Le 8 janvier dernier, Nioclas Sarkozy a annoncé que le service audiovisuel public cesserait prochainement de recourir au financement publicitaire. Cette décision a surpris tout le monde. Depuis, chacun, à droite comme à gauche, tente de rebondir. Le sujet a évidemment été abordé lors du récent FIPA (Festival International des Programmes Audiovisuels) à Biarritz les 22-27 janvier. Où sont les dangers ?
1. France Télévisions réalise 800 millions d'euros pas an de revenus publicitaires. Environ un tiers de ces revenus financent l'industrie audiovisuelle et cinématographique française : soit sous forme de taxes qui alimentent des dispositifs de soutien public (comme le compte de soutien géré par le CNC) ou des sociétés de gestion collective qui reversent ensuite à leurs adhérents (SACEM, SACD, etc) . Soit par le biais d'obligations de financement de films (3,2% du chiffre d'affaires), d'oeuvres audiovisuelles (fictions, sérioes, animation ou dopcumentaires français pour 16%). Pris de court, le gouvernement n'a pas encore publié les évaluations chiffrées de cette "révolution". Les premiers chiffres sont attendus pour le 31 janvier. Si les 800 millions d'euros s'évaporent partiellement vers d'autres médias que la télévision, l'industrie audiovisuelle nationale peut s'inquiéter.
2. Certains "créateurs" espèrent notamment que les ressources publicitaires des sites internet seront (légèrement) taxées pour contribuer à leur tour à la production de leurs oeuvres. Internet génère déjà plus d'un milliard d'euros de revenus publicitaires (quand l'ensemble des chaînes de télévision en attirent 3 milliards). Belle utopie ? Comment taxer des sites internet qui se délocalisent plus facilement qu'une chaîne de télévision ?
3. Le gouvernement laisse entendre que le service public n'aurait pas forcément besoin d'être autant compensé : Christophe Tardieu, directeur adjoint au cabinet de la ministre de la Culture, a émis un doute sur l'existence d'un sous-financement de la télévision publique. "Je suis inspecteur des Finances et il faut me le démontrer par des chiffres." Il a rappelé qu'il n'y aurait pas de licenciement sec à France Télévisions. Ceci signifie qu'il peut y avoir des suppressions de postes en ne rzemplaçant pas les départs à la retraites.
4. D'autres à l'UMP suggèrent des pistes fantasques ou dangereuses : Frédéric Lefebvre, député UMP, lobbyiste professionnel et ancien confident de Nicolas Sarkozy, a ainsi émis la semaine passée une proposition fantasque et dangereuse : les chaînes du service public devraient se tourner vers le placement de produit: "Dans la musique, je propose de nouvelles émissions sur le service public dans lesquelles des maisons de disques ou la Fnac soutiendraient des artistes". Christophe Tardieu a jugé l'idée "très intéressante" lors de son intervention au FIPA.
Imaginez votre téléfilm truffé de publicité cachée, à l'instar des James Bond (Smirnoff, Omega, Dom Pérignon, BMW, etc) et autre 24 HEURES CHRONO (DELL, ERICSSON, APPLE, COCA COLA, FORD).
5. Troisième, et dernière parade, on apprenait ce week end que l'Elysée chercherait à confier l'information régionale de France 3 à la presse régionale (source MEDIAPART)... Histoire d'économiser un peu... La PQR est très concentrée et peu pluraliste : il s'agit souvent de monopoles locaux, tels les groupes OUEST FRANCE (la Presse de la Manche, Le Courrier de l’Ouest, le Maine libre, Presse-Océan/Vendée Matin/L’Eclair), HERSANT, La Dépêche (La Dépêche du Midi, Midi Olympique, La Nouvelle République des Pyrénées, Le Petit Bleu, Midi libre, l’Indépendant,), le groupe Sud Ouest (Sud Ouest, La Charente Libre, La République des Pyrénées, l’Eclair, la Dordogne Libre + Midi libre, l’Indépendant, Centre Presse). (voir le détail).
Bizarrement, personne ne rappelle que le candidat Sarkozy avait promis une augmentation des recettes privées des chaînes publiques: "je ne suis pas pour l’augmentation de la redevance. Le problème de la politique culturelle dans notre pays, et pas seulement dans l’audiovisuel, c’est la question des financements. Je suis favorable à des financements hybrides, avec des partenariats, du mécénat." (source) .
Fofana, criminal mind
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