22 juin 2007

Nicolas, dépêche-toi !

ou la schizophrénie de l'opposition.

Les élections passées, voici le temps de l'action. Nicolas Sarkozy, l'hyper-président, veut agir vite : "Tout ce que j'ai dit avant les élections, je le ferai après."
Projet fiscal, service minimum, autonomie des universités, et mesures anti-récidives doivent être votées dès cet été pour entrer en application avant la fin de l'année. D'ailleurs, écoutez bien les représentants de la Majorité Présidentielle quand on leur oppose un début de critiques ou de résistances : "nous avons été élus sur un projet clair." Les Français "ont approuvé un projet de rupture."
La légitimité du mandat estun argument qui va durer jusqu'au prochain scrutin national (les élections municipales au mieux). Faut il alors s'opposer à des mesures de souffrance ?

Je nous souhaite à tous que Nicolas Sarkozy aille vite et fort. Il faut lever rapidement les malentendus.

Prenez le cas de la Fonction Publique: 30 à 40 000 postes y seront supprimés l'an prochain. Mais encore aujourd'hui, ni Nicolas Sarkozy ni François Fillon ni Eric Woerth n'ont précisé où serait supprimée ces postes excédentaires : "aucun ministère ne sera épargné." En même temps, Rachida Dati annonçait ce matin la création de 5 centres éducatifs fermés. Y-aura-t-il redéploiement ? (auquel cas, certains ministères profiteront d'un renforcement de moyens et d'autres pas).

Prenez le cas des franchises médicales. Le déficit de l'Assurancve maladie déraperait cette année de quelques 2 milliards d'euros par rapport au budget. La CNAM réfléchit à des solutions. Par définition, celles-ci sont limitées à son périmètre d'intervention: rembourser moins ou payer plus (franchises). Et voici que Nicolas Sarkozy, lors de son entretien sur TF1 le 20 juin, a déclaré que les franchises ne serviraient pas à réduire les déficits mais à financer de nouvelles dépenses (plan Alzheimer, notamment) ! ("qui est contre mon plan Alzheimer ?" ose-t-il dire aux éventuels opposants déclarés à ces nouvelles franchises médicales).

Prenez enfin l'exemple du "paquet fiscal." La quasi-totalité de la presse (Libération, Les Echos, La Tribune, Le Monde, etc), à l'exception évidente du Figaro, a souligné qu'il servait surtout les plus riches et les rentiers, qui n'ont pas de problème de pouvoir d'achat. Si ces mesures ne relancent pas la consommation, donc la croissance, donc l'emploi, elles auront a minima coûté entre 11 et 20 milliards d'euros par an. Faudra-t-il plonger le pays dans une cure d'austérité ? augmenter les impôts de tous, alors que les plus pauvres n'auront bénéficié d'aucun allègement significatif ?

Ici démarre notre schizophrénie : faut il laisser Nicolas Sarkozy détruire nos filets de sécurité ? Son équipe et lui ont promis de les faire sauter un à un, qu'ils soient sociaux (droit de grève, assurance maladie), fiscaux (impôts progressif) ou politiques (rôle du parlement).

L'opposition, elle, doit ainsi penser à "la France d'après", celle d'après les réformes, et non pas celle d'aujourd'hui. elle doit projeter dans l'avenir et cesser de regarder dans son rétroviseur. La situation sera demain plus dure pour beaucoup d'entre nous. Et les marges de manoeuvre seront faibles ou inexistantes.

Le slogan de la gauche en 2012 ? "Dépenser plus pour vivre mieux" ?

1 commentaire:

  1. Le principe du français (auquel je m'associe): dépenser moins pour vivre mieux...économiquement, c'est plutôt hard.
    Bonne continuation.

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