dimanche 18 novembre 2007

Cinquième grève de la faim contre la réforme de la carte judiciaire : le maire d'AUBUSSON

Michel Moine, maire d'Aubusson, nous a communiqué cette lettre, en commentaire à notre billet sur le tour de France, sous les huées, de Rachida Dati. Son tribunal est supprimé. le maire s'insurge contre cette décision et l'absence de concertation. La moindre des choses est de relayer son indignation, le plus largement possible. C'est la (ème du genre, comme le souligne Peuples.net.
"La décision de Rachida Dati de fermer le tribunal d’instance d’Aubusson a été prise sans la moindre concertation avec les élus et au mépris des intérêts légitimes des creusois dépendant du ressort de cette juridiction.

Un par un, poste par poste, nous assistons dans les territoires ruraux au désengagement de l’Etat et à la rupture de l’égalité entre les citoyens, au fur et à mesure de la destruction des services publics.

Le mouvement s’amplifie, et la réforme de la carte judiciaire telle qu’elle nous est annoncée procède d’une centralisation à son paroxysme, de la justice républicaine. L’échelon de proximité que représente les tribunaux d’instance disparaît, et avec lui un accès simple à la justice pour les personnes les plus vulnérables et les plus modestes de notre société.

Désormais, les justiciables du sud-est creusois n’auront d’autre solution que de parcourir les 45 à 80 kms qui les séparent de Guéret, la ville préfecture.

D’autres choix de réorganisation sont pourtant possibles : pourquoi ne pas envisager de fusionner Aubusson et Bourganeuf, autre juridiction supprimée, en conservant des audiences foraines à Bourganeuf ? L’activité cumulée de ces deux tribunaux d’instance est largement supérieure à celle d’un tribunal de Commerce dont la Garde des Sceaux nous annonce l’ouverture à Guéret, ce qui n’apporte aucun progrès puisque le TGI statuait déjà en matière commerciale.

J’ai, pour me faire entendre, pris une décision en mon âme et conscience, dont j’ai mesuré les risques et les conséquences. J’ai entamé jeudi matin une grève de la faim, dont la presse régionale et nationale s’est largement fait l’écho. Le soir même, j’étais contacté par le cabinet de Rachida Dati. J’ai reçu l’engagement, confirmé par écrit, que la situation d’Aubusson serait réexaminée par les services de la Chancellerie, au regard de ma proposition. Rendez-vous a été fixé lundi à 15 heures place Vendôme à Paris pour en discuter. Dans ces conditions, j’ai décidé de suspendre mon initiative, en signe de bonne volonté réciproque.

Je déplore que la grève de la faim soit l’ultime moyen de se faire entendre d’un pouvoir qui choisit délibérément d’ignorer le point de vue des représentants élus du monde rural. Je rappelle que l’assemblée générale de l’association des maires et adjoints de la Creuse a adopté samedi une motion demandant que les tribunaux d’Aubusson et Bourganeuf ne soient pas fermés, comme l’avait fait également l’assemblée plénière départementale.

Il va de soi que ce premier pas de madame la ministre doit en appeler d’autres pour que les creusois et leurs élus puissent accepter les conséquences locales de la réforme de la carte judiciaire.

Michel Moine, maire d'Aubusson"

2 commentaire(s):

  1. Monsieur Moine, maire d'Aubusson et représentant du Tiers-état? J'ai l'impression qu'il va à Paris, présenter à quelque pouvoir absolu un cahier de doléance. La dernière fois ça s'est mal passé...
    Bon courage à lui, même si il semble être le premier à regretter de devoir en arriver là - pour se faire entendre!

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  2. juan
    je viens de lire ton billet, je viens de reprendre le courrier de Michel Moine.
    par contre c'est la cinquième personne en grève de la faim depuis mercredi dernier. reprend mon billet avec la source sur libé.

    à +

    peuples

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