26 janvier 2008

Contre-expertise du rapport Attali.


Le député Vert Noël Mamère et le député européen socialiste Benoît Hamon ont publié une contre-expertise du rapport Attali jeudi 24 janvier.

Plusieurs économistes étaient aux côtés des deux élus : Philippe Moati, professeur d’économie à l’université Paris 7, Jean-Marie Monnier, professeur d’économie à l’université de Paris 1, Liem Hoang Ngoc, maître de conférences à l’université de Paris 1, et de Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques.

Dans ce contre rapport, le rapport Attali est présenté comme, "un parti pris évident en faveur des recettes libérales classiques" ; "il s’inscrit pleinement dans la voie d’une individualisation croissante des rapports sociaux : du salarié à l’employeur, de l’étudiant au professeur, du citoyen à l’Etat" ; "il énumère sans hiérarchie véritable, souvent des poncifs, quelquefois de solides préjugés idéologiques mais parfois aussi des mesures utiles".

On peut aussi y lire : "L’autonomie des universités, la réforme de l’Etat, la suppression massive de postes de fonctionnaires, les réformes fiscales en cours ou en projet, l’achèvement de la privatisation de l’énergie, la flexibilité du marché du travail, la réforme des régimes de protection sociale, le recours à ’l’immigration choisie’, sont autant de chantiers creusés par Nicolas Sarkozy et que le rapport Attali a pour fonction idéologique de légitimer".

Les membres de La Forge estiment que les hypothèses retenues sont "contestables", que les moyens nécessaires pour la mise en place des réformes proposées sont "inexistants" et que le rapport "se trompe d’époque", la France n’étant plus "celle des années 80" ou bien encore la "Grande-Bretagne de Thatcher". Ils précisent : "Abandonner les mécanismes collectifs qui constituent les moteurs mêmes des principes d’égalité et de fraternité au profit d’une extension largement fictive de la liberté-sécurité, c’est lâcher la proie pour l’ombre. Ainsi, s’il faut indéniablement adapter notre modèle social au nouvel environnement économique, il n’est pas évident que la direction vers laquelle le rapport Attali nous invite à nous enfoncer soit la plus juste socialement, ni la plus efficace économiquement".

Pour les auteurs de la "contre-expertise", "Au final, le rapport Attali ne perçoit aucunement les conséquences de la stratégie économique dans laquelle la France s’est d’ores et déjà avancée, tant en matière d’abandon de la politique industrielle, où le bilan des privatisations s’avère désastreux, qu’en matière de politiques fiscale et salariale, où la montée des inégalités entretient l’épargne des classes aisées au détriment de la consommation populaire".


L'expertise est à lire ici.

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