vendredi 8 février 2008

Le Plan Anti-Glandouille est devenu Banlieue Espoir


Nicolas Sarkozy a présenté vendredi 8 février le plan "Banlieues" de Fadela Amara. Cette annonce a été maintes fois reculée, Fadela Amara a semblé lâchée par le gouvernement il y a quelques semaines. Et Sarkozy a fait cette annonce depuis l'Elysée, et non dans un quartier défavorisé, entouré de Jean-Louis Borloo bizarrement appuyé sur Fadela Amara, de Valérie Pécresse, de Christine Boutin (en dentelle noire), et Xavier Darcos.

Sur le fonds, on se rappelle peu le programme présidentiel. Voici pour mémoire la première promesse du candidat en la matière: "Il faut d’abord rétablir la loi républicaine et mettre fin à la loi des bandes. Ce travail demande de la maîtrise de soi, mais aussi de la résolution et du courage. C’est facile de revendiquer le calme dans les banlieues, mais cela dissimule souvent une loi du silence, de la peur, des trafics, de l’extrémisme..."


1. Nicolas Sarkozy veut inscrire la "diversité" dans le préambule de la Constitution. C'est une position controversée, qui divise jusqu'à la gauche. Notre Constitution rassemble, revendiquer la diversité, n'est ce pas un pas de plus dans le communautarisme ?
Il faut lire l'excellent billet de Caroline Fourest dans LE MONDE : voulons nous insister sur ce qui nous différencie ou sur ce qui nous rapproche ?

2. «Nous n'avons pas le droit d'échouer»
En critiquant ses prédécesseurs, Sarkozy égratigne Jean-Louis Borloo, en charge de la Ville sous la présidence de Jacques Chirac. il s'amnistie également des émeutes de novembre 2005. Il annonce le déploiement de 4.000 policiers supplémentaires dans les quartiers sensibles, et promet d'amener 100 000 jeunes issus de quartiers difficiles à l'emploi dans les 4 ans grâce à un nouveau contrat. Il a aussi prévu la création d'internats (non quantifiés), d'écoles de la deuxième chance (non quantifiées), et il a pris à témoin Christine Boutin pour qu'elle lui présente rapidement un "plan complet en faveur de l'accession sociale à la propriété" (et depuis 9 mois, que fait elle ?).

3. Le glissement sémantique
En août dernier, en lançant sa consultation "populaire", Fadela Amara parlait de Plan Anti-Glandouille pour la Banlieue. Une expression mal vécue par certains, qui reprenait le cliché de la droite décomplexée "banlieues=flemmards". "On se retrouve avec quelqu'un qui nous parle d'ennui, alors que c'est une des mille conséquences des problèmes des quartiers", déclarait fin décembre dans Fatima Hani, secrétaire national de l'association AC le feu.

4. Le financement du plan reste obscur.
Le financement des mesures annoncées n'a pas été précisé. ce n'est pas la première fois. La seule mesure chiffrée est "la mobilisation de 500 millions d'euros sur cinq ans pour l'amélioration des transports publics afin de désenclaver les quartiers en difficulté", un montant pioché dans le budget "Transports publics" dégagé pour le GRENELLE DE L'ENVIRRONNEMENT. Le Président fait d'une pierre deux coups !

5. La grande idée: des contrats aidés
"Chaque jeune qui le voudra aura ce contrat qui débouchera sur une formation, sur un contrat d'apprentissage ou sur un emploi" a-t-il promis. Une annonce en contradiction totale avec ses déclarations de campagne : il y a moins d'un an, il dénonçait la complexité des contrats de travail, et pronait la simplification et le contrat unique:
"Pour les futures embauches, nous créerons un contrat de travail unique, plus souple pour les entreprises pour qu’elles soient incitées à embaucher, plus sécurisant pour les salariés car il sera à durée indéterminée pour tous" (Mon Projet). Désormais, il faut faire sortir des jeunes défavorisés des statistiques du chômage coûte que coûte.
Sources:
- 20 minutes,
- Le Nouvel Obs
- l'intervention du Président

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