Les médias français sont souvent objets de critiques. Leur critique est même l'une des raisons d'être de bon nombre de blogs (y compris celui-ci). Elle est aussi le fonds de commerce de certains journaux, journalistes et hommes politiques (Bayrou). Eric est revenu récemment dans Crise dans les médias sur Libération, la machine à dépolitiser.Travaillant moi-même pour l'un d'entre eux, j'aimerai revenir sur 3 exemples.
LIBERATION dépolitise ses lecteurs ? Il faudrait être chiant et austère pour sensibiliser les masses. Je caricature peut être cette critique contre Libération en la résumant ainsi. A force de se moquer par ses titres tout en jeu de mots, et ses photos choc, Libération dépolitiserait. Comme nombre de journaux, le traitement de la chose politique s'égare trop souvent chez Libération dans les méandres des tactiques, bruits de couloirs, petites phrases et jeux de personnes. Mais quel est notre choix ? De tous les journaux de la PQN, Libération et l'Huma sont les seuls à revendiquer un positionnement politique.
TF1 soutient elle Sarkozy ?
Quiconque regarde le JT de Jean-Pierre Pernaud et le Droit de Savoir de Villeneuve peut s'étrangler devant la proximité des sujets avc les thèmes favoris du candidat Sarkozy. François Bayrou avait réussi son entrée en campagne en se "payant" TF1. Un proche de Sarkozy est désormais DG adjoint de la chaîne. Assister à un JT en direct depuis l'Elysée en juin dernier n'était pas non plus la meilleure preuve d'indépendance. Mais les exemples abondent d'indépendance affichée: réécoutez PPDA traiter Sarkozy de "petit garçon excité d'être enfin dans la cour des grands".. Marianne avait devéloppé une thèse plus intéressante que la recherche permanente du grand complot : les valeurs véhiculées par TF1 dans ses émissions de variétés sont celles de Sarkozy: Star Ac, Qui veut gagner des millions, Combien ça coûte, Cauet, etc.
CANAL+ est elle à gauche?
Si le téléspectateur se contente de regarder les Guignols de l'Info ou Groland, de suivre Lundi Investigation ou les fictions contemporaines "remue-mémoire" que la chaîne propose, on peut y trouver une liberté de parole, de critique des"forces de l'argent" et autres pouvoir en place que je vois peu ailleurs. Mais CANAL+ diffuse majoritairement du football (politique ?) et du cinéma, tous les cinémas: LE PASSAGER DE L'ETE, CAMPING, ou DIALOGUE AVEC MON JARDINIER, les films deJean Reno, Christian Clavier& Co. De gauche ?
... à suivre...
Oui, bien sûr, le journal Libération, tel qu'il est aujourd'hui, n'est pas monolithique et le résumer à une machine à dépolitiser est sûrement une erreur! Mon titre ne vaut pas ceux de Libé...
RépondreSupprimerCela dit, quel journal a titré, le 20 avril 2002 "Allez-y quand même"? Voilà une manifestation de ce manque d'intérêt pour la politique...
Et il y a l'histoire de Libération. Assez bien évoqué par Eric Aeschimann dans son livre.
Aujourd'hui, quel est le "degré de politisation " de Libé (comme on parlerait d'un degré d'alcoolémie)? J'estime personnellement qu'il occupe le "créneau" de l'antisarkozysme mais sans conviction.
Celui qui donne le là, c'est Laurent Joffrin. Et lui, ce n'est pas un militant. Il vise avant tout à rendre le journal rentable.
Mais il est vrai que coeur du journal recèle d'autres qualités.
@eric : Joffrin a effectivement choisi l'antisarko comme un positionnement marketing. A titre personnel, dans l'environnement actuel, ce n'est pas pour me déplaire.
RépondreSupprimerCeci étant dit, nombre d'articles dans Libération donne un sens à la réalité qu'il décrit tant parle choix des sujets que par leur traitement. De plus, les thèmes "alter", en général sous-traités par LeMonde, LeFigaro, LeParisien, etc, ont une place régulière dans le journal (écologie, contre-culture, sans-papier, social, etc).
Tu m'as donné envie de lire le bouquin. Well done.
Schneidermann et son équipe ont lancé leur site ASI en ligne : http://arretsurimages.net/
RépondreSupprimerIl me semble que cet évènement n'est pas mentionné sur votre blog (je peux me tromper).
Un ptit coup de pouce de votre part ou un ptit lien ne pourrait pas leur faire de mal.
Rares sont les médias qui résistent, ne serait qu'en réfléchissant, à la propagande du nouveau régime.