31 janvier 2008

Les professeurs seront ils rémunérés au mérite ?

La commission installée par Xavier Darcos sur la réforme de l'Education Nationale va remettre son rapport au gouvernement lundi 4 février. LE FIGARO, avec moultes précautions, laisse entendre que la dite commission poserait le principe d'une rémunération au mérite. Michel ROCARD n'a pas supporté cette "exploitation politicienne" des travaux auxquels il a participé. Une réaction surprenante, ou inquiétante.

«J'ai présenté ma démission pour que les choses soient claires » a-t-il déclaré
Rocard a tenté de couper court aux rumeurs propagées (à tort ou raison) par le FIGAROdepuis 24 heures : «Je veux être clair, nous n'évoquons pas directement dans notre rapport une rémunération au mérite. Mais c'est certain : il faut améliorer la prise en compte de la performance dans le déroulement des carrières des enseignants». mais pourquoi claque-t-il la porte à quelques jours d'une publication, si le rapport reste très vague et ouvert sur le sujet ?

les recommandations d'ensemble seraient les suivantes :
- Arrêt de l'affectation systématique de jeunes diplômés des IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres) dans les ZEP.
- Création d'une prime de début de carrière
- Développement de passerelles avec le secteur privé en cours de carrière
- Création d'un "ERASMUS des Profs"
- Meilleure évaluation des enseignants (via une augmentation du nombre d'inspecteurs notamment)
- Redéfinition du temps de service (en intégrant les corrections de copies, recherches, etc)
- Développement de méthodes pédagogiques "plus pratiques" (?)

Le SNES réagit mal : «La commission est passée à côté du sujet, nous attendions une revalorisation du métier, on nous répond annualisation du temps de travail et heures supplémentaires.» (source LE FIGARO)




30 janvier 2008

Retraites : la pénibilité est oubliée à cause d'un patronat hypocrite.


Il n'y avait peut être qu'une négociation intéressante dans la réforme des retraites : définir la pénibilité au travail, et adapter les retraites en conséquence. Ces négociations ont échoué. Pourquoi ? Parce que le patronat a fini par nier, mercredi 23 janvier, tout lien entre l'espérance de vie et les conditions de travail. Après 3 ans de discussions. Une position incompréhensible.

"Tout aura été tenté pour que les partenaires sociaux parviennent à un accord interprofessionnel sur la pénibilité au travail. D'abord, les pouvoirs publics leur ont laissé le temps de négocier: patronat et syndicats ont commencé à lerus discussions il y a près de trois ans, en février 2005.

Ensuite, au vu des positions très éloignées des deux parties, le gouvernement a fourni aux partenaires sociaux un groupe d'experts de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin de les aider à parvenir à un compromis. Cette négociation est une disposition de la loi d'août 2003 sur les retraites, sachant que le dernier accord interprofessionnel sur les conditions de travail date en France de 1975.

Pourtant, près de trois ans et quatorze réunions après le début de cette négociation, les discussions sont au point mort. La dernière rencontre paritaire mercredi 23 janvier a même constitué une reculade du point de vue des syndicats. Ceux-ci ont en effet été stupéfaits d'entendre la délégation patronale nier tout lien direct entre l'espérance de vie et les conditions de travail (source)."
Ce lien est pourtant prouvé par de nombreuses études. Il suffirait par exemple que la délégation patronale se connecte à l'Observatoire des Inégalités.

L'institut de veille sanitaire avait aussi rappelé en 2006 que
« les plus instruits, les catégories de professions les plus qualifiées et les ménages les plus aisés bénéficient d’une espérance de vie plus longue et se trouvent en meilleure santé ».

Qui est hypocrite ?

Les promesses non tenues de Nicolas Sarkozy, en images.



Merci à Rive-Gauche pour cette aimable compilation.

Ami Sarkozyste, où es tu ?

Merci à Christine Albanel

Christine Albanel a refusé de donner suite à l'une des propositions de la Commission Attali, la "licence globale". Les créateurs, les ayants droits peuvent lui dire merci.

A l'ouverture du MIDEM, le salon du disque à Cannes, la Ministre de la Culture et de la Communication a annoncé qu'elle rejetait le projet de licence globale. La licence globale consiste à faire payer un forfait aux internet en échange d'un droit à télécharger un nombre plus ou moins défini d'oeuvres. l'argent ainsi collecté serait reversé par des administrations de collecte - les sociétés d'auteur - aux ayants-droits concernés.

La ministre a aussi annoncé que le projet de loi antipiratage, né de l'accord signé le 23 novembre à l'Elysée, sera déposé au Sénat "au tout début du printemps" en vue de son adoption avant l'été.
L'accord prévoit l'installation d'une autorité administrative indépendante chargée de prévenir et sanctionner le piratage. Il s'agira de l'Autorité de régulation des mesures techniques, qui existe déjà mais dont les compétences seront élargies. L'Autorité enverra dans un premier temps aux pirates des messages d'avertissement. Si le pirate récidive, l'autorité prendra alors des sanctions adaptées : la suspension de l'abonnement internet, puis sa résiliation assortie d'une interdiction de se réabonner pendant une période déterminée. L'industrie musicale attend beaucoup de ces mesures pour juguler le piratage et permettre un vrai décollage des offres légales en ligne (source).


Choc de méfiance pour Sarkozy



L'hebdomadaire de droite "VALEURS ACTUELLES" publie un nouveau sondage très mauvais pour leur Président, Nicolas Sarkozy. La mesure du moral des ménages par l'INSEE atteint le plus bas niveau de son histoire. En mai dernier, François Fillon nous expliquait, à propos de sa réforme fiscale, qu'"Il s'agit de provoquer un choc de confiance " . Moins de 9 mois plus tard, c'est un choc de méfiance qui nous frappe en pleine tête.

En mai, quelques semaines avant les élections législatives, c'était l'euphorie. Rappelez-vous.
C'est dans une ambiance euphorique que le Premier ministre a appelé mardi les parlementaires UMP à se lancer dans la bataille des législatives. La victoire de Nicolas Sarkozy et ses premiers pas de chef de l'État donnent à la majorité des ailes pour mener la campagne. La détermination de François Fillon à mettre en chantier sans attendre les réformes promises recueille le soutien sans faille des élus, convaincus que le vote des Français a exprimé un impérieux besoin de changement et de fermeté dans la conduite de la politique gouvernementale. " Les Français ont voté pour la rupture, dites-leur que nous allons la concrétiser ", leur a lancé hier François Fillon, en s'adressant plus particulièrement à son " ami " Bernard Accoyer, président du groupe UMP, bien placé pour conquérir la présidence del'Assemblée nationale (source LA TRIBUNE).
Certains, à droite, étaient dubitatifs. D'autres, à gauche, n'y croyaient évidemment pas. D'autres encore, électeurs du 1er et/ou du 2nd tour, y ont cru.

Neuf mois plus tard, le château de cartes s'écroule. PIF ! PAF ! POUF ! Les promesses sont éparpillées façon puzzle. La confiance n'est pas venue. CHOC DE MEFIANCE ?

L’indicateur de confiance des ménages publié mardi 29 janvier par l’Insee accuse une baisse de quatre points par rapport au mois précédent: il s’établit à -34 contre -30 en décembre (en données corrigées des variations saisonnières). C'est la septième baisse consécutive, "l’indicateur s’est au total écroulé de 21 points depuis juin dernier", note Marc Touati, économiste chez Global Equities.

Dans le détail, les 4 indicateurs se dégradent : «perspectives d’évolution du niveau de vie en France», «l’évolution passée du niveau de vie en France», «l’évolution passée de la situation financière des ménages», et la«situation financière future» des Français (source LIBERATION).

Intox2007 publie ce graphique éprouvant pour la Sarkofrance (cf ci-contre): depuis mai 2007, c'est la dégringolade, la version "toboggan" de la courbe statistique. Elément rassurant, même la presse de droite n'est pas dupe, et l'impatience libérale se fait sentir.

VALEURS ACTUELLES publie en effet un nouveau mauvais sondage pour leur Président : pourtant, l'hebdomadaire, sondage à l'appui, était optimiste il y a encore ... 2 mois ! Voyez l'une de ses couvertures de décembre:



Fin janvier, le baromètre a changé de tendance : "Pour 52% des Français, l'action du président de la République va "plutôt dans le mauvais sens", contre 44% en décembre". Leur Président tombe de 7 points. Pas grave ?
la lecture du sondage est édifiante :
Sur l'item "Sarkozy incarne bien la fonction présidentielle", leur Président perd 9 points de décembre à janvier.
Sur l'item "
le président fait ce qu'il faut pour rassembler les Français", il perd 8 points. 57% des Français interrogés pensent le contraire (+7 points)!
Sur l'item "Sarkozy tient ses promesses de campagne", il perd 11 points en un mois (48% pensent le contraire, soit +14 points).

PS: amis socialistes, ne vous réjouissez pas. 8 Français interrogés sur 10 pensent que vous n'êtes pas prêts. A force de se flinguer en famille ...

29 janvier 2008

Sarkozy a fêté ses 53 ans entre amis: «c'est une surprise pour Nicolas»

Nicolas Sarkozy devait être le seul à ne pas savoir que Carla Bruni lui préparait une "surprise" pour ses 53 bougies lundi 28 janvier. Même les lecteurs de ce blog le savaient dès lundi matin. La liste des convives est plus intéressante que l'anniversaire lui-même.

Rachida Dati,
Brice Hortefeux
Nathalie Kosciusko-Morizet
Bernard Kouchner
Rama Yade
Franck Louvrier, (conseiller communication),
Catherine Pégard (ex-journaliste, conseiller à la présidence)
Didier Barbelivien,
Jacques Séguéla
Michel Sardou et son épouse,
Anne-Marie Périer,
Johnny Hallyday
Martin Bouygues
Pierre Charon,
Nicolas Bazire, ancien di­recteur de cabinet d'Édouard Balladur,
Isabelle et Patrick Balkany
Agnès Cromback
Mathilde Agostinelli
Marisa Bruni
Mme Sarkozy (mère)

Source: LE FIGARO

Fillon fait un geste pour les sans-abris

François Fillon a annoncé mardi 29 janvier vouloir dépenser 250 millions d'euros, et lancer un plan pluriannuel pour la prise en charge et l'hébergement des sans-abri. Pour mémoire, le bouclier fiscal à 50%, instauré l'été dernier, coûte ... 810 millions d'euros par an.

Le plan annoncé réserve des surprises:

1. Le successeur de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly Sur Seine devra consacrer 30% de ses constructions de logements à des habitats sociaux: "Pour toute ville "en constat de carence" au regard de la loi SRU, l'ensemble des programmes de construction de l'année "devront comprendre une part d'au moins 30% de logements sociaux". Le préfet disposera d'un droit de préemption sur le parc immobilier existant".

2. Un poste de "super-préfet" sera créé, sous l'autorité du Premier ministre, afin de coordonner sur le terrain les actions en faveur des sans-abri (estimés à 200.000 en France).

3. Fillon a annoncé un plan pluriannuel, qui renforcera le dispositif de prévention des expulsions locatives. "La commission de prévention des expulsions devra être systématiquement saisie, avec l'obligation d'une enquête sociale. Des instructions seront données aux préfets "pour que personne ne puisse être expulsé sans qu'une solution d'hébergement digne soit proposée", a précisé François Fillon."

4. Un programme de "réhabilitation des centres d'hébergement et d'augmentation des capacités" sera mis en oeuvre.

5. Le gouvernement entend "se donner les moyens" d'appliquer la loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement et à l'hébergement opposables. Un minimum, non ? Environ 600.000 personnes sont éligibles depuis le 1er janvier.

"L'Etat mettra tout en oeuvre pour réaliser les objectifs de rattrapage du plan de cohésion sociale (du 8 janvier 2007, NDLR), et du PARSA (Plan d'action renforcé en faveur des sans-abri) aux fins de construire 20.000 logements par an et 9.000 places de maisons relais d'ici à 2012", a dit le Premier ministre.

Source LE MONDE

La Folie des Grandeurs

Quand Libération demande à George-Marc Benamou si Sarkozy souhaite avoir "son Beaubourg" (en référence au musée parisien et centre culturel qui porte le nom du président Pompidou), ce dernier répond : "Pourquoi Pas ?"

Libération : Nicolas Sarkozy veut donc son Beaubourg ?

GMB : Pourquoi pas ? François Pinault a porté un projet fort pour l’île Seguin et s’est retiré. Un autre projet, ensuite, n’était pas finançable et ne donnait pas totalement satisfaction.
Le projet alternatif, ce «jardin-musée de sculptures» configuré par Daniel Janicot, doit éviter le bétonnage de l’île Seguin. Selon ses concepteurs, le voyage muséal va commencer avec la sculpture classique au bas du parc de Saint-Cloud, puis la moderne sur l’île Monsieur, puis la contemporaine sur toute l’île Seguin. Ce sera un musée à ciel ouvert : sur 13 hectares, des sculptures, une sorte de Zénith nouvelle génération, un grand musée, des ateliers sur les arts numériques, des lieux d’animation…
Le grand lieu de vie, de promenade des Franciliens et des Parisiens. Il coûtera environ 200 millions. Le conseil général, les élus locaux et les collectivités locales réfléchissent au financement.
Alors pourquoi pas dix grands projets en France comme le souhaite le Président ?

Ce projet relatif à l'Ile Seguin est devenu un enjeu électoral à Boulogne Billancourt, où la droite se déchire (lire Libération du 29 janvier).

Elections municipales : la curée anti-sarkozyte


Faut il se réjouir que l'enjeu national (sanctionner ou pas la politique de Nicolas Sarkozy depuis 10 mois) prenne le pas sur les enjeus locaux ? L'auteur de ce blog répondra oui, sans hésitation. revue de détail, revue de motivations.Banzaï !
1. Xavier Bertrand, ministre de la réforme des retraites, du service minimum et du travail à trouver, fait face à une forte concurrence de la "gauche maxi-plurielle".
2. David Martinon, "charismatique comme une huître", est flingué par un dissident de droite à Neuilly Sur Seine.
3. Le renfort de Rachida Dati, Christine Lagarde, Christine Albanel et Jean-Marie Cavada n'a pas l'air de servir Françoise de Panafieu à Paris. Cavada et Lagarde sont même en difficulté...
4. Christian Estrosi, secrétaire d'Etat à l'Outre Mer, candidat à Nice, bénéficie d'un site non officiel qui, je cite,
« a pour vocation de prouver, de façon décalée, que la candidature de Christian Estrosi à la mairie de Nice est illégitime et ne va pas dans le sens de l’interêt de Nice et des Niçois. ».
5. Xavier Darcos, ministre de l'Education, se protège en se présentant avec le MODEM, à la mairie de Périgueux.
6. Fillon soutient Rama Yade, seule membre du gouvernement à se présenter dans une circonscription narurellement difficile: "
Je ne suis pas candidat à Colombes. Je suis venu vous parler sécurité." Un peu de trouille avant une élection, ça ne fait pas de mal...
7. Hortefeux, Amara et Boutin se sont débinés.

Contre les Franchises Médicales, les grèves de soins.



Le site Social et Sociétal propose aux opposants aux franchises médicales d'apposer un logo commun. Problème : si on affiche un logo pour toutes les décisions du gouvernement Sarkozy que nous n'approuvons pas, certains blogs, dont celui-ci, se retrouverons illisibles !
Franchises médicales, Tests ADN, expulsions, Retraites, paquet fiscal, religion, Carla Bruni, etc...

Grâce et disgrâce en Sarkofrance

Bakchich.info a identifié les récents disgraciés et graciés par le Président. Des sources bien informées ont permis au site d'établir cette liste. Une liste qui réserve quelques surprises.

Disgraciés :
Rachida Dati (surprenant), à l'écart pendant le voyage indien.
David Martinon, absent du voyage indien (pour cause de campagne chahutée ?)

"En grâce" :
Jean-Pierre Elkabach
Valérie Pécresse,
Patrick Balkany,
Patrick Devedjian,
Pierre Lellouche,
Ladislas de Poniatowski,

Ca va, ça vient...

Société Générale : chasse à l'homme ou délit d'initié ?


Il y a deux manières de voir l'affaire Société Générale : (1) la Banque française s'est fait abusé par un jeune "terroriste" de 31 ans, (2) la banque est mal gérée.
Il est surprenant que voir la Sarkofrance s'emparer de la première thèse, plus confortable que la seconde. Cratyle a justement analysé comment LE FIGARO a jetté en patûre le jeune Jérôme Kerviel. Sans aucune précaution, avant même que la brigade financière ne perquisitionne son appartement et ne l'interroge. Une rare célérité. Déjà, la veille, Daniel Bouton avait traité son ex-employé de "terroriste". Principe de base du management moderne : quand vous avez perdu, quand vous avez échoué, criez au loup ! Le management moderne n'accepte pas le droit à l'erreur.

S'acharner sur un jeune employé cantonne l'affaire au fait divers. Cela évite de s'interroger sur cette planète folle. Cela évite de se demander comment une banque peut perdre en quelques semaines l'équivalent du déficit des retraites.

Rappelez-vous, les franchises médicales doivent "rapporter" 850 millions d'euros par an. La Société Générale a perdu 5 milliards ! Sarkofrance inconsciente ?

Jérôme Kerviel, après s'être rendu spontanément à la police, fut donc placé en garde à vue samedi 26 janvier à 13H00 GMT, prolongée de 24 heures dimanche à la même heure.
L'affaire, qui a fait l'effet d'un séisme dans le monde de la finance, a encore pris de l'ampleur avec la révélation dimanche par la Société Générale du fait que les positions frauduleuses prises par le jeune homme avaient atteint "environ 50 milliards d'euros" avant d'être liquidées dans l'urgence, ramenant la perte finale à 4,9 milliards d'euros.

Selon la Société Générale, la position frauduleuse, découverte le 20 janvier, a été "débouclée" en trois jours et complètement "fermée" le 23 janvier au soir (source).
Malheureusement, Kerviel se montre très coopératif. Va-t-on apprendre la vérité ? La banque use de tous les moyens : pleines pages de publicité dans la presse nationale, interviews, notes envoyées aux journaux.
la Société générale a fait circuler ce dimanche une note accablante pour son ancien trader. Dans celle-ci, la banque se dédouane de toute responsabilité en affirmant que le jeune homme de 31 ans a manipulé seul une somme totale de 50 milliards d'euros. Ce qui reste à prouver (source JDD).
Sans surprise, Eric Woerth, le Ministre du Budget, soutient la thèse du fraudeur isolé."C'est un système de fraude, visiblement, qui a été découvert par la Société Générale. Je crois que la Société Générale a dû faire le tour du sujet et met en cause un de ses employés à juste titre", a-t-il dit sur France 5 dimanche.

Les avocats de Jérôme Kerviel ont accusé dimanche 27 janvier la banque de vouloir «élever un écran de fumée qui détournerait l'attention du public de pertes beaucoup plus substantielles qu'elle a accumulées ces derniers mois». On n'a pas fini d'en parler.

Le jeune trader a été mis en examen lundi 28 janvier pour «abus de confiance», «faux et usage de faux» et «introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques» (source). il se défend d'avoir profité des pertes occasionnées à la banque. En d'autres termes, il n'y aurait pas eu fraude ni enrichissement personnel.
Les juges d'instruction chargés du dossier, Renaud van Ryumbecke et Françoise Desset, n'ont pas retenu les chefs de mise en examen «d'abus de confiance aggravé» et de «tentative d'escroquerie» requis par le parquet. Ils n'ont pas suivi non plus la demande de mise en détention du trader de 31 ans (source).
Curieuse coïncidence, on apprenait le même jour qu'un administrateur de la Société Générale a vendu début janvier un million d'actions, dégageant près de 90 millions d'euros de plus-value.
Dix jours plus tard, le titre a plongé de plus de 20%.

Second revers pour la Société Générale ?

Sarkozy a besoin de 3 à 4 avions par déplacement en France ou ailleurs.


La Présidence Bling Bling coûte de l'argent aux contribuables français. Beaucoup d'argent. On savait déjà que son escapade touristique en Egypte avec Carla Bruni avait mobilisé deux avions aux frais d l'Etat. Politique.net revient sur ses pratiques sytématiques du Président. Même en France, le Président use et abuse de jets de la République. République irréprochable ?

1. Etats-Unis : 2 avions pour les vacances de Sarkozy, un avion de ligne (don le Président s'est vané), et le Falcon présidentiel qui suivait avec son staff. Cet avion fut d'ailleurs mobilisé pendant toute la durée du séjour aux Etats Unis (source).

2. Dijon : 4 avions pour le déplacement présidentiel, en décembre : outre les deux Falcon pour transporter leur Président et sa délégation, deux Transall de l'armée suivaient avec ... la voiture présidentielle. Rappelons que Dijon est à deux heures trente de TGV de Paris, ou 400 km.

3.
Egypte : 3 avions pour partir en vacances en Egypte à Noël". C'est le dernier mensonge de Sarkozy. Contrairement à ses affirmations, il a bien fait déplacer deux avions aux frais de l'Etat pour ses vacances avec Carla Bruni.

4. Pau : "Pas moins de trois avions, une kyrielle de voitures et une escorte de douze motards. Tout cela pour venir adouber le candidat à la mairie de Pau (Yves Urieta, ex-PS qui a le soutien de l'UMP) " a déclaré François Bayrou la semaine dernière (lu dans Libération).

Citant LE POINT, le site évalue à 15 millions d'euros le budget de déplacement du Président Sarkozy pour 2008, là où Jacques Chirac, pourtant pas avare de représentation diplomatique, coûtait quelques 10 millions d'euros.


La compagnie low-cost Ryanair s'amuse de la propagande elyséenne : elle a publié lundi 28 janvier une publicité provoquant qui a énervé l'Elysée (cf. ci-contre).

Elections municipales : le curieux communiqué de presse de Sarkozy

Dimanche 27 janvier, en fin de matinée, l'Elysée a publié un curieux démenti, lapidaire. Un sondage commandé par l'Elysée ferait apparaître que David Martinon, porte-parole du chef de l'Etat et parachuté à Neuilly-Sur-Seine, serait en difficulté lors du scrutin municipal des 9 et 16 mars prochains contre le dissident divers droite Jean-Christophe Fromantin. Est-ce le signe d'aun agacement ?

Publié le 27-01-08 à 11:20
Communiqué de la Présidence de la République

Contrairement aux informations alléguées par le Journal du Dimanche de ce jour, la Présidence de la République tient à rappeler qu’elle n’a jamais commandé de sondage sur aucune élection locale.

La difficile campagne de David Martinon



David Martinon, porte-parole de l'Elysée et candidat contesté à Neuilly-sur-Seine, avait finalement accepté la présence des médias lors de son dernier meeting de campgne. Pas de chahut dans les rangs. Le jeune homme est visiblement très charismatique ...




28 janvier 2008

L'audiovisuel public en rupture

Le 8 janvier dernier, Nioclas Sarkozy a annoncé que le service audiovisuel public cesserait prochainement de recourir au financement publicitaire. Cette décision a surpris tout le monde. Depuis, chacun, à droite comme à gauche, tente de rebondir. Le sujet a évidemment été abordé lors du récent FIPA (Festival International des Programmes Audiovisuels) à Biarritz les 22-27 janvier. Où sont les dangers ?

1. France Télévisions réalise 800 millions d'euros pas an de revenus publicitaires. Environ un tiers de ces revenus financent l'industrie audiovisuelle et cinématographique française : soit sous forme de taxes qui alimentent des dispositifs de soutien public (comme le compte de soutien géré par le CNC) ou des sociétés de gestion collective qui reversent ensuite à leurs adhérents (SACEM, SACD, etc) . Soit par le biais d'obligations de financement de films (3,2% du chiffre d'affaires), d'oeuvres audiovisuelles (fictions, sérioes, animation ou dopcumentaires français pour 16%). Pris de court, le gouvernement n'a pas encore publié les évaluations chiffrées de cette "révolution". Les premiers chiffres sont attendus pour le 31 janvier. Si les 800 millions d'euros s'évaporent partiellement vers d'autres médias que la télévision, l'industrie audiovisuelle nationale peut s'inquiéter.

2. Certains "créateurs" espèrent notamment que les ressources publicitaires des sites internet seront (légèrement) taxées pour contribuer à leur tour à la production de leurs oeuvres. Internet génère déjà plus d'un milliard d'euros de revenus publicitaires (quand l'ensemble des chaînes de télévision en attirent 3 milliards). Belle utopie ? Comment taxer des sites internet qui se délocalisent plus facilement qu'une chaîne de télévision ?

3. Le gouvernement laisse entendre que le service public n'aurait pas forcément besoin d'être autant compensé : Christophe Tardieu, directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Culture, a émis un doute sur l'existence d'un sous-financement de la télévision publique. "Je suis inspecteur des Finances et il faut me le démontrer par des chiffres." Il a rappelé qu'il n'y aurait pas de licenciement sec à France Télévisions. Ceci signifie qu'il peut y avoir des suppressions de postes en ne rzemplaçant pas les départs à la retraites.

4. D'autres à l'UMP suggèrent des pistes fantasques ou dangereuses : Frédéric Lefebvre, député UMP, lobbyiste professionnel et ancien confident de Nicolas Sarkozy, a ainsi émis la semaine passée une proposition fantasque et dangereuse : les chaînes du service public devraient se tourner vers le placement de produit: "Dans la musique, je propose de nouvelles émissions sur le service public dans lesquelles des maisons de disques ou la Fnac soutiendraient des artistes". Christophe Tardieu a jugé l'idée "très intéressante" lors de son intervention au FIPA.
Imaginez votre téléfilm truffé de publicité cachée, à l'instar des James Bond (Smirnoff, Omega, Dom Pérignon, BMW, etc) et autre 24 HEURES CHRONO (DELL, ERICSSON, APPLE, COCA COLA, FORD).

5. Troisième, et dernière parade, on apprenait ce week end que l'Elysée chercherait à confier l'information régionale de France 3 à la presse régionale (source MEDIAPART)... Histoire d'économiser un peu... La PQR est très concentrée et peu pluraliste : il s'agit souvent de monopoles locaux, tels les groupes OUEST FRANCE (la Presse de la Manche, Le Courrier de l’Ouest, le Maine libre, Presse-Océan/Vendée Matin/L’Eclair), HERSANT, La Dépêche (La Dépêche du Midi, Midi Olympique, La Nouvelle République des Pyrénées, Le Petit Bleu, Midi libre, l’Indépendant,), le groupe Sud Ouest (Sud Ouest, La Charente Libre, La République des Pyrénées, l’Eclair, la Dordogne Libre + Midi libre, l’Indépendant, Centre Presse). (voir le détail).

Bizarrement, personne ne rappelle que le candidat Sarkozy avait promis une augmentation des recettes privées des chaînes publiques: "je ne suis pas pour l’augmentation de la redevance. Le problème de la politique culturelle dans notre pays, et pas seulement dans l’audiovisuel, c’est la question des financements. Je suis favorable à des financements hybrides, avec des partenariats, du mécénat." (source) .

27 janvier 2008

38ème semaine de Sarkofrance: le mauvais goût de la rupture


Une évidence qui s'impose (presque) à tous, 38 semaines plus tard. Pour beaucoup, la "rupture" est finalement surtout une affaire de goût. De mauvais goût.

1. Après un bref "Etat de Grâce" (7 mai 2007-17 juin 2007), Sarkozy a su rebondir avec un volontarisme actif. Un Président sur tous les fronts: traité européen, loi anti-récidive, paquet fiscal pour stimuler la croissance, loi sur le service minimum, etc. Sarkozy est partout, tout le temps. Les médias sont ravis et impressionnés. Avec sa famille recomposée, Cécilia en tête de gondole, il se prend pour JFK, trinque avec Poutine et Bush au sommet du G8.

2. La Folie des Grandeurs
Nicolas Sarkozy était ainsi maître du monde à la fin de l'été. Certes, Cécilia s'était fait portée malade pour éviter le barbecue du couple Bush. Mais rien de grave. Certes les bêtises de ses ministres gaffeurs s'accumulaient (Lagarde ne voit pas l'importance de la crise des subprimes qui éclate un 15 août), mais leur Président tient la corde : il dévoile ses ambitions en politique étrangère, lance la réforme des retraites, valide une loi sur l'immigration fin septembre avec les tests ADN. On parle encore politique: retraite, immigration, économie, choix de société.

3. La Présidence Bling Bling
Les premiers signes d'une présidence clinquante sont pourtant apparus très tôt. Dès le soir de la victoire, avec un dîner au Fouquet's puis un voyage "jet+yacht" payé un ami milliardaire. On avait cru à une erreur sans lendemain, un malentendu. Sa "retraite" post-électorale, avant sa prise de fonctions le 16 mai, était en fait une croisière pour milliardaires. Les vacances américaines étaient une parenthèse estivale bien méritée.

4. Les Tourments Amoureux

En octobre, le facteur personnel commence à prendre le dessus. Déjà fin septembre, PPDA avait oser le comparer à un "petit garçon" excité par son nouveau jouet. Puis Cécilia part, l'annonce est faite un jour de grève, et Sarkozy dérape. Il s'entiche 4 semaines plus tard d'une ex-mannequin devenue chanteuse enrouée, Carla Bruni.

5. "Un réel problème de comportement"
"Carla Bruni dérange-t-elle ?" s'interroge un hebdomadaire. Non, c'est leur Président qui dérange désormais.
Le parcours affectif d'un Président importe peu en général. Que Mitterrand ait caché sa fille, que Giscard s'amuse dans des virées nocturnes imprudentes, que Chirac ait le goût de la bonne chair nous importaient peu. Pourquoi ? Ces Présidents tenaient la façade. On peut trouver cela hypocrite. Mais je n'ai jamais accepté qu'on exige d'un homme politique, fut-il Président, d'être un surhomme. Chacun a droit à sa part de faiblesse, du moment que le "job" est fait. Giscard, Mitterrand, Chirac ont eu la correction de ne pas nous IMPOSER leur décomplexion morale. Ils dirigeaient en toute politesse. Ces 3 Présidents avaient le goût des usages. La politesse est avant tout un respect pour les autres.
Au contraire, Nicolas Sarkozy a effectivement inventé un style. Nous attendions la rupture dans les actes. Elle est venue d'autre part. Sarkozy a introduit la vulgarité en politique. Il nous impose son mauvais goût chaque jour, chaque heure, chaque minute.

L'équation est devenue simple : Omniprésence médiatique + vulgarité "Bling Bling"= rupture.

C'en est devenu un problème politique.

6. La Sarkophobie Intérieure
Sarkozy avait créé la surprise en maniant l'ouverture politique comme jamais avant lui. 8 mois plus tard, cette dernière a vécu. Et Sarkozy a raté l'ouverture des idées : tous les sondages montrent que l'électorat de gauche n'a jamais été autant hostile à Sarkozy. Même le centriste Bayrou est clairement arrimé dans l'opposition ("On n'est pas amis").
La majorité parlementaire ne se gêne pas pour grogner, à la marge certes. Les candidats UMP aux élections municipales cachent leur appartenance au camp présidentiel. Pire, Sarkozy énerve même ses fidèles soutiens, les classes populaires et les seniors. Ils sont choqués par ses frasques, des avions de milliardaires au cadeaux à 80 000 euros échangés à Noël avec Carla Bruni. Son amour du clinquant est en décalage avec la réalité de millions de Français. Ils croyaient avoir élu Bonaparte, ils ont Louis XIV. Ils croyaient avoir enterré Mai 1968, ils ont élu un quinqua adepte du "jouir sans entrave".

7. L'Agacement ou l'amusement à l'étranger
Désormais, leur Président agace ses partenaires étrangers. Angela Merkel n'en peut plus de ses provocations systématiques : il s'est crédité de la libération des infirmières bulgares. Il l'énerve avec son projet d'Union Méditarréenne. Il irrite Gordon Brown. Il a vexé Georges Bush cet été.
Sa visite en Egypte a tourné à la romance pour tabloïd, et occulté ses entretiens avec le Président Moubarak. Il agace vraiment (cf Libération). Carla Bruni pose nue dans la presse espagnole. Son idylle, montée de toutes pièces (Carla Bruni était un second choix) est raillée en Italie. Un journal Argentin parle de "Sarkozy, la politique de l'érection permanente".
Devinez qui a écrit : "Pour son plus grand malheur, Sarkozy semble toujours frôler la "cool attitude" sans jamais l'atteindre. Il lui manque au moins 5 centimètres pour pouvoir porter des lunettes de soleil aviateur à verres réfléchissants ; grassouillet, il a tout juste 5 kilos de trop pour faire comme Poutine et tomber la chemise en public ; à 52 ans, il est trop vieux de cinq ans pour être pris en photo enlaçant la taille dénudée d'une femme de 39 ans"
C'est le Times, le quotidien conservateur anglais de référence !
En guise de rupture, nous avons Berlusconi.

"Leur" Président.
Le vôtre ?

Joyeux anniversaire, Monsieur le Président.


Lundi 28 janvier, Nicolas Sarkozy a 53 ans.
Bon anniversaire ?

Carla Bruni organise une fête chez elle, avenue Mozart, dans le 16ème arrondissement de Paris.

Expulsions: lettre ouverte au Président


Ludovic Bourely, Président du Conseil Local FCPE de l’École maternelle Jean-Jacques Rousseau à Nîmes, nous a adressé sa lettre ouverte à Nicolas Sarkozy. Il l'appelle "à l’indulgence, à la clémence, voire à la raison, concernant M. Fanatsiha, sa compagne Mme Randrianirina et Scotty, leur fils de 4 ans scolarisé dans notre école républicaine, actuellement menacés d’expulsion".


"Monsieur le président,

Je porte à votre attention une affaire qui touche à l’honneur de notre nation.

M Fanatsiha, sa compagne Mme Randrianirina et leur fils de 4 ans Scotty scolarisé dans notre école républicaine, sont menacés d’expulsion de notre territoire.

M Fanatsiha, légionnaire de 2002 à 2007, combattant de la liberté, qui a risqué sa vie pour défendre nos intérêts , titulaire d’un Titre de reconnaissance de la nation pour son comportement exemplaire au sein de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire, ne peut être raisonnablement en situation d’expulsion de notre pays sans que notre honneur n’en soit sali, ni sans qu’il y ait un manquement à vos devoirs, en l’occurrence celui de préserver l’honneur de notre République.

Cette décision de Monsieur le Préfet du Gard est en contradiction avec nos valeurs républicaines.

Cette décision constituerait un préjudice majeur pour le petit Scotty, déjà fortement perturbé par cette situation.

Notre institution scolaire n’a pas comme valeur de mettre en danger un enfant qui est né en France et ne connaît que notre pays.

Je fais bien sûr appel à l’humanisme cher à nos penseurs des Lumières, qui nous dicte le respect que nous devons à autrui, quelle que soit son origine. Cette famille n’a pas le droit d’être expulsée. Sa réussite d’intégration par le mérite, que votre prédécesseur a officialisé, ainsi que par le travail, la participation à notre économie et à notre recherche, (Mme Randrianirina a dû abandonner son DESS faute de renouvellement de titre de séjour), et leurs relations fortement entretenues avec nos concitoyens en est une preuve.

J’accuse ceux qui ont eu en charge ce dossier d’avoir fait preuve d’incompétence ou de manque d’humanité.

J’accuse ceux qui ont en charge les milliers de dossiers qui auraient mérité un examen minutieux des mêmes méfaits.

J’accuse enfin ceux qui ne verraient dans ces situations que des affaires comptables, d’être dénués de notre cher humanisme.

Étant certain de l’intérêt que vous portez à l’honneur de notre pays, et aux chances d’avenir des enfants scolarisés dans nos écoles républicaines, je ne doute pas qu’une solution pourra être trouvée rapidement.

En tant que Président du Conseil Local FCPE de l’école du petit Scotty, je vous assure de l’intégration exemplaire de cette famille, ainsi que du soutien indéfectible de toute notre école à cette famille.

Ne pouvant imaginer que vous êtes le Président qui mettrait en danger les valeurs de votre pays, ou qui pourrait pousser un grand nombre de citoyens à se mettre en position de désobéissance civile, manquant à ses devoirs, et s’exposant ainsi à une demande de destitution prévue par l’article 68 de notre constitution, je reste persuadé de votre sagesse.

Étant tous concernés par cette sordide affaire, puissiez-vous mettre fin à cette situation ubuesque.

Petit-fils d’un maquisard du Plateau des Glières sous les ordres du Lieutenant Tom Morel dont vous avez honoré la mémoire et d’un sous-officier des Forces Françaises Libres qui a libéré notre pays, je serai personnellement déshonoré. Aurais-je pu penser qu’un jour je serai en situation d’avoir honte

Je vous adresse donc respectueusement cette requête à laquelle je suis certain que vous ne serez pas insensible.

Un citoyen qui ne doute pas de votre humanité,

Avec humilité et respect,

Ludovic Bourely, Président du Conseil Local FCPE de l’École maternelle Jean-Jacques Rousseau à Nîmes."
Signez la pétition en ligne

Cet appel est également publié chez Wildo, 17 Millions, et Sarkozy News.

Prolifération nucléaire : l'inconscience présidentielle

Grâce à la France et à l'activisme de Nicolas Sarkozy, Abou Dhabi va se doter d'«une filière complète d’énergie civile nucléaire». L'Inde a également reçu le soutien de Sarkozy pour êre exempter de sanctions onusiennes malgré ses recherches nucléaires militaires. Que vous soyez pro- ou ant-nucléaire, la prolifération de cette technologie, des fins "civiles" ou militaires, devrait vous questionner. Y-a-t- il danger ? Pourquoi un tel activisme aujourd'hui ? Quels sont les arguments développés par Nicolas Sarkozy et son entourage en faveur de cette "diplomatie nucléaire" ? Revue de détails.

1. "Le nucléaire est bon contre le réchauffement climatique."
Produire de l'électricité nucléaire est moins polluant pour l'effet de serre que l'énergie fossile. Mais (1) le nucléaire ne répond à des besoins marginaux (les transports automobiles par exemple en sont exclus), (2) c'est une énergie qui a des inconvénient (maîtrise des déchets, dangerosité, risque terroriste, pollution irrémédiable). Le problème énegétique de la planète n'est-il pas plutôt d'encourager les pays riches à moins consommer ?

2. "Le passage au nucléaire encourage la démocratie et le développement."
Sarkozy ne l'a pas dit aussi explicitement.
«La France est prête à aider tout pays qui veut se doter de l’énergie nucléaire civile. Il n’y a pas une énergie de l’avenir pour les pays occidentaux et des pays d’Orient qui n’auraient pas le droit d’y avoir accès.» (source).
La Chine est elle parvenue à la démocratie ? Le rapport entre respectabilité et démocratie n'est pas aisé (voire, il est complètement faux).

3. "Pour lutter contre la prolifération nucléaire militaire, il faut vendre du nucléaire civil."
L'argument peut sembler paradoxal : l'accès au nucléaire civil est la contre-partie à la renonciation au nucléaire militaire. Cet argument est faux, pour deux raisons : (1) le passage du civil au militaire n'est pas compliqué, (2) une fois une centrale installée dans un pays, comment l'empêcher de déborder vers le nucléaire militaire. Lui retirera-t-on sa centrale ?

4. "Vendre du nucléaire est bon pour les exportations françaises, et donc l'emploi."
C'est certainement un argument valable.

5. "Vendre du nucléaire au Moyen Orient encourage la paix."
«Le grand problème du monde est d’éviter un conflit entre l’Orient et l’Occident. Si vous expliquez aux pays arabes qu’ils n’ont pas le droit au nucléaire civil parce qu’ils sont arabes, vous donnez une prime extraordinaire à l’Iran, dont c’est justement toute la thèse.» (Source) Faux. L'Iran était soupçonné de développer des armes nucléaires. L'Iran n'a jamais dit se rabattre sur le nucléaire militaire car le monde occidental l'empêcherait d'accéder au nucléaire civil.

6. Vendre du nucléaire civil n'est pas dangereux.
Lors de la Conférence de presse de Sarkozy du 8 janvier, il y eu l'échange suivant. Il est plus explicite qu'un quelconque commentaire :
"Question d'une journaliste de l’agence de presse allemande de l’ADPA: Monsieur le Président, vous avez dit qu’il faut aider beaucoup de pays qui s’intéressent au nucléaire civil, est-ce que vous êtes conscient que ces pays, inclus dans le monde arabe, sont capables de gérer les déchets atomiques nucléaires, et qu’ils sont capables de protéger les sites contre les attentats terroristes ? Merci.
Le Président - Ma réponse est tout à fait oui, et par ailleurs, quelle est l’autre solution, Madame ? Quel est le grand problème du monde ? Eviter un conflit entre l’orient et l’occident. Si vous expliquez aux pays arabes qu’ils n’ont pas le droit au nucléaire civil parce qu’ils sont arabes, vous donnez une prime extraordinaire à l’Iran, dont c’est justement toute la thèse qu’il faut acquérir l’arme nucléaire, parce que justement, l’occident ne veut pas donner l’énergie du futur. Partant, je suis convaincu qu’il faut aider ces pays sur la voie du développement et leur ouvrir l’accès au nucléaire civil. J’ajoute que s’ils ont la sagesse de faire le choix de la technologie francçaise, c’est encore mieux. Et il vaut mieux que ça soit la technologie française qu’une autre technologie. "


Je terminerai par ce mot de Philippe VAL, entendu sur France Inter vendredi 18 janvier à 7h55.

"Quand, grâce à la France, l'ensemble des pays arabes et du Golfe seront nucléarisés, pour la paix dans le monde et la sécurité d'Israël, j'ai bien compris, je n'aurai plus qu'à prier."

26 janvier 2008

Contre-expertise du rapport Attali.


Le député Vert Noël Mamère et le député européen socialiste Benoît Hamon ont publié une contre-expertise du rapport Attali jeudi 24 janvier.

Plusieurs économistes étaient aux côtés des deux élus : Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris 7, Jean-Marie Monnier, professeur d’économie à l’université de Paris 1, Liem Hoang Ngoc, maître de conférences à l’université de Paris 1, et de Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques.

Dans ce contre rapport, le rapport Attali est présenté comme, "un parti pris évident en faveur des recettes libérales classiques" ; "il s’inscrit pleinement dans la voie d’une individualisation croissante des rapports sociaux : du salarié à l’employeur, de l’étudiant au professeur, du citoyen à l’Etat" ; "il énumère sans hiérarchie véritable, souvent des poncifs, quelquefois de solides préjugés idéologiques mais parfois aussi des mesures utiles".

On peut aussi y lire : "L’autonomie des universités, la réforme de l’Etat, la suppression massive de postes de fonctionnaires, les réformes fiscales en cours ou en projet, l’achèvement de la privatisation de l’énergie, la flexibilité du marché du travail, la réforme des régimes de protection sociale, le recours à ’l’immigration choisie’, sont autant de chantiers creusés par Nicolas Sarkozy et que le rapport Attali a pour fonction idéologique de légitimer".

Les membres de La Forge estiment que les hypothèses retenues sont "contestables", que les moyens nécessaires pour la mise en place des réformes proposées sont "inexistants" et que le rapport "se trompe d’époque", la France n’étant plus "celle des années 80" ou bien encore la "Grande-Bretagne de Thatcher". Ils précisent : "Abandonner les mécanismes collectifs qui constituent les moteurs mêmes des principes d’égalité et de fraternité au profit d’une extension largement fictive de la liberté-sécurité, c’est lâcher la proie pour l’ombre. Ainsi, s’il faut indéniablement adapter notre modèle social au nouvel environnement économique, il n’est pas évident que la direction vers laquelle le rapport Attali nous invite à nous enfoncer soit la plus juste socialement, ni la plus efficace économiquement".

Pour les auteurs de la "contre-expertise", "Au final, le rapport Attali ne perçoit aucunement les conséquences de la stratégie économique dans laquelle la France s’est d’ores et déjà avancée, tant en matière d’abandon de la politique industrielle, où le bilan des privatisations s’avère désastreux, qu’en matière de politiques fiscale et salariale, où la montée des inégalités entretient l’épargne des classes aisées au détriment de la consommation populaire".


L'expertise est à lire ici.

Pourquoi Sarkozy est-il allé en Inde ?


Nicolas Sarkozy s'est déplacé en Inde du 24 au 26 janvier. Tourisme présidentiel ?

1. Il a emmené avec lui Rachida Dati, Valérie Pécresse, et une "large délégation" de parlementaires français.

2. Il a confirmé un accord de coopération nucléaire entre la France et l'Inde. Cette dernière veut s'équipe d'une vingtaine de centrales nucléaires dans les 20 prochaines années. Areva ne veut rien rater. L'Inde éprouve quelques difficultés à accéder au nucléaire civil. Sarkozy veut l'y aider.
Pour être mis en oeuvre, l'accord doit être approuvé par l'autorité européenne Euratome. Ensuite, une négociation en bonne et due forme entre le gouvernement indien et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'imposera. Or celle-ci pourrait être difficile. En procédant à des essais nucléaires et obtenant l'arme atomique, l'Inde s'est mise hors-la-loi, ayant refusé de ratifier le traité de non-prolifération nucléaire (source).

"La France demande une exception pour l'Inde afin que l'Inde puisse faire le choix de l'énergie du futur qui est l'énergie nucléaire" a déclaré le Président français.
3. Aucun contrat majeur n'a été signé pendant cette visite.

4. Sarkozy a pu visiter, seul, le Taj Mahal.

25 janvier 2008

A Neuilly sur Seine, le logement social est aussi pour les riches


LE MONDE s'est intéressé au logement social de la ville de Neuilly sur Seine, dont Nicolas Sarkozy a été le maire pendant 20 ans (1983-2002). Non seulement la ville ne respecte pas les dispositions de la loi dite SRU, qui prévoit 20% d'habitats sociaux minimum, mais les occupants des quelques rares logements sociaux de la ville sont "hors normes": hauts fonctionnaires, cadres de l'UMP, membres de clubs "sélect", "figures du bottin mondain et du who's who". Et si la droite Bling Bling aimait bien les acquis sociaux... pour les siens ?

Il y a 954 logements sociaux à Neuilly. En 2006, le parc HLM de la Ville a augmenté de ... 17 appartements. Au total, les HLM représentent 3% des habitations de la commune. L'opposition municipale dispose de 3 élus (deux PS et un Vert), sur 45 conseillers municipaux. Les HLM sont gérés par une société d'économie mixte dont la mairie est actionnaire à 80%. 21% des foyers fiscaux de la commune sont assujetis à l'ISF (contre une moyenne nationale de ... 1,3%). Voilà pour le cadre.

Sur les 954 habitants de logements HLM, Le Monde a pu recenser 7 filles ou fils de nobles (comtes ou comtesses), une douzaine de propriétaires de résidence secondaires ("domaine" au Lavandou, "prieuré" en Suisse, etc), six familles propriétaires d'un château en province, des membres du Jockey Club, de l'Automobile Club de France, de l'Association Sportive du Cercle du Bois de Boulogne (dont les droits d'inscription s'élèvent à 800 euros par an), des patrons (Nicolas Arthus Bertrand, PDG de la société éponyme 24 millions d'euros de chiffre d'affaires), des hauts responsables de Nissan, Total, Veolia Environnement ou de la télévision publique.

Le Monde y a aussi trouvé "une poignée de dirigeants de PME, d'administrateurs de sociétés, de médecins, d'avocats, magistrats, experts-comptables, analystes financiers, inspecteurs des impôts", mais aussi des responsables du conseil général des Hauts de Seine et ... de l'office départemental d'HLM : Hervé Bolze, ex-directeur de cabinet de Patrick Balkany, Halina Gruda-Henzel, directrice générale adjointe du conseil général; Sabine Rozier-Deroche, responsable de la communication de l'uMP; Sami Chatila, trésorier adjoint de l'ump.

Last but not least, Alexandre Balkany, fils d'Isabelle Balkany, actuelle vice présidente du Conseil Général des Hauts de Seine, et de Patrick Balkany, Maire multi-récidiviste de Levallois. Alexandre, rapporte LE MONDE, produit une émission sur le poker pour la chaîne DIRECT8, installée à LEVALLOIS et qui appartient à ... Vincent Bolloré.

En France, un million et demi de foyers attendent un logement HLM.



Enquête sur les HLM de Neuilly
LE MONDE 2 | 25.01.08

© Le Monde.fr

Carla Bruni rejoindrait Sarkozy en Inde



Le tourisme présidentiel continue. Nicolas Sarkozy devrait être rejoint par Carla Bruni samedi 26 janvier dans la ville d'Agra, qui abrite le fameux Taj Mahal . Des responsables officiels indiens l'ont indiqué vendredi 25 janvier.
"La chanteuse italienne n'a pas voyagé vendredi avec Nicolas Sarkozy, selon l'Elysée, mais une source du ministère indien des Affaires étrangères a indiqué à l'AFP qu'elle pourrait rejoindre le président samedi.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien avait déjà indiqué jeudi que le président se rendrait à titre "privé" au célèbre monument, ce que Paris n'a pas confirmé (source).


Un vrai suspense digne des Feux de l'Amour !

Humour : Sarkozy-Bruni vus par Omar & Fred




Drôle, non ?

Police, justice, armée: la grogne s'étend contre le gouvernement

Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche, s'est alarmé, dans une lettre au chef d'état-major des armées (CEMA), le général Jean-Louis Georgelin, de l'"amorce d'une paupérisation globale" de l'armée de terre.
Le Directeur de Cabinet de Rachida Dati a été hué vendredi 25 janvier devant les 181 chefs de barreaux, en défendant les réformes menées par la ministre de la Justice. Rachida Dati n'était pas présente, elle accompagne son Président en ... Inde.
La police est mise au pas: "Yannick Blanc, directeur de la police générale de la préfecture de police de Paris (DPGPP), a été brutalement débarqué de ses fonctions "avec quelques jours de préavis" par un décret signé du président de la République, Nicolas Sarkozy, le 16 janvier."
La grogne s'étend-elle au coeur des fonctions régaliennes de l'Etat ?






Attali, Société Générale et tourisme présidentiel




La Société Générale a donc annoncé jeudi 24 janvier des pertes de 7 milliards d'euros. Deux milliards résultent de la crise des "subprimes" aux Etats Unis, donc de l'incompétence. Quatre milliards et neuf cent millions d'euros proviennent... d'une fraude dans l'activité courtage. Un jeune courtier de 30 ans serait seul responsable de cette gabegie. La veille, une commission d'experts nous expliquait comment il fallait "libérer la croissance" en faisant sauter certains gardes-fous. Sarkofrance inconsciente ? Retour sur 48 heures symboliques.

L'Autorité des Marchés Financiers (AMF) a fort à faire avec ce nouveau scandale. Mais elle s'intéressait aussi déjà au consultant Jacques Attali.

"Ces limiers-là sont bien rancuniers. Ils fouinent dans les petits papiers de l’éminent Attali depuis juillet 2005. À l’époque, une étrange rumeur, née dans les colonnes de Challenges, et relayée par tout le panel des médias français et par le Financial Times, enflamme le monde politico-financier. Danone, le fleuron du capitalisme français, pourrait tomber sous les coups de PepsiCo, le géant américain prêt à lancer une offre publique d’achat (OPA) hostile. Peu cocardiers, les spéculateurs font s’envoler le titre Danone, 27 % en un mois… Juste avant que PepsiCo, via un communiqué, ne nie toute volonté de manger l’empire du yaourt américain.

Mauvaise fille, l’AMF lance une enquête le 26 juillet 2005, histoire de vérifier s’il n’y a entourloupe chez Danone. Du genre : lancer une fausse rumeur pour faire grimper artificiellement le titre et vendre quelques actions avec une jolie plus value.

En ligne de mire, déjà l’étrange rôle de Monsieur Jacques, « ami des deux groupes » PepsiCo et Danone, relève fort honnêtement L’Express (01/08/2005), où Attali écrit une chronique hebdomadaire. Via sa société de conseil en stratégie, Attali et Associés, grand Jacques pige officiellement pour Danone. Mais la flicaille de l’AMF subodore qu’il est aussi conseiller de Pepsico. D’où de petits conflits d’intérêts… Bref, un rôle supposé trouble que les enquêteurs du gendarme des marchés financiers tentent de démêler."


Jeudi 24, François Fillon et quelques autres étaient à DAVOS, le forum mondial des Très Riches. Il voulait y vendre ses réformes. «Ma présence, aujourd’hui, est un symbole : celui d’une France qui veut parler à tout le monde, qui veut récupérer toute sa place dans les grands débats sur l’avenir de l’économie mondiale», a-t-il déclaré. 7 milliards de pertes chez l'un de nos fleurons bancaires... c'est sûr que l'on va récupérer notre place ! Il a vanté la "rupture" française. Il a surtout été contraint d'appeler "à plus de transparence" dans les marchés financiers.

Le même jour, quelques 300 000 fonctionnaires ont manifesté en France. Environ 20% de la Fonction Publique était en grève, notamment à l'Education Nationale.
Les syndicats appelaient à cette grève pour l'ouverture "en urgence" de négociations salariales et contre les 22.900 suppressions d'emplois prévues dans la fonction publique d'Etat, dont 11.200 dans l'Education nationale. Ce secteur a d'ailleurs davantage mobilisé que la moyenne, avec un taux de grévistes de plus de 32%. Dans la fonction publique territoriale, le taux de grévistes est de 7% et dans les hôpitaux publics de près de 12%. Selon le Snes-FSU, les personnels de l'Education natinonale étaient en grève à 55% dans les collèges et les lycées. A la Poste, où des préavis de grève ont été déposés, la direction recensait plus de 9% de grévistes dans la matinée (source).
Privé contre public ?

Nicolas Sarkozy lui s'est réfugié en Inde. Là-bas, il n'arrivera pas à vendre de centrales nucléaires. Certains regrettent le temps qu'il a prévu de consacrer aux rencontres touristico-politiques. Son agenda est effectivement éloquent.

24 janvier 2008

Nous sommes invités à une Nuit d'Adoration Chrétienne avec Christine Boutin.


Une association catholique , "les semeurs d'espérance", très certainement oeucuménique, nous invite avec boissons et sac de couchage à une "nuit d'Adoration" le vendredi 15 février, en compagnie de ... Christine BOUTIN, ministre de la Villle et du Logement. Sans rire et sans pleurer.

Ces nuits sont organisées depuis neuf ans.
"Depuis neuf ans, notre nuit d'adoration mensuelle constitue le point de départ de notre démarche. Nous croyons que c'est en allant rencontrer Jésus dans son Eucharistie que le visage de l'homme (et a fortiori celui des personnes de la rue que nous côtoyons plusieurs soirs par semaine) nous livre le visage de Celui qui a pris notre humanité. C'est par cette même rencontre que nous pouvons être témoins du Christ avec les pauvres. Nous souhaitons que ces nuits, ouvertes à tous, soient comprises et vécues dans cet esprit. Nous rappelons à cet effet que les intervenants que nous invitons sont là pour introduire l'adoration qui constitue le coeur de nos rassemblements, à Paris et à Nantes."

Commentaire : la laïcité menacée...?

Elections municipales : cafouillages électoralistes

Nicolas Sarkozy se déplace à Pau pour soutenir une liste municipale "d'ouverture" ET déclare qu'il n'a pas à se mêler de ce scrutin local. Il se rend chez des pêcheurs mécontents ET leur parle d'abrogation des quotas de pêche, une promesse temporaire vite reprise par son Ministre de l'Agriculture. David Martinon, porte-parole et candidat à Neuilly sur Seine déclare que nous avions mal interprété : «De toute manière, la lecture qu'en feront les Français au soir des municipales sera forcément politique et nationale. Donc le président entend donner une dimension politique à ces élections»
Fadela Amara promet 1 milliard d'euros aux banlieues quelques jours après que le Premier Ministre ait enterré son projet. Xavier Bertrand promet une augmentation des retraites si l'inflation excède 1,1%. La saison de la chasse à l'électeur est ouverte.
"Le suspens est total! Pour Xavier Bertrand, ministre du Travail et ce matin du pouvoir d'achat des retraités, «si l'inflation dépasse les 1.1%, comme ce semble être le cas, nous augmenterons le montant des retraites, et on le fera en 2008», a-t-il expliqué aux micros de RMC et BFM-TV. Fin décembre, à l'issue d'une conférence gouvernement-patronat-syndicats, Xavier Bertrand expliquait déjà qu'il «faudra vraisemblablement aller au-delà de la revalorisation de 1.1% initialement prévue» (source LE FIGARO). "

Pourtant, les augmentations de retraites ont été communiquées par le gouvernement en décembre dernier, alors que tout le monde savait pertinament que l'inflation dépasserait les 1%...! Qu'est-ce qui a changé depuis ? Les sondages...

Les enjeux pour l'UMP sont évidemment de limiter la casse. Et la casse n'est jamais sûre.

Carla Bruni dérange-t-elle ?


Pour l'Express du 22 janvier, "Carla Bruni dérange". L'hebdomadaire relate le trouble relatif qu'elle susciterait à l'Elysée. "Depuis l'officialisation de leur couple, les coups de fil des chancelleries affluent au palais présidentiel à l'approche d'une visite officielle, afin de savoir si la chanteuse sera du voyage. Personne n'ose poser la question directement au président."

Le fils de Carla Bruni aurait sa chambre à l'Elysée. L'ex-mannequin a organisé des soirées dans le palais présidentiel. Mais le vrai dérangement est ailleurs : à l'étranger. La presse étrangère n'en revient pas. Et s'en amuse.

"Le Corriere della sera établit déjà le parallèle avec l'homme d'affaires et ex-président du Conseil Silvio Berlusconi."

Le Times de Londres, un rien moqueur sur «speedy Sarko et son amoureuse», constate de son côté que la vie à l'Elysée vire au soap opera.Quant à l'Independent, il ose le recours à l'Histoire: «Napoléon est allé en Egypte avec 34 000 soldats pour trouver la gloire. Nicolas Sarkozy y est allé avec Carla Bruni pour une raison identique.»


"Même l'austère Frankfurter Allgemeine Zeitung s'en amuse: «Sur aucune photo de leurs vacances communes en Egypte, Carla Bruni ne domine Nicolas Sarkozy de son mètre soixante-dix-huit. Comment est-ce possible? Monsieur le président porte-t-il des hauts talons?"

Bref, une presse réellement définitivement décomplexée face aux frasques du Président Bling Bling.

La précarité du ministre UMP

Le ministre UMP du gouvernement de Nicolas Sarkozy est un travailleur précaire comme rarement un ministre l'a été sous la Vème République.

Les périmètres ministériels qui se chevauchent
Lagarde est, entre autres, ministre de l'Emploi. Xavier Bertrand est ... ministre du Travail (??). Brice Hortefeux a autorité sur le police des frontières... comme Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur.

Les couples imposés
Le Président lui a adjoint un ennemi de l'intérieur", un rival en puissance, supérieur ou subordonné. Ces couples forcés sont nombreux : Lagarde et Bertrand, Borloo et Kociusko-Morizet, Bachelot et Laporte, Boutin et Amara.
Parfois, ils se détestent depuis le premier jour. Bachelot déclare sur Laporte : "Ils m'ont affublé d'un gangster !" Borloo et NKM font jaser : "Le problème de Jean-Louis avec Nathalie, c'est qu'elle connaît son sujet. Son problème à elle, c'est qu'il veut s'en occuper" (source). Christine Boutin à propos du plan banlieue de Fadela Amara: "Je ne crois pas en un plan banlieue, mais en une autre politique de la Ville" (source).

Les Hommes du Président
Le Ministre dépend d'un Conseiller présidentiel qui exerce un droit de tutelle et de censure sur son action. Aindi, Benamou corrige Albanel sur la culture et la communication. Levitte court-circuite Kouchner. Soubie s'occupe de Bertrand. Guaino ne se gêne pas de contredire Lagarde quand celle-ci parle de rigueur. Les hommes du Président sont partout.

Le Carnet de notes
Un transfuge du Parti Socialiste est chargé de le noter.
"N'est-ce pas un peu cocasse que ce soit vous, ministre d'ouverture, qui jugiez vos pairs, pour la plupart UMP?
A ma connaissance, pas un seul ministre ne l'a dit. Les seuls juges sont le président de la République et le Premier ministre. Je n'ai pas vocation à l'être "(source JDD).
Les rivaux socialistes
Chaque ministre a son remplaçant potentiel dans les rangs de l'opposition. Nicolas Sarkozy appelle cela "l'ouverture politique". Jack Lang pourrait fusiller Albanel ou Dati. Mercier (Modem) lorgne sur l'Education. Dray est annoncé pour prendre la relève d'Alliot-Marie.

Dur dur d'être ministre dans la durée en Sarkofrance !

Le projet Dati sur la rétention de sûreté est retoqué au Sénat

La Commission des lois du Sénat a retoqué le projet de loi de Rachida Dati sur la rétention de sûreté. Ce projet, qui prévouit la possibilité de placer en rétention des condamnés ayant purgé leur peine pour crimes dangereux a suscité indignation et colère. Les députés UMP en avaient élargi le périmètre aux criminels "dangereux" (ie condamnés à plus de 15 ans), alors que le projet initial ne concernaient que certains déliquants sexuels.

La commission des lois du Sénat a sérieusement corrigé le projet de loi de Rachida Dati sur la rétention de sûreté. (...)
(...) la commission des lois pourtant à majorité UMP. (...) vient de revoir sérieusement l’article premier du projet. D’abord, elle a annulé le caractère rétroactif de ce projet. Une décision qui limite grandement les effets du texte. En effet, elle rappelle ainsi un principe du droit français comme quoi on ne peut pas être soumis à une loi qui n’existait pas au moment des faits.

De plus, la commission a considérablement encadré les conditions dans lesquelles ces criminels pourraient être mis en rétention. C’est bien une juridiction qui prononcera le maintien en détention ce qui permettra aux condamnés de faire appel voire de se pourvoir en cassation. Enfin, les sénateurs ont choisi de renforcer le suivi pénitentiaire avec notamment l’assignation à résidence contrôlée par des personnels de la pénitentiaire.