10 juin 2007

Editorial : la 5ème semaine de la Sarkofrance


Quand je relis mes premiers billets, je ne regrette rien. Nous glissons vers le pire...ou le meilleur. Je ne conteste pas l'exigence démocratique du Président élu.

Je pointe juste les indices de la dérive, les dangers qui nous menacent.

Nous terminons cette 5ème semaine de la Sarkofrance avec le danger des pleins pouvoirs.

Ainsi, le Conseil d'Etat a (globalement) accepté le projet anti-récidive; le paquet "fiscal" rendant quelques 11 milliards d'euros aux plus fortunés est sur les rails; les objectifs d'expulsions, d'une part, de recrutement par filière (véritable traite d'esclaves!), d'autre part, ont été définis; le premier Ministre s'est autorisé quelques diatribes contre l'opposition ("elle n'aime plus la France"); la presse continue de nous construire l'image d'un Sarko-Kennedy avec sa Jacky-Cécilia; Bref, chers amis, préparez vous au maquis.

Les Sauveurs n'ont jamais réussi à la France. Ni à aucun autre pays. Sauf à considérer que le sang et les larmes qu'ils ont entrainé dans leur sillage "réformateur" étaient des maux "nécessaires." Même le Général de Gaulle a dû composer avec les Communistes.

Aujourd'hui, 10 juin 2007, tout indique que les Français vont donner à Nicolas Sarkozy la totalité des pouvoirs parlementaires. Il y a des parallèles historiques malheureux:
Le 10 juin 1940, le gouvernement Français fuyait l'armée allemande et se réfugiait à Bordeaux. le 17 juin, le Maréchal Pétain récemment nommé Président du Conseil prononçait son appel à la France (ci-dessous). Trois semaines plus tard, le 10 juillet 1940, il faisait voter la fin de la République.

Discours du Maréchal Pétain prononcé à la radio le 17 juin 1940
"Français !

A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés. Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. Cest le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt a rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie."

Nicolas Sarkozy n'est pas Pétain. Ses intentions sont très certainement honorables. Son exigence démocratique également. Mais aucun pays, nulle part, jamais, ne respecte cette exigence démocratique quand l'équilibre des pouvoirs n'est pas respecté.

Par chance, on a pu rire de voir notre Président alcoolisé en conférence de presse au G8. A mon, avis, il a fait exprès. Cela le rend humain....

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.