuchômage, les entreprises peuvent cumuler les avantages fiscaux des deux dispositifs, chômage partiel (pris en charge par l'Etat) et défiscalisations des heures supplémentaires. Que la vie est belle ! Le site d'informations sociales cite trois exemples d'entreprises automobiles qui ne s'en cachent pas. « Nous sommes dans une industrie drivée ["régie"] par les stocks, il peut arriver que l'activité doive s'arrêter pour certains salariés lors de problèmes d'approvisionnement qui ne se posent pas de la même façon pour tous les points de la chaîne » explique même l'un des responsables.
Dimanche prochain, le candidat Sarkozy a prévu de monopoliser l'antenne de quatre chaînes de télévision pour présenter de nouvelles mesures. On les connaît déjà. Il n'a pas osé les annoncer le 18 janvier dernier. Il y aura les fameux accords « compétitivité-emploi ». Une formule qui s'inspire du modèle allemand: les salariés acceptent des durées de travail variable (quitte à renoncer à des heures sup), contre une meilleure garantie de l'emploi.
Après le chômage caché, voici le travail réduit...
Un an plus tard, le chômage de masse continuait de s'imposer au pays. Interrogé à la télévision en janvier 2010 puis février 2011, Nicolas Sarkozy nous assurait qu'il allait baisser. Il avait entre-temps réduit de 15% les crédits de la politique de l'emploi en 2011, croyant que la reprise était là.
Chômage réel, chômage de masse
Mercredi 25 janvier, le ministre du travail devait encore commenter une nouvelle hausse du nombre de demandeurs d'emploi en décembre dernier. Le bilan de l'année 2011 est exécrable. Finalement, le seul chômage que Nicolas Sarkozy est parvenu à faire baisser, était le chômage partiel en entreprise...
Fidèle à son habitude, il avait prévenu dès la veille que les résultats seraient mauvais, très mauvais.
Très mauvais, ils furent. La France frôle désormais les 3 millions de sans-emplois (2,874 millions à fin décembre 2011, soit +5,6% en un an), et 4,9 millions d'enregistrés à Pôle emploi. Si l'on ajoute les 320.000 radiés pour raison administrative ou technique, on dépasse allègrement les 5 millions de demandeurs d'emploi.
Quelque 4,27 millions cherchent activement un emploi (catégories A, B et C). Leur ancienneté moyenne d'inscription à l'agence de l'emploi est de 250 jours, soit 22 de plus qu'un an auparavant. Plus grave encore, le nombre d'offres d'emploi publiées chaque mois par Pôle Emploi progresse à peine: 262.000 en décembre 2010, 280.000 en décembre 2011.
Il reste pourtant quelques UMP du clan Sarkozy pour expliquer que les Français sont empêchés de travailler... Rappelons que 42% seulement sont indemnisés par l'assurance chômage, et 7% par la « solidarité nationale » (moins de 500 euros par mois).
Chômage partiel, chômage caché
La direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) vient justement de publier, avec retard, un bilan du recours au chômage partiel de 2007 à 2010. Et ce bilan est terrifiant. Aux côtés du nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle Emploi, voici une seconde mesure de la sous-activité du pays, celle du chômage caché en entreprise.
1. Le recours au chômage partiel s’est fortement accru entre octobre 2008 et septembre 2009. Ce n'est pas une surprise. Nicolas Sarkozy l'a même soutenu, afin d'éviter les licenciements purs et simples. Trois mesures décidées par le Monarque coïncident avec cette hausse: l'augmentation de la durée légale du chômage partiel (décembre 2008); le relèvement modeste de l'indemnisation du chômage partiel (janvier 2009), et la mise en place de l'activité partielle de longue durée (mai 2009). En l'espace d'un an, le volume d'heures de chômage partiel passe de 1,6 millions au 3ème trimestre 2008 à ... 31 millions au 3ème trimestre 2009 !
2. Logiquement, le nombre de salariés au chômage partiel a suivi la même évolution: 12.300 salariés en moyenne mensuelle entre janvier 2007 et septembre 2008, puis 103.000 au 4ème trimestre 2008, 220.000 au 1er trimestre 2009, pour atteindre un pic à 270.000 personnes au 2e trimestre 2009. Il est ensuite redescendu à 78.000 fin 2010. L'industrie, dont surtout l'automobile, a consommé 85% des heures de chômage partiel en France métropolitaine entre 2007 et 2010.
3. Un salarié en chômage partiel a perdu en moyenne 30 heures de travail sur la période 2007-2010. La DARES notait que « le chômage partiel concerne davantage les hommes, les moins diplômés, les salariés les plus anciens dans l’entreprise. »
4. Le chômage partiel a couté 15 millions d'euros, puis 320 millions d’euros à l’État en 2009, et encore 280 millions d'euros en 2010. S'ajoutent le financement apporté par l'UNEDIC de 43 millions d'euros en 2009 et encore 44 millions d'euros en 2010.
5. A compter de fin 2009, le recours au chômage partiel s'effondre, pour retrouver un niveau très proche d'avant 2008: le volume horaire tombe à 3,6 millions d'heures déclarées au 4ème trimestre 2010. Et le nombre de salariés concernés à 36.000 par mois.
Sarkozy navigue à vue
Au regard de ses piteux résultats, la politique du gouvernement Sarkozy paraît incohérente: pendant la période étudiée, les dispositifs de soutien au chômage partiel ont certes été maintenus. Ils n'ont été supprimés (partiellement) qu'à compter du 1er janvier 2011, et l'on ne connaît pas encore les résultats de cette stupide initiative. Il faudra attendre une année supplémentaire, après l'élection présidentielle.
Lors du micro-sommet social du 18 janvier dernier, Nicolas Sarkozy a promis de réinjecter 100 millions d'euros supplémentaires pour financer davantage de chômage partiel. C'est un aveu d'échec bien tardif.
Fin 2010, le gouvernement Sarkozy avait déjà coupé dans les crédits, et promis la reprise de l'emploi, une reprise qui n'a jamais eu lieu, d'après la DARES. Pour 2012, il avait remis ça, avec une nouvelle réduction de 10% des crédits. Pour masquer cette bêtise, la DARES a justement publié, mardi 24 janvier 2012, un glorieux bilan des dépenses publiques ciblées en faveur de l'emploi... en 2009.
Le Monarque s'est aussi refusé à toucher à l'un de ses derniers marqueurs idéologiques qui subsistent de ce quinquennat raté, la défiscalisation des heures supplémentaires. Depuis la fin 2007, les entreprises recourent ou déclarent davantage d'heures supplémentaires qu'avant, grâce à la loi TEPA. Au point de décourager l'embauche. L'emploi intérimaire puis en CDD ont ainsi commencé à se dégrader dès le printemps suivant. Le volume d'heures supplémentaires défiscalisées a augmenté quasiment sans interruption depuis la mise en place du dispositif TEPA le 1er octobre 2007.
Pire, comme le rappelle Actuchômage, les entreprises peuvent cumuler les avantages fiscaux des deux dispositifs, chômage partiel (pris en charge par l'Etat) et défiscalisations des heures supplémentaires. Que la vie est belle ! Le site d'informations sociales cite trois exemples d'entreprises automobiles qui ne s'en cachent pas. « Nous sommes dans une industrie drivée ["régie"] par les stocks, il peut arriver que l'activité doive s'arrêter pour certains salariés lors de problèmes d'approvisionnement qui ne se posent pas de la même façon pour tous les points de la chaîne » explique même l'un des responsables.
Dimanche prochain, le candidat Sarkozy a prévu de monopoliser l'antenne de quatre chaînes de télévision pour présenter de nouvelles mesures. On les connaît déjà. Il n'a pas osé les annoncer le 18 janvier dernier. Il y aura les fameux accords « compétitivité-emploi ». Une formule qui s'inspire du modèle allemand: les salariés acceptent des durées de travail variable (quitte à renoncer à des heures sup), contre une meilleure garantie de l'emploi.
Après le chômage caché, voici le travail réduit...
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mercredi 25 janvier 2012
Sarkozy: après le stress, la déprime ? Ou la manipulation ?
Nicolas Sarkozy a retrouvé ses ténors à l'Elysée pour son habituel petit-déjeuner du mardi matin. Pas question d'accélérer l'entrée en campagne a-t-il fait savoir. Pourtant, la publication par le Monde de ses confidences faussement officieuses sur son éventuel retrait de la vie politique avait aggravé le blues ambiant.
Le jour même, l'UMP distribuait 6 millions de tracts pour défendre son bilan... pour rien.
Le Monarque était boudeur, agacé, horripilé.
Au point de saborder l'opération de communication de ses fidèles.
Sarkozy déprime-t-il ?
On adore ces propos « OFF », ce « OFF » qui n'est que « IN » tant il a vocation, dans l'esprit de son auteur, d'être répété, amplifié, commenté. Depuis bientôt deux ans qu'il s'est imposé une fausse distance avec la gestion quotidienne des affaires dans sa grande opération de présidentialisation, Nicolas Sarkozy a même usé et abusé de ce faux « OFF ». C'est toujours en coulisses qu'il critique François Hollande ou confie ce qu'il pense, toujours devant des témoins avec l'ambition d'être relayé. Petit déjeuner de la majorité (le mardi), déjeuners mensuels avec les députés et les sénateurs UMP, point politique du lundi matin, etc, les occasions ne manquent pas de lâcher ces fausses confidences stratégiques.
Enervé d'être loin quand François Hollande réussissait le lancement de sa campagne, il a donc lâché des confidences sur un éventuel retrait. «Un homme politique qui est creux en off, c’est qu’il est nul » a-t-il confié. Avant de continuer sur une vraie bourde politique.
Il paraît qu'il cite Pascal, qu'il est davantage soucieux de « la trace qu'il laissera » dans le futur, écrivaient Arnaud Leparmentier et Vanessa Schneider mardi 24 janvier.
Ce mardi, il y avait de quoi déprimer.
L'agence Standard and Poor's venait de dégrader la note de trois banques françaises et de la Caisse des dépôts. A Bruxelles, la Commission promettait une récession modéréeé à la zone euro pour le premier semestre de cette année. Le soir, le ministre du Travail anticipait de mauvais chiffres du chômage en décembre, qui devaient être publié ce mercredi matin.
Un ami de Carla Bruni-Sarkozy, Michel Kazatchkine a démissionné de ses fonctions de directeur français du Fonds mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Son institution avait été accusée début janvier par Frédéric Martel dans une enquête pour l'hebdomadaire Marianne d'avoir financé pour quelque 2,7 millions de dollars une campagne de lutte contre le Sida via des sociétés d'un conseiller de l'épouse du chef de l'Etat. Le mandat de Michel Kazatchkine n'expirait que dans deux ans, mais un audit du Fond, à l'automne dernier, aurait provoqué cette démission anticipée, ce que l'intéressé dément.
Pourtant, le Monarque aurait pu se satisfaire de quelques nouveaux soutiens centristes. Dix parlementaires du parti d'Hervé Morin se sont publiquement exprimés en faveur de Sarkozy. L'opération, un lâchage attendu puisque les services élyséens avaient menacé les dissidents potentiels de représailles électorales pour le scrutin législatif de juin prochain, a fait choux blanc. L'attention médiatique était toute entière concentrée sur l'Aveu présidentiel de la crainte d'un échec.
Mardi après-midi, son ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé s'est exclamé: « J’ai vu Nicolas Sarkozy ce matin pendant une heure et demie il ne m’a pas donné du tout ce sentiment. Il a l’air totalement décidé à aller vers la victoire ».
Décidé à aller vers la victoire ?
Donc, il est candidat... ou bien.
En meeting à Marseille
Ces confidences de Nicolas Sarkozy ne trompent plus grand monde. Sarkozy livrait peut-être ses états d'âme mais il voulait se rassurer, conjurer le mauvais sort d'une mauvaise séquence.
Au petit déjeuner de la majorité, le Monarque s'en est encore pris à François Hollande, qu'il accusa de s'être « livré à une attaque absolument sans précédent contre les classes moyennes ». On ne sait pas à quoi il faisait référence, puisque le candidat socialiste, dimanche dernier au Bourget, est plutôt resté sur d'autres terrains. Ces critiques hors sol ne font plus mouche.
Nicolas Sarkozy est ensuite parti au Mucem de Marseille, en avion présidentiel. Nombre d'élus locaux d'opposition boycottèrent le rendez-vous. Ces voeux, cette fois-ci destinés au monde de la culture, s'apparentent de plus en plus à de simples meeting électoraux. Ce n'est en soi pas grave, il suffit d'assumer.
Nicolas Sarkozy n'a d'ailleurs pas dit autre chose sinon défendre son bilan et attaquer, sans évidemment le nommer, François Hollande.
Contre ce dernier, il dénonça l'abrogation d'HADOPI, accusant la gauche de « vouloir réserver à la culture le même modèle que la finance ».
En matière d'annonces, il fut avare d'idées. Nous étions sidérés. Il paraît que les meilleures de ses propositions seront pour dimanche. Le temps sarkozyen n'est plus celui de la réalité du temps présent.
Trois jours après la présentation du programme du candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a choisi de s'imposer sur les chaînes d'information iTélé et BFM-TV (« parce qu'il préfère des experts » aurait expliqué l'un de ses conseillers à un journaliste). Toujours informé à la première source, le Figaro croyait savoir que le Monarque parlerait chômage, logement et compétitivité... Quelle surprise !
Au monde de la Culture, il se félicita d'Hadopi, de la progression « de 21 % de 2007 à 2012 » du budget du ministère de Frédéric Mitterrand (alors qu'il ne s'agissait que d'une grossière manipulation comptable...). Il tonna de sa grosse voix pour tout et parfois n'importe quoi, comme sur la rénovation des cathédrales (« Qu’on ne vienne pas me dire que cela vient heurter le principe de laïcité. On peut entrer dans un cathédrale sans être militant ») ou contre la crise: « La réponse de la France à la crise, c’est la culture »...
A la fin du discours, une jeune femme parvint à lui lancer: « Combien coûte ce genre d’événement, c’est honteux ! », avant d'être expulsée par la police. Une anecdote que seul le journaliste du Monde releva.
Nicolas Sarkozy est candidat, mais ce mardi, il voulait jouer au « retenez-moi-sinon-je-m'en-vais ».
Le jour même, l'UMP distribuait 6 millions de tracts pour défendre son bilan... pour rien.
Le Monarque était boudeur, agacé, horripilé.
Au point de saborder l'opération de communication de ses fidèles.
Sarkozy déprime-t-il ?
On adore ces propos « OFF », ce « OFF » qui n'est que « IN » tant il a vocation, dans l'esprit de son auteur, d'être répété, amplifié, commenté. Depuis bientôt deux ans qu'il s'est imposé une fausse distance avec la gestion quotidienne des affaires dans sa grande opération de présidentialisation, Nicolas Sarkozy a même usé et abusé de ce faux « OFF ». C'est toujours en coulisses qu'il critique François Hollande ou confie ce qu'il pense, toujours devant des témoins avec l'ambition d'être relayé. Petit déjeuner de la majorité (le mardi), déjeuners mensuels avec les députés et les sénateurs UMP, point politique du lundi matin, etc, les occasions ne manquent pas de lâcher ces fausses confidences stratégiques.
Enervé d'être loin quand François Hollande réussissait le lancement de sa campagne, il a donc lâché des confidences sur un éventuel retrait. «Un homme politique qui est creux en off, c’est qu’il est nul » a-t-il confié. Avant de continuer sur une vraie bourde politique.
« En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude.
Je suis avocat, j'ai toujours eu un cabinet et je suis passionné de tas de choses. En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n'entendrez plus parler de moi !
Je peux voyager, prendre des responsabilités, commencer mes semaines le mardi et les finir le jeudi soir ! Franchement, ça ne me fait pas peur .
De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière.
L’aiguille, il faut savoir la retirer progressivement.»Il apparaissait presque méprisant à l'encontre des Français, comme un enfant capricieux de n'être pas compris à défaut d'être aimé.
Il paraît qu'il cite Pascal, qu'il est davantage soucieux de « la trace qu'il laissera » dans le futur, écrivaient Arnaud Leparmentier et Vanessa Schneider mardi 24 janvier.
Ce mardi, il y avait de quoi déprimer.
L'agence Standard and Poor's venait de dégrader la note de trois banques françaises et de la Caisse des dépôts. A Bruxelles, la Commission promettait une récession modéréeé à la zone euro pour le premier semestre de cette année. Le soir, le ministre du Travail anticipait de mauvais chiffres du chômage en décembre, qui devaient être publié ce mercredi matin.
Un ami de Carla Bruni-Sarkozy, Michel Kazatchkine a démissionné de ses fonctions de directeur français du Fonds mondial contre le Sida, la tuberculose et le paludisme. Son institution avait été accusée début janvier par Frédéric Martel dans une enquête pour l'hebdomadaire Marianne d'avoir financé pour quelque 2,7 millions de dollars une campagne de lutte contre le Sida via des sociétés d'un conseiller de l'épouse du chef de l'Etat. Le mandat de Michel Kazatchkine n'expirait que dans deux ans, mais un audit du Fond, à l'automne dernier, aurait provoqué cette démission anticipée, ce que l'intéressé dément.
Pourtant, le Monarque aurait pu se satisfaire de quelques nouveaux soutiens centristes. Dix parlementaires du parti d'Hervé Morin se sont publiquement exprimés en faveur de Sarkozy. L'opération, un lâchage attendu puisque les services élyséens avaient menacé les dissidents potentiels de représailles électorales pour le scrutin législatif de juin prochain, a fait choux blanc. L'attention médiatique était toute entière concentrée sur l'Aveu présidentiel de la crainte d'un échec.
Mardi après-midi, son ministre des Affaires Etrangères Alain Juppé s'est exclamé: « J’ai vu Nicolas Sarkozy ce matin pendant une heure et demie il ne m’a pas donné du tout ce sentiment. Il a l’air totalement décidé à aller vers la victoire ».
Décidé à aller vers la victoire ?
Donc, il est candidat... ou bien.
En meeting à Marseille
Ces confidences de Nicolas Sarkozy ne trompent plus grand monde. Sarkozy livrait peut-être ses états d'âme mais il voulait se rassurer, conjurer le mauvais sort d'une mauvaise séquence.
Au petit déjeuner de la majorité, le Monarque s'en est encore pris à François Hollande, qu'il accusa de s'être « livré à une attaque absolument sans précédent contre les classes moyennes ». On ne sait pas à quoi il faisait référence, puisque le candidat socialiste, dimanche dernier au Bourget, est plutôt resté sur d'autres terrains. Ces critiques hors sol ne font plus mouche.
Nicolas Sarkozy est ensuite parti au Mucem de Marseille, en avion présidentiel. Nombre d'élus locaux d'opposition boycottèrent le rendez-vous. Ces voeux, cette fois-ci destinés au monde de la culture, s'apparentent de plus en plus à de simples meeting électoraux. Ce n'est en soi pas grave, il suffit d'assumer.
Nicolas Sarkozy n'a d'ailleurs pas dit autre chose sinon défendre son bilan et attaquer, sans évidemment le nommer, François Hollande.
Contre ce dernier, il dénonça l'abrogation d'HADOPI, accusant la gauche de « vouloir réserver à la culture le même modèle que la finance ».
« Je suis proprement sidéré d'entendre certains dire que la loi Hadopi doit être abrogée. Mais rassurez-vous : on l'abroge d'abord et après, bien après, on verra, on prendra le temps de dégager une solution consensuelle. Bref, on nous demande de pratiquer un désarmement unilatéral à l'égard du piratage. »Il caricaturait la chose, François Hollande ayant pris soin de préciser qu'il voulait remplacer Hadopi, et non pas abandonner toute forme de répression contre le piratage numérique des oeuvres. Il démontra surtout qu'il était le grand inspirateur des railleries publiques et ad nominem que ses sbires - Jean-François Copé en tête - balançaient sans courtoisie à l'encontre de François Hollande depuis des semaines. « Si j'ai compris, il faudrait renoncer pour la pire des raisons, c'est qu'il y a un risque de faire de la peine aux jeunes. C'est simplement la facilité, toujours la facilité, encore la facilité. Dire oui, puis oui, puis oui et encore oui, parce que pour dire non il faut un minimum de courage. »
En matière d'annonces, il fut avare d'idées. Nous étions sidérés. Il paraît que les meilleures de ses propositions seront pour dimanche. Le temps sarkozyen n'est plus celui de la réalité du temps présent.
Trois jours après la présentation du programme du candidat socialiste, Nicolas Sarkozy a choisi de s'imposer sur les chaînes d'information iTélé et BFM-TV (« parce qu'il préfère des experts » aurait expliqué l'un de ses conseillers à un journaliste). Toujours informé à la première source, le Figaro croyait savoir que le Monarque parlerait chômage, logement et compétitivité... Quelle surprise !
Au monde de la Culture, il se félicita d'Hadopi, de la progression « de 21 % de 2007 à 2012 » du budget du ministère de Frédéric Mitterrand (alors qu'il ne s'agissait que d'une grossière manipulation comptable...). Il tonna de sa grosse voix pour tout et parfois n'importe quoi, comme sur la rénovation des cathédrales (« Qu’on ne vienne pas me dire que cela vient heurter le principe de laïcité. On peut entrer dans un cathédrale sans être militant ») ou contre la crise: « La réponse de la France à la crise, c’est la culture »...
A la fin du discours, une jeune femme parvint à lui lancer: « Combien coûte ce genre d’événement, c’est honteux ! », avant d'être expulsée par la police. Une anecdote que seul le journaliste du Monde releva.
Nicolas Sarkozy est candidat, mais ce mardi, il voulait jouer au « retenez-moi-sinon-je-m'en-vais ».
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