dimanche 6 janvier 2008

Lagarde ment : il y a toujours 4,5 millions de chômeurs

Christine Lagarde ment par omission : depuis 4 mois, la communication gouvernementale sur les chiffres du chômage, pilotée par la ministre de l'Emploi Christine Lagarde, nous explique que le chômage baisse. C'est juste... faux.
Le 4 janvier dernier, Christine Lagarde annonçait :
"Le nombre de chômeurs inscrits à l’ANPE en catégorie 1, fin novembre, a diminué de 0,7 % comparé au mois d’octobre (- 12 520 chômeurs). Les jeunes sont les premiers bénéficiaires, avec un recul de 2,1 %."
Elle a raison.
Mais ce n'est pas le chiffre du chômage. Il y a 8 catégories de chômeurs répertoriées. Il y a bien longtemps que la seule catégorie 1 ("Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles, à la recherche d’un CDI à temps plein.") est l'unique indicateur retenu par les reponsables politioques de tous bords pour mesurer le taux de chômage. C'est ddommage. Mon épouse qui a mis un an à créer son entreprise, et 3 ans à être vraiment payée, est restée inscrite -même sans être indemnisée - au chômage.
Merci à ActuChômage de nous rappeler ces 8 catégories, ainsi que la 9ème, ces pré-retraités que l'on cache :
• Catégorie 1 : Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles, à la recherche d’un CDI à temps plein. Eux seuls sont comptabilisés dans le taux de chômage qu'on continue à nous servir tous les mois. Et comme nous allons le voir, plusieurs astuces permettent d'alléger régulièrement cette «catégorie officielle»...
• Catégorie 2 : Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles, à la recherche d’un CDI à temps partiel. Beaucoup souhaitent un temps plein mais se contentent de ce qu'ils trouvent : s'ils ont, en attendant, accepté un temps partiel alors qu'ils étaient en catégorie 1, ils basculent aussitôt dans la 2. Et y restent (sauf s'ils pensent à demander à leur conseiller ANPE de les remettre en catégorie 1 à l'issue du contrat).
• Catégorie 3 : Demandeurs d’emploi immédiatement disponibles, à la recherche d’un emploi à durée déterminée, temporaire ou saisonnier. Même s'ils souhaitent, eux aussi, un bon vieux CDI à temps plein, le fait d'accepter un CDD ou une mission d'intérim "en attendant" les fait basculer aussitôt de la catégorie 1 à la 3. Où ils resteront s'ils ne demandent pas à leur conseiller ANPE de rectifier le tir.
• Catégorie 4 : Demandeurs d’emploi en formation, en CRP ou CTP, ou en arrêt maladie. C'est aussi une parenthèse bien pratique pour sortir ces chômeurs, considérés comme «non disponibles immédiatement», de la catégorie 1 (surtout les signataires des CRP et CTP !).
• Catégorie 5 : Personnes ayant un emploi et à la recherche d’un autre emploi. Cette catégorie a tendance à fondre car désormais l'ANPE les désinscrit systématiquement puisqu'ils sont, eux aussi, indisponibles. On leur demande de se réinscrire à la fin du contrat : c'est toujours ça de gagné.
• Catégories 6, 7, 8 : Regroupent respectivement les chômeurs des catégories 1, 2 et 3 ayant exercé une «activité réduite» de plus de 78 heures dans le mois. Par exemple, si un chômeur inscrit en catégorie 1 travaille 100 heures dans le mois, il bascule aussitôt dans la catégorie 6. Et y reste s'il ne demande pas à son conseiller de rectifier le tir...
• Hors catégories : Les quelque 418.000 «dispensés de recherche d’emploi» (DRE) qui sont des chômeurs âgés de plus de 55 ans à qui l’ANPE propose d’échapper au suivi.

La part des chômeurs de catégories 2 à 8 + DRE est passée de 10% en 1982 à ... plus de la moitié en 2006 ! Le chômage baisse-t-il ? Vraiment ?

Cerise sur le gâteau, seulement 32% des RMistes sont inscrits au chômage. Découragés ?

3 commentaire(s):

  1. Ben oui, c'est plus pratique.

    On peut même faire tomber le chômage à 1% en incluant dans les travailleurs stables les gens qui ne travailleraient ne serait ce qu'une heure par semaine.

    C'est en tout cas ce qui existe en Grande Bretagne.
    Le taux très faible de chômeurs qui fait croire au miracle économique est dû à une structure de l'emploi qui favorise les temps très partiels et les "working poors".

    Bientôt le plein emploi en France avec la pleine pauvreté en sus.

    Merci qui?

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  2. Et ma question à moi, c'est:

    comment faire pour faire comprendre ces subterfuges à une majorité d'électeurs?

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  3. @o16o: en faisant de la pédagogie. Mais vu la perte de popularité de SArkozy, je pense que les citoyens commencent tout doucement à comprendre que les effets d'annonce et statistiques "étranges" du chômage sont une réalité: La précarisation des emplois est elle aussi visible.

    Mais ce n'est pas assez: une fois informé, comment les faire cogiter pour qu'ils ne votent plus pour des bonimenteurs?

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