22 juillet 2007

La 11ème semaine de la Sarkofrance


Cette 11ème semaine de la sarkofrance a débuté avec les petits fours du 14 juillet et s'est terminée dans la repentance . Kennedy avait Marilyn; Sarkozy a Polnareff . «M. Le président, avec tout mon respect, je vous dis merde pour que vous nous ameniez au paradis de notre vivant» (merci à Intox2007).

Et toujours cette overdose communicante, cette boulimie médiatique. L'un de ses ex-hommes de l'ombre, aujourd'hui éminence publique, Henri Guaino, "plaide pour un pouvoir visible et responsable" dans les colonnes du Monde...

Sous la IVème République, on disait qu'il fallait créer une commission dès qu'un problème surgissait. Sarkozy créé autant de commissions, comités, et consultations qu'il a fait de promesses électorales. Pourquoi faire ?
Sa majorité, ses proches, lui-même répètent à l'envie que le programme présidentiel s'appliquera à la virgule près. Pourquoi alors faire croire à une pseudo-démocracie participative ? L'ouverture politique elle-même sert à faire endosser par d'autres que son camp le dit-programme présidentiel.
Cette 11ème semaine de la sarkofrance nous a ainsi fourni de beaux exemples de ce "faire savoir" puissance 10.

Sarkozy a ainsi besoin de rencontrer en permanence.
Après un sommet franco-allemand à Toulouse en début de semaine, il a reçu les 17 et 18 juillet la totalité des représentants de partis politiques (y-en-a-t-il un qui pourrait une fois, une seule fois boycotté ce type de convocations inutiles ?), s'est déplacé dans les Alpes sur la 9éme étape du Tour de France et a "installé" (conférence de presse à l'appui) un "comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Cinquième République", puis
rencontré son Altesse le Prince ALBERT de Monaco (?), Boni YAYI, Président de la République du Bénin (Françafrique oblige). Le 19 juillet, il a reçu Mme Benita FERRERO-WALDNER, Commissaire en charge des relations extérieures de l'Union européenne, M. Idriss DEBY ITNO, Président de la République du Tchad (toujours la Françafrique), des "chefs d'entreprises ayant développé l'actionnariat salarié de manière durable et significative dans leur groupe" etc etc etc.
A chaque rencontre, un éclairage médiatique supplémentaire, au pire une brève, au mieux un reportage. L'image d'un Président au courant de tout et sur tous les fronts.

L'hypocrisie de l'exercice de communication est flagrante avec la réflexion sur la réforme des institutions.

Temps 1 : Sarkozy ramène toutes les décisions à lui seul depuis son entrée en fonction. Il a déjà changé la pratique des institutions depuis 3 mois, ramenant . La parole de ces conseillers, de Claude Guéant à Henri Guaino, vaut plus que celle d'un ministre. Quelle est la légitimité d'un Henri Guaino qui peut décrocher un entretien d'une pleine page dans Le Monde ? nulle. Il ne dirige aucune administration, n'a jamais été élu, ne représente aucun parti ni association. Il est juste la voix du maître. A moins que cela ne soit le contraire...

Temps 2: voici le contre-feu, "toilettons des institutions vieillissantes." Sarkozy en fixe le cadre, avec un discours à ... Epinal (merci DeSourceSûre).

Temps 3 : installation d'un comité bi-partisan. Jack Lang, vice-président de Balladur, "ça le fait, non ?" (lire à ce sujet l'intéressante anecdote sur Monsieur Lang et son... egocentrisme habituel chez Tristan Mendès France).

Cette réforme est pourtant dangereuse. Merci à DoubleRegard, citant Julien Toledano, de rappeler en quoi : le Parlement sera tout simplement abaissé. Le Président pourra s'y exprimer ("au moins une fois par an") pour y défendre sa politique... ce Président conservera sa toute-puissance: élu par le peuple, il a droit de dissolution sur l'Assemblée nationale sans menace pour son propre mandat. Où est l'équilibre ?

Cette 11ème semaine a aussi été l'occasion d'entendre Christine Lagarde, la Ministre "américaine" de l'Economie, défendre son "paquet fiscal." On ne reviendra pas ici sur ce projet de loi. Sarkozy l'a pensé, Fillon l'a fait, l'UMP l'a même aggravé d'allègements supplémentaires.
Mais entendre Christine Lagarde fut une révélation : "Il faut cesser de penser et se retrousser les manches." (merci à Inventerre).

Cette 11ème semaine de la sarkofrance a enfin été celle de la charge finale sonnée contre le clan Chirac. Après Dominique de Villepin entendu comme témoin assisté dans l'affaire Clearstream, Jacques Chirac est à son tour dans le bureau d'un juge. Pour parler d'une époque, aujourd'hui révolue (?) où la politique nationale se faisait à coups de malettes d'argent dans les bureaux de l'Hotel de Ville et d'emplois fictifs. "Aucun commentaire" chez le Président.

PS: j'ai découvert un nouveau site: sarkonneries. Le titre ne fait pas dans la dentelle. Certes. mais il vaut le coup d'oeil.

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