
Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la Ville, fait l'objet d'un portrait détaillé en une de l'hebdomadaire LE POINT du XX janvier 2008. Elle y déclare notamment qu'elle ne votera pas pour Nicolas Sarkozy en 2012. L'UMP et ses collègues du gouvernement ont moyennement apprécié. Quoique.
Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, avait loué le "parler vrai" de sa collègue lorsqu'en septembre dernier, lors du Conseil des Ministres délocalisé à Strasbourg, elle avait présenté son plan "anti-glandouille en banlieue". Il n'est pas sûr qu'il apprécie tout autant cette "franchise" aujourd'hui. Fadela Amara avait choqué l'UMP en déclarant qu'elle trouvait les tests ADN pour le regroupement familial des immigrés en France "dégueulasses". Elle avait dû ensuite faire amende honorable en taxant violemment la gauche d'hypocrisie et d'immobilisme. En ce début d'année 2008, elle se permet un gros coup :
Voterez-vous socialiste à la prochaine élection présidentielle ?Le Point relate d'autres anecdotes croustillantes et révélatrices de la solidarité gouvernementale et de la priorité que représentent les banlieues pour Nicolas Sarkozy :
Si le candidat est bon, oui. Sinon, je m'abstiendrai.
Vous ne voterez donc pas Sarkozy ?
Non, et il le sait !
Avec les rouages parlementaires, l'intuition ne suffit pas. Sans expérience, Fadela Amara navigue un peu à vue. Ainsi, fin novembre, elle découvre que son budget est gelé pour 2008. « Tout le monde était au courant, sauf moi. J'étais plutôt vénère [énervée, NDLR] ! » Elle appelle à l'aide l'un de ses fans, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement. « Je lui ai dit : "Roger, comment je fais pour récupérer la thune ?" »ou encore,
« Christine Boutin la traite d'incompétente. Elle dit : "Je dois faire le travail toute seule" », révèle un parlementaire UMP. Plusieurs observateurs le confirment : le contenu du plan pour le respect et l'égalité des chances dans les banlieues est, pour l'heure, décevant. « Fadela Amara est de plus en plus tendue. Elle sait que si son plan n'est pas au point Matignon va reprendre les choses en main », confie un ex-membre de son cabinet.Effectivement, le CANARD ENCHAINE du 2 janvier rapporte comment Sarkozy commence à la snober : il lui a refusé coup sur coup toutes ses propositions de cérémonie officielle pour la remise de son plan banlieue à la fin du mois : pas de meeting avec 2000 jeunes, ni conférence de presse en présence du Président (comme pour la remise du rapport Olivennes par exemple). La Présidence semble s'agacer de cette secrétaire d'Etat qui parle beaucoup, gaffe souvent et agit peu, de surcroît sur un sujet - les banlieues - dont elle se fiche.
Loin des micros, plusieurs ministres se disent choqués par ce refus public de voter Sarkozy en 2012. Un ministre, qui apprécie pourtant le franc-parler de l'ex-présidente de l'association Ni putes, ni soumises, juge «inadmissible» l'affirmation, «cinq ans avant», qu'elle ne votera pas (source LE FIGARO)
Le député UMP Hervé Mariton a réclamé vendredi 4 janvier sa démission du gouvernement : "Quand un ministre dit: +je ne voterai pas Sarko en 2012+, je trouve franchement que la ministre en question n'est pas à sa place"
Nous avions rapidement dénoncé la présence alibi de cette "personnalité de gauche" au gouvernement d'un ex-ministre de l'Intérieur responsable, notamment, de 7 semaines d'émeutes en banlieues. les faits semblent nous donner raison, moins d'un an après sa nomination. "La politique de bordélisation est en cours" écrit Hélyoncentrique. Comme le rappelle ce blog, Audiard faisait déjà dire à ses Tontons Flingueurs : "les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît".
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