mercredi 23 avril 2014

Le Buzz du pauvre. #Numero2 : qui est riche en France ?

L'Observatoire des inégalités a mis à jour les seuils de pauvreté, de richesse et le niveau de vie des classes moyennes pour les principaux types de ménages. Faites vos comptes...



On est considéré "riche", en terme de revenu et non de patrimoine, quand on dépasse le double de la médiane de sa catégorie.

Ainsi, sont "riches" les personnes gagnant mensuellement plus de 2.917 euros (*) quand elles sont seules, 3.960 euros quand il s'agit de familles monoparentales, 5.693 euros pour les couples sans enfants, 6.842 euros pour les couples avec un enfant,  7.683 euros pour les couples avec deux enfants et 7.535 euros pour les couples avec trois enfants ou plus. A l'inverse, les catégories populaires (soit les 30 % du bas de l’échelle des revenus)  perçoivent par mois "au plus 1 183 euros pour une personne seule, 2 251 euros pour un couple sans enfant et 3 100 euros pour un couple avec deux enfants."

L'Observatoire prévient: "Toutes ces frontières sont critiquables".

 A bon entendeur...



(*) après impôts et prestations sociales.


Les remèdes irresponsables de la BCE

C'est une institution a-démocratique par essence. La Banque Centrale Européenne ne répond de rien ni à personne. Depuis l'adoption du Traité de Maastricht en 1992, la BCE est indépendante du pouvoir politique. 

Pour notre plus grand drame.



Officiellement, elle agit contre l'inflation: "la principale mission de la BCE consiste à maintenir le pouvoir d’achat de l’euro, et donc la stabilité des prix, dans la zone euro. La zone euro comprend les dix-huit pays de l’Union européenne qui ont introduit l’euro depuis 1999".

Officieusement, elle agit comme elle veut. La preuve, à plusieurs reprises depuis l'immense krash boursier des années 2007-2008, elle a triché avec ses propres règles alors qu'elle si sourcilleuse du bon respect des conseils injonctions qu'elle assène aux différents Etats membres.

Effrayée par l'extension du "Credit Crunch" et une méfiance interbancaire généralisée, comme la propagation d'un feu en plaine asséchée, la BCE a créé des dizaines de milliards d'euros pour le marché interbancaire. Puis, en 2011/2012, pour "sauver l'euro", la même BCE a prêté quelque 1.000 milliards d'euros au taux de 1% aux banques privés de l'Union. Mario Draghi, l'ex-banquier de Goldman Sachs devenu patron de la BCE, a rajouté sa parole dans la balance pour calmer les spéculateurs: "la BCE est prêt à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro."

En France comme ailleurs, la BCE ne prête pas aux Etats mais aux établissements financiers. Cela permet de maintenir une funeste et irresponsable pression sur les gouvernements. Chaque Etat déficitaire se trouve en effet contraint d'emprunter sur les marchés. Dans son récent ouvrage "Europe, les Etats désunis", Coralie Delaume expose très bien le mécanisme, tout comme les récents développements.

Aujourd'hui, la BCE ne craint pas l'inflation mais la déflation.
On en connait pourtant les causes: la prime à la déprime salariale partout en Europe et une croissance anémiée par une austérité dans le Sud de l'Europe. Les Européens n'achètent plus, sauf pas cher. Les entreprises produisent moins, surtout ailleurs, les banques prêtent mal, et plutôt aux grandes entreprises. La sauvegarde de l'euro en a renchéri le prix à un niveau si exceptionnel qu'il asphyxie les économies européennes. A la BCE, on commence à trouver cela presque dangereux. Christian Noyer, le directeur de la Banque de France, a même reconnu que ce renchérissement était "le revers de la médaille" du rétablissement de l'économie européenne."

Mardi 22 avril, Benoît Coeuré, l'un des membres (français) du directoire de la BCE, un Français, livre quelques nouveaux conseils dans les colonnes du Monde. Il y avait de quoi être effaré pour qui croit encore à l'Europe, enragé pour qui a décidé ou compris que ces gens-là sont ailleurs.

Primo, il est persuadé que la croissance revient suffisamment pour "prolonger l'effort":
"Les pays de l'union monétaire ont beaucoup réduit leurs déficits. Maintenant que la croissance revient, prolonger l'effort va permettre de faire baisser les ratios d'endettement public."
Secundo, il n'éprouve aucun regret ni état d'âme sur la situation dramatique du Sud de l'Europe. Quand on l'interroge sur le drame provoqué en Grèce ou ailleurs par les politiques austéritaires dictées par la "Troïka", ce trio néfaste composé du FMI, de la BCE et de la Commission européenne, qui dicte les programmes "d'assènissement" dans le Sud de l'Europe, il ose la réponse suivante: "la plupart des pays ont fait le plus dur et commencent à en voir les fruits." Nul regret ni remort, alors que le FMI reconnaît y être allé un peu fort.

Son avis est partagé. En France, quelques éditocrates propagent volontiers l'idée selon laquelle ces programmes d'austérité ont bien fonctionné puisque les économies concernées renouent avec la croissance. Maintenant que l'espérance de vie a régressé de 2 ans en Grèce, tout ne peut qu'aller mieux !

Tertio, notre Français de la BCE ne trouve même pas l'euro si surévalué que cela
. Si les Français râlent, ils n'ont qu'à baisser leur coût du travail !  "La fascination pour le taux de change est une passion française, unique en zone euro" Et Coeuré de préciser: "l'union monétaire prise dans son ensemble dégage un excédent courant : la solution pour Paris est donc d'améliorer sa compétitivité, comme le prévoit d'ailleurs le gouvernement."

A bon entendeur...


mardi 22 avril 2014

Cette gauche non gouvernementale qui prend forme

Le Parti Socialiste est-il menacé de scission ? Sans doute pas. Mais la grogne est plus forte qu'avant. Si forte que Hollande menace de sa non-candidature pour 2017. 

 Après lui, le déluge ?

 

Frondeurs en avance ?

Sa petite phrase sur son éventuelle non-candidature en 2017 si le chômage ne baisse pas d'ici là a fait peu jaser. Hollande visite le "terrain" mais on retient que ces formules courtes et toutes destinées à la reprise et la répétition médiatiques. Cette petite phrase sonne comme une menace à peine voilée. Il reste pourtant des frondeurs dont on va pouvoir tester l'exigence.

La question des débouchés de la récente énième grogne de certains élus et dirigeants du Parti socialiste contre la réalité du plan d'économies de 50 milliards d'euros a franchi un nouveau pas avec la publication d'une tribune de l'un des courants du PS, "Un Monde d'avance".

Ce courant était notamment animé par Benoit Hamon, actuel ministre de l'Education dans l'équipe Valls. Son nom figure toujours en bonne place sur la page d'accueil du site de ce courant.

Le 17 avril dernier, ce courant écrit un violente charge contre ... François Hollande.
"François Hollande a été élu sur l’idée du « redressement dans la justice ». Pour le moment, les résultats ne sont pas au rendez-vous : les politiques de rigueur mises en œuvre depuis 2012 ont des effets récessifs importants et la répartition des efforts demandés est vécue, à raison, comme injuste. A ce titre, l’absence de réforme fiscale ou les cadeaux aux entreprises par le biais du CICE puis du Pacte de responsabilité éclairent les arbitrages qui ont pu être faits."
Les auteurs minorent une chose essentielle, volontairement ou pas: l'extension sans précédent des exonérations de charges, le fameux socialisme de l'offre, est à peine évoqué. Car c'est pourtant bien cela, la marque de fabrique de l'actuel quinquennat: la réduction de la dépense publique ne vise pas seulement à réduire un déficit hérité du passé sarko-chiraquien, mais à "réduire le coût du travail". Mais pour le reste, la charge est directe, et la conséquence tout autant: les représentants de ce mouvement annoncent quitter la direction du PS, et son secrétariat national.
"Le Parti de Jaurès ne peut être un parti social-libéral."

 

Amender ...

Dans les colonnes du JDD, le 20 avril, la nouvelle rapporteuse du Budget, Valérie Rabault (sic!) cherche à rassurer ses camarades inquiets. Soutenue par la "Gauche Forte" (le sous-courant de Manuel Valls), elle voudrait donner quelques gage mais rester "constructive".
"Le plan d'économies de 50 milliards d'euros se rapporte au financement des allégements fiscaux, notamment du crédit impôt compétitivité emploi pour les entreprises. Faire 35 milliards d'euros, cela signifie une moindre baisse des cotisations. Cela s'étudie."
La députée aurait pu être davantage explicite, rappelons les chiffres: le CICE, mis en place en 2012, est porté de 20 à 30 milliards d'euros (en rythme de croisière - il ne "pèse" qu'une dizaine de milliards cette année); et Manuel Valls a annoncé ajouter 6 milliards de plus de suppression de taxes et cotisations patronales dans son discours de politique générale.

En matière d'économies, Rabault a le sens de la formule: "On ne peut pas raboter à l'infini, ce n'est pas une solution."

Bref, ce qu'on propose aux frondeurs est d'amender à la marge le projet de budget. Qui est surpris ?


En interne, c'est pire. Le nouveau patron désigné du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'avait pas grand chose à dire sur la fronde interne, dimanche sur Europe 1. Oui, le PS est "anémié". Et il lance un "audit", département par département.

On est rassuré.

... ou quitter ?

Plus à gauche, les prédictions sont optimistes mais la main tendue encore faible ou discrète. Mélenchon fait campagne. Il était à Gaillac, lundi soir. Il promet une "gauche non gouvernementale" devant le PS. L'expression est nouvelle. Pour la première fois, Mélenchon englobe non pas seulement le Front de gauche, mais aussi EELV et le NPA.
"Pour moi, les députés socialistes devront choisir entre la ligne Valls et la ligne de rupture avec cette politique" Jean-Luc Mélenchon, 18 avril.
Si cette "gauche non-gouvernementale" est loin d'être une coalition organisée, elle a une immense carte à jouer aux élections européennes: le fameux Traité Transatlantique en cours de négociations discrètes ou secrètes entre l'Union européenne, par le biais de sa Commission, et les Etats-Unis. Du Front de gauche aux Ecologistes, les craintes d'un renforcement du libre-échange et d'un abaissement des normes nationales et européennes en tous genres sont fortes et partagées.
"Nous allons élire des députés européens et ces derniers voteront pour ou contre le traité transatlantique . C’est là l’enjeu crucial du scrutin. Car si ce traité passe, c’est la fin de tout projet d’Europe politique, sociale ou écologique !"Jean-Luc Mélenchon, 18 avril.

 

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