27 mai 2007

Editorial: la 3ème semaine de la Sarkofrance



Trois semaines se sont écoulées depuis l'élection présidentielle.

La centralisation du pouvoir est le premier évènement marquant : sans être une surprise, le Président SARKOZY a pu placer ses proches dans la police (il restait visiblement des postes qu'il n'avait pu verrouiller pendant ses 4 ans au Ministère de l'iNtérieur ) et les médias (TF1). Il a annoncé la création d'un poste de Super Conseiller à la Sécurité auprès de lui. Le cumul des mandats ("cumuler plus pour gouverner moins") est enfin devenu une règle de l'équipe SARKOZY.
La "gauchisation" du Président (ouverture de son gouvernement à des personalités de gauche, con sultations sociales floues) complète un dispositif qui vise à étouffer l'opposition aux prochaines élections législatives. Même les deux piliers "droitiers" de sa campagne présidentielle (la sécurité et l'identité nationale) sont passés sous silence depuis le 7 mai. N'est-ce-pas surprenant pour un candidat qui revendiquait l'action rapide ?

L'abandon (temporaire ?) de quelques promesses phares ne choque personne.
Nicolas SARKOZY a poursuivi ses consultations sociales en fin de semaine, et déjà quelques promesses affirmées haut et fort pendant la campagne prennent gentiment le chemin de l'oubli et la modération :
- le service minimum ne serait pas obligatoire, une simple loi-cadre envisagerait une procédure d'alerte, et uniquement dans le secteur des transports.
- la fameuse proposition phare relative aux heures supplémentaires (pas de charges sociales ni d'impôt) s'atténue : pas de modification du plafond actuel; pas d'exonération de charges sociales salariales, de CSG et de CRDS.
- A peine nommé, le Ministre du budget explique que le désendettement de l'Etat n'est plus à l'ordre du jour (il parle de "pause"), alors que les allègements fiscaux en faveur des plus riches (bouclier fiscal à 50%, déduction des intérêts d'emprunt immobilier, supression des droits de succession)
- le gouvernement reconnaît que l'abaissement du taux de TVA sur la restauration n'est pas possible sans une négociation européenne.

L'état de grâce médiatique
Les meilleurs sondages sont pour maintenant, tant pour Nicolas SARKOZY que son Premier Ministre. La couverture médiatique des premiers pas du nouveau Président frise une complaisance digne de la grande époque roumaine de Ceaucescu.:
- PARIS MATCH : "une famille d'aujourd'hui à l'Elysée" (22 mai)
- VSD : "Façon Kennedy ou Grimaldi, le glamour s'invite sous les ors de la République avec un président qui ne veut rien laisser au hasard" (23 mai)
- LE FIGARO : "Large victoire de la droite attendue aux législatives" (21 mai) "Les premiers chantiers du gouvernement" (22 mai) "SARKOZY dans la bataille" (23 mai) "le bouclier fiscal voté dès cet été" (24 mai) "le style SARKOZY séduit les Français" (25 mai) "Amnestie des PV: SARKOZY renonce à la tradition" (26 mai)
- LE POINT: "enquête sur le système SARKOZY"
- l'EXPRESS : "La révolution SARKOZY" (24 mai)

Peut on parler déjà parler de rupture ? certainement en matière d'image (la jeunesse, le glamour Kennedy revendiqué), mais pas dans les actes. Il ne s'est rien passé de novateur, ni termes de pratiques politiques, ni d'annonces gouvernementales. Consulter pour rassurer est un "must". Tout au plus notera t on que SARKOZY se "gauchise" en vue des législatives. Un bel exemple de pragmatisme hypocrite. La fin justifie les moyens. On le savait déjà.

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