samedi 12 janvier 2008

Sarkozy au Conseil National de l'UMP: répétitif, gaffeur et incantatoire

Nicolas Sarkozy est intervenu au Conseil National de l'UMP, devant 3.500 cadres de l'UMP réunis au Palais des sports de la porte de Versailles, après Tony Blair, samedi 12 janvier à Paris. Une discours fleuve, quasiment sans notes. Aucune annonce nouvelle, sauf une : TOTAL doit 4 milliards d'euros à ses salariés (Explication dans ce billet). Pour le reste, son discours a répété ses slogans de campagne (sauf un, "le pouvoir d'achat"), et ses tics de comportement laissaient transparaître une nervosité croissante, après une semaine davantage marquée par la soirée de Carla Bruni à l'Elysée, ses fautes de goût, et les ouvrages dédiés à Cécilia Sarkozy.

L'intégralité des membres UMP du gouvernement étaient là au premier rang de la salle.
Physiquement, Nicolas Sarkozy est encombré par ses tics. ça en devient incroyable. Haussement d'épaules, grattage d'oreilles, le front en sueur, les mains tranchantes, gestes brusques. Un Président nerveux ? Il y avait de quoi. La promesse du pouvoir d'achat est enterrée. sarkozy l'oublié ce samedi 12 janvier. Surprenant ?

Répétitif
Nicolas Sarkozy a répété ses slogans de campagne présidentielle, sauf un, (définitivement ?) enterré -) le pouvoir d'achat.
il a beau dire le contraire ("Je ne serai pas de ceux qui tiendront un discours inverse après l'élection."), rien n'y fait. Exemples de répétitions :
"Tous les Français ont le droit de dire ce qu'ils pensent de l'éducation de leurs enfants." Slogan démagogique qui n'engage à rien : cela signifie-t-il que les programmes scolaires seront établis en concertation avec les parents ? Est ce l'abandon d'un programme national ? Non, rassurez vous. Nicolas S souhaitait simplement rappeler sa fierté d'avoir fait lire la lettre de Guy Mocquet en classe l'année dernière. Ah ?
Ou encore :
"Depuis 1992, des centaines de milliers d'emplois ont été créés dans la Fonction Publique et (...) le malaise n'a cessé d'augmenter. (...) Nous allons changer la qualité de vie des fonctionnaires." Et de répéter sa promesse qu'il souhaite que 50% des économies dégagées par le non-remplacement des départs en retraite bénéficiera à la revalorisation des fonctionnaires, une promesse non tenue dans le budget 2008. Le gouvernement serait il autiste ?
Il se permet même de répéter des promesses de campagne... auxquelles il a déjà renoncées ! Un exmple, la taxation des stock options (Pourtant Christine Lagarde était dans la salle), un sujet "oublié" dans la réforme fiscale de 2007...

Gaffeur ?
Le "Travailler plus..." est LA grande promesse de campagne oubliée, suite à l'échec des mesures fiscales de l'an passé et une croissance molle. Sarkozy a préféré ce samedi changer son fusil d'épaule : il a exhorté les entreprises à partager leur profit, adoptant un discours qu'un Besancenot ne renierait pas, "une véritable révolution culturelle" (pour qui ?). "Nous demandons à ce que les entreprises qui font des profit les partagent". Et de préciser : "un tiers pour l'actionnaire, c'est normal; un tiers pour l'investissement, c'est nécessaire; un tiers pour les salariés, ce n'est que justice. (...)
Je ne serais pas donc l'otage d'un groupe de pression."
Quelques secondes plus tard, il s'exclame : "Je suis très heureux que telle ou telle companie fasse 12 milliards de bénéfices" (il parle de TOTAL), mais elle doit partager. Et paf ! TOTAL doit 4 milliards de profits à ses salariés !! Attendons lundi 14 janvier pour voir la chute du cours de Bourse.

Incantatoire.
"Je demande la réciprocité avant d'ouvrir les barrières de l'Europe" ou encore : "J'ai parfaitement conscience que ce n'est pas le Traité simplifié qui va réconclilier les européens avec l'Europe". ou bien :
"nous allons faire l'Union de la Méditerranée." (Demandons à Angela Merkel). NS est favorable à un éventail de politiques communes... existantes (une politique agricole commune - nooon ? - etc). La seule nouveauté concerna la défense commune, qu'il souhaiterait démarrer avec le Royaume Uni. Incantation supplémentaire ?

Pour finir, Nicolas Sarkozy a appelé sa "famille politique" à la rescousse, après une semaine difficile: "j'ai la même passion, la même envie de faire. je mesure le poids de mes responsabilités. Nous devons changer la France. (...) Mes chers amis, j'ai besoin de vous." Une façon de faire oublier sa promesse de campagne, "travailler plus pour ... (quoi déjà ?)



4 commentaire(s):

  1. Un tiers pour les salariés ça fera toujours plus pour le gestionnaire et regonfle les parachutes et les primes ... Pour endiguer il vaudrait presque mieux calculer en quarts ...

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  2. J'imagine qu'il y avait suffisamment de clins d'oeils en direction du MEDEF pour que les patrons comprennent que tout cela n'était que de la gesticulation pour satisfaire le peuple.

    Je ne suis pas expert, mais ce genre de division en tiers me semble parfaitement fantaisiste et totalement impossible à appliquer, surtout à des grands groupes internationaux. Sarkozy doit le savoir.

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  3. Ce type de mesure est totalement studpide, irréaliste. De l'incantation pure. Pratiquement, taxer les "super-profits" est d'une complexité sans nom, si l'on ne veut pas faire fuir les sièges sociaux. Sarkozy simplifie des concepts qu'il ne maîtrise pas pour séduire l'électorat gauchiste. Belle démonstration.

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