11 août 2007

La 14ème semaine de la Sarkofrance : pas de vacances pour Ivan



Les vacances de Nicolas Sarkozy sont elles des vacances pour les Français ? Apparemment non.
"Un président qui gouverne" ne s'arrête pas. Les blogs s'inquiètent peut être des invités du Président en vacances à Wolfeboro, E-U (NDR : si Anne Fulda a bien été la maîtresse de Sarkozy, elle n'était pas présente à Wolfeboro. Faut pas pousser). Le Président lui gouverne : point de presse dimanche dernier, présence à l'enterrement de Mgr Lustiger vendredi; communiqués de presse sur ses coups de téléphones.

Se déplacer sur les lieux de l'actualité est une constance politique. Sarkozy puis Fillon se sont rendus au chevet des rescapés du bus polonais accidenté sur la route Napoléon fin juillet. Christian Estrosi s'est déplacé en Polynésie Française suite à l'accident d'avion survenu jeudi 9 août.

Qui se déplacera au chevet d'Ivan, ce jeune Russe de 12 ans, qui a sauté du 4ème étage pour échapper à la police venu l'interpeller avec ses parents, faute de papiers ? Ni Nicolas Sarkozy, ni Brice Hortefeux. Le symbole est éloquent.

A l'instar du Président, la police de l'immigration ne s'arrête pas non plus. Ce drame d'Amiens nous le rappelle.


La mère d’Ivan, Natalia, a décrit, hier, les circonstances de l’intervention policière, à 7 h 45, jeudi : «On dormait quand on a entendu les coups à la porte.» Les policiers «défonçaient presque» la porte. C’est le bruit de la perceuse d’un serrurier qui a provoqué la panique. Natalia a voulu prévenir ses amis par téléphone, sans y arriver. Andreï est passé d’un balcon à l’autre, cherchant une porte ouverte. Et Ivan a voulu le suivre. «Lundi, Natalia était allée au commissariat avec Ivan, explique Sylvette Chevalier. On lui avait dit de revenir avec son mari. Les policiers ne lui ont donné aucune explication, mais elle avait deviné qu’il y avait un risque à revenir.»


"Nicolas Sarkozy est une drogue dure avec accoutumance immédiate" aurait dit David Martinon, son trentenaire de porte-parole (Le Canard Enchaîné du 8-8-7).

Les congés du Président permettent pourtant de prendre du recul.
Et de lire cette inégalable lettre ouverte au Président par Raharimanana et les écrivains Boubacar Boris Diop (Sénégal), Abderrahman Beggar (Maroc, Canada), Patrice Nganang (Cameroun, Etats-Unis) Koulsy Lamko (Tchad), Kangni Alem (université de Lomé), et l’éditrice Jutta Hepke (Vents d’ailleurs). dans Libération. Une réponse à la honte du "Discours de Dakar," où Nicolas Sarkozy sous la plume d'Henri Guaino, faisait la morale aux Africains, tutoiement de rigueur et leçon paternaliste sur l'africain paysan qui (génétiquement?) passe à côté du progrès et de l'action.


"(...) Au lendemain de votre discours, que faisiez-vous donc avec Omar Bongo, quarante ans de règne dans la dictature, un doyen dites-vous, et quel doyen dans la corruption et l’aliénation de son pays ! De quelle liberté, de quelle justice, de quel droit parlez-vous ? (...)
quand vous dites que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire, vous avez tort. Nous étions au cœur de l’histoire quand l’esclavage a changé la face du monde. (...)
Croyez-vous vraiment que jamais l’homme (africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin ? Jamais dites-vous ? Devons-nous l’interpréter comme ignorance, comme cynisme, comme mépris ? Ou alors, comme ces colonisateurs de bonne foi, vous vous exprimez en croyant exposer un bien qui serait finalement un mal pour nous. Seriez-vous aveugle ? Dans ce cas, vous devriez sincèrement reprendre la copie nous concernant. Vous avez tort de mettre sur le même pied d’égalité la responsabilité des Africains et les crimes de l’esclavage et de la colonisation, car s’il y avait des complices de notre côté, ils ne sont que les émanations de ces entreprises totalitaires initiées par l’Europe, depuis quand les systèmes totalitaires n’ont-ils pas leurs collaborateurs locaux ? Car oui, l’esclavage et la colonisation sont des systèmes totalitaires, et vous avez tort de tenter de les justifier en évoquant nos responsabilités et ce bon côté de la colonisation. (...)


Ami sarkozyste, où es tu ?

PS: lire aussi La France de Demain

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