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mardi 15 mai 2007

Editorial : SARKOZY Macchiavel.

Certes, le candidat SARKOZY avait promis, dans les derniers jours de la campagne, la création d'un "pôle de gauche," qui ne semblait incarné que par des transfuges isolés tels Eric BESSON, ou Claude ALLEGRE.

L'ouverture à des personnalités de gauche du 1er gouvernement de Nicolas SARKOZY et la rencontre apaisée avec les syndicats de salariés sont ils les signes d'un changement soudain de Nicolas SARKOZY ?

Rappelez-vous, c'était il y a à peine 15 jours; Nicolas scandait sa "rupture avec la pensée unique", "la repentance", "l'esprit de Mai 1968".

A Marseille, le 19 avril 2007:
"Moi, je ne serai pas du côté des fraudeurs parce que la fraude, c’est l’impôt payé par les
plus pauvres. Voilà ce que je n’accepte pas ! "
et à nouveau : "Mes chers amis, mes valeurs sont claires, ce sont celles de la droite républicaine et du centre."

A Toulouse, le 12 avril, il dénonçait la gauche comme suit :
"La gauche, qui est dans la politique, dans les médias, dans l’administration, dans
l’économie, a pris goût au pouvoir, aux privilèges.
Cette gauche n’aime pas la nation parce qu’elle ne veut rien partager,
Cette gauche n’aime pas la République parce qu’elle n’aime pas l’égalité et ne croit qu’au
nivellement,
Cette gauche qui prétend défendre les services publics ne prend jamais les transports en
commun,
Cette gauche qui aime tellement l’école publique qu’elle n’y met pas ses enfants,
Cette gauche qui adore la banlieue mais qui se garde bien d’aller y habiter,
Cette gauche qui trouve toujours des excuses aux voyous à condition qu’ils restent dans
des quartiers où elle ne va jamais,
Cette gauche qui fait des grands discours sur l’intérêt général mais qui est profondément
enfermée dans le corporatisme et le clientèlisme syndical"

Depuis 4 ans qu'il parcourt la France, Nicolas SARKOZY a prôné la rupture jusqu'à un tel point qu'il n'y a que 2 perspectives à ce centrisme soudain : soit la fonction présidentielle l'habite à un tel point qu'il en a délaissé sa volonté de rupture (j'attends donc Martine AUBRY, Dominique STRAUSS-KAHN, et Jack LANG dans son équipe gouvernementale); soit il pense à son avenir proche: les élections législatives.

La seconde option est évidemment la plus plausible. C'est une tactique électorale. Rassurer les Français, et couper l'herbe sous le pied à l''opposition, sont les plus sûrs moyens de creuser l'écart dans la course électorale.

Et la gauche ne voit rien, aveuglée par ses réglèments de compte, tandis que les éditorialistes de la presse participent à cette intoxication (exception: Laurent JOFFRIN, Libération, éditorial du 14 mai 2007).

Réveillez vous !

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