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mardi 2 octobre 2007

Eric Woerth : s'il est content, c'est l'essentiel.


Eric Woerth, Ministre du Budget, était l'invité d'Europe 1, TV5 et Le Parisien dimanche 30 septembre. Il a même prévu une réserve de 7 milliards d'euros "au cas où". Quelques jours plus tôt, il avait prononcé son discours de présentation du budget 2008. Autosatisfaction.

"Ce projet de loi de finances pour 2008, premier budget de la législature et du quinquennat, poursuit deux objectifs majeurs : - s’inscrire puissamment dans la trajectoire de redressement de nos finances publiques en respectant nos engagements ; - mettre en œuvre la politique de croissance voulue par le Président et le gouvernement, en valorisant le travail et en investissant dans l’avenir.
Il n’y a aucune contradiction dans ces objectifs, pour autant que le budget soit l’occasion de faire des choix clairs et de réduire les dépenses inutiles."
Un coup sur ses prédécesseurs Villepin & Copé :
"Une démarche de redressement des finances publiques a été engagée sous la précédente législature. Mais nous n’avons pas su infléchir durablement la progression des dépenses publiques, nous n’avons pas suffisamment modernisé l’État et réformé nos politiques publiques. Les marges de manœuvre nous ont donc manqué pour préparer l’avenir." (...)
(...) Notre effort s’inscrit dans la durée ; notre objectif, c’est de diviser par deux le rythme de croissance de la dépense publique pendant les cinq prochaines années, c’est de ramener la progression de la dépense publique à un peu plus de 1 % en volume alors qu’elle était supérieure à 2 % par an ces dix dernières années.
Beaucoup de conditions à la réussite de son exercice budgétaire :

Si nous parvenons à libérer la croissance en relançant le travail, en favorisant l’innovation, en stimulant notre compétitivité, nous parviendrons à restaurer l’équilibre des finances publiques avant la fin du quinquennat, et si possible dès 2010.
Le PLF 2008 marque le coup d’envoi de cette stratégie. Sa première marque de fabrique, c’est d’investir massivement dans la baisse des prélèvements, au service de la croissance, sans compromettre le rétablissement des finances publiques . (...) les dépenses suivront la règle du « 0 % volume ». Concrètement, cela veut dire qu’elles ne progresseront pas plus vite que l’inflation, ce qui est du déjà vu, mais l’innovation est ailleurs : cette règle s’appliquera pour la première fois sur un périmètre élargi, qui dépasse les dépenses du budget général pour couvrir aussi les prélèvements sur recettes à destination de l’Union européenne et des collectivités locales . (...) Avec une hypothèse d’inflation à 1,6 %, nous ne pourrons engager, en tout et pour tout, que 5,5 Md€ de dépenses supplémentaires. (...)

et le ministre d'expliquer que les 18 milliards d'euros de recettes fiscales supplémentaires espérées en 2008 serviront aux deux tiers à réduire le déficit accru par le paquet fiscal.
"Cet effort drastique de maîtrise de la dépense nous permet de ramener le poids de la dépense publique dans le PIB de 53,4 % en 2006 à 52,6 % en 2008. Les prélèvements obligatoires vont quant à eux s’alléger, passant de 44,2 % du PIB en 2006 à 43,7 % du PIB l’année prochaine."
La deuxième marque de fabrique de ce budget, c’est de financer de vraies priorités, (...) Le PLF 2008 consacre très clairement une priorité à l’enseignement supérieur et la recherche, qui bénéficie de 1,8 Md€ de moyens supplémentaires pour accompagner notamment la réforme des universités adoptée cet été.
(...) La troisième marque de fabrique de ce PLF, c’est aussi d’avoir fait des choix en matière de fiscalité . (...) - priorité à la croissance, avec la loi du 21 août 2007 sur le travail, l’emploi et le pouvoir d’achat (...) - priorité au soutien à l’effort de recherche et d’innovation des entreprises (...) (...) La quatrième et dernière marque de fabrique de ce PLF, c’est qu’il s’accompagne de nouvelles méthodes d’action et de réforme, au service de la clarté et de l’efficacité. (...) Ce budget procède en outre à une clarification inédite des relations entre l’État et la sécurité sociale. L ’augmentation de la dette à l’égard du régime général nécessitait de revoir les règles du jeu. Ce que nous faisons, avec trois grandes mesures : - une mesure très forte, tout d’abord, puisque l’État va payer l’intégralité de sa dette : 5,1 Md€ seront remboursés au régime général dans les tout prochains jours. - je veux aussi que ce phénomène ne se reproduise pas . Nous avons donc remis à niveau la budgétisation des dispositifs gérés par la Sécurité sociale mais financés par l’État. Par exemple, le budget de l’aide médicale d’État inscrit en loi de finances initiale passe de 233 M€ à 413 M€. - enfin, toutes les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires déjà existantes et celles sur les heures supplémentaires inscrites dans la loi dite TEPA seront intégralement compensées à la sécurité sociale par un transfert de recettes de plus de 5,5 Md€ en 2008. (...)



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