23 juin 2007

La 7ème semaine de la Sarkofrance : course de vitesse

Cette semaine a été incroyable et banale.
Incroyable, la présentation d'un JT de la "première chaîne privée" d'Europe depuis le palais du Chef de l'Etat, signe (ou confirmation) d'un abandon de l'objectivité journalistique.
Incroyable, les déclarations de Sarkozy sur le sort qu'il réserve à la gauche : "j'ai vidé l'extrême droite, maintenant je vais m'occuper du centre-gauche"Incroyable, la composition du gouvernement : un nouveau ministre mis en examen, une secrétaire au Droits de l'Homme noire, de droite mais inexpérimenté; un libéral socialiste alsacien à la francophonie, une beurette laïque sous les ordres d'une Catho & Soumise
Incroyable, l'annonce de la séparation Sego-François et les commentaires hypocrites qu'elle suscite. Quelle clémence pour Nicolas-Cécilia!

Banale, l'agitation du Président.
Banale, la Françafrique qui continue, avec Bolloré en sous-marin derrière les entrevues du Président.
Banale, le service minimum en débat, ou plutôt la "grève minimum"
Banales, les (contre)réformes

il faut reconnaître à Sarkozy qu'il a largement contribué à débloquer le fonctionnement institutionnel de l'Europe, au risque de nous laisser l'Europe à ce stade minimal pour les 20 prochaines années; qu'il affiche un gouvernement aux couleurs de la France d'aujourd'hui; et, enfin, qu'il assume ses responsabilités en restant sur le front ("je suis seul responsable").

Mais sur le fond, Nicolas Sarkozy a commencé à détruire nos filets de sécurité, et ce faisant, un peu de notre honneur.
Un à un.
Méthodiquement.

Le droit de grève ("gréviste, identifiez vous!"), la mixité scolaire, la péréquation des moyens universitaires, le droit d'asile, la redistribution fiscale, l'assurance maladie pour les plus pauvres, la prévention.

En face, l'opposition politique est nulle, inexistante et inefficace.

La seule réaction du MoDem a été de s'inquiéter du départ de Juppé (Corine Lepage).
Le PC est en pleine auto-critique stalinienne et s'inquiète de son groupe parlementaire.
La ménagerie du Parti Socialiste hurle au débat et tire groupé dès que l'ex-candidate porte la plume dans la plaie (smic, 35 heures). Les Verts sont heureux de leur 4 députés (super! bravo! va falloir acheter une Scénic bio)

La vraie riposte vient de la société civile. Les véritables esquisses de solutions viennent également.
Des enseignants critiquent les effets pervers immédiats de la suppression sans filet de la carte scolaire : ce ne sont pas les familles qui choisissent, ce sont les établissements les plus riches qui choisissent les élèves. Et les plus pauvres, pas mieux dotés qu'avant puisque rien n'a été prévu pour eux dans cette réforme, n'ont qu'à constater le départ de leurs meilleurs élèves.
Des présidents d'universités expliquent que l'autonomie c'est bien, le libéralisme, c'est mal. Qu'il eut mieux valu prévoir un plan progressif d'autonomie, assis sur un rééquilibrage de moyens en faveur des universités en difficulté.
Des économistes pointent du doigt que les mesures fiscales vont creuser la dette, sans effet garanti sur le pouvoir d'achat puisqu'elles ne concernent principalement que les plus riches; et qu'une fois encore, les économies budgétaires sont remises à plus tard.

La seule véritable chance de ce pays est d'avoir un Président qui veut aller vite.
Plus vite il ira, plus vite les malentendus se dissiperont.
Mais plus vite aussi la gauche doit préparer son projet.
Une vraie course de vitesse.

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