14 janvier 2008

Promesse non tenue : la police de proximité revient


On parlera d'"unités territoriales de quartier". C'est la nouvelle dénomination de la police de proximité, en "expérimentation" en Seine Saint Denis. Michèle Alliot-Marie, Ministre de l'Intérieur, vient d'en annoncer la création, 6 ans après sa dissolution par l'un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy. Cette video montre comment ce dernier considérait en 2003 ce lien policier "de proximité". Il préféra laisser la BAC, une force musclée, souvent jeune, jamais en lien avec les territoires qu'elle patrouillait sans les connaître. 6 ans plus, deux mois d'émeutes et une exaspération inquiétante en banlieue, retour à la case départ.

Pendant la campagne électorale, le candidat Sarkozy déclarait : " La police de proximité mise en oeuvre par M. Jospin a abouti à ce que, pour la première fois dans l’histoire de France, on a dépassé les 4 millions de crimes et délits. Avec nous la délinquance a baissé de 9,5 %. J’ai changé de stratégie, ce n’est pas pour y revenir. (Interview au Journal du Dimanche le 11/03/07, reprise par le site de l'UMP). Voici comment la ministre d'aujourd'hui a annonce sa mesure, et désavoue son prédécesseur en une phrase :
"Des policiers plus disponibles, ce sont des policiers davantage présents sur le terrain. Mais aussi, je le souhaite, des modes spécifiques de présence.
Dans certains quartiers bien délimités choisis pour leur sensibilité à la délinquance et aux violences urbaines, des unités particulièrement formées à l'activité en milieu difficile seront créées.

Ces unités territoriales de quartier seront composées d'une dizaine de volontaires ayant au moins deux années d'ancienneté. Elles participeront en liaison avec les autres unités, aux missions d'urgence comme le 17 Police/Secours. Elles assureront une présence visible et dissuasive sur des points fixes, des opérations de recherche du renseignement opérationnel, des contrôles d'identité, l'identification et l'interpellation des auteurs d'infractions.

Soyons clairs, il ne s'agit pas de refaire des postes de police de proximité. Ces unités seront sur le terrain pour faire respecter l'autorité de l'Etat et le respect de la loi, là où il le faut et à l'heure où il le faut. Elles ne génèreront aucune implantation immobilière nouvelle, coûteuse pour à la disponibilité opérationnelle."
Simple rappel du passé, voici un court extrait d'une présentation de la police de proximité par Lionel Jospin en mars 1999, alors Premier Ministre:
"Aux côtés de nos concitoyens et de leurs élus, travaillant avec les services de l'Etat - la Justice, la gendarmerie, l'Education nationale et les services sociaux -, en partenariat avec les collectivités locales, les associations et les citadins, la police de proximité doit être présente sur la voie publique dans les zones où la délinquance est la plus forte. Une police de proximité, c'est aussi une police à l'écoute de nos concitoyens : une police qui les rassure, qui accueille les victimes, qui élucide les actes de délinquance. C'est enfin une police à l'image de la population : il faut que les jeunes des quartiers, dont ceux issus de l'immigration, soient présents dans l'ensemble des services publics, y compris dans les services responsables de la sécurité."

2 commentaires:

  1. Pour une fois, je suis content qu'il n'ait pas tenu sa promesse...

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  2. @Yannou : comment dire ? moi aussi !

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