28 août 2007

Promesse non tenue : la politique étrangère de Sarkozy



Coup sur coup, Nicolas Sarkozy a rompu trois promesses ou déclarations de campagne dans sa déclaration de politique étrangère devant les ambassadeurs lundi 27 août:
1. La campagne irakienne était une erreur américaine (ah ? Chirac avait raison ?)
2. Il ne bloquera pas les négociations d'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne.
3. La possibilité que l'Iran dispose de l'arme atomique serait "catastrophique" et "inacceptable." On se souvient des attaques contre la candidate socialiste quand elle avait évoqué sa position vis-à-vis de l'Iran.

Sur l'Irak, "La tragédie irakienne ne peut pas nous laisser indifférents. La France était, grâce à Jacques Chirac, est, et demeure hostile à cette guerre" (source).
Sur l'Iran, "Un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et je pèse mes mots".

"Quatrième crise, au confluent des trois autres : l'Iran. La France maintient avec ses dirigeants un dialogue sans complaisance, qui s'est avéré utile en plusieurs occasions. Elle a pris l'initiative, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une négociation où l'Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les paramètres en sont connus ; je n'y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu'un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l'entière détermination de la France dans la démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations. Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international."
Par ailleurs, Sarkozy continue sa pyromanie nucléaire : "Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est encore aider, comme la France le propose, les pays musulmans à accéder à l'énergie du futur : l'électricité nucléaire, dans le respect des traités et en pleine coopération avec les pays qui maîtrisent déjà cette technologie."

Enfin, sur l'Afrique, rien de nouveau. Une allusion à la maladresse néocolonialiste de son discours de Dakar eut été inappropriée.
"A l'écoute de nos associations, je souhaite aussi être à l'écoute des peuples africains : qu'attendent-ils aujourd'hui de la France ? Je vous demande, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, d'aller à la rencontre des forces vives du continent et notamment de sa jeunesse. Je lui ai présenté, de Dakar, avec amitié et franchise, mon analyse. Je souhaite prendre connaissance, dans le même esprit d'amitié et de franchise, des attentes de la jeunesse d'Afrique à l'égard de notre pays avant mon prochain voyage sur le continent.

L'Afrique restera une priorité essentielle de notre politique étrangère et un axe central de la politique de coopération de l'Union européenne. Elle n'est pas l'homme malade du monde d'aujourd'hui. Elle n'a pas besoin de notre charité. Depuis plusieurs années, elle connaît une croissance moyenne de 5% et pourrait faire mieux encore si les producteurs locaux de certains produits de base tels que le coton étaient rétribués au juste prix.

L'Afrique a tout pour réussir dans la mondialisation et la France veut l'y aider.
Il s'agit d'accélérer son développement. Malgré ses progrès, l'Afrique reste encore à l'écart de la prospérité mondiale. Elle ne peut tirer le meilleur parti de ses immenses richesses naturelles, trop souvent menacées de pillage, et souffre plus que d'autres des conséquences des changements climatiques. A mi-chemin du calendrier des objectifs du millénaire, il convient donc de poursuivre notre effort d'aide.

Ce n'est pas seulement affaire de montants financiers, même s'il ne fait pas de doute que notre engagement doive être maintenu en dépit des difficultés qui pèseront sur le budget de 2008. Il faut aussi viser à de meilleurs résultats. Plus d'aide doit signifier plus d'efficacité, et donc une gestion en progrès constant."
La Françafrique continue...

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