31 mai 2007

SARKOFRANCE: la France de Christian ESTROSI

Christian ESTROSI s'exprimait lundi soir en meeting à Nice, en présence du Premier Ministre. Les accents de campagne présidentielle ("votez pour la France qui préfère les victimes aux voyous") reviennent.

"Nous tous, Juifs, Chrétiens, Musulmans, sommes les héritiers d'un même patrimoine de valeurs spirituelles qui donnent à nos Dieux et à nos civilisations tant de ressemblance" (les athés apprécieront).

http://www.dailymotion.com/Canal-Historique-06

L'ouverture paye : la gauche écrasée

Le concert des sondages reprend de plus belle, à 10 jours du premier tour des élections législatives.

L'ouverture et la modération de l'équipe Sarkozy, qui tranche avec la droitisation de la campagne présidentielle du candidat, ont visiblement payé : les sondages annoncent une déroute pour l'opposition (100 sièges environ, versus 140 aujourd'hui).

Le scrutin majoritaire y est pour beaucoup : selon une enquête TNS-Sofres-Unilog pour « Le Figaro », RTL et LCI, publiée ce matin, l'UMP estimée à 42 % des voix obtiendrait 410 et 430 députés .

"Hortefeux Watch": la vigilance continue

Eric Mainville, dans son excellent blog, nous informe de la création d'un "Hortefeux Watch", placé par des bloggers sur ce Ministère inédit en France depuis 1944, et aux pouvoirs très étendus créé par le décret du 18 mai 2007.

Son périmètre a dépossédé les Affaires Etrangères (Bernard Kouchner) de l'immigration , l'Intérieur (Michèle Alliot-Marie) de la direction des libertés publiques, la police de l'air et des frontières; et la Coopération du co-développement.

Le 18 mai 2007, 8 universitaires membres des instances de la Cité de l'immigration (Patrick Weil, Gérard Noiriel, Nancy Green, Patrick Simon, Vincent Viet, Marie-Christine Volovitch-Tavarès, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Geneviève Dreyfus-Armand) présentent leur démission suite à la création par Nicolas Sarkozy d'un ministère associant la question de l'immigration et de l'identité nationale, s'inscrivant selon eux dans « la trame d'un discours stigmatisant l'immigration et dans la tradition d'un nationalisme fondé sur la méfiance et l'hostilité aux étrangers dans les moments de crise ».

Ses proches :
Son directeur de cabinet est Thierry Coudert . Cet administrateur civil était déjà le directeur de cabinet de Brice Hortefeux au ministère délégué aux Collectivités territoriales dans le précédent gouvernement.

Patrick Stefanini est conseiller auprès du ministre. Secrétaire général du Comité interministériel de contrôle de l'immigration créé en mai 2005, il a été directeur de campagne de Jacques Chirac en 1995, puis directeur adjoint sept ans plus tard.
Ce dernier avait proposé en mars dernier au candidat Sarkozy une dérogation pour permettre aux travailleurs saisonniers de rester plus longtemps sur le sol Français ("immigration choisie").

A suivre

Carte scolaire : les incohérences de Xavier DARCOS

Le Ministre de l'Education était l'invité ce matin de Nicolas DEMORAND sur France Inter de 8h20 à 9h.

Question: "Comment ferez vous pour imposer la suppression de la carte scolaire à des communes (responsables des écoles primaires), à des départements (collèges) ou des régions (lycées) qui la refuseraient ?"
Réponse: "nous verrons le moment venu" ; "le problème de la carte scolaire se pose surtout pour des très grandes villes qui ont des quartiers en très grande difficulté" ; "pour 90% des élèves, il n'y a pas de problème."

pourquoi alors annoncer sa suppression d'ici 2010 ? N'est-ce qu'une promesse idéologique à tenir coûte que coûte ?

EADS: les révélations de Challenges

Il est parfois compliqué et fastidieux de suivre le feuilleton EADS; Pour ce qui intéresse l'objet de ce blog, l'essentiel est de suivre un cap : le gouvernement français, dont Nicolas Sarkozy était le numéro 2 jusqu'en mars dernier, aurait bien joué un rôle dans le départ confortable de l'ex-dirigeant d'EADS.

Le magazine Challenge a retrouvé l'ordre du jour du Conseil d'Administration du 2 juillet 2006 (point 7), qui stipule que les membres allemands du Conseil “n’ont donné leur consentement qu’à condition qu’il soit entendu que les termes et les conditions de l’accord correspondent au fait que Noël Forgeard souhaite exclusivement démissionner volontairement, et que le gouvernement français, en tant qu’actionnaire, insiste pour qu’il s’agisse bien d’une démission volontaire“.

Promesse pas tenue ? la gratuité des musées

Le candidat Sarkozy l'avait promis. la ministre de la Culture, Christine Albanel, aimerait l'enterrer : elle a déclaré hier qu'elle veut « réfléchir » à la gratuité des musées pour tous.

"Je suis pour aller plus loin dans la gratuité" des musées mais "il faut réfléchir à cette idée de gratuité tout le temps pour tous", a-t-elle dit. "Je ne suis pas sûre que ce soit la bonne idée" a-t-elle affirmé, hier, sur France Inter, car "elle peut être porteuse d'effets, je pense, assez pervers", a-t-elle ajouté. "Tout n'est pas gratuit tout le temps", a-t-elle dit. "La bonne idée, c'est "peut-être la gratuité pour les 18-26 ans", selon elle.

"Je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas"
Nicolas Sarkozy 2007-20??

30 mai 2007

La lettre du Syndicat de la Magistrature à Rachida DATI

Lettre du Syndicat de la magistrature à Mme Rachida DATI, Garde des Sceaux

Rendez-vous le mercredi 30 mai à 17H00 du Syndicat de la magistrature avec le Garde des Sceaux

Madame la Ministre,

Vous avez souhaité rencontrer le Syndicat de la magistrature ce mercredi 30 mai. A cette occasion, nous tenons à vous faire part de nos propositions en matière de réforme de la justice et nous faire l’écho des préoccupations quotidiennes de nos collègues en juridiction.

Le Syndicat de la magistrature propose depuis de nombreuses années une ambitieuse réforme de la justice qu’il a eu l’occasion de présenter devant la commission d’enquête parlementaire relative à l’affaire dite d’Outreau.

Cette réforme présentée sous forme de 40 propositions que vous trouverez annexées au présent courrier, a pour objectif d’assurer une Justice égale pour tous et donc véritablement indépendante.

Nous attendons de connaître vos engagements pour une réforme ambitieuse de l’institution judiciaire permettant à la Justice d’assurer pleinement son rôle de régulation démocratique.

C’est ainsi que sur le plan institutionnel, le Syndicat de la magistrature attend des engagements forts de votre part en ce qui concerne le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. Nous souhaitons que soit mis fin à la pratique du passer-outre des avis négatifs en matière de nomination des magistrats du parquet. Cette pratique, devenue systématique, illustre la dépendance de la magistrature vis-à-vis du pouvoir politique en terme de carrière. Elle participe de la préfectoralisation des parquets et fragilise l’institution toute entière.

Au-delà des enjeux d’une réforme institutionnelle de l’autorité judiciaire, le Syndicat de la magistrature souhaite vous faire part des difficultés rencontrées par les magistrats qui, dans leurs activités juridictionnelles quotidiennes, sont confrontés aux réalités d’une institution souvent en incapacité d’offrir un service public de la justice à la hauteur des attentes sociales et se trouvent souvent démunis pour rendre une justice de qualité.

C’est ainsi qu’il manque aujourd’hui plus de 600 fonctionnaires de greffe dans les juridictions françaises, que les décisions rendues attendent souvent plusieurs semaines pour être notifiées et donc exécutées, que les magistrats sont contraints de travailler sans l’assistance d’un greffier.

Sur ce point, nous attendons également des engagements clairs d’autant que la loi de programmation pour la Justice votée en 2002, n’a été respectée qu’à hauteur de 37% des créations d’emplois prévues dans les greffes.

En décembre 2006, Monsieur Serge VALLEMONT a rendu à votre prédécesseur, un rapport alarmant sur le fonctionnement du dialogue social dans les juridictions, révélant la nécessité de réformer en profondeur les organes de dialogue social existants, en leur donnant un véritable poids, en assurant la représentation syndicale des magistrats dans les organes de concertation régionaux comme les CTPR et en permettant une information transparente et loyale des organisations syndicales.

Le Syndicat de la magistrature attend que ce rapport permette une véritable rénovation du dialogue social au sein de notre ministère afin que les magistrats puissent peser dans les choix de politique judiciaire de chaque juridiction.

Dans cet esprit d’un dialogue social effectif, nous demandons la communication des projets de réformes annoncées en matière de peines planchers automatiques et de majorité pénale à 16 ans pour les adolescents récidivistes. Il apparaît en effet totalement anormal que de tels textes, qui touchent au fondement de notre Etat de droit, soient examinés dans l’urgence, au parlement dés l’été 2007 sans faire l’objet au préalable d’un véritable débat public sur les choix de société qu’ils sous-tendent.

Le Syndicat de la magistrature considère que ces deux projets consacrent le renoncement au principe de l’insertion par l’éducation et instituent l’enfermement comme seule réponse aux problématiques posées par la récidive. Ces deux textes nous apparaissent particulièrement dangereux car la prison génère de la délinquance et de la violence plus qu’elle ne participe de la prévention de la récidive. Ainsi le principe fondamental de l’individualisation de la peine doit être préservé pour assurer des réponses judiciaires adaptées tant aux victimes qu’aux condamnés.

En ce qui concerne la majorité pénale à 16 ans, le Syndicat de la magistrature considère qu’appréhender les problèmes éducatifs rencontrés par nos adolescents sous le seul angle pénal, constitue une réponse caricaturale à la question beaucoup plus vaste de la place de la jeunesse dans notre société et à notre capacité à répondre à son mal-être. En effet, la Justice ne saurait être le seul lieu institutionnel concerné par les problèmes que révèle l’enfance délinquante.

A ce titre, nous demandons qu’une vaste réflexion, ouverte à la société civile, s’engage sous forme d’états généraux de la jeunesse ou de commission parlementaire sur les réponses à apporter au malaise de la jeunesse qui s’exprime au travers d’actes auto ou hétéro- agressifs. C’est après ce préalable indispensable qu’une refonte de la justice pénale des mineurs pourrait être envisagée.

Nous vous prions, Madame La Ministre, de bien vouloir recevoir, l’expression de notre haute considération.

Pour le Syndicat de la magistrature Emmanuelle Perreux Président


Source/auteur : http://www.syndicat-magistrature.org/

La révélation du Figaro

Après Libération, Le Monde, Les Echos, La Tribune, Le Nouvel Obs, L'Express, le Point, RTL, France Inter, France 2, Le Parisien (que les oubliés m'excusent), voici Le Figaro, avec 4 à 6 jours de retard par rapport à ses confrères de la presse écrite (cf nos billets des 25, 26, 27 et 29 mai) pour avouer cette réalité fracassante :
"La mesure sur les heures supplémentaires défiscalisées risque d'être confrontée à certains écueils d’un point de vue juridique."

... Et de préciser sa pensée, citant des experts en droit du travail.

" Comment identifier les heures supplémentaires ?"
« Un manque à gagner pour l’Etat » : « des employeurs pourraient être tentés de frauder en substituant aux primes une rémunération en heures supplémentaires. Cela va occasionner une fraude du côté de la Sécurité sociale, du fait des exonérations, mais aussi du fisc ».
"La défiscalisation est foncièrement inégalitaire dans la mesure où les salaires les plus importants bénéficieront davantage de cette mesure"

Sans commentaire.
(juste un, pour la route : n'était-ce pas vrai avant l'élection présidentielle ?)

Sarkozy toujours en meeting: le Président de tous les Français ?

Jugez par vous même.

http://www.dailymotion.com/video/x24ge9_sarkozy-havre-proprietaires

http://www.dailymotion.com/video/x24t8y_grande-reunion-republicaine-nsarkoz

Les syndicats de magistrats taclent Rachida DATI

L'Union syndicale de la magistrature (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (gauche) contestent le principe de 2 réformes annoncées (peines de prison automatiques pour les récidivistes et l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans).

Selon eux,
- elles aggraveront la surpopulation carcérale (61 000 prisonniers pour 50 000 places),
- elles aggraveront le manque de moyens de la Justice,
- elles sont contraires au droit constitutionnel français qui prévoit que les juges doivent adapter les peines à chaque individu et qu'un mineur ne peut être traité comme un majeur.

Notons que les gouvernements Raffarin puis De Villepin ont fait voter 10 lois sur la Justice en 5 ans (!).

Promesse pas tenable: les heures supplémentaires critiquées

Trois économistes, peu suspects de sarkozysme primaire, (Patrick Artus, Pierre Cahuc et André Zylberberg) critiquent le dispositif envisagé par le gouvernement de défiscalisation des heures supplémentaires au-delà des 35 heures hebdomadaires.

"une fiscalité spécifique sur les heures supplémentaires, quelle que soit sa forme, aurait au mieux un effet incertain sur l'emploi et le revenu global, avec un risque de coût exorbitant pour les finances publiques qui se double d'une complexité accrue du système fiscal"

Promesse tenue, mais chère et dangereuse.

Hier soir en meeting de campagne UMP, le Président Nicolas Sarkozy a étouffé la cacophonie ambiante sur le champs d'application de sa promesse de défiscaliser les intérêts d'emprunts immobiliers: cette mesure s'appliquera dès que la loi sera votée à tous les emprunts (nouveaux et en cours). « La pensée unique s'oppose à la déduction du revenu imposable des intérêts des emprunts contractés pour l'achat de sa résidence principale. Cette déduction, je l'ai promise et je la ferai » a-t-il déclaré.

LES ECHOS reviennent sur le coût de cette annonce : 2 milliards d'euros dès 2007 et 3,5 milliards d'euros en année pleine. Pour en limiter l'impact, plusieurs modalités sont à l'étude : le plafonnement du montant des intérêts d'emprunt pouvant être déduits, sa limitation aux primo-accédants (600.000 foyers par an) ; la durée d'application de la mesure (cinq, sept ou dix ans).

Le ministre du Budget, Eric Woerth, a été désavoué (c'est LE MONDE qui le dit) mais a lui nié ce matin tout cafouillage gouvernemental.

Sur l'hypothèse d'une déduction fiscale limitée à 20% du montant des emprunts, certains experts estiment que (1) 25% des ménages sont concernés, (2) leur facture immobilière s'allègeraient de ... 3%.

Enfin, cette mesure permettrait de limiter la baisse du marché immobilier.

Question logique : si les ménages Français achètent peu ou insuffisamment, c'est aussi (et surtout) à cause de la pénurie de construction; d'où la bulle immobilière depuis 2000. Le marché immobilier baisse à peine depuis 18 mois. Cette mesure de soutien aux ménages devrait ralentir le fléchissement du marché ... et faire repartir à la hausse les prix de l'immobilier stimulés par une demande que l'on supposera encouragée. A qui profite le crime ?

Quand Sarkozy vante les caméras de surveillance


Daniel Schneiderman relate dans son blog l'anecdote suivante :

"Je vous ai déjà parlé de cette délicieuse assiette, dégustée par Sarkozy à Toulouse, avec les ouvriers d’EADS.
Vous avez peut-être vu l’image (attention, JT en ligne seulement jusqu’à demain).
Mais vous n’aviez pas le son.
Vous avez raté un grand moment.
(...) L’occasion pour lui de citer en exemple l’Angleterre de Tony Blair. « Les caméras de sécurité sont quand même très utiles. En Grande-Bretagne, ils en ont des millions et ça ne pose aucun problème. Si on en met, ça n’est pas pour violer votre intimité », glisse le président en se tournant vers sa voisine, l’une des rares ouvrières présentes dans le réfectoire, judicieusement placée entre lui et son ministre de l’Economie. "

L'ouverture selon Nicolas Sarkozy

Il est indéniable que Nicolas Sarkozy a fait preuve d'une ouverture d'esprit plus grande que ces déclarations de campagne le laissaient croire. Comment l'apprécier ? Comment considérer ceux qui ont franchi le Rubicon ?

Etes vous partagés ?

Attirer Bernard Kouchner, Eric Besson, et Martin Hirsch dans le premier gouvernement de la Présidence, alors que rien ne l'y obligeait; entamer des discussions avec tous les syndicats salariés sur les heures supplémentaires et le service minimum; organiser une première réunion avec des ONG environnementales sont des signes évidents de dialogue.
Tous les ministres, même les plus durs, ont eu un geste d'ouverture depuis leur nomination.

Mais Sarkozy ne change pas de cap. Il l'a rappelé hier soir au Havre : "Je vous ai dit que je ne vous trahirais pas, que je ne vous mentirais pas, que je ne vous tromperais pas. Je n'ai pas oublié. J'ai voulu tout vous dire avant l'élection pour pouvoir tout faire après. Et je ferai tout."
Ces premières décisions sont toutes libérales et conservatrices. Elles visent, volontairement ou pas, toutes à sanctionner les plus faibles :
- les peines planchers ne s'appliqueront pas aux déliquants en col blanc
- les franchises médicales exclueront les plus pauvres des soins publics
- les heures supplémentaires ne concerneront pas les salariéEs à temps partiel.
Etc...

Ouvert mais libéral. Dialogue mais conservatisme. Sarkozy est tout en séduction car il doit rassurer jusqu'au 17 juin, date du 2nd tour des élections législatives.

Vu la charge qu'ont représenté les déplacements européens ces 8 derniers jours, il aurait pu laisser Kouchner parler et voyager un peu depuis sa nomination. Non, il l'a envoyé au Darfour (c'est déjà pas mal). Le naturel a pris le dessus. Le mini-traité est son idée. Il ne va pas laisser un porteur de sac de riz lui voler la vedette. Qu'en pense Bernard ?

"Ayez confiance"

29 mai 2007

Sarkozette: Dati censure


Dans un communiqué rédigé hier, la Société des Journalistes de PARIS MATCH, "soutenue par celles du Journal du Dimanche, ELLE, Première, Télé7Jours", s'indigne des "pressions exercées par la garde des Sceaux, Madame Rachida Dati, afin d'empêcher la publication de photos de jeunesse dont la reproduction avait pourtant été autorisée par son père lors d'un rendez-vous avec nos reporters".

Rappelons que Rachida DATI a jusqu'à lors largement exposé et évoqué son enfance et sa famille, et l'exemplarité de son parcours. Mais peut être a-t-elle jugé, comme hier Nicolas Sarkozy à propos de sa vie conjuguale heureuse puis malheureuse, que "trop c'est trop."

Alain Minc, Sarkozy et la Chute d'un MONDE

Un confrère vigilant nous alerte justement sur un entretien de Guy Birenbaum avec Laurent Mauduit, ancien Directeur de la Rédaction du MONDE.

"Le président du conseil de surveillance du Monde était l’un des convives présents au Fouquet’s, au soir du second tour de la présidentielle,pour fêter la victoire de son champion, avant que ce dernier ne s’évade pour son escapade maltaise, sur le yacht de son client... le même Bolloré".

Laurent Mauduit a publié, avec difficulté, une excellente enquête sur Alain Minc, Président du Conseil de Surveillance du MONDE (entre autres) en avril dernier ( à acheter immédiatement!). Ce dernier a allumé les contre-feux nécessaires (i-Télé,

Lire aussi: "La pensée unique est devenue populiste" par Alain Minc, Les Echos, 8 janvier 2007.

LE PARISIEN roule t il pour SARKOZY ?

"Enquête sur la sarkomania" titrait le PARISIEN ce matin mardi 29 mai.
"on va vers une très grosse vague bleue aux législatives", en sous-titre.

"C'EST LA SARKOMANIA ! Trois semaines après son élection, douze jours après son installation à l'Elysée, Nicolas Sarkozy connaît un vrai état de grâce. Soixante-cinq pour cent des Français se disent satisfaits de lui selon un sondage Ifop-« Journal du dimanche », qui en fait ainsi le chef d'Etat le plus populaire au lendemain de sa prise de fonction après Charles de Gaulle."

SARKOZY en meeting le 29 mai

Nicolas Sarkozy en meeting électoral (normal?) au Havre a apporté les précisions suivantes sur la défiscalisation des intérêts d'emprunt immobilier : « Parce que je veux une France de propriétaires. Les intérêts seront déductibles à partir du jour où la loi sera votée, et cette déduction, comme je m’y suis engagé, s’appliquera à tous les emprunts en cours ».

Editorial: le sarkolibéralisme fait ses premiers pas

Une cohérence libérale certaine se dégage des annonces récentes du Gouvernement.

En matière de santé, quatre nouvelles franchises médicales de 10 euros par foyer seraient créées. Elles sont inefficaces pour limiter les déficits. Mais elles renforceront l'attractivité des assurances privées.

En matière d'Education, l'offre universitaire sera libéralisée (recrutement libre des professeurs; autonomie de gestion), sans garantie sur l'équilibre géographique et social; la carte scolaire sera supprimée, là encore sans explication sur l'objectif de mixité sociale.

En matière de droit du travail, le flou demeure sur le service minimum (oui, non, peut être) et la défiscalisation des heures supplémentaires.

En matière de politique étrangère, Nicolas Sarkozy veut assouplir les règles de fonctionnement de l'Union Européenne (Allo Kouchner ? t'es toujours là ?), en oubliant le (déjà faible) volet social.

En matière de répression, les fameuses peines planchers pour les multi-récidivistes et l'abaissement à 16 ans de l'excuse de minorité en cas de faits graves, est prévu pour l'été, sans qu'un mot soit dit sur la surpopulation carcérale et d'éventuels remèdes.

En matière de fiscalité, les allègements pour les plus riches devraient être mis en oeuvre d'ici 2008, alors que le désendettement de l'Etat est reporté sine die (cela vous rappelle-t-il Jacques Chirac en 1995/1996 ?).

En matière d'environnement, les bonnes intentions (orales) d'Alain Juppé ont été contre-dites dans la foulée par la Ministre de l'Agriculture sur l'OGM "MON810".

Sur tous ces sujets, l'équipe Sarkozy veut "déminer," en annonçant des "conférences", "consultations" et autres "entretiens". Elle a raison. La confrontation aurait dû avoir lieu, mais les Français sont sages ou épuisés par une campagne présidentielle trop longue.

Rappelons les 2 techniques militaires de déminage: (1) faire exploser la mine (ex: avec un bulldozer) ou (2) la désamorcer...

A bon entendeur...

L'autonomie des universités: demi-rupture

Valérie PECRESSE, la ministre de l'Enseignement supérieur, a précisé l'autonomie des universités qu'elle entend faire voter dès juillet:
- libre gestion de leur patrimoine immobilier,
- recrutement autonome des enseignants
- autonomie de gestion de leurs crédits.

En revanche, le statut national des diplômes et l'absence de sélection des étudiants ne seront pas remis en cause.

Questions: cette (demi) réforme ne va t elle pas conduire à des surenchères de recrutement de professeurs ? quel en sera l'impact sur l'aménagement université du territoire ?

SARKOZY enterre la Constitution Européenne

Ce n'est pas une surprise: le candidat SARKOZY a toujours milité pour un "mini-traité", position contraire aux 18 Etats de l'Union ayant ratifié le projet de Constitution Européenne. Il semblerait que l'on s'achemine vers un simple amendement aux règles de fonctionnement de l'Union Européenne, suite aux différents élargissements opérés depuis les Traités de Nice et Maastricht :
- la stabilité de la présidence du Conseil européen;
- la nomination d'un ministre des affaires étrangères,
- la personnalité juridique à l'Union européenne;
- la réduction du droit de veto pour permettre à ceux qui veulent avancer de ne pas être bloqués par les autres;
- la modification du système de vote en prenant en compte la population
- la référence à la charte des droits fondamentaux.


Heures Supplémentaires : dispositif précisé

D'après RTL ce matin, le dispositif proposé par le gouvernement est le suivant : à compter de la trente-sixième heure travaillée, une majoration salariale automatique de 25%, y compris dans les entreprises qui sont restées aux 39 heures.
Ces heures seraient exonérées partiellement ou totalement (on reste dans le flou) de cotisations sociales.

Ces revenus supplémentaires ne seront pas imposables. Tous les salariés devraient être concernés.

Le gouvernement planche sur des mécanismes qui permettront d'intégrer dans le dispositif les personnes qui travaillent à temps partiel, les fonctionnaires et les cadres, qui ne décomptent pas leur temps de travail en heures mais en jours.

Promesse tenue: disparition de la carte scolaire

Xavier Darcos, le ministre de l'Education, annonce dans un entretien au Parisien l'assouplissement "dès la rentrée prochaine" de la carte scolaire, et sa disparition progressive d'ici "trois rentrées scolaires".

Malheureusement, il n'annonce pas comment il entend préserver la mixité sociale; ni comment organiser les transports; ni comment gérer les élèves orphelins d'établissements dans leurs quartiers. La candidate Ségolène Royal avait suggéré de revoir les zones et d'élargir le choix des parents à 3 établissements par zone.

Le candidat Sarkozy avait promis sa suppression pure et simple. Chose promise....

Lire à sujet les réflexions de Louis Morin, Directeur de l'Observatoire des Inégalités.

OGM: qu'attend Alain Juppé ?

Après un rapport de Greenpeace en février 2006, l’Allemagne vient de suspendre la commercialisation du maïs OGM ’Mon810’, produit par Monsanto.

Le MON810 est un maïs génétiquement modifié, produit par le semencier américain Monsanto et autorisé à la culture en 1998 ; il a été modifié pour produire une toxine insecticide, appelée " Bt ", censée protéger la plante de la pyrale du maïs, papillon qui la dévore. Il s’agit aujourd’hui de la seule variété d’OGM cultivée en France de façon commerciale à hauteur de 30.000 ha en moyenne chaque année.

En France, le discours est contradictoire :

Alain Juppé a déclaré le 25 mai : " On vient de découvrir que la sécrétion de la toxine qui est censée tuer l’insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas exactement celles qu’on attendait. Donc l’Allemagne vient de suspendre l’autorisation du MON810. Dans ce cas précis il faut s’inspirer du cas allemand."

"Il ne faut pas se précipiter. Il faut se donner le temps de la réflexion avant une décision", a déclaré Mme Lagarde, la nouvelle Ministre de l'Agriculture, à la radio BFM le même jour.

Nul besoin d'une majorité parlementaire pour décréter un moratoire. Les études sur lesquelles s'est basée l'Allemagne révèlent que la quantité d’insecticide produite par chaque épi de maïs MON810 semble varier de 1 à 100 selon les plantes. La toxine serait également susceptible de s’attaquer à d’autres papillons non ciblés alors que la pyrale du maïs pourrait présenter une résistance à l’insecticide. Par ailleurs, ces études ont mis en évidence une possible contamination des sols par la toxine qui serait transpirée à partir des racines de la plante.

Alors Monsieur Juppé, chiche ?

28 mai 2007

Espionnage & Co : Sarkozy à l'Intérieur

L'annonce de la mise en place du nouveau centre technique d'espionnage des emails et SMS nous fournit l'occasion de revenir sur les principales actions de Nicolas SARKOZY, Ministre de l'Intérieur en matière de surveillance du territoire (source : SAUVEZ LA TERRE)

Fichage

Le Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC) de la police et le système JUdiciaire de Documentation et d'EXploitation (JUDEX) de la gendarmerie sont deux fichiers nationaux, en plus du casier judiciaire, regroupant procédures, infractions, individus, victimes et objets mis en cause.

22 millions de personnes qui y sont référencées.

Ces fichiers peuvent être consultés lors d'une enquête administrative ou lors du recrutement pour certains emplois (sécurité, défense...). Leur fusion est prévue pour décembre 2007 en un seul et unique fichier : ARIANE, pour un coût de 15 millions d’euros. Vient s'ajouter les fichiers des Renseignements Généraux (RG), Système d'Information Schengen (SIS) et du Système d'information d'Europol (TECS).

La Commission Nationale Informatique et des Libertés (CNIL), la Fédération Informatique et Libertés (FIL), la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) et d’autres dénoncent le nombre considérable d'erreurs parfois très graves (la victime devient le coupable, etc…) contenues dans ces fichiers (environ 25%) et la quasi-impossibilité pour les personnes de faire valoir leurs droits.

Fichage ADN en cas d’infraction à la loi

La loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure a étendu le prélèvement ADN (en place pour les délinquants sexuels jugés coupables) à l'intégralité des personnes ayant affaire à la police (coupables comme suspects) quel que soit le type de délit (vols à la tire, tags, manifestations...), à la seule exception des délits financiers. Un prélèvement ADN coûte 400 €, celui-ci est conservé quarante ans.

Carte nationale d’identité et passeport biométriques

Conformément à ce que recommande l’Union européenne et à ce que réclament les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, la France va se doter d'une carte nationale d'identité obligatoire et payante contenant des informations biométriques sur son porteur. Elle contiendra les empreintes digitales et l’image faciale numérisée des ressortissants français.

Abolition du secret professionnel

Le projet de loi sur la ‘prévention de la délinquance’ propose le « secret professionnel partagé » permettant aux maires d'accéder aux informations médicales, psychiatriques, sociales et scolaires de leurs concitoyens. Ils pourront les utiliser pour gérer les allocations des familles ‘déviantes’.

Service Citoyen Volontaire

Vient d’être instauré dans dix régions pilotes le Service Citoyen Volontaire (SCV). Il s'agit pour les citoyens qui le souhaitent de s'engager en tant que bénévoles pour aider les forces de l'ordre à assurer la sécurité publique. Dans le cadre de leurs fonctions ils bénéficieront de l'immunité policière.

Service Minimum: "cool cool, zen zen"

Après la loi-cadre qui n'impose rien (vendredi), puis les déclarations de Xavier BERTRAND qui remettait le service minimum obligatoire sur la table (ce matin), Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT Cheminots, a réagi en regrettant que le gouvernement, qui avait parlé d’un service minimum dans les transports et l’Education nationale, ne parle maintenant plus «que de la SNCF». «Xavier Bertrand ne doit pas prendre souvent le train, car il y a un service minimum de fait. La semaine dernière, il y avait une grève sur la ligne E du RER et 65% du trafic était assuré. Si ce n’est pas un service minimum, qu’on m’explique le contraire», a-t-il ajouté.


Ajout du 29 mai 2007 : le président de la Fédération des usagers des transports et des services publics (FUT-SP) Jean-Claude Delarue affirme qu’il ne s’agit plus de la priorité des usagers. Lire Libération du jour.

Espionnage de nos emails et SMS

Depuis le 2 mai dernier, le nouveau centre technique situé dans les nouveaux locaux des services de renseignement de la police nationale à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), permet aux enquêteurs de se faire transmettre par les opérateurs de téléphonie la liste de tous les appels entrant et sortant de l’abonné, se faire communiquer ses documents d’inscription avec son adresse et ses coordonnées bancaires.

Cette cellule est administrée par l’Uclat (Unité de coordination de la lutte antiterroriste), les requêtes ne pouvant être formulées que par les services habilités (DST, DCRG, RG-PP, Sous-direction antiterroriste de la DCPJ et DGGN) pour « prévenir » les actes terroristes. Elle est placée sous la surveillance de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).


Promesse non tenue : "prêts immobiliers : l’embarras de Bercy"

A lire dans le FIGARO....

"Les foyers qui ont acquis leur résidence après le 6 mai profiteront de la mesure. Les autres devront patienter pour connaître leur sort. (...) Pour l’heure, c’est le flou le plus total. (...) Reste à paramétrer la mesure en veillant à ce qu’elle ne soit pas trop coûteuse et qu’elle n’éloigne pas la France du rétablissement de ses finances publiques."

Les Hommes du Président

Trois semaines après l'élection (Mise à jour du 1er juin 2007), voici l'équipe de la Présidence :

Claude Guéant (61 ans), secrétaire général de la présidence
François Pérol, secrétaire général adjoint
Emmanuelle Mignon, 39 ans, directrice de cabinet.
Jean-David Levitte, (60 ans) conseiller diplomatique et Sherpa du président Nicolas Sarkozy
David Martinon (36 ans), ancien conseiller diplomatique de M. Sarkozy, a lui été nommé porte-parole de la présidence,
Catherine Pégard (49 ans, ex journaliste du POINT), Conseillère politique,
Georges-Marc Benamou (50 ans), Conseiller à la culture
Henri Guaino, 50 ans, conseiller spécial
Raymond Soubie conseiller pour les affaires sociales
Franck Louvrier, 39 ans, Chargé de la communication.
Patrick Ouart, conseiller à la justice
Cédric Goubet, Chef de cabinet
Arnold Munnich, conseiller en génétique
Raymond Soubie, Conseiller du Président de la République
Vice-amiral d'escadre Edouard Guillaud, Chef de l'état-major particulier

Sarkozy a également annoncé la création d'un Conseil National de Sécurité (lire rue89.com), animé par Jean-David Levitte, limité aux affaires étrangères. "Instance centrale d'analyse, de débat et de réflexion en matière de sécurité et de défense, en période normale comme en période de crise"; le Conseil national de sécurité doit permettre au Président d'animer personnellement la politique étrangère et de coordonner les actions de renseignement dans le domaine international.

Tous derrière lui

Patrick Devedjian publie un billet "Que va devenir l'UMP?" sur le blog de la France d'après.

On y comprend que l'UMP sera dédiée au Président. "Le leader naturel de l’UMP est Nicolas Sarkozy, une autre personnalité dans le parti ne saurait avoir une légitimité égale à la sienne dans l’UMP."

Un parti godillot, comme avant lui le PS sous Mitterrand et le RPR sous Chirac.

Service Minimum: "ça s'en va et ça revient"

Interrogé ce matin sur RTL, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a indiqué lundi que le gouvernement avait l'intention d'instaurer avant janvier 2008 un service minimum dans l'ensemble des transports publics, afin de limiter l'impact des grèves sur les usagers.

"Le recul n'est ni possible, ni pensable. La feuille de route, tracée par Nicolas Sarkozy pendant la campagne mais aussi par les Français, est sans ambiguïté. Il y aura bien un service minimum avant janvier 2008", a-t-il dit, précisant que le dispositif concernerait la SNCF, la RATP ainsi que les organisateurs de transports locaux.

Rappelons que les partenaires sociaux reçus vendredi 25 mai par le Président avaient compris qu'une simple loi-cadre préciseraient les procédures d'alerte.

Promesse tenue : les franchises médicales contre les pauvres

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé dimanche que l'instauration de nouvelles franchises médicales serait inscrite dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, présenté en septembre par le gouvernement.

Deux types de franchises existent déjà: celle de 1 euro (depuis 2005) pour toute consultation médicale ou acte de laboratoire, et le forfait de 18 euros sur les actes chirurgicaux.

Nicolas Sarkozy avait proposé durant la campagne présidentielle un système de
quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur "les premiers euros annuels" dépensés en examens biologiques, en médicaments, visites médicales et hospitalisation.
"Il ne sera pas inscrit dans un projet de loi de financement rectificatif pour 2007 mais dans le projet de loi de financement pour 2008", présenté en septembre par le
gouvernement et débattu au Parlement à l'automne, a indiqué Mme Bachelot sur Europe 1.
Leur montant serait de 10 euros par franchise et par foyer.

"Il ne faut pas envisager ces franchises sous l'angle d'un rationnement des soins mais sous celui d'une responsabilisation des patients, a ajouté Mme Bachelot. "Nous allons travailler ensemble (avec M. Hirsch) pour mettre en place des garde-fous, pour prendre toutes les précautions qui s'imposent", a assuré Mme Bachelot. "Nous allons encore étudier cette mesure mais le principe est maintenu", a-t-elle poursuivi.

D'après un sondage réalisé les 23 et 24 mai auprès d'un échantillon représentatif de 952 personnes constitué selon la méthode des quotas, et publié par LE PARISIEN lundi 28 mai, 61% des Français estiment que l'instauration de franchises non remboursables sur les soins de santé, prévue par le gouvernement pour réduire le déficit de l'assurance maladie, serait "plutôt une mauvaise chose", selon un sondage CSA publié par le Parisien lundi 28 mai.

34% des Français estiment que cette proposition est "plutôt une bonne chose", et 5% ne se prononcent pas sur la question, selon le sondage. Les insatisfaits sont plus nombreux chez les employés (65%), les ouvriers, chômeurs (69%) et les professions intermédiaires (72%).

Le même jour, le président du premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF, Michel Chassang, a indiqué que l'instauration de franchises avait "deux inconvénients: le premier, c'est qu'elle risque de retarder l'accès aux soins des plus démunis, notamment aux soins primaires dispensés par le médecin généraliste (...). "Le second inconvénient, c'est qu'avec le montant évoqué par Mme Bachelot, ces franchises seront de toute façon largement insuffisantes pour équilibrer les comptes, ce n'est pas un mécanisme de régulation."

Lire aussi : "Franchise sur les soins de santé à 10 euros pour 2008, le gouvernement prépare t-il un système de santé à deux vitesses ? "

27 mai 2007

Promesses tenues : la répression accrue dès cet été

Rachida Dati a confirmé ce dimanche sur CANAL+ (Dimanche+) que les deux projets de loi promis par Nicolas Sarkozy pour punir sévèrement les délinquants multirécidivistes seront présentés au Parlement cet été:
- la création de peines plancher pour les majeurs
- la suppression de l'excuse de minorité pour les jeunes de 16 à 18 ans.

En revanche, la Ministre de la Justice est restée floue tant sur les éventuelles convocations de Jacques CHIRAC par la Justice à compter du 16 juin, date où l'immunité présidentielle cessera ("je n'ai pas connaissance de ces dossiers") que sur les moyens supplémentaires dont la Justice et les prisons seraient dotés ("un vrai problème")

Le nouveau conseiller à la Justice de SARKOZY inculpé en Belgique

Patrick OUART, récemment nommé Conseiller à la Justice du President Nicolas SARKOZY, devrait être prochainement jugé en Belgique dans l'affaire d'espionnage informatique dite "Electragate".

c'est le site internet du magazine Capital qui a révélé que cet ancien secrétaire général de l'entreprise Suez a été mis en examen en Belgique pour son rôle présumé dans une affaire d'espionnage et de piratage informatique baptisée "Electragate".

"On n'aurait pas parlé de cette affaire si je n'avais pas été nommé à l'Elysée. C'est une affaire dans laquelle il n'y a pas de plainte, pas de victime, pas de préjudice et où j'interviens dans le cadre strict des fonctions que j'occupais alors en qualité de secrétaire général de Suez", a-t-il déclaré sur France info. "Dans ces conditions, rappeler que je bénéficie de la présomption d'innocence ne me semble pas abusif", a-t-il ajouté.

Intérêts d'emprunt immobilier: promesse non tenue ?

Nicolas Sarkozy avait fait des promesses très généreuses sur la défiscalisation des intérêts d'emprunt immobilier : il promettait de permettre de « déduire les intérêts des emprunts contractés pour l'achat de son appartement, » et ce, pour les « nouveaux emprunts », mais aussi « les intérêts à courir des emprunts déjà contractés ».

Le ministre du Budget, Eric WOERTH, a confirmé que les intérêts d'emprunt immobilier seraient déductibles de l'impôt mais... pour les achats signés chez le notaire à partir du 6 mai 2007, jour de l'élection de Nicolas Sarkozy. « après on verra jusqu'où ira la rétroactivité".

Sarkozy et Fini : correspondances transalpines


Gianfranco Fini s'est ouvert le 16 mai dernier, jour de l'investiture du Président SARKOZY, d'une tribune dans le FIGARO.

L'Alliance Nationale a placardé ses derniers jours l'affiche suivante.

Multiplication d'arrestations de sans-papiers à Paris

Lire Libération : "Paris : sans-papiers arrêtés, enfants cachés" par Catherine COROLLER

UN VOL PARIS BAMAKO ANNULE POUR CAUSE DE VIOLENCES LORS D UNE EXPULSION

COMMUNIQUE RESF
Adresse postale : C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris - educsansfrontieres@free.fr / www.educationsansfrontieres.org
Contact sur ce dossier : Jean-Michel Delarbre 06 89 30 86 15 Richard Moyon 06 12 17 63 81
27 mai 2007


Ci-dessous un texte rédigé par des passagers du vol AF 796 pour Bamako du 26 mai. Pour s’être indigné des mauvais traitements infligés à un Malien reconduit de force, plusieurs passagers ont été menacés, l’un d’entre eux interpellé, placé en garde à vue et menacé de poursuites. Pour finir le vol a été annulé tandis que l’expulsé était évacué en ambulance, inconscient et langue pendante.
Ces pratiques d’une extrême violence sont inadmissibles. Mais il est profondément encourageant de constater qu’elles ne sont pas admises et que, régulièrement, des passagers se révoltent contre elles. Face à cela, le précédent gouvernement, comme semble-t-il celui qui est en train de se mettre en place, réagissent par la tentation de criminaliser une réaction citoyenne
Bien entendu, le RESF assure Michel Dubois et les autres passagers du vol AF 796 de son entière solidarité. Il exige qu’aucune poursuite ne soit engagée contre lui ou contre tout autre passager.
Il demande instamment à Air France de prendre ses responsabilités envers les passagers dont elle assure non seulement le transport mais aussi la sécurité en condamnant avec la plus extrême fermeté ces violences.
Ce sont les forces de police qui, par leur brutalité, ont contraint les passagers à intervenir pour les faire cesser devant l’inaction d’Air France

Le RESF attend des informations sur le sort du passager dont la reconduite a été impossible. Quel est son état de santé ? Où est-il ? Quel est le sort auquel il est promis ?

Ces affaires (rappel des précédents en fin de document) ne resteront pas sans suites. Une défense coordonnée des victimes de la criminalisation de la solidarité est mise en place.


TEMOIGNAGE DES PASSAGERS DU PARIS-BAMAKO DU 26 MAI 2007

Samedi 26 mai. Vol AF 796 pour Bamako.

Quelques minutes avant la fermeture des portes, des cris au dernier rang de l'avion. Une reconduite à la frontière classique.

Deux personnes tentent de contenir un homme d'une quarantaine d'années qui se débat violemment. On croit d'abord à une bagarre entre passagers. Certains veulent les séparer mais en sont vite dissuadés par les policiers qui se font alors connaître. S'ensuit une scène d'une grande violence : l'un des policiers pratique un étranglement sur le passager, l'autre lui assène de grands coups de poing dans le ventre. Ses hurlements se transforment en plaintes rauques. Cette tentative de maîtrise dure dix bonnes minutes, peut-être plus, et suscite immédiatement chez les passagers un mouvement de protestation qui n'a aucun effet sur les violences en cours.

L'un des passagers filme la scène avec son téléphone, ce qui énerve un peu plus la responsable de l'opération, qui menace d'arrestation les personnes les plus proches et photographie les protestataires.

Pour tenter de faire taire tout le monde, la policière explique que l'homme n'est pas un simple sans papiers, mais un repris de justice, soumis à la double peine. Cela semble à ses yeux justifier la méthode et toute la violence exercée sur lui.

Sous les huées des passagers, l'homme finit par être immobilisé et sanglé. Il perd connaissance, yeux révulsés, langue pendante, écume aux lèvres. Un mouvement de panique gagne les policiers. Ils prennent alors la décision de l'évacuer. Autour de nous, de nombreux passagers imaginent que l'homme est mort, ce qui fait encore monter d'un cran l'émotion. Des femmes pleurent, des gens convergent de tout l'appareil, rajoutant à la confusion. C'est alors qu'une bonne dizaine d'agents de la Police des Air et des Frontière, la PAF, fait irruption dans l'appareil.

Désigné par la responsable de l'opération, Michel Dubois, qui comme nous tous avait pris part aux protestations, est débarqué pour auditions. D'autres passagers, choqués par cette arrestation, sont à leur tour menacés du même sort.

A bord, on nous demande vainement de nous rasseoir, de nous calmer mais beaucoup exigent le retour de Michel Dubois. Un des policiers, visiblement dépassé par la situation, nous propose alors un marché : Michel pourrait réembarquer à condition que l'expulsé remonte lui aussi à bord. La balle était donc dans notre camp, nous serions responsable du retard de l'avion, et même de l'éventuelle annulation du vol. Michel devenait clairement une monnaie d'échange

Cette proposition inacceptable est d'ailleurs tout de suite contredite par un policier de la PAF qui annonce la garde à vue de Michel Dubois et réitère ses menaces à l'égard des passagers qui campent sur leurs positions.

Le commandant de bord finit par faire une annonce, dans laquelle il fait état de "manoeuvres" d'un individu refusant d'être reconduit dans son pays d'origine, et de manifestations d'une minorité de passagers pour expliquer l'annulation du vol.

Nulle mention des violences dont nous avions été témoin, ni de l'état de santé du passager pourtant aperçu dans une ambulance stationnée au pied de l'appareil, toujours inconscient et sous assistance respiratoire.

Nous sommes nombreux, comme Michel Dubois, à être choqués par la barbarie de la scène, par le traitement excessivement violent qui a été infligé sous nos yeux à cet homme, fut-il repris de justice, (ce dont il nous est d'ailleurs permis de douter, puisqu'afin de ne pas attirer l'attention des autres voyageurs, les policiers avaient d'abord décidé de le faire voyager sans le menotter).

Nombreux aussi à avoir la désagréable impression d'avoir été pris en otage par les autorités et profondément choqués par l’attitude du Commandant de bord d’Air France qui n’est pas intervenu pour faire cesser ces violences les tolérant même au mépris de la sécurité des passagers qu’il se soit d’assurer et en prenant la responsabilité de faire annuler le vol empêchant du même coup des centaines de personnes de faire le voyage pour lequel elles avaient acheté un billet.

Nous sommes enfin révoltés d'avoir été contraints de devenir complices des policiers en obéissant aux différentes injonctions et menaces proférées à notre encontre. Devions-nous laisser se dérouler sous nos yeux des actes d'une telle brutalité ?

Pouvions-nous accepter l'arbitraire de l'arrestation de l'un d'entre nous dont le seul tort avait été de s'indigner et de parler avec les policiers pour tenter de faire cesser la violence ? Il y a là une pénalisation de la solidarité qui nous semble inadmissible et inquiétante quant à l'état de notre démocratie.

Nous ne sommes pas assez naïfs pour croire que cette scène est un cas isolé, une bavure en somme. Nous savons qu'elle se reproduit quasi quotidiennement, et nous tenons à manifester notre indignation en relatant les faits le plus exactement possible.

Michel Dubois a été relâché quelques heures plus tard, mais on l’a informé que des poursuites seraient engagées contre lui. Quant au passager Malien, nous n'avons aucune nouvelle de lui, et son état de santé ainsi que le sort qui lui sera réservé dans les prochains jours nous inquiètent au plus haut point.

Des passagers du vol AF 796.

Editorial: la 3ème semaine de la Sarkofrance



Trois semaines se sont écoulées depuis l'élection présidentielle.

La centralisation du pouvoir est le premier évènement marquant : sans être une surprise, le Président SARKOZY a pu placer ses proches dans la police (il restait visiblement des postes qu'il n'avait pu verrouiller pendant ses 4 ans au Ministère de l'iNtérieur ) et les médias (TF1). Il a annoncé la création d'un poste de Super Conseiller à la Sécurité auprès de lui. Le cumul des mandats ("cumuler plus pour gouverner moins") est enfin devenu une règle de l'équipe SARKOZY.
La "gauchisation" du Président (ouverture de son gouvernement à des personalités de gauche, con sultations sociales floues) complète un dispositif qui vise à étouffer l'opposition aux prochaines élections législatives. Même les deux piliers "droitiers" de sa campagne présidentielle (la sécurité et l'identité nationale) sont passés sous silence depuis le 7 mai. N'est-ce-pas surprenant pour un candidat qui revendiquait l'action rapide ?

L'abandon (temporaire ?) de quelques promesses phares ne choque personne.
Nicolas SARKOZY a poursuivi ses consultations sociales en fin de semaine, et déjà quelques promesses affirmées haut et fort pendant la campagne prennent gentiment le chemin de l'oubli et la modération :
- le service minimum ne serait pas obligatoire, une simple loi-cadre envisagerait une procédure d'alerte, et uniquement dans le secteur des transports.
- la fameuse proposition phare relative aux heures supplémentaires (pas de charges sociales ni d'impôt) s'atténue : pas de modification du plafond actuel; pas d'exonération de charges sociales salariales, de CSG et de CRDS.
- A peine nommé, le Ministre du budget explique que le désendettement de l'Etat n'est plus à l'ordre du jour (il parle de "pause"), alors que les allègements fiscaux en faveur des plus riches (bouclier fiscal à 50%, déduction des intérêts d'emprunt immobilier, supression des droits de succession)
- le gouvernement reconnaît que l'abaissement du taux de TVA sur la restauration n'est pas possible sans une négociation européenne.

L'état de grâce médiatique
Les meilleurs sondages sont pour maintenant, tant pour Nicolas SARKOZY que son Premier Ministre. La couverture médiatique des premiers pas du nouveau Président frise une complaisance digne de la grande époque roumaine de Ceaucescu.:
- PARIS MATCH : "une famille d'aujourd'hui à l'Elysée" (22 mai)
- VSD : "Façon Kennedy ou Grimaldi, le glamour s'invite sous les ors de la République avec un président qui ne veut rien laisser au hasard" (23 mai)
- LE FIGARO : "Large victoire de la droite attendue aux législatives" (21 mai) "Les premiers chantiers du gouvernement" (22 mai) "SARKOZY dans la bataille" (23 mai) "le bouclier fiscal voté dès cet été" (24 mai) "le style SARKOZY séduit les Français" (25 mai) "Amnestie des PV: SARKOZY renonce à la tradition" (26 mai)
- LE POINT: "enquête sur le système SARKOZY"
- l'EXPRESS : "La révolution SARKOZY" (24 mai)

Peut on parler déjà parler de rupture ? certainement en matière d'image (la jeunesse, le glamour Kennedy revendiqué), mais pas dans les actes. Il ne s'est rien passé de novateur, ni termes de pratiques politiques, ni d'annonces gouvernementales. Consulter pour rassurer est un "must". Tout au plus notera t on que SARKOZY se "gauchise" en vue des législatives. Un bel exemple de pragmatisme hypocrite. La fin justifie les moyens. On le savait déjà.

zapping du 24 mai 2007 :

Au programme, les femmes du gouvernement, le Darfour (enfin) sur le devant de la scène, et le cas Hervé Morin

http://www.dailymotion.com/video/x22ecm_zapping-canal-plus-24-mai-2007

26 mai 2007

TVA sociale: injustice et inefficacité

A l'occasion des discussions avec les syndicats le 25 mai, selon plusieurs participants et l'entourage de Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat a déclaré à certains de ses interlocuteurs qu'un groupe de réflexion serait mis sur pied dans les prochaines semaines pour mettre à l'étude la "TVA sociale" en vue de son expérimentation (source : Reuters).

L'occasion de rappeler (grâce à Franck Roussin) la tribune de Patrick ARTUS, directeur de la recherche et des études d'Ixis CIB, parue dans l'Express du 13/10/2005: "Financer par la TVA une partie des dépenses de protection sociale n'allégerait pas, en fait, la taxation du travail"

Extrait : "La TVA taxe la «valeur ajoutée» (la somme des salaires et des profits). Actuellement, les entreprises financent leurs investissements par leurs profits: ces deux masses sont équivalentes. Comme la TVA ne frappe pas les investissements des entreprises, elle ne touche donc pas les profits. En pratique, cet impôt repose sur la seule masse salariale."

Réduire la dette publique : La fausse promesse ?

Comme je le rappelais sans un précédent billet (cf. "la dette oubliée, le 24 mai dernier), l'endettement est relégué au second plan.

Pour notre mémoire à tous, voici un entretien officiel d'eric Woerth, actuel Ministre des Comptes, réalisé en février dernier, pendant la campagne présidentielle: "maitrise des dépenses publiques," "augmentation de la croissance," "la réduction de la dette est le point clé de notre campagne."

Réécoutez, cela vaut le détour.

Cumuler plus pour gouverner moins

Nicolas Sarkozy abandonne la règle du non-cumul entre portefeuille ministériel et exécutif local. Les cinq ministres concernés - Alain Juppé, Xavier Darcos, Eric Woerth, Hervé Morin et Eric Besson - n'auront pas à renoncer à leur mairie, a décidé le chef de l'Etat, rompant ainsi avec une pratique installée, avec quelques ratés, depuis 1997.

De plus, 11 ministres (sur 15) sont également candidats aux élections législatives.

Même le président de la République s'y met
: il est resté conseiller général. Nicolas Sarkozy a démissionné de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine, mais toujours pas de son siège de représentant du canton de Neuilly-Nord.

Logements de fonction des nouveaux Ministres

Lu dans LE FIGARO :

Dans le petit hôtel de Rothelin-Charolais, dont le prince de Conti fit sa résidence parisienne, Brice HORTEFEUX dispose d'un appartement « ravissant », situé au premier étage du minis­tère, il compte trois ­pièces en enfilade qui donnent sur le jardin.

Xavier DARCOS habitera dans une ravissante maison située au fond du jardin du ministère de l'Éducation, dont les deux étages ont été entièrement refaits du temps de Luc et Caroline Ferry. « Avec beaucoup de goût. Chaque pièce a sa couleur », assure l'épouse du ministre.

Carte Scolaire: Xavier Darcos veut rassurer mais n'y arrive pas

"Comme j'ai commencé à l'indiquer au cours de ces derniers jours, je commencerai à supprimer progressivement la carte scolaire à partir de la rentrée prochaine. Je sais qu'il s'agit d'un point apparent de désaccord entre nous, mais je veux m'en expliquer" a déclaré Xavier Darcos au congrès de la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques à Montpellier, samedi 26 mai.

"Je considère que l'égalité des chances passe par une redéfinition de nos instruments de mixité sociale, tout en supprimant progressivement la contrainte qui pèse sur les familles" et "je demanderai aux établissements scolaires de veiller à une plus grande diversité sociale et géographique de son recrutement" a-t-il poursuivi.

Rassuré ?

Service minimum : confusion volontaire ou promesse non tenable ?

Nicolas SARKOZY a poursuivi ses entretiens avec les responsables syndicaux ; voici un florilège de leurs déclarations, à la sortie de ses discussions hier :

Le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly s'est dit "rassuré" après son entretien avec Nicolas Sarkozy qui lui a notamment affirmé qu'il ne voulait pas "remettre en cause le droit de grève" en imposant un service minimum dans les transports.

Jacques Voisin (CFTC) a compris qu'une simple loi-cadre sur le service minimum serait votée cet été, sans imposer de service minimum aux services publics : "Sur le service minimum, on a compris qu'il y aurait au moins une loi-cadre cet été, dans le paquet de juillet, qui appelerait les partenaires sociaux à négocier à partir de septembre notamment sur l'alarme sociale, la prévention des conflits"

François Chérèque (CFDT) a retenu que le gouvernement Fillon va proposer aux syndicats une méthode de travail, et que "certains sujets seront proposés à la négociation", citant "les accords pour les alertes sociales dans les entreprises publiques de transport" (pas de loi cadre ?)

Pour l'Elysée, cité par LE MONDE, "Le président a clairement exprimé son désir de privilégier systématiquement la négociation, de laisser la main aux partenaires sociaux."

Il semble également acquis que les conférences sociales annoncées pour septembre n'auront pas lieu dans les délais. Bref "SARKOZY lâche du lest" (déjà ?)

Heures supplémentaires : promesse non tenable ?

Le candidat Nicolas SARKOZY a axé sa campagne sur sa compétence et sa connaissance des dossiers, d'une part, et sa volonté d'action rapide, d'autre part.

D'après LE MONDE et LA TRIBUNE, le Président Nicolas SARKOZY, 15 jours à peine après son élection, reconnaît que l'une de ses promesses phares, l'exonération fiscale et la libéralisation des heures supplémentaires, se heurte à une série d'obstacles qui remettent en cause tant la promesse initiale qu'un éventuel calendrier de mise en oeuvre.
En premier lieu, le gouvernement n'envisage plus (l'a t il jamais envisagé ?) de modifier le plafond actuel d'heures supplémentaires prévu par la réglementation.
En second lieu, il réalise que l'exonération fiscale (pas d'impôt, ni de charges sociales salariales, ni de CSG et CRDS) sur ces heures supplémentaires ne sera pas possible. Les heures de travail effectuées au-delà de la durée légale de 35 heures hebdomadaires devaient être exonérées de cotisations sociales (salariales et patronales) et non soumises à l'impôt sur le revenu. Mais cette défiscalisation des heures sup serait contraire au code général des impôts, selon lequel tous les revenus donnent lieu à imposition sans limitation, si ce n'est le bouclier fiscal.

"Je veux l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires" Nicolas SARKOZY, Meeting d'investiture à PARIS le 14 janvier 2007.

Dossier mal préparé ou promesse électorale ?

Lire à ce sujet LE MONDE d'aujourd'hui.

La Sarkofrance : le cas Hervé MORIN

En vue des prochaines élections législatives, le nouveau Ministre de la Défense Hervé MORIN se (re)présente à la députation sous l'étiquette "parti social libéral européen".

Mais le même parti présente également dans diverses circonscriptions sa femme, plusieurs membres de sa famille, sa secrétaire, son attaché parlementaire et même son chauffeur.

Lisez sa défense (extraite de son blog):

Sitôt arrivé au ministère de la Défense, vous êtes au cœur d’une polémique. Au Mouvement démocrate (Modem) de François Bayrou, on vous accuse de présenter des « figurants » sou l’étiquette du Parti social libéral européen (PSLE), notamment des proches et collaborateurs. Que répondez-vous à ces attaques ?

Hervé Morin : "Nous avons eu trois jours pour jeter les bases de notre formation puis dix jours pour présenter 90 candidats. Parmi eux, une trentaine sont en mesure de devenir députés. Pour les autres, c’est le début d’un engagement politique qui ne les mènera pas tout de suite au succès mais ils font avec nous un bout de chemin pour faire en sorte que ce Nouveau Centre – car c’est ainsi qu’on va l’appeler – puisse s’implanter progressivement.
Pour répondre à ce mauvais procès, il faut savoir qu’un parti politique ce sont deux choses. La première c’est l’existence d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et nous en aurons un sauf malheur aux législatives.
La deuxième, c’est d’avoir son autonomie et donc l’indépendance financière. En France, la loi prévoit que pour bénéficier du financement, il faut présenter 50 candidats sur l’ensemble du département dans 30 départements. On aurait pu faire peut-être autrement, mais ma famille ou mes collaborateurs sont des citoyens comme les autres."

Il nous explique donc que ses candidatures figuratives visent à toucher l'argent public :
chaque parti reçoit de l'Etat 1,62 euro par voix récoltée , à condition de présenter au moins 50 candidats, et que ceux ci recueillent au moins 1% des voix.

Promesse non tenable : la TVA sur la restauration

Invité hier de Jean-Michel APATHIE sur RTL, le ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique a indiqué que la promesse du candidat Nicolas Sarkozy de baisser la TVA sur la restauration serait honorée ... sous condition d'une négociation européenne.

"Je ne vois pas pourquoi la France devrait demander l’unanimité pour baisser ma TVA sur
la restauration rapide (...)" Nicolas SARKOZY , meeting de MARSEILLE le 19 avril 2007

25 mai 2007

Les liens de Sarkozy avec les médias inquiètent

Les relations du président avec les médias inquiète syndicats (CGT-culture, CFDT) , partis politiques de gauche et ONG (REPORTERS SANS FRONTIERE). Rappelons les récnts vènements:

Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne du chef de l'Etat, a été nommé à la direction générale de TF1 cette semaine.

Deux journalistes, l'une venant du POINT, l'autre du FIGARO, sont également arrivés à l'Elysée et à Matignon : Catherine Pégard, 52 ans, rédactrice en chef du service politique du Point, rejoindra l'équipe du chef de l'Etat à l'Elysée; Myriam Lévy, 44 ans, reporter au Figaro, intègre avec le titre de conseillère en communication l'équipe de François Fillon à Matignon.

Enfin, le journaliste Georges-Marc Benhamou, ex-confident de François MITTERAND, est Conseiller à la Culture auprès de Nicolas SARKOZY.

Etat de grâce, la France s'endort-elle ?

Selon un sondage TNS Sofres-Unilog pour le Figaro-RTL-LCI, l'UMP devrait bénéficier d'une large majorité à l'Assemblée nationale. Le gouvernement et l'UMP sont plebiscités.

La nomination de François Fillon satisfait deux Français sur trois (60 % contre 28 %). Elle fait l'unanimité à l'UMP (94 %) et séduit aussi la plupart des électeurs de François Bayrou (67 %) et de Jean-Marie Le Pen (69 %).

les réformes fiscales de SARKOZY ne profitent qu'aux plus riches

LIBERATION fait sa une d'aujourd'hui sur les réformes fiscales du gouvernement de François FILLON : défiscalisation des intérêts d'emprunt, bouclier fiscal à 50%, etc....

Certains s'interrogent sur le réel attrait de ces réformes pour motiver le retour des exilés fiscaux. Ces mesures permettraient surtout de freiner les départs (à peine 650 par an), comme le souligne LE MONDE.


24 mai 2007

Police : SARKOZY nomme ses proches

Deux fidèles lieutenants de l'ancien ministre de l'Intérieur ont été promus à des postes clés de la Police nationale. Ces nominations témoignent de la mainmise du chef de l'Etat sur le ministère de l'Intérieur, où il a pris grand soin de placer ses fidèles (lire la suite sur lejdd.fr)

Frédéric Péchenard a été nommé, en Conseil des ministres, directeur général de la Police nationale (DGPN), en remplacement de Michel Gaudin. Celui-ci devient préfet de police de Paris, en remplacement de Pierre Mutz, qui prend quant à lui le poste de préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris.

Frédéric Péchenard, cinquante ans, a commencé sa carrière en 1981 comme commissaire de police. Promu commissaire principal en 1990, il se voit confier, la même année, les rênes de la section antiterrorisme de la brigade criminelle à la direction de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris, et deviendra ensuite adjoint au chef de la brigade criminelle. En 1996, année de sa promotion comme commissaire divisionnaire, il est nommé chef de la brigade de répression du banditisme, fonction qu'il exercera jusqu'en 2000. De 2000 à novembre 2003, il exerce les fonctions de chef de la brigade criminelle, puis est nommé sous-directeur des affaires économiques et financières. Contrôleur général de la Police nationale depuis octobre 2004, il était, depuis juin 2006, directeur régional de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris.

Michel Gaudin, cinquante-huit ans, titulaire d'une maîtrise de droit, d'un DES de droit public, d'un DES de sciences politiques, ancien élève de l'ENA (promotion Henri-François-d'Aguesseau), est devenu en 1988 directeur général adjoint des services départementaux des Hauts-de-Seine, avant d'en être promu directeur général en 1991. Directeur du personnel et de la formation de la police de 1993 à 1998, il est titularisé préfet en 1996. Préfet du Gard de 1998 à 2002, il était, depuis juillet 2002, directeur général de la Police nationale.

Les infirmières à nouveau dans la rue

Manifestation à Paris et rassemblements en Province. Six syndicats - CI, le Sniil (secteur libéral), la CNI, Sud Santé sociaux (salariés des cliniques et hôpitaux), le Snics-FSU et le Snies-Unsa éducation (Education nationale) - l'association des infirmières de blocs opératoires (Unaibode) et des cadres (Atout cadre de santé) sont à l'origine de cette journée d'action. Le syndicat étudiant Unef appelle également manifester, a-t-il indiqué à l'AFP. Et un préavis de grève a été déposé dans la fonction publique hospitalière et à l'Education nationale.

La dette oubliée, promesse non tenue ?

Hier, le ministre du Budget, Eric Woerth, a confirmé que la baisse des déficits publics et donc de la dette est appelée à faire une «pause». «Oui à la pause, si cette pause est utile et si cette pause est efficace», a-t-il déclaré sur BFM. « Accepter les déficits pour financer l'investissement, on est totalement dans cet état d'esprit là » a t il déclaré.

Au lendemain de son élection, les ministres des Finances de la zone euro avaient pourtant adressé un signal clair à Nicolas Sarkozy, lui demandant de respecter les obligations de la France sur la réduction du déficit public.

Comment comprendre qu'à peine nommé le gouvernement de Nicolas SARKOZY effectue un tel revirrement ? Marquer une "pause" avant d'avoir commencé à avancer est une curieuse démarche, celle du mensonge politique instituée en pratique de conquête de pouvoir.

LE FIGARO : "Le gouvernement officialise la pause dans le désendettement"
LIBERATION: "Star de la campagne, la dette retrouve l'ombre"

23 mai 2007

VSD roule pour SARKOZY

Quelques titres dans l'édition du 23 mai :

"Façon Kennedy ou Grimaldi, le glamour s'invite sous les ors de la République avec un président qui ne veut rien laisser au hasard"

"La folle semaine de SARKOZY"

"la famille sert les rangs"

PARIS MATCH roule pour SARKOZY


Pour ceux qui en doutait, lisez l'édition du 22 mai :

"une famille d'aujourd'hui à l'Elysée" titre le magazine, photo de la famille recomposée à l'appui.

"Pour en finir avec le sectarisme, un bon remède: faire appel au French Doctor", titre page 73

"Dans la vie, Kouchner est un homme exquis, rigolo et charmeur", est le titre la page 75

et aussi :

"Coup de jeune à l’Elysée"
"Une grande famille recomposée est entrée sous les ors de la République. Match l’a saisie après le départ des caméras.
Photos exclusives"
"Un air de Saint-Tropez à Brégançon"
"Libre, rebelle et professionnelle, Cécilia remplira sa mission à l’instinct" Par Laurence Masurel
"Nicolas Sarkozy a toujours considéré les filles de Cécilia comme les siennes. Dans sa tête et dans son cœur, il est père de cinq enfants" Par Delphine Byrka

Les 100 premiers jours de FILLON

LE MONDE retrace les premières mesures envisagées par FILLON pour le trimestre à venir :

- Répression: peines-planchers pour les multirécidivistes et abaissement de l'âge de la majorité pénale de 18 à 16 ans

- fiscalité : détaxation fiscale et sociale des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d'emprunts immobiliers de l'impôt sur le revenu, la suppression des droits de succession, "l'instauration d'un bouclier fiscal de 50 % sur tous les revenus",

- Education: une réforme de l'université "en juillet", un timing idéal pour éviter le débat et profiter des vacances scolaires des étudiants. Lire à ce sujet le JDD.

- Service minimum pour septembre





La collusion TF1/Sarkozy

Laurent Solly, directeur adjoint de campagne de Nicolas SARKOZY devient le Directeur Général adjoint de TF1...

Ce vendredi, le Président SARKOZY avait annoncé un "texte sur l’éthique et la moralisation".

Rappelez vous sa déclaration le 14 janvier dernier :

"Je veux une démocratie irréprochable. (...). La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais en fonction des compétences."

Laurent SOLLY n'a aucune expérience en télévision : Il est énarque, fut sous-préfet puis conseiller de SARKOZY à Bercy et à l’Intérieur, plus jeune préfet de France, avant de s’occuper de la campagne du candidat de l’UMP.

22 mai 2007

Zapping du 21 mai : sourire et arrogance

http://www.dailymotion.com/video/x21gdw_zapping-canal-plus-21-mai-2007

En direct de Cannes, les soutiens de Sarkozy s'affichent

Je suis à Cannes.

Et l'élection présidentielle continue d'alimenter certaines conversations. Les soutiens sarkozystes (Alain TERZIAN, le producteur des VISITEURS, Pascal HOUZELOT, également patron de PINK TV) se réjouissent.

à suivre

Juste pour souvenir... Kouchner, Total, la Birmanie... un certain rapport...

La FIDH a pris connaissance avec consternation du rapport rédigé par Bernard Kouchner Conseil, daté du 29 septembre 2003, et figurant sur le site de Total.
Même après une lecture attentive du rapport, la FIDH s’interroge sur son réel objet, qui n’est pas précisé. Son titre “Relation d’un voyage et de la découverte d’une industrie muette”, ne nous informe pas davantage. Nous apprenons simplement en page 2, que ce rapport fait suite à une « mission d’enquête [...] pouvant déboucher le cas échéant sur des propositions ». Si l’objet du rapport demeure flou, la raison de sa commande semble plus évidente. En effet, la publication de ce rapport intervient alors que s’est ouvert jeudi dernier en Californie le procès de la compagnie Unocal, partenaire de Total dans ce projet, et alors que Total fait face à une plainte pour « crime de séquestration » déposée en France par des victimes birmanes en août 2002. Hervé Madéo, Directeur en Birmanie de la compagnie Total au moment des faits, a été entendu en octobre dernier comme témoin assisté par la juge d’instruction dans le cadre de cette plainte. Monsieur Kouchner se garde d’ailleurs de mentionner ces plaintes. Dans ce contexte, la publication de ce rapport - commandé par les avocats du groupe - semble s’insérer dans une stratégie de communication de Total, toujours très désireux de justifier sa présence en Birmanie. Au terme d’une enquête à la méthodologie douteuse, BK, loin de se cantonner à la légitimation de la présence de Total en Birmanie, nous livre une vision très particulière du monde où les entreprises se substitueraient aux Etats dans la garantie des services publics de base et où Total pourrait signifier « non seulement pétrole mais aussi santé publique » (p 14 du rapport précité). Sur la méthodologie employée La FIDH - qui a effectué plus de 1000 enquêtes dans une centaine de pays ces vingt dernières années - rappelle qu’une enquête indépendante suppose nécessairement le respect de deux règles élémentaires de déontologie : indépendance et impartialité - c’est à dire enquêter à charge et à décharge, et ne pas bénéficier d’un soutien financier pouvant mettre en doute l’objectivité de l’enquêteur. Or, la méthodologie suivie par BK Conseil ne respecte ni l’une ni l’autre de ces règles de base.

lire la suite sur 20MINUTES...

Grenelle de l'environnement ? Lisez les sous-titres

Daniel RICHARD, le représentant de WWF France, a reconnu que "ce sera dur sur le nucléaire et lagriculture, et pas seulement sur les OGM" à la sortie de la première rencontre avec Président.

Donc, il reste quoi ?

Ajout du 27 mai :

"Le Réseau "Sortir du nucléaire" proteste contre la tentative du nouveau pouvoir en place, d'empêcher tout débat sur la question du nucléaire. Le Réseau "Sortir du nucléaire" est exclu des réunions de concertation en vue de la préparation du "Grenelle de l'environnement" : il n’a pas été convié par MM. Sarkozy et Juppé à la rencontre qui a lieu ce lundi 21 mai, à 11 heures, à l'Elysée, avec certaines organisations écologistes non gouvernementales. Il semble donc à l’évidence que le nucléaire reste un sujet tabou dont il est bien difficile de débattre dans notre pays. "

Par mémoire, la composition du gouvernement

M. Alain Juppé, ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables ;
M. Jean-Louis Borloo, ministre de l'Economie, des Einances et de l'Emploi;
Mme Michèle Alliont-Marie, ministre de l'Intérieur, de l'Outre- mer et des Collectivités territoriales ;
M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et Européennes;
M. Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement;
Mme Rachida Dati, garde des sceaux, ministre de la Justice;
M. Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité;
M. Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale;
Mme Valérie Pecresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche;
M. Hervé Morin, ministre de la Défense;
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports;
Mme Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville;
Mme Christine Largarde, ministre de l'Agriculture et de la Pêche;
Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, porte-parole du gouvernement;
M. Eric Woerth, ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique;
M. Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement;
M. Eric Besson, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, chargé de la prospective et de l'évaluation des politiques publiques;
M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, chargé des transports;
M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et Européennes, chargé des affaires européennes;
M. Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.

SARKOFRANCE : bilan d'une seconde semaine

Nous y sommes. Nicolas SARKOZY intronisé, le gouvernement a été nommé, la gauche est dynamitée.


Les premiers jours de cette seconde semaine ont été marqués par la démission de Nicolas SARKOZY de tous ses mandats : Conseil Général des Hauts-de-Seine, Mairie de Neuilly, Député, Présidence de l'UMP, pour la partie immergée de l'iceberg. Peu de journaliste ont noté les dangers d'un tel cumul (inefficacité du titulaire et confusion des pouvoirs).

La décision de SARKOZY d'éparpiller l'héritage (cf. la direction collégiale de l'UMP, etc.) témoigne de son exigence de ne pas menacer son pouvoir personnel (pas de concurrent), d'éviter de stimuler une concurrence personnelle. Il atomise la concurrence.

La composition du gouvernement n'est pas une surprise. Leurs premiers pas ou faux-pas non plus...

1. Le non-cumul des mandats n'est visiblement pas non plus leur souci : 12 des 15 ministres sont candidats aux législatives. C'est au pire une imposture (ministre n'est pas un boulot à plein temps), au mieux un mépris de la députation.

2. Où est l'éthique ? Confier des responsabilités gouvernementales à quelqu'un de condamné pour corruption est une démarche toujours déplaisante. Elle devient scandaleuse quand le candidat SARKOZY a fait de l'impunité des délinquants (peines planchers etc) l'un de ses chevaux de bataille de campagne.

Alain Juppé, nouveau ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables continue d'ailleurs son parcours judiciaire (cette fois-ci en tant que Témoin).

3. Les promesses à l'oeuvre :

Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale s'est engagé dès sa prise de fonction à rencontrer au plus vite les syndicats pour traiter les deux dossiers conséquents : l'abrogation du décret Robien et la carte scolaire.




Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, a déjà fait la promotion du service minimum dès ce week end: il a renchéri lundi en déclarant que «les choses ne semblent pas aussi bloquées» sur le service minimum, assurant que sa «porte sera ouverte» aux syndicats. «Nous voulons ce service minimum parce que les Français le veulent», a assuré Xavier Bertrand sur France 2. «Les Français (l')ont voulu parce que c'est une nécessité, il faut aussi prendre en considération le point de vue de ces Français qui ont vraiment besoin d'utiliser les transports en commun».



Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, porte-parole du gouvernement, s'est vite rendue à Cannes, pour le Festival et la montées des marches ce dimanche 20 mai. Il est vrai que le dossier était urgent.



M. Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a voulu marquer son premier déplacement, samedi à Paris et à Roissy, en adressant "deux signaux simultanés": favoriser l'intégration et lutter contre l'immigration clandestine.


Alors que Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et Européennes, prend ses fonctions, nombreux sont ceux qui rappellent ces faits d'armes sur TOTAL, l'Irak et le travail forcé en Birmanie.


4. les premières incohérences

Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, se prononce déjà contre le projet gouvernemental d'augmenter la part non remboursée des soins.

Même LE FIGARO s'interroge sur le sens du découpage du Ministère de l'Economie et des Finances entre 3 ministères (Borloo, Bertrand, Woerth)...

Quelle semaine...

17 mai 2007

Quelle rupture ?

Passation CHIRAC/SARKOZY : le mirage de l'alternance

De l'indépendance des Journalistes

il est bon de faire preuve d'esprit critique, d'analyse objective et d'indépendance quand on est journaliste politique pendant une campagne électorale. La preuve, ça paye!

Catherine PEGARD, rédactrice en chef au POINT, devient conseillère à l'Elysée
Myriam LEVY, journaliste au FIGARO, devient conseillère en communication du futur premier ministre François FILLON.
Georges-Marc BENAMOU, ex-mitterandiste, journaliste, qui avait soutenu SARKOZY pendant la campagne, devient conseiller à la culture auprès du Président.

L'indépendance des médias se voit aussi à travers le recrutement par BOUYGUES de Laurent SOLLY, l'un des proches de SARKOZY...

16 mai 2007

La France d'après, c'est aujourd'hui


Ca y est, officiellement, c'est aujourd'hui.

Depuis 10 jours, nous avons eu droit au yacht, au jet, au bronzage express; une petite repentance le 10 mai; puis aux débauchages à gauche (même Devedjian est inquiet).

Et maintenant ?

maintenant, rien. On surveille.

http://www.dailymotion.com/video/x1znjh_derniere-allocution-du-president-ch

Editorial: les Traîtres du 3ème tour

Chaque défaite classe les vaincus en deux camps: les collaborateurs avec le nouveau pouvoir, et les résistants.

Il semblerait acquis que Bernard Kouchner intègre le gouvernement de François Fillon.
A 3 semaines des élections législatives, c'est propre...

Le PRG s'interroge également sur un rapprochement avec le Parti Radical de Jean-Louis Borloo. A 3 semaines des élections législatives (pour lesquelles le PS lui a réservé 32 circonscriptions), c'est honnête...

Ni l'un, ni l'autre ne sont interrogés sur les raisons qui peuvent pousser Nicolas Sarkozy a prôné une telle ouverture très "4ème République." Ni l'un ni l'autre ne se demandent publiquement si le nouveau Président a changé d'avis une fois élu ("il aurait menti ?"), ou si c'est eux qui se compromettent.

Jean-Michel Apathie, l'éditorialiste de RTL, s'interroge sur son blog : "A quoi correspond cette volonté d'ouverture chez Nicolas Sarkozy? (...) Il faut bien le dire, ce thème de l'ouverture n'avait pas vraiment été anticipé jusqu'ici. "

Si cette alliance improbable Sarkozy/Kouchner était intervenue 4 ans plus tôt, la France serait sans doute engagée aux côtés des Etats Unis dans la guerre en Irak.

C'est glaçant, non ?