4 juin 2007

4ème semaine de la Sarkofrance : les deux erreurs de Sarkozy

Un mois déjà qu'il est élu. Nicolas Sarkozy s'entête et, à son habitude, accélère.

Premier (quasi)succès européen
Sur l'Europe, il est en passe de transformer l'essai et de relancer les institutions. Deux ans après le refus du Traité de Constitution (le 29 mai, un anniversaire que peu de médias ont souhaité rappeler), le Président a rencontré ses homologues anglais, allemand, italien et espagnol. Il les a quasiment tous convaincu de l'opportunité d'un traité simplifié, reprenant les modalités institutionnelles du traité avorté. C'est une bonne chose pour l'Europe.

A l'exception de Ségolène Royal, personne n'a remarqué qu'il avait remisé au placard sa volonté de bloquer l'entrée de la Turquie dès son arrivée au pouvoir.
Et peu de commentateurs ont souligné l'étouffement politique qu'il a imposé à son Ministre des Affaires Etrangères. Mis en avant comme LE signe de l'ouverture du premier gouvernement Fillon, Bernard Kouchner n'est en fait qu'un secrétaire d'Etat à l'Action Humanitaire. Alors que l'agenda international était chargé, Sarkozy a envoyé son French Doctor au Darfour, puis au Liban et maintenant en Afrique. Tout juste l'a-t-il toléré dans son jet présidentiel en partance pour Madrid, le dernier de ses déplacements européens de ce premier mois à l'Elysée.

Mais les erreurs sont ailleurs, et se paieront plus tard.

Les "peines planchers" contre l'engorgement des prisons
Sur la Justice, il a enjoint sa Ministre Rachida Dati de pondre rapidement son texte contre la récidive et la déliquance des mineurs. Le projet annoncé la semaine dernière est plus violent que prévu. La récidive d'un crime ou simple délit puni de 3 ans sera passible d'une peine plancher. Rien sur l'engorgement des prisons (61 000 prisonniers pour 50 000 places), alors que la vraie urgence est là. La construction de nouveaux centres de détention (quelque soit leur forme) prend du temps. Mais Sarkozy privilégie toujours l'annonce rapide au travail de fond, l'immédiat à la persévérance, le visible au sous-terrain. Il doit flatter son électorat sécuritaire. Qu'importe sur les prisons virent à "Prison Break" ou "Oz"

Les baisses d'impôts contre les déficits
Pour quelqu'un qui a accusé son adversairE d'imprécision et de laxisme budgétaire, la légèreté des premiers pas fiscaux du gouvernement est étonnante : défiscalisation des intérêts d'emprunt immobiliers et défiscalisation des heures supplémentaires coûterait environ 15 milliards d'euros de manque à gagner fiscal pour l'Etat et la Sécurité Sociale (cf. la chronique de Jean-Marc Sylvestre sur France Inter, 7H25, lundi 3 juin 2007). Et Eric Woerth de confirmer que le désendettement de l'Etat marquera une "pause."
L'inquiétude grandit à Bruxelles.

Vive la République, Vive la France

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