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dimanche 22 juillet 2007

Promesse non tenue (heureusement) : un peu de repentance chez Sarkozy et Fillon



En meeting électoral à Nice le 30 mars 2007, le candidat Nicolas Sarkozy était allé jusqu'à dire : "Je veux redonner à tous les Français la fierté d’être Français.
Je veux leur dire qu’ils auront à choisir entre ceux qui assument toute l’Histoire de France et les adeptes de la repentance qui veulent ressusciter les haines du passé en exigeant des fils qu’ils expient les fautes supposées de leur père et de leurs aïeux.
Je suis de ceux qui pensent que la France n’a pas à rougir de son histoire. Elle n’a pas commis de génocide. Elle n’a pas inventé la solution finale. Elle a inventé les droits de l’Homme et elle est le pays du monde qui s’est le plus battu pour la liberté.
Je suis convaincu que pour un Français, haïr la France, c’est se haïr lui-même.
Je suis convaincu que la haine de soi est le commencement de la haine des autres. "

Certains, dont votre serviteur, se sont alors interrogés : mais pourquoi donc cette insistance à dénoncer la "repentance" ? Sarkozy pensait-t-il que nous commémorons trop souvent les moments honteux de notre histoire nationale ?

Le souvenir de la rafle du Vel d'Hiv ce week-end fut l'occasion de constater qu'il ne s'agissait que d'un clin d'oeil électoraliste appuyé à une certaine frange de l'électorat. Nicolas Sarkozy a bien heureusement participé à ce souvenir en visitant le mémorial de la Shoah le 20 juillet. Et François Fillon a pu rappeler le rôle de l'uniforme français lors de ces jours sombres. "Nous ne sommes pas et ne pourrons jamais être guéris de l'Holocauste", a déclaré dimanche 22 juillet François Fillon, 65 ans après la rafle du Vélodrome d'Hiver, "la plus importante jamais conduite sur le sol de notre pays". Parce qu'"oublier, c'est commencer à mourir", le Premier ministre a même exhorté la jeunesse française à "entretenir le culte de la vérité", lors de la commémoration annuelle à laquelle assistaient à Paris des centaines de personnes, dont des rescapés de la déportation et leurs descendants.

Finie la repentance ? Promesse non tenue... et heureusement.
(Crédit photo)

Les 16 et 17 juillet 1942, 8.160 Juifs, des enfants pour plus de la moitié, ont été arrêtés et parqués au Vel d'Hiv, dans des conditions déplorables. Raflés en même temps, 4.992 adultes ont été internés à Drancy avant d'être déportés vers les camps de la mort. "L'Etat français venait de se rendre complice des nazis les plus fanatiques et les plus déterminés", a rappelé François Fillon.

"Ceux qui les avaient arrêtés portaient l'uniforme français", a rappelé François Fillon. Il a rendu hommage à l'ancien président Jacques Chirac qui, dans un discours prononcé à la même occasion le 16 juillet 1995, avait reconnu pour la première fois la responsabilité de l'Etat français dans la déportation des Juifs.

"Leur faute n'est pas votre faute" (...) "Mais il y a dans leurs actes une horreur qui doit devenir la vôtre". "Le temps a passé"(...) "L'horreur, elle, n'a pas diminué; et avec elle s'est perpétuée notre obligation de protester, de pratiquer l'exercice du souvenir et de la vigilance". "Lorsque la voix de ceux qui ont vécu cette tragédie se sera tue, il vous reviendra à vous, jeunesse de France, de prendre le relais de leurs paroles, de leur mémoire. Vous le ferez pour eux, vous le ferez pour la France" (source).

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