Le nouveau ministre de l'Education nationale Vincent Peillon a rendu public 17 rapports rédigés sous le précédent quinquennat mais tenus secrets. Ils traitent de la situation de l'Education nationale. On comprend pourquoi Luc Chatel, l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, les a soigneusement conservé à l'abri de la curiosité publique.
En voici les principales conclusions.
Décembre 2011
Rapport n° 2011-125 - Le fonctionnement des jurys de validation des acquis de l’expérience VAE - IGAENR
La VAE désigne la validation des acquis de l’expérience, créée en janvier 2002 par le gouvernement Jospin. Une « avancée majeure dans le système de certification » notent les auteurs, qui concernait entre 53 et 57.000 enseignants par an entre 2007 et 2010. Cependant, aucune évaluation de la performance du système n'a été possible. En cause, l'absence de données, y compris le taux d'accès à la certification finale. Les deux auteurs regrettent aussi le manque d'accompagnement des demandeurs d'emploi; le pilotage insuffisant du dispositif dans le second degré; Tout juste pouvaient-ils se féliciter de l'adhésion au dispositif par les personnels.
Octobre 2011
Rapport n°2011-108 - L'école maternelle - IGAENR-IGEN
C'est l'un des plus gros rapports (200 pages). L'école maternelle, rappellent les auteurs, n'est pas obligatoire mais reste un service universel et gratuit pour les familles. Comment ne pas s'inquiéter que la scolarisation des enfants de 2 ans ait chuté de 34% en 2000/2001 à 15% en 2009/2010. En 2010, le coût d'un élève en maternelle est estimé à 5.000 euros, dont la moitié à la charge de la commune. De la réforme de 2008, on retient quelques acquis, comme la simplification des programmes, la mise en place d'un livret d’évaluation des élèves, ou l'aide personnalisée (60 heures dues par enseignant et par an). Mais les auteurs relèvent les difficultés: « la primarisation » de l’école maternelle, et notamment le primat accord à l'écrit au détriment de l'oral (i.e. une trop forte « anticipation dans la préparation à la lecture et à l'écriture au
détriment d'autres acquisitions, faiblesse de la pédagogie du langage
oral alors qu'il y a tant de besoins, indifférenciation des modalités et
des rythmes de travail »)
Septembre 2011
Rapport n° 2011-104 - Les classes pour l'inclusion scolaire (CLIS) en 2010 - IGEN
Les CLIS concernent quelque 43.000 élèves handicapés. Les auteurs du rapport notent une très grande hétérogénéité des situations entre départements (une CLIS pour 781 élèves du premier degré dans l’Orne et une pour 2800 à Paris); l'effectif moyen varie de 7 à 13, encadré par un professeur et un auxiliaire; l'information dont dispose les enseignants sur les élèves est très inégale. Mais au final, « par delà la diversité des situations, des publics et des fonctionnements, le bilan dressé est incontestablement positif : les élèves, dans leur majorité, tirent profit du temps de scolarisation en CLIS, progressent et poursuivent, au-delà de ce temps, leur scolarité dans le second degré. »
Août 2011
Rapport n° 2011-098 - L'enseignement des langues et cultures de l'antiquité dans le second degré - IGEN
C'est l'échec absolu, et il ne date pas de Sarkozy: l'enseignement des langues anciennes est à « un moment de grande crise ». Le latin, « une variable d'ajustement » pour les chefs d'établissement. « Le principe de la dispersion des latinistes sur plusieurs classes aboutit à des emplois du temps fortement dissuasif ».
Juillet 2011
Rapport n° 2011-075 - Suivi de l'enseignement primaire : pilotage local et suivi des élèves (note de synthèse) - IGAENR-IGEN
Le réforme de l'enseignement primaire de 2008 fut l'un des grands chantiers du quinquennat. Il s'agissait de justifier a posteriori la baisse des effectifs de l'enseignement. Premier principe, la semaine de quatre jours « va généralement de pair avec une déploration unanime des acteurs » ; l'aide personnalisée, si vantée par l'ancien ministre, souffre d'un manque de moyen. La réforme renforçait le rôle du directeur de l'école. Mais ces « évolutions fonctionnelles (...) n’ont visiblement pas suffi à faire évoluer le rôle d’un directeur qui reste un animateur et qui, malgré des marges nouvelles, dispose de bien peu d’arguments pour engager des initiatives collectives dans son école. » La « Base élèves 1er degré », fichier d'évaluation, reste «
Juillet 2011
Rapport n° 2011-093 - Mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants - Note n° 3 - IGAENR-IGEN
L'étude a été réalisée par deux inspecteurs auprès des responsables d'académie et non des professeurs formés. Les auteurs cachent leur joie: « Une année de transition qui s’est déroulée de façon globalement satisfaisante et dont les enseignements sont mobilisés avec pragmatisme pour améliorer dès l’année prochaine le fonctionnement du nouveau régime de la formation. » Au-delà de ce résumé positif de la réforme, ils détaillent leurs constats en termes plus sévères: « la mise en œuvre de deux principales composantes de la réforme de la formation des enseignants (...) a mobilisé à l’extrême les académies et les universités ». Dans le second degré, les « notes des correspondants académiques ont largement rendu compte des difficultés éprouvées par les professeurs stagiaires mais aussi de leur grande implication ». Par manque de moyens, seuls 7% des professeurs stagiaires ayant une mention défavorable ou réservées ont eu les entretiens prévus avec un jury.
Juillet 2011
Rapport
n° 2011-085 - Élaboration d'un cadre de référence pour les partenariats
avec les associations complémentaires de l'école - IGAENR
L'étude s'attarde sur neuf des principales associations péri-scolaires (la Ligue française de l’enseignement et de l’éducation permanente, les Francs et franches camarades, les Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active, la Confédération des œuvres laïques de vacances d’enfants et d’adolescents - Jeunesse au plein air, les Éclaireurs et éclaireuses de France, la Fédération des œuvres éducatives et de vacances de l’éducation nationale, la Fédération générale des associations départementales des pupilles de l’enseignement public, l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), et l’Office central de coopération à l’école. Soit près de 800 millions d'euros de budget annuel. Les auteurs critiquent l'absence de coordination des opérations, et un financement basé sur les frais de personnels détachés plus que sur des objectifs précis.
Juillet 2011
Rapport
n° 2011-084 - Les cordées de la réussite à l'épreuve de leur généralisation : observations, problématiques et préconisations -
IGAENR-IGEN
Lancées en novembre 2008, ce dispositif baptisé « cordées de la réussite » visait à soutenir des introduire une plus grande équité sociale dans l’accès à l’enseignement supérieur, par le biais d'une mise en réseau d’établissements d’enseignement supérieur, de lycées et de collèges pour développer l’ambition et la réussite scolaire des jeunes « qui, en raison de leur origine sociale ou territoriale, brident leur ambition scolaire ou ne disposent pas de toutes les clés pour s’engager avec succès dans une formation longue ». 5 académies étaient concernées en 2010, pour 300 opérations. Le rapport critique avant tout les biais de sélection, qui privilégient les zones urbaines aux détriments des zones rurales; et « l’apparition, ici ou là, d’établissements « alibis » présents dans les documents de validation » qui permettent de faire bénéficier de cet accompagnement scolaire exceptionnel des élèves de classe moyenne.
Juin 2011
Rapport n° 2011-069 - La mise en œuvre du programme CLAIR - IGAENR-IGEN
ce rapport traite des « collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite », créés par une circulaire en juillet 2010 dans 105 établissements de 10 académies. Il s'agissait de répondre à la flambée de violence à l'école marqué par deux assassinats dans des enceintes scolaires au début de l'année. Toujours sans moyen, le plan visait à redéfinir les établissements prioritaires, et à leur confier davantage de latitude pour recourir «le plus largement possible aux expérimentations permises par la loi » dans le domaine de la gestion des ressources humaines en permettant aux chefs d’établissement de choisir leurs équipes . Gadget gouvernemental, ces CLAIR ont souffert d'un « cadrage national limité avec une absence d’informations précises sur les mesures annoncées de Gestion des ressources humaines », et d'un « accompagnement pédagogique encore insuffisant ».
Juin 2011
Rapport n° 2011-056 - Le remplacement des enseignants absents - IGAENR
La réduction du nombre d'enseignants a eu un impact désastreux sur le remplacement des professeurs absents: « La situation est devenue particulièrement préoccupante : les surnombres budgétaires ont tendance à se réduire, les besoins de suppléance et de remplacement sont, comme on l’a vu, de moins en moins couverts, les exigences des parents sont de plus en plus fortes sans être illégitimes. Le système est arrivé aujourd’hui, compte tenu de ces pratiques de gestion, accentuées par les récents retraits d’emplois de titulaires sur zone de remplacement, à un point de rupture : le déséquilibre entre les moyens d’enseignement affectés aux établissements publics locaux d'enseignement et les moyens du remplacement et de la suppléance est désormais tel que la continuité du service public d’éducation n’est plus toujours et partout assurée.»
Sur la saison 2009/2010, les auteurs estiment à 2,5 millions le nombre de jours de cours à remplacer (dont un tiers pour 1 ou 2 jours). Seuls 18% ont pu l'être!
Juin 2011
Rapport n° 2011-057 - Le suivi de la mise en place des premiers internats d'excellence - IGAENR-IGEN
Mesure phare du précédent quinquennat, les internats d'excellent sont un gouffre financier insoutenable, un caprice du Monarque symbolique, réalisé dans l'urgence. « Ce portage politique au plus haut niveau de l’État n’a pas été sans conséquences en termes de moyens mobilisés et de rythme de l’action. » Evidemment, leur mise en place a été rapide « grâce, notamment, au volontarisme de la puissance publique et à l’ampleur des moyens dégagés », l’institution scolaire faisant preuve, « à cette occasion » d'une « capacité de mobilisation dans l’urgence qu’il convient de saluer ». Une urgence symbolique mais coûteuse: 200 millions d'euros mobilisés sur les investissements d'avenir en 2010, dont la soutenabilité est menacée. Pire, cette urgence a eu désorganisé les projets éducatifs: « elle n’a pas toujours permis aux responsables des internats d’excellence de concevoir, pour cette première année de fonctionnement, un projet éducatif qui aurait articulé de façon cohérente les diverses actions d’accompagnement proposées aux internes ».
Juin 2011
Rapport n° 2011-055 - Fonctionnement des services académiques - IGAENR
En 2009, un premier rapport relevait que la réorganisation des académies « était conçue et mise en œuvre plus en fonction des impératifs budgétaires que d’orientations stratégiques sur le pilotage académique». Deux ans plus tard, rien ou presque n'a changé. Il s'agissait de rapprocher les 20.000 collaborateurs travaillant dans les rectorats et les inspections d'académies.
Juin 2011
Rapport n° 2011-073 - Le Plan Ecole Numérique Rurale - IGAENR-IGEN
C'est l'un des rares succès du quinquennat. Fin mars 2009, le gouvernement voulait équiper 5 000 écoles de communes rurales pauvres en ordinateurs et accès Internet. Un objectif vite dépassé. En juin 2011, un rapport se félicite de l'équipement. Mais il relève des prestations de fournisseurs et des formations des enseignants « très inégales ».
Avril 2011
Rapport n° 2011-045 Mise en œuvre de la réforme de la formation des enseignants - Note n° 2 - IGAENR-IGEN
C'est l'un des morceaux de choix de ces publications tardives. Il précède le rapport de juillet 2011 (Rapport n° 2011-093, Cf. ci-dessus). Les auteurs pointent « une phase de préparation difficile et émaillée de tensions au cours des années 2008 et 2009 »; mais après cette mise place en urgence, « les premiers éléments de bilan sont bien éloignés des catastrophes annoncées en début d’année par les diverses forces qui s’opposaient à cette réforme ». Pourtant, les constats détaillés sont terrifiants:
- dans le second degré, « c’est un sentiment global d’insatisfaction qui domine ». Pire, « Outre les difficultés d’affectation des professeurs stagiaires, les deux sujets majeurs de tension sont la prise de fonction à plein temps dès la rentrée, jugée excessivement rude pour les professeurs débutants et localement certaines difficultés persistantes de mise en place du tutorat. »
- La majorité des affectations des enseignants stagiaires sont portées sur des remplacements longs sur congés de maladie ou de maternité. Ce qui « paraît présenter plus d’inconvénients que d’avantages » (lourdeur de gestion, difficulté d'enseignements)
- les formations complémentaires sont à revoir.
- lors de leur prise de fonction, les stagiaires sont jugés «fatigués», «exténués», «en état de saturation», «confrontés en permanence à l’urgence du lendemain », « constamment débordés » par les inspecteurs. A Paris, l'inspection relève 18% de cas considérés comme lourds.
- les auteurs notent enfin que « la nécessité de "faire face" à la diversité et à la lourdeur des tâches avait parfois conduit les professeurs stagiaires du 2nd degré à privilégier le recours à des démarches pédagogiques quelque peu plaquées et médiocrement réfléchies.»
Rapports non commentés:
Mai 2011,Rapport n° 2011-049 - Principes pour l'élaboration d'une politique éducative d'établissement - IGEN
Mai 2011
Rapport n° 2011-038 - Mission d'étude sur la situation de l'UNSS - IGAENR
Février 2011
Rapport n° 2011-019 - Suivi de la mise en œuvre de la rénovation de la voie professionnelle - IGAENR-IGEN
SARKOFRANCE - Saison 2
La France d'Après
mercredi 30 mai 2012
François Hollande agit, Ayrault reçoit, l'UMP fulmine.
Mardi soir, François Hollande était sur France 2. En 2007, Nicolas Sarkozy avait préféré faire venir la presse télévisée à l'Elysée pour sa première intervention. Ces symboles peuvent paraître futiles, mais ils comptent. Hollande, donc, était sur un plateau de télévision publique.
« Depuis 15 jours, je n'ai pas eu le temps de me poser cette question », répliqua-t-il à David Pujadas qui lui demandait s'il pu apprendre son rôle. Le journaliste s'obstina dans le registre confessions intimes. « Est-ce que vous vivez ces moments comme de la plénitude ? ». Le président semblait se demander où il était. « Du bonheur, il y en a eu au moment de l'élection. Il dure assez peu de temps quand arrivent les sujets ».
Sur le SMIC, Hollande confirma un coup de pouce. « Le chemin d'équilibre c'est de permettre à ceux qui n'ont pas eu de revalorisation de bénéficier d'un coup de pouce ». Mais il attend la concertation syndicale.
Pujadas s'amusa du trajet en train pour aller à Bruxelles. « Je préfère, non pas faire des économies, mais faire simple », répondit le président. Ou encore: « faire simple, ce n'est pas faire médiocre, ou faire banal; c'est au contraire avoir le respect des Français et être exemplaire.» S'il avait voulu être journaliste, David Pujadas aurait pu interroger Hollande sur son récent séjour au Château de la Lanterne. S'agissait-il d'un test ?
L'animateur de France 2 tenta de placer le débat sur la valse des remplacements de hauts fonctionnaires. « trois personnes, ce n'est pas une valse considérable » s'amusa Hollande. Il avait raison. Qui regrettera le préfet Gaudin à Paris, le patron de la DCRI Squarcini - homme-lige de Nicolas Sarkozy, et Frédéric Péchenard, autre ami d'enfance de l'ancien monarque placé à la tête de la police nationale ? Chasse aux sorcières ? Les sorcières n'étaient que trois... Vraiment ?
Mardi, Jean-Marc Ayrault avait aussi invité les partenaires sociaux, pour un premier échange avant un sommet prévu en juillet. A en croire les sondages, l'emploi reste la préoccupation majeure du moment.
La CGT a déjà sa liste noire des plans sociaux, qu'elle a remis à Arnaud Montebourg. On se souvient que Xavier Bertrand, alors ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, avait enjoint nombre de grandes entreprises d'attendre l'issue de l'élection présidentielle pour déclencher leurs plans sociaux. Le chômage atteignait déjà des records.
En son temps, c'est-à-dire il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy louait le modèle allemand sans préciser lequel. En matière d'emploi, les lois Hartz du gouvernement Schroeder, avaient si dramatiquement fait progresser la précarité de l'emploi qu'on se demandait encore si l'ancien Monarque pensait à elles quand il invoquait l'Allemagne.
A droite, on faisait grise mine. Même François Fillon avait la mauvaise foi facile. Il feignait de ne pas avoir compris certaines de promesses hollandaises. De sa part, c'était triste. Lire était pourtant si simple.
« Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche.. (...) Cela a souvent été le cas dans l'Histoire. La gauche s'était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n'est déjà plus d'actualité puisque maintenant, ça n'est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C'est donc une hypocrisie.»
Le même jour, on apprenait que l'UMP intensifiait ses relations avec le Parti communiste... Chinois. Son secrétaire général de l'UMP chargé de l'Asie, Chenva Tieu, par ailleurs candidat aux législatives à Paris, a expliqué que l'accord avait passé « une deuxième étape »: « Dans le cadre d'un plan de formation, nous allons recevoir des cadres chinois du PC et envoyer nous-mêmes des cadres de notre parti pour faire mieux connaissance . (...) nous sommes dans une optique de connaissance réciproque. La Chine est la 2e puissance du monde, il faut que nous sachions comment ils fonctionnent.»
Ces gens-là avaient le sens du timing.
« Depuis 15 jours, je n'ai pas eu le temps de me poser cette question », répliqua-t-il à David Pujadas qui lui demandait s'il pu apprendre son rôle. Le journaliste s'obstina dans le registre confessions intimes. « Est-ce que vous vivez ces moments comme de la plénitude ? ». Le président semblait se demander où il était. « Du bonheur, il y en a eu au moment de l'élection. Il dure assez peu de temps quand arrivent les sujets ».
« Je ne suis pas un président en transition, je suis un président en action. »Mais Pujadas voulait continuer. Il cherchait à savoir si Hollande avait été « stressé », « intimidé ». Pouvait-on parler du fond ? Hollande répondit que la fonction faisait l'homme. C'était évident, mais Pujadas semblait l'ignorer. Sur l'Afghanistan, le président dut répéter que les forces combattantes quitteraient bien le territoire avant la fin de l'année. Autre sujet internationale, la répression en Syrie. Une intervention armée n'est pas exclue. Mais « à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international ». Dans la journée, le gouvernement français avait expulsé l'ambassadrice de Syrie.
Sur le SMIC, Hollande confirma un coup de pouce. « Le chemin d'équilibre c'est de permettre à ceux qui n'ont pas eu de revalorisation de bénéficier d'un coup de pouce ». Mais il attend la concertation syndicale.
Pujadas s'amusa du trajet en train pour aller à Bruxelles. « Je préfère, non pas faire des économies, mais faire simple », répondit le président. Ou encore: « faire simple, ce n'est pas faire médiocre, ou faire banal; c'est au contraire avoir le respect des Français et être exemplaire.» S'il avait voulu être journaliste, David Pujadas aurait pu interroger Hollande sur son récent séjour au Château de la Lanterne. S'agissait-il d'un test ?
L'animateur de France 2 tenta de placer le débat sur la valse des remplacements de hauts fonctionnaires. « trois personnes, ce n'est pas une valse considérable » s'amusa Hollande. Il avait raison. Qui regrettera le préfet Gaudin à Paris, le patron de la DCRI Squarcini - homme-lige de Nicolas Sarkozy, et Frédéric Péchenard, autre ami d'enfance de l'ancien monarque placé à la tête de la police nationale ? Chasse aux sorcières ? Les sorcières n'étaient que trois... Vraiment ?
Mardi, Jean-Marc Ayrault avait aussi invité les partenaires sociaux, pour un premier échange avant un sommet prévu en juillet. A en croire les sondages, l'emploi reste la préoccupation majeure du moment.
La CGT a déjà sa liste noire des plans sociaux, qu'elle a remis à Arnaud Montebourg. On se souvient que Xavier Bertrand, alors ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, avait enjoint nombre de grandes entreprises d'attendre l'issue de l'élection présidentielle pour déclencher leurs plans sociaux. Le chômage atteignait déjà des records.
En son temps, c'est-à-dire il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy louait le modèle allemand sans préciser lequel. En matière d'emploi, les lois Hartz du gouvernement Schroeder, avaient si dramatiquement fait progresser la précarité de l'emploi qu'on se demandait encore si l'ancien Monarque pensait à elles quand il invoquait l'Allemagne.
A droite, on faisait grise mine. Même François Fillon avait la mauvaise foi facile. Il feignait de ne pas avoir compris certaines de promesses hollandaises. De sa part, c'était triste. Lire était pourtant si simple.
« Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche.. (...) Cela a souvent été le cas dans l'Histoire. La gauche s'était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n'est déjà plus d'actualité puisque maintenant, ça n'est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C'est donc une hypocrisie.»
Le même jour, on apprenait que l'UMP intensifiait ses relations avec le Parti communiste... Chinois. Son secrétaire général de l'UMP chargé de l'Asie, Chenva Tieu, par ailleurs candidat aux législatives à Paris, a expliqué que l'accord avait passé « une deuxième étape »: « Dans le cadre d'un plan de formation, nous allons recevoir des cadres chinois du PC et envoyer nous-mêmes des cadres de notre parti pour faire mieux connaissance . (...) nous sommes dans une optique de connaissance réciproque. La Chine est la 2e puissance du monde, il faut que nous sachions comment ils fonctionnent.»
Ces gens-là avaient le sens du timing.
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mardi 29 mai 2012
Cécile Duflot, l'hébergement d'urgence et la suite.
C'est évidemment l'urgence. Partout en France, et en matière d'hébergement notamment. A peine nommée ministre de la ville, l'écologiste Cécile Duflot, avec l'appui de sa collègue Marisol Touraine aux Affaires Sociales, avait prolongé le dispositif hivernal jusqu'au 31 mai. Ce dernier augmente les places d'accueil pour les SDF jusqu'à 19 000 places supplémentaires d’urgence, en plus des 118 000 places ouvertes toute l’année.. Et pourtant, à Lyon, des expulsions ont eu lieu.
Faudrait-il virer le préfet local ?
«La première décision que j’ai prise en liaison avec Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, c’est de suspendre la fin de la trêve hivernale et de repousser au 31 mai toute décision» déclarait la jeune ministre. «Il va falloir mobiliser l’ensemble des acteurs pour faire en sorte que les places dans les foyers d’urgence soient libérées par ceux qui ont droit à un logement et accueillir les personnes qui sont en plus grande fragilité dans des lieux d’hébergement de plus grande qualité» ajoutait-elle.
Le 25 mai, la préfecture du Rhône expliquait bien officiellement:
Comment passe-t-on de 1200 ou, plus récemment, 650 hébergements à 251 ?
Par des expulsions ! « On a retrouvé quelques personnes, samedi 26 mai, au tribunal administratif de Lyon » explique Philippe Alain. « Une maman qui élève seule ses 4 enfants suite au décès de son mari. Aidée par des associations elle assigne le préfet au tribunal administratif pour demander que l’Etat respecte ses droits et condamne le préfet pour l’avoir jetée à la rue avec ses enfants. »
Le préfet du Rhône a-t-il tardivement respecté les consignes de sa ministre ? L'homme s'était déjà distingué lors de la traque aux Roms, pendant l'été 2010. Avant de régulariser, discrètement, une centaine d'entre eux au début de 2012. Jean-François Carenco se savait protégé de Jean-Louis Borloo.
En avril dernier, l'Etat, c'est-à-dire le préfet, avait déjà été condamné par le tribunal administratif pour la fermeture de quelque 3.000 places d'hébergement.
Cécile Duflot va-t-elle se saisir de l'affaire ?
Faudrait-il virer le préfet local ?
«La première décision que j’ai prise en liaison avec Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, c’est de suspendre la fin de la trêve hivernale et de repousser au 31 mai toute décision» déclarait la jeune ministre. «Il va falloir mobiliser l’ensemble des acteurs pour faire en sorte que les places dans les foyers d’urgence soient libérées par ceux qui ont droit à un logement et accueillir les personnes qui sont en plus grande fragilité dans des lieux d’hébergement de plus grande qualité» ajoutait-elle.
Le 25 mai, la préfecture du Rhône expliquait bien officiellement:
« Le mardi 22 mai, 251 personnes étaient logées à l’hôtel et conformément aux directives écrites de Cécile DUFLOT, Ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, qui a annoncé le maintien du plan hivernal jusqu’au 31 mai, elles ont été maintenues dans leur hébergement.»Vous avez bien lu... 251 personnes étaient encore logées à l'hôtel. Sur son blog, notre confrère Philippe Alain pointe qu'il y avait jusqu'à 650 personnes hébergées en urgence pendant l'hiver. En fait, la préfecture du Rhône elle-même mentionnait 1.200 hébergements d'urgence au plus fort de l'hiver.
Comment passe-t-on de 1200 ou, plus récemment, 650 hébergements à 251 ?
Par des expulsions ! « On a retrouvé quelques personnes, samedi 26 mai, au tribunal administratif de Lyon » explique Philippe Alain. « Une maman qui élève seule ses 4 enfants suite au décès de son mari. Aidée par des associations elle assigne le préfet au tribunal administratif pour demander que l’Etat respecte ses droits et condamne le préfet pour l’avoir jetée à la rue avec ses enfants. »
Le préfet du Rhône a-t-il tardivement respecté les consignes de sa ministre ? L'homme s'était déjà distingué lors de la traque aux Roms, pendant l'été 2010. Avant de régulariser, discrètement, une centaine d'entre eux au début de 2012. Jean-François Carenco se savait protégé de Jean-Louis Borloo.
En avril dernier, l'Etat, c'est-à-dire le préfet, avait déjà été condamné par le tribunal administratif pour la fermeture de quelque 3.000 places d'hébergement.
Cécile Duflot va-t-elle se saisir de l'affaire ?
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