31 mars 2008

Ni Pauvre Ni Soumis


Voici le texte du discours de Jean-Marie Barbier, président de l'Association des paralysés de France, a prononcé un discours lors du rassemblement de la marche citoyenne et apolitique de ce samedi 29 mars 2008, place de l'Opéra. Bravo, et merci.

Chers amis ! Vous êtes venus, vous êtes tous là.

Là sur cette place de l'Opéra, à Paris, mais là, aussi, par la pensée !


Car si nous sommes aujourd'hui plus de 30 000 personnes, c'est sans compter tous ceux qui n'ont pas eu la possibilité de se joindre à nous, pour des raisons de santé ou d'impossibilité à se déplacer. Pour chacune et chacun d'entre vous, ce sont 5 ou 6 autres qui n'ont pas pu faire le déplacement.
Nous aurions pu être en réalité 200 000 ! La France qui s'est levée tôt, elle est là aujourd'hui ! C'est vous, c'est nous tous ! La France impatiente, qui veut des réformes, et vite ? C'est encore nous ! La France qui pense qu'ensemble tout devient possible ? C'est nous aussi ! Nous sommes là parce que le pays des droits de l'homme doit être le pays des droits de tous les hommes et ne doit pas devenir le pays des droits de l'homme en bonne santé. Nous sommes là pour que nos droits soient respectés, pour demander des comptes et exiger le changement.
Nous sommes là, nous, ni pauvres, ni soumis, pour dénoncer les conditions de vie indignes dans lesquelles nous vivons.
Parce que pour nous, aujourd'hui, en France, le pouvoir d'achat, c'est le pouvoir de rien.

Parce que pour nous, le seuil de pauvreté commence au pas de notre porte.

Parce que pour nous surtout, les caisses sont vides !

Nous sommes ici parce que les titulaires de pensions d'invalidité et de rentes accidents du travail sont encore oubliés !

Nous sommes là parce que si nous sommes parents d'un enfant handicapé nous avons peur pour son avenir !


Nous sommes ici parce que si l'on travaille en ESAT nous n'avons toujours pas le SMIC pourtant promis depuis des années !

Nous sommes là parce que si l'on vit en maison d'accueil spécialisée il nous reste 60 Euros par mois !

Nous sommes ici parce que si l'on vit en foyer de vie il nous reste 180 Euros par mois !

Nous sommes là parce que si l'on vit chez soi on ne nous promet même pas le seuil de pauvreté et qu'il faut vivre avec moins de 21 Euros par jour !

Nous sommes ici parce que si l'on a la chance de vivre en couple, cette somme sera réduite ou supprimée en fonction des ressources de son conjoint !

Nous sommes là, nous, les oubliés, les exclus.

Pour montrer notre détermination à un pouvoir qui ne nous voit pas.
Pour parler avec force aux oreilles d'un pouvoir qui ne nous entend pas.
Pour démontrer notre résolution à un pouvoir qui ne nous comprend pas.
Pour aller vers un pouvoir qui ne souhaite pas venir à nous.

Nous sommes là pour défendre une autre vision de la société que celle que l'on nous impose.

Une société qui ne dirait pas « vous ne pouvez pas travailler donc vous n'êtes rien ».

Une société qui ne réduirait pas l'homme à sa capacité de travail.
Une société qui réunirait plutôt qu'elle n'oppose.

Une société dans laquelle chacun aurait sa place, chacun serait acteur et citoyen.

Une société qui ne maintiendrait pas des centaines de milliers de personnes dans un assistanat aussi inefficace qu'humiliant.

Une société qui substituerait enfin la citoyenneté à la charité.

Nous sommes là enfin parce que les valeurs de solidarité ne sont pas solubles dans la valeur travail qui ne concerne que celles et ceux qui peuvent effectivement travailler !

Ce samedi 29 mars 2008 est une date historique.
Historique par la nature même de votre mobilisation. Historique par la force de notre mouvement. Historique par la conviction et la détermination que vous exprimez.

Ce ras-le-bol, cette exaspération que nous portions depuis si longtemps, nous les avons transformés en énergie. L'énergie de poursuivre le combat et de rassembler encore autour de nous tant que nous ne serons pas entendus. L'énergie d'avancer, de promouvoir une société solidaire, juste et non-discriminante.

De l'énergie du désespoir, peut-être sommes-nous passés à l'énergie de l'espoir. Grâce à vous et avec vous, il y a eu un « avant 29 mars 2008 », et je vous le promets il y aura un « après » !

J'ai encore 2 petits mots à vous dire : Merci et Bravo

Jean-Marie Barbier
Quand j'étais jeune, on chantait "debout les damnés de la terre"

Fillon parlait aux Français dimanche soir


François Fillon était l'invité du journal télévisé de TF1 dimanche 30 mars, à 20H et quelques instants. Cette intervention précède de peu la publication d'un sondage qui révèle un faible regain de popularité de Nicolas Sarkozy aux détriments du Premier Ministre.
Pour la première fois depuis début janvier, la cote de confiance de Nicolas Sarkozy remonte de trois points fin mars avec 40% d'opinions positives mais reste négative pour 54% des personnes interrogées, selon un sondage LH2-Libération à paraître lundi.

A l'inverse, François Fillon perd 3 points avec 50% d'opinions positives et 42% d'opinions négatives, contre 53% de positives en février. La cote de confiance du Premier ministre reste cependant supérieure de 10 points à celle du chef de l'Etat.
Fillon a nié tout "plan de rigueur", et toutes "coupes sombres dans les budgets publics". Mais il a promis qu'il y aurait "une gestion sérieuse" des finances publiques, avec des dépenses qui "n'augmentent pas".
"beaucoup de pays européens vont connaître les mêmes difficultés" (...) "ce qui compte pour les Européens, c'est que la France fasse ses réformes, qu'elle n'arrête pas de les faire" (source)
Bref, rien de neuf.

Un peu plus tôt, son ministre du Travail et grand rival, Xavier Bertrand, expliquait sur RTL que "tous les résultats ne sont pas là" en matière de déficit public.

185 000 visiteurs sur Sarkofrance

Depuis le 7 mai, quelques 185 000 visiteurs sont passés sur Sarkofrance (*), pour 430 000 pages vues. Le site tourne à environ 800 visites uniques par jour, sans compter ses petits frères, LES COULISSES et LES BREVES.

Merci à vous, merci à tous.

je réitère mon appel à contributions, écrivez-moi.

Dans 5 semaines, nous fêterons la 1ère bougie.


(*) source SITEMETER.

30 mars 2008

Sarkozy exhibe (vraiment) sa femme

Promesse non tenue : Gandrange fermera


La Moselle serait "consternée". L'usine de Gandrange, visitée en fanfare par le Président Sarkozy en février dernier, sera définitivement fermée. Ouvrier, citoyen, qu'espériez vous ?
Les syndicats de l'usine Arcelor-Mittal de Gandrange ont reçu samedi 29 mars une convocation pour un comité d'entreprise le 4 avril prochain dont l'ordre du jour est la fermeture partielle du site.
"La décision était pliée de puis longtemps", s'est indigné sur France Inter Edouard Martin, représentant de la CFDT. "La direction de Mittal préfère mourir plutôt que de perdre la face en faisant marche arrière", poursuit-il, amer.

Le plan, dont la direction du groupe sidérurgique n'a pas confirmé la présentation, avait été exposé mi-janvier. La restructuration envisagée prévoit la fermeture de l'aciérie électrique et du train à billettes. Concrètement, ce sont 595 emplois sur les 1108 actuellement sur le site qui disparaîtraient d'ici à 2009. L'émotion suscitée par cette annonce avait conduit Nicolas Sarkozy, au lendemain de son mariage avec Carla Bruni, à faire le déplacement en Lorraine, le 4 février. Là, au milieu des ouvriers de l'usine, à la surprise générale, il avait assuré que l'Etat était prêt à intervenir pour sauver l'usine.
source : LE JDD

47ème semaine de Sarkofrance : la normalisation


Cette 47ème semaine depuis l'élection de Nicolas Sarkozy fut celle de la normalisation. Qui sait si elle durera. Mais la Sarkozie s'est brutalement (inévitablement ?) normalisée ces derniers jours.

François Fillon est devenu premier ministre
Cette semaine, il a bien fallu annoncer les mauvaises nouvelles : les comptes 2007 sont mauvais (difficile de le cacher plus longtemps); les prévisions pour 2008 sont faiblardes; et les grandes promesses fiscales et sociales sont enterrées sine die. Fillon est devenu premier ministre, le gars qui annonce les mauvaises nouvelles avec sourire et optimisme (lire Partageons Mon Avis). Il a retrouvé la langue de bois habituelle des Premiers de gouvernement : il peut déclarer qu' "il ne changera pas" au cours du même entretien qui dévoile que la promesse de réduction de 68 milliards d'euros des prélèvements obligatoires est gelée jusqu'à nouvel ordre. Paradoxalement, la crise mondiale qui se profile lui donne l'excuse idéale de la méfiance économique qui nous frappe.

Nicolas Sarkozy a découvert le costume présidentiel
Après son déplacement en Afrique du Sud, Nicolas a emmené Carla rencontrer la Reine d'Angleterre. Son smoking présidentiel, au soir du 26 mars, le faisait ressembler à ses prédécesseurs. Pour la première fois, Nicolas Sarkozy "faisait" président. Pas de téléphone portable collé à l'oreille, moins d'agitation, des propos concentrés sur son "domaine réservé", la politique étrangère. Certes, d'aucuns jugeront que ces déclarations franco-britanniques dynamiteront un peu plus la construction européenne. Aller à Londres pour expliquer que l'amitié franco-allemande ne suffit plus est une drôle de manoeuvre.
Sarkozy a également confirmé qu'il enverrait davantage de soldats français en Afghanistan, une initiative contraire à la politique européenne de défense commune.

Les petits arrangements entre amis ne se cachent plus

Marianne appelle cela la "Promotion des nuls" : comme la Mitterrandie ou la Chiraquie avant lui, la Sarkozie récompense ses amis fussent-ils inefficaces. La pratique du pouvoir n'a pas changé avec Nicolas Sarkozy. l'illusion d'une Présidence irréprochable, impartiale ou modeste a vécu. Cette semaine, les dépenses somptuaires de Rachida Dati ou la nomination avortée de Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis ont pu être épinglés.
Le week end dernier, les photos "volées" du couple présidentiel en villégiature au Maroc (leur quatrième périple touristique privé depuis décembre, après Pétra, l'Egypte, la Jordanie !) nous rassuraient: les Ray Ban sont bien toujours là, "dans un petit palais princier, au coeur de la palmeraie."

Les ménages les moins aisés n'ont plus d'illusion
De toutes les annonces de "réformes" de ces derniers jours, on pourrait se féliciter de la "modernisation du marché du travail", qui comprend notamment l'installation d'une séparation à l'amiable. Nous resterons prudent : cette "réforme" doit passer sous les fourches caudines d'une majorité parlementaire UMP qui grogne. pour le reste, les "caisses étant vides", la rigueur ne s'annonce pas mais se confirme. Peu importent les mots. Le gouvernement n'a ni les moyens ni la volonté de protéger les plus faibles alors qu'une crise économique globale se profile.

Ami Sarkozyste, avais-tu voulu cela ?

Conférence de presse de Sarkozy à Londres : la question que vous n'avez pas entendue



Sarkozy a-t-il changé ? Pas vu, pas pris...

(merci à Politistution)

29 mars 2008

Ce que la police surveille chez les médias

Renaud Revel rapporte sur son blog ce que le ministère de l'Intérieur surveille en priorité chez les médias. Surprenant et instructif.

Il est toujours instructif et souvent distrayant de côtoyer ces fonctionnaires du ministère de l'Intérieur qui oeuvrent dans l'ombre et dont la mission consiste à surveiller le monde des médias. Des enquêtes quotidiennes qui font ensuite l'objet de notes transmises, aussitôt à l'Elysée et à Matignon, où elles sont épluchées.

L'un de mes honorables correspondants, avec lequel j'échange souvent, me faisait part hier de ses priorités du moment. Et je suis à chaque fois étonné des questions qui préoccupent ce haut gradé de la police et les services qui l'entourent.

(...)


En premier lieu, c'est le monde de l'édition qui intéresse, au premier chef, ces services de renseignements. Qui publie quoi, où et quand?


(...)


Le second sujet de conversation porte invariablement sur les mouvements dans les rédactions. Les nominations, les transferts, les embauches.
(...)


Et le dernier sujet en permanence abordé, tout aussi étonnant que cela puisse paraître, porte invariablement sur la vie privée des membres du gouvernement et de certaines stars de la télé. Les liaisons amoureuses de Rachida Dati, les frasques supposées de Jean-Louis Borloo, le compagnon du moment de Ségolène Royale ( « on me parle d'un marins connu et d'un hiérarque du PS : à votre avis ? ») sont les trois thèmes qui furent abordés lors de notre dernière échange, en début de semaine.



Ouf, j'ai eu peur qu'ils s'intéressent aux blogs !

Le seul vrai bon souvenir du voyage de Sarkozy à Londres



Merci à Luc Mandret.

Nicolas Princen, "Pour craindre, il faudrait ignorer..."



Merci à Torapamavoa

Benamou: le désaveu


Nicolas Sarkozy a cédé à la pression. L'Elysée a publié hier un communiqué laconique installant une commission pour la nomination du futur patron de la Villa Médicis. Les milieux culturels avaient été choqués d'apprendre que ce poste avait un temps été attribué à Georges-Marc Benamou, quand ce dernier fut viré de son poste de conseiller culture et communication du Président.

Mise en place d'une commission d’examen des candidatures en vue de la nomination du futur directeur de l’Académie de France à Rome




Pour préparer la nomination du futur directeur de l’Académie de France à Rome, et compte tenu de l’importance des missions attachées de cette institution, le Président de la République a décidé de confier à Monsieur Hugues GALL, Conseiller d’Etat et membre de l’Institut, la présidence d’une commission d’examen des candidatures qui seront présentées.


La commission aura pour première tâche de proposer les termes de l’appel à candidatures que lancera le ministère de la culture et de la communication. Elle examinera ensuite les dossiers qu’enverront les candidats, qu’elle pourra choisir d’auditionner. Elle émettra un avis sur chacune des candidatures, qu’elle pourra classer. Ces avis seront transmis à la ministre de la culture et de la communication, qui fera part au Premier ministre et au Président de la République de ses propositions.


La composition de la commission sera précisée avant la fin de la semaine.

Sarkozy voulait la rupture, il aura la crise mondiale


Il y 34 ans, un jeune président expliquait qu'il allait changer la France. Les chocs pétroliers eurent raison de ses chocs pétroliers. Nicolas Sarkozy est en passe de connaître la même infortune, mais à son rythme et à sa manière: plus vite, plus fort.

La crise américaine, qui a pris son envol l'été dernier des abus de subprimes, est profonde, déroutante, et bientôt mondiale.

Ainsi, ces derniers jours, on a appris que l'Etat fédéral pourrait cautionner les prêts immobiliers pour éviter un effondrement général du système bancaire américain.
L'hypothèse qui circule aujourd'hui aux Etats-Unis, dans le cas où la situation deviendrait incontrôlable, est celle d'un rachat massif par le gouvernement des produits financiers basés sur les crédits immobiliers ou "mortgage backed securities" (MBS). L'Etat apporterait sa caution et cela permettrait de régler le problème, récurrent depuis l'été, du financement des établissements bancaires dont les bilans portent des actifs dont il est devenu impossible d'établir la valeur.

Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI) et professeur à Harvard, chiffre entre deux et trois mille milliards de dollars (jusqu'à deux milliards d'euros) le coût d'un tel rachat. Il estime que la perte serait d'au moins 500 milliards de dollars pour le contribuable américain (source LE MONDE).

Cette hpothèse est discutée par les banques centrales américaines et européennes, comme l'a expliqué le Financial Times samedi 22 mars:
Central banks on both sides of the Atlantic are actively engaged in discussions about the feasibility of mass purchases of mortgage-backed securities as a possible solution to the credit crisis
En France, notre Président a mangé le peu de pain blanc dont nous disposions.

L'Amérique de 1929 s'est trouvé Roosevelt et le New Deal.

Et nous ?

La mesure impossible des heures supplémentaires

La seule mesure des heures supplémentaires à notre disposition est incomplète : elle concerne les entreprises déclarant mensuellement leur cotisation à l'URSSAF. Elles sont ultra-minoritaires en France, et sont principalement des établissements de 1 à 9 salariés.
54% d'entre elles, soit 160 000 entreprises, ont eu recours aux heures supplémentaires en janvier.
Au total, 43 millions d'heures supplémentaires ont été déclarées par ces entreprises, qui représentent 6 heures pour les salariés des entreprises qui font des heures supplémentaires, précise l'Acoss. Ces données ne permettent cependant pas de savoir si les heures supplémentaires sont en augmentation par rapport à janvier 2007. Il est aussi impossible de savoir combien de salariés en ont bénéficié, car les entreprises font une déclaration globale unique.

On sait en revanche combien les exonérations ont coûté aux régimes sciaux: le montant des exonérations accordées au titre des heures supplémentaires et complémentaires a atteint 154 millions d'euros, dont 121,6 millions pour les exonérations de cotisations acquittées par les salariés (source).

Luxe, calme et Rachida Dati


Le candidat Sarkozy nous promettait la République irréprochable.

Après Christian Estrosi surpris qu'un déplacement aérien de 138 000 euros aux frais du contribuable puisse choquer le citoyen, voici Rachida Dati en première ligne. Son train de vie à la chancellerie a été mis en cause par le site MEDIAPART mercredi 26 mars.

1. Comment Rachida Dati peut elle être habillée régulièrement par des grands couturiers ? Je croyais que le salaire d'un ministre était modeste ? Que la ministre pardonne l'auteur de ce blog d'émettre une hypothèse plutôt honnête : ce seraient des cadeaux faits par de riches amis.

2. La ministre est accusée d'utiliser son ministère au service de sa propre image. Des réceptions diverses ont été organisées depuis son entrée en fonction en juin dernier.
Pour fêter (avec retard) la Journée des femmes, Dati avait invité 230 femmes du monde judiciaire, avec billet aller-retour en première classe. «Comme tous les buffets de la chancellerie, c’était d’une très grande simplicité», avait relativisé le porte-parole du ministère (source).
3. Le contrôleur financier du ministère de la Justice s’est inquiété du dérapage des frais de réception depuis juin. En novembre, Rachida Dati bénéficie d'une rallonge de 100 000 euros. En décembre, le plafond des dépenses autorisé était dépassé de 30%.
"les dépenses ont grimpé de manière vertigineuse pour finalement atteindre 270.000 euros en décembre 2007, soit un dépassement de 30% par rapport au plafond prévu".
4. A fin mars 2008, près des deux tiers des crédits de 2008 ont été dépensés, a indiqué jeudi 27 mars le porte-parole de la Chancellerie (merci MEDIAPART). Le porte-parole du ministère a démenti qu'une nouvelle rallonge ait été validée.
Guillaume Didier a indiqué qu'une circulaire du Premier ministre François Fillon avait fixé à 200.000 euros "l'enveloppe allouée à chaque ministère pour ses frais de représentation" en 2008. Mediapart affirme que, "fin mars, le montant des factures à honorer était de... 112.356,67 euros", un chiffre que n'a pas contesté le porte-parole: "il est exact qu'en début d'année, les dépenses sont plus importantes" en raison notamment de l'organisation de cérémonies de voeux. Guillaume Didier a cité également la réception de 70 ministres francophones de la Justice, à Paris les 13 et 14 février (source)
5. La ministre voyage beaucoup, sans que l'on sache vraiment à qhoi servent tous ses voyages On l'a vu au dîner royal organisé par la Reine pour le couple Sarkozy mercredi 26 mars; on s'est interrogé sur sa présence, et son agitation, lors du voyage présidentiel en Chine. Le site Mediapart indique que l'argent du ministère aurait été dépensé pour des voyages et des restaurants.

28 mars 2008

Quand la Présidence de la République visite nos blogs


Vinz, puis Peuples ont signalé avoir été visités depuis un ordinateur du réseau de la présidence de la République.

SARKOFRANCE également, et pas qu'un peu : 29 fois sur le mois écoulé.

Depuis le 1er septembre, Sarkofrance a été ainsi visité 157 fois par la Présidence de la Ré&publique, soit une fréquentation quasi-quotidienne.



"bonjour messieurs !"

27 mars 2008

Méfiance économique : le choc des réalités

Il y a comme une malédiction présidentielle. Le seul président immobile de la Vème République - Jacques Chirac - n'a souffert d'aucun choc économique grave. Valéry Giscard d'Estaing s'est brisé sur la crise pétrolière et la fin d'un modèle, celui des Trente Glorieuses ; François Mitterrand s'est heurté à la contrainte européenne et un krach américain; La "rupture" de Nicolas Sarkozy ressemble de plus en plus à un embryon mort-né.

La promesse phare du candidat Sarkozy ("travailler plus pour etc") n'a d'abord produit aucun effet. Elle n'en aura finalement pas le temps. Le choc américain, né de la crise des subprimes et d'une asphyxie bancaire en cascade, a provoqué un ralentissement de la croissance occidentale, et remis à plat toutes les prévisions européennes. Selon Bruxelles, "la zone euro commence à être ébranlée" titre LE MONDE.

En France, le gouvernement vient (enfin) d'admettre que ces prévisions de croissance du PIB seront plus proches de 1,7% à 2,0% que de "2,25%" en moyenne.

Le déficit public de la France devrait dépasser les 2,7% du PIB en 2007 (vous avez bien lu, 2007): le gouvernement l'espérait à 2,3%. Serait-ce à cause de moins bonnes rentrées fiscales ?

Seul Fillon semble reconnaître la réalité. Il est vrai qu'il s'agite moins pour gouverner plus. Tandis que son président trinque à Windsor et répète qu'il tiendra toutes ses promesses, il annonce la couleur :

1. La promesse de réduction des prélèvements obligatoires de 68 milliards d'euros sur la durée de la mandature est ... suspendue. Relisez l'entretien de Fillon à l'Express.

2. La réforme des retraites serait finalement ... limitée (à confirmer) : Xavier Bertrand a entamé le 27 mars une série de rencontres bilatérales avec les syndicats et le patronat sur la réforme des retraites. Il avait prévenu il y a quelques semaines qu'il ne servait à rien de rallonger l'âge de départ à la retraite puisque le taux d'emploi des plus de 55 ans est déjà trop faible. On le savait pourtant depuis novembre grâce au rapport du Conseil d'orientation des retraites. Ce dernier insiste "particulièrement" sur la nécessité de relever le taux d’emploi des 55-64 ans, qui stagne à 37,8 % en France contre 42,5 % en moyenne dans l’Union européenne

3. L'équilibre budgétaire en 2012 est presque hors de portée... 10 mois après l'élection. "Après trois années de baisse consécutive de son déficit, la France dévie fortement de la trajectoire qui devait mener à l'équilibre des finances publiques en 2012", soulignent Les Echos.

Dans ces moments de secousses, renforcer les filets de sécurité pourles plus faibles est juste et nécessaire. Malheureusement, "les caisses sont vides".

La faute à qui ?

Ami Sarkozyste, pas trop déçu ?

Le très gros mensonge du Figaro.


Il était un sondage OpinionWay, réalisé "les 26 et 27 mars", sur "le terrain", c'est-à-dire par questionnaire Internet (Computer Assisted Web Interview).

Le Figaro se permit de titrer "Pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien." C'est juste faux. Complètement.

En lisant le sondage directement (en lien sur le site du Figaro), on découvre page 10 la question et les réponses suivantes :
Q: Diriez-vous que depuis quelques semaines, Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de Président de la République...? ... d'une manière différente : 49% .... de la même manière : 50%
Puis, page 12, parmi les 49% qui "pensent que Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de manière différente",
"Et diriez-vous que sa manière d’exercer la fonction de Président de la République a changé...?"
Plutôt en bien : 58% Plutôt en mal : 4% Ni l'un ni l'autre : 38%
Avez vous compris ? 58% des 49% de Français qui pensent que Sarkozy a changé ont apprécié le changement.... En d'autres termes, le vrai titre du Figaro aurait dû être :

"Seulement 28% des Français trouvent que le style de Sarkozy s'est amélioré."

France-Angleterre : l'entente "amicale" commence bien !

Gordon Brown et Nicolas Sarkozy n'ont pas trouvé de position commune sur le boycott des JO jeudi 27 mars, lors d'un sommet interministériel s'est tenu jeudi matin au London Emirates Stadium, le stade du club de football Arsenal.

"Je serai président de l'Union au moment de la cérémonie d'ouverture, il faut donc que je consulte les autres sur leurs positions pour savoir si j'irai à la cérémonie d'ouverture ou pas", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec le premier ministre britannique. "En fonction de
[l'évolution de] la situation au Tibet, je me réserverai le droit de dire si je vais ou non à la cérémonie d'ouverture et s'il y a lieu, de prendre d'autres initiatives."


L'Angleterre de Gordon Brown ne souhaite pas de boycot. Point.

Sur d'autres sujets, les points d'accord furent plus faciles :
- Envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan,
- appel à davantage de transparence du marché financier
- Une plus forte coopération nucléaire
- Programme d'éducation en Afrique ("Londres et Paris se sont également engagés à scolariser 16 millions d'enfants en Afrique d'ici à 2010 et tous les enfants du continent d'ici à 2015, dans le cadre d'un partenariat associant la FIFA et les instances professionnelles du football britannique et français.")
- EADS préféré à Boeing pour une commande de ravitailleurs.

source LE MONDE, afp;

Afghanistan : futur Vietnam ?

Alors que Nicolas Sarkozy engage davantage la France aux côtés des forces américaines et anglaises contre les talibans, il est bon de regarder ces quelques clichés. Serge Michel, grand reporter commente ses clichés pris un an et demi après la fin de la guerre, pour l'école du blog à Bondy.

Sarkozy en Royaume Uni: l'entente "amicale"


Nicolas et Carla Sarkozy ont entamé leur première journée de visite au Royaume Uni mercredi 26 mars. L'agenda était chargé, autant pour la forme que pour le fonds.

Sur le fonds, cette visite est dérangeante.
Aucun commentateur ne s'est demandé pourquoi le Président de la République devait rencontrer la Reine d'Angleterre (qui n'est pas ravie) s'exprimer devant le Parlement et rencontrer le premier ministre Gordon Brown.

Nicolas Sarkozy a exprimé plusieurs idées fortes, parfois dérangeantes :

Il a d'abord appelé à une alliance privilégiée avec la Grande-Bretagne, en renfort de l'axe franco-allemand, "indispensable" mais "pas suffisant" :

"Bien sûr, pour nous Français, l'amitié franco-allemande est à la base de la réconciliation européenne. Je suis convaincu que dans l'Europe d'aujourd'hui, le moteur franco-allemand reste indispensable. Mais il n'est pas suffisant", a lancé le président français lors d'un discours devant le Parlement, au premier jour de sa visite d'Etat au Royaume-Uni.

"Pour rassembler les 27, nous avons besoin d'abord de cette nouvelle entente franco-britannique", a-t-il estimé.

"Au nom du peuple français, je suis venu proposer au peuple britannique qu'ensemble nous écrivions une nouvelle page de notre histoire commune, celle d'une nouvelle fraternité franco-britannique", a souligné Nicolas Sarkozy, martelant le message-clé de son voyage : 104 ans après l'Entente cordiale, "l'Entente amicale" (source)

Commentaire : pourquoi délaisser l'allié européen traditionnel au profit de la puissance la moins motivée par l'Europe (pas d'euro, une diplomatie toujours atlantiste et américanophile, etc) ? "Je sais, ce sujet de l'Europe est sensible au Royaume-Uni" a-t-il reconnu. Sans blague ?

Sarkozy a ensuite confirmé l'envoi de troupes supplémentaires françaises en Afghanistan: quel meilleur endroit que l'Angleterre, impliquée aux côtés des Etats Unis dans la quasi totalité des mauvais conflits du globe pour une telle annonce. L'Oncle Sam a dû être content.
«Nous ne pouvons pas accepter un retour des talibans et d’al-Qaida à Kaboul. La défaite nous est interdite», a martelé Nicolas Sarkozy, en annonçant un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan.



Sur la forme, cette visite sent mauvais.
Tailleur Chanel pour Madame, costume sombre pour Monsieur, le couple présidentiel est descendu de l'avion comme un mauvais remake des Kennedy. La mauvaise presse anglaise a tapé sur Carla Bruni nue, et la salle d'enchères Christie's s'est empressée de mettre en vente une photographie nue de Carla Bruni.

Nous avons suffisamment raillé la vulgarité de ce mariage pour critiquer ce mauvais goût. Mais Carla Bruni fait aussi polémique par son statut de chanteuse: elle est "soupçonnée" de profiter de cette visite pour la promotion de son futur disque.

Mercredi soir, la Reine Elizabeth II et le prince Philip recevaient le couple présidentiel en grande pompe à Windsor pour un dîner d'Etat, avec 146 convives. Le faste royal pour le Président bling bling ?

Vous pourrez lire le récit du dîner ici.

Sarkozy a enfin expliqué à la BBC qu'il tenait compte des critiques qui lui avaient été adressées sur son style, responsables pour partie de sa récente chute dans les sondages.

"Moi, je ne suis pas le genre d'homme à écouter les compliments et à mépriser les critiques. Je tiens compte des deux", a déclaré M. Sarkozy lors de cet entretien enregistré mardi à Paris, à la veille d'une visite d'Etat de trente-six heures en Grande-Bretagne.

"Mais franchement, si la seule chose que l'on a à me reprocher c'est le style, cela veut donc dire sur le fond qu'il n'y a rien à me reprocher ?", s'est-il interrogé.

Est-ce vraiment tout ce que nous avons à reprocher à Nicolas 1er ?

Carla et Nicolas Sarkozy, en "direct live" sur SkyNews

La bourde télévisée de Rachida Dati

Rachida Dati résiste à son "amie" journaliste. Leur familiarité est surprenante.

"T'es pas un peu cramé chez les magistrats ?"
"Les mecs, ils se disent qu'elle a un vrai poids politique"


26 mars 2008

Pourquoi Sarkozy engage-t-il la France davantage en Afghanistan ?

Lundi 24 mars, nous apprenions que Nicolas Sarkozy avait pris la décision d'envoyer un millier de soldats supplémentaires en Afghanistan. Ainsi l'explique le Figaro :
La France, c'est décidé, va réellement plonger dans la guerre afghane, aux côtés de ses alliés de l'Otan. Après avoir pesé avantages politiques et risques militaires, Nicolas Sarkozy a pris la décision d'envoyer un bataillon supplémentaire et devrait annoncer cette décision au sommet de l'Otan de Bucarest, début avril.
Les effectifs français sur place sont de 1 500 hommes : un bataillon (1 000 hommes) à Kaboul, 220 OMLT (des groupes de 50 instructeurs intégrés dans des unités afghanes opérationnelles) dans l'Est et 200 hommes autour des avions basés à Kandahar (3 Rafale et 3 Mirage 2000).

On nous explique que depuis deux ans, la France se voyait reprocher par les Etats Unis et le Royaume Uni la modestie de son engagement, et notamment de refuser de prendre de trop gros risques en cantonnant ses troupes autour de Kaboul.

Le député socialiste Jack Lang a fait part de sa surprise lundi 24 mars: "On laisse entendre que notre pays s'apprêterait à envoyer 1.000 militaires supplémentaires en Afghanistan" alors que "les opérations de l'OTAN dans ce pays sont un demi échec" (...) "On pourrait, à raison, s'interroger sur l'efficacité et la légitimité de renforts militaires français supplémentaires au moment même où d'autres pays tels l'Allemagne ou la Turquie entreprennent de se désengager". "La représentation nationale devrait pouvoir être consultée au cours des prochains jours sur l'Afghanistan".

Fillon n'a "pas l'intention de changer"

Au plus haut dans les sondages, François Fillon ne veut pas changer une formule qui marche. Dans un entretien à l'Express, il explique tout ce qui ne va pas changer.

1. Fillon ne veut pas toucher à l'âge de la retraite.
Le gouvernement n'a pas l'intention de remettre en question l'âge légal de départ à la retraite (60 ans). Xavier Bertrand l'avait déjà laissé entendre pendant la campagne municipale (rappelez vous cette video)

2. Fillon ne veut pas aller au front.
"Depuis l'instauration du quinquennat et la réorganisation du calendrier électoral, nous sommes dans un régime davantage présidentiel, avec prééminence du chef de l'Etat. Nous y restons. Je n'ai pas l'intention de changer profondément de mode de fonctionnement."

3. Fillon n'hésite pas à mentir.
"depuis juillet 2007, on travaille, en moyenne, quatre heures de plus par mois." C'est faux.

4. Fillon reconnaît que les déficits de la France vont "glisser".
Il en fait porter le chapeau à la situation economique mondiale.

Quel sera le montant des déficits publics de la France pour 2007?

Il sera sans doute un peu supérieur aux 2,4% du produit intérieur brut [PIB] initialement prévus. On le connaîtra précisément le 28 mars.

Vous allez donc réviser l'objectif pour 2008, qui est à 2,3%?

Oui, nécessairement, mais la situation économique internationale est telle que les autres pays vont aussi réviser leur objectif. Les glissements seront très comparables.

5. Fillon ne tiendra pas la promesse présidentielle de réduction de 68 milliards d'euros des prélèvements obligatoires.

Allez-vous baisser les prélèvements obigatoires de 68 milliards d'euros en dix ans, comme Nicolas Sarkozy s'y était engagé pendant la campagne?

L'engagement que nous avons pris, c'est de ramener nos finances publiques à l'équilibre en 2012. La baisse des prélèvements obligatoires, elle, dépend de la croissance économique.

6. Fillon prépare 2012 ... pour lui-même.
Il annonce la création d'une confédération dont il serait ... le président.

Vous avez présenté à vos partenaires de la majorité une charte destinée à créer une confédération. Jean-Pierre Raffarin propose la création d'un comité de liaison avec le centre. Comment la majorité doit-elle s'organiser?

La majorité a été très solide depuis dix mois, elle n'a jamais manqué au gouvernement, et nous allons l'impliquer davantage dans les réformes. Mais nous ressentons le besoin de l'élargir, c'est une manière de prolonger l'ouverture. Il nous semble, avec le président de la République, que nous devons avoir un lieu, carrefour intellectuel et politique, où tous les responsables de la majorité présidentielle puissent discuter. Nous allons proposer de mettre en place, d'ici à l'été, cette structure, qui réunira, de façon régulière, l'UMP, le Nouveau Centre, la Gauche moderne, les Progressistes, mais aussi d'autres responsables centristes qui n'appartiennent pas au Nouveau Centre.

Qui présidera cette structure?

Le Premier ministre a vocation à l'animer.

Promesse : + 5% pour l'allocation adulte handicapé


Mardi 25 mars, Nicolas Sarkozy a annoncé une revalorisation légèrement au-dessus de l'inflation de l'allocation adultes handicapés :

«Au 1er septembre, l'allocation adultes handicapés sera revalorisée, de façon à atteindre une revalorisation de 5% sur l'ensemble de l'année 2008», a-t-il ainsi déclaré à l'occasion d'une visite sur le thème de l'insertion professionnelle des handicapés.

Quelques constats :

1. Les associations attendaient une réévaluation au niveau du smic.
L'AAH s'établit à 628,10 euros par mois depuis une augmentation de 1,1% intervenue en janvier. L'augmentation au 1er septembre sera donc de 3,9%, «un effort très important compte tenu de la situation budgétaire de notre pays» a expliqué le Président.

2. Les associations ont annoncé une manifestation prochaine. A-t-elle provoqué cette annonce soudaine ?
Les associations liées au handicap et aux maladies invalidantes, regroupées au sein d'un mouvement «Ni pauvre, ni soumis», appellent à une manifestation samedi à Paris pour réclamer «un revenu d'existence» ou «revenu de remplacement d'un montant au moins égal au Smic brut».

3. Le Président a grillé la politesse à son Premier Ministre en annonçant lui-même cette revalorisation ? Sarkozy avait pourtant annoncé qu'il laisserait davantage de champs à son gouvernement.

Carla et Nicolas Sarkozy sont-ils chauds ?



Notre excellent confrère Marc Vasseur nous rapporte également que Carla Sarkozy devrait vouloir profiter de la visite officielle de son époux-président la semaine prochaine en Angleterre pour faire la promo de son dernier album...

25 mars 2008

L'Elysée oublie Nicolas PRINCEN

La nouvelle composition du cabinet de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, a été publiée le 21 mars sur le site de l'Elysée. Peu de changements, à l'exception de ceux déjà connus (départ de Martinon et Benamou). Le généticien Arnold MUNNICH est toujours là. Un nouveau chef adjoint de cabinet est arrivé: Samuel FRINGANT.
Samuel Fringant, trente-cinq ans, ancien élève de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et de l'Ecole des officiers de la Gendarmerie nationale, est devenu, en 2005, chef adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy à l'Intérieur et exerçait, depuis un an, en tant que chef d'escadron de la Gendarmerie nationale. Il est aujourd'hui chef adjoint de cabinet du président de la République (source).
Surprise, Nicolas PRINCEN n'est pas mentionné.

Communiqué

Secrétaire général :
M. Claude GUEANT

Chef de l'Etat-major particulier :
Amiral Edouard GUILLAUD

Conseiller spécial du Président de la République
:
M. Henri GUAINO

Conseillers du Président de la République :
M. Raymond SOUBIE
Mme Catherine PEGARD

Conseiller diplomatique et Sherpa :
M. Jean-David LEVITTE

Secrétaire général adjoint :

M. François PEROL

Directeur du cabinet :

Mme Emmanuelle MIGNON

Conseillers à la présidence de la République
:
M. Franck LOUVRIER
M. Arnold MUNNICH
M. Patrick OUART

Chef de cabinet :
M. Cédric GOUBET

Chef de cabinet adjoint :
M. Samuel FRINGANT

Conseillers :

M. Dominique ANTOINE, conseiller culture, éducation, jeunesse et sports
M. Bernard BELLOC, conseiller enseignement supérieur et recherche
M. Olivier BIANCARELLI, conseiller parlementaire et Outre-mer
M. Erard CORBIN de MANGOUX, conseiller affaires intérieures
M. Bernard DELPIT, conseiller finances publiques et fiscalité
M. Ramon FERNANDEZ, conseiller économique
Mme Cécile FONTAINE, conseiller défense
M. Pierre-Jérôme HENIN, conseiller presse questions internationales
M. Bruno JOUBERT, conseiller diplomatique adjoint
M. Bertrand MARTINOT, conseiller social
M. Jérôme PEYRAT, conseiller politique
M. Fabien RAYNAUD, conseiller affaires européennes
M. Maxime TANDONNET, conseiller immigration et intégration




Conseillers techniques :

M. Boris BOILLON, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique du Nord, du Proche et du Moyen-Orient
M. Olivier COLOM, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé du G8, des Nations unies, des affaires multilatérales et globales et de la francophonie.
M. Edouard CREPEY, conseiller technique en charge des questions institutionnelles, constitutionnelles et juridiques
Mme Sophie DION, conseiller technique sport
M. Jean-Baptiste de FROMENT, conseiller technique éducation
M. Eric GARANDEAU, conseiller technique culture et communication
M. Christophe INGRAIN, conseiller technique justice
M. Rachid KACI, conseiller technique politique de la ville, diversité
M. Damien LORAS, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des Amériques, de la Russie, du Caucase, des Balkans et de l’Asie centrale
M. Bertrand LORTHOLARY, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Asie
M. Matthieu LOUVOT, conseiller technique industrie - énergie - transport
M. Christophe MALVEZIN, conseiller technique agriculture et pêche
M. Rémi MARECHAUX, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique sub-saharienne
M. Raphaël RADANNE, conseiller technique santé
M. Aimeric RAMADIER, conseiller technique fonction publique et jeunesse
M. Boris RAVIGNON, conseiller technique développement durable
M. François RIAHI, conseiller technique réforme de l’Etat
M. François RICHIER, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des affaires politico-militaires
M. Julien SAMSON, conseiller technique protection sociale
M. Romain SERMAN, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé de l’Afrique sub-saharienne
M. Franck SUPPLISSON, conseiller technique technologies de l'information et de la communication
M. Eric TALLON, conseiller technique à la cellule diplomatique chargé des affaires européennes
M. Julien VAULPRE, conseiller technique opinion

Le nouveau style raté de Nicolas Sarkozy



Nicolas Sarkozy avait préparé son nouveau style présidentiel. Dès le lendemain de la défaite électorale de dimanche 16 mars, il avait pris de la hauteur, cliché à l'appui : un Président grave, rempli par sa fonction, solitaire et maître de lui.

C'est ainsi qu'on a pu le voir marcher "seul" sur le plateau de Glières, en Haute Savoie, où il rendait hommage à la Résistance (mardi 18 mars).




Mais le week-end suivant, patatras !

Quelques photos de son week-end "bling bling" dans une villa à Marrakech prêtée par des amis faisaient irruption dans la presse people.



Nicolas et Carla Sarkozy s'étaient échappés de Paris pour 3 jours de repos. Arrivés vendredi 21 mars à Marrakech, il se sont immédiatement rendus "dans un petit palais princier, au coeur de la palmeraie, dans un lieu appelé Jnane Lakbir." (source)

On appelle cela une communication ratée.

Ratée.

24 mars 2008

Le programme de la nouvelle session parlementaire

Une nouvelle session parlementaire s'ouvre mardi 24 mars. Après la déroute municipale, le parti présidentiel prépare son "Acte II". Le Figaro Magazine, dans son édition du 22 mars, témoigne de l'énervement du Président : "Pour Sarkozy, c'est le moment de réformer", titre l'hebdomadaire dirigé depuis l'été dernier par Etienne Mougeotte, ancien directeur des programmes de TF1.

Le premier gros morceau de cette "seconde" étape serait une "loi sur la modernisation de l'économie" (LME).

Préparée sous l'égide de Claude Guéant, cette loi a d'abord été discutée avec une quarantaine de parlementaires. Jeudi 20 mars, François Fillon et six ministres (Eric Besson, Luc Chatel, Christine Lagarde, Rachida Dati, Hervé Novelli, Roger Karoutchi) ont fait le point sur ce projet, "l'une des réformes phares de l'après-municipales qui vise à relancer la croissance française en favorisant notamment les entreprises et la concurrence". Ces prochains jours Fillon doit même emmener son gouvernement "remanié" en "séminaire". Le Figaro rapporte les propos d'un "membre de l'exécutif" pour justifier la teneur de cette nouvelle loi: «les finances publiques sont dans un état très dégradé». Il faut agir ! Le gouvernement a préféré regrouper dans un seul texte l'ensemble de ces mesures, pour éviter l'embouteillage législatif.

Le projet de loi s'inspire des propositions de la commission Attali sur 4 domaines (source):

1. Vie des entreprises :

- la création d'un statut de l'entrepreneur individuel,

- le gel du surcoût financier engendré par le franchissement des seuils des dix et vingt salariés,

- l'abaissement des droits de mutation dans le cas d'une transmission.

- la probable déductibilité des emprunts en cas de rachat d'une entreprise par un particulier

- la réduction des délais de paiement,

- la forfaitisation des charges fiscales et sociales pour les entreprises individuelles.

2. Concurrence, consommation et rapports commerciaux :

- autorisation de négocier les conditions de vente des fournisseurs à la grande distribution "afin de mettre un terme à la pratique des "marges arrière" et d'entraîner une révision à la baisse des prix de vente."

- assouplissement des règles de l'urbanisme commercial pour faciliter le développement de moyennes surfaces,

- assouplissement des conditions d'ouverture des grandes surfaces - ouverture dominicale - ou des centres commerciaux.

- création d'une Autorité de la concurrence.

3. Attractivité du territoire:

- Création d'une nouvelle carte de résident pour des "étrangers contribuant de façon remarquable au développement économique de la France".

- Amélioration de la couverture en très haut débit,

- Mise en place d'un dividende numérique.

4. Compétitivité de la place financière de Paris :

- Réforme du livret A, (qui supprime le monopole de La Banque postale et de la Caisse d'épargne en ouvrant sa distribution à toutes les banques).

- Evolution de la Caisse des dépôts et consignations (CDC),

Deuxième priorité du gouvernement, la loi sur la modernisation du marché du travail devrait suivre et entériner l'accord intervenu en décembre dernier entre patronat et une partie des syndicats.

Troisième gros morceau, on sera fixé début avril sur les mesures à prendre pour "pérenniser les régimes de retraite" (passage à 41 ans, emploi des seniors, prise en compte de la pénibilité...).

Sarkozy et son équipe ont d'autre mesures sous le coude, comme le projet de loi sur l'intéressement et la participation, la "réforme" du lundi de Pentecôte et l'ouverture des commerces le dimanche, les textes d'application des décisions du Grenelle de l'environnement (enfin ?).

Bref, l'Elysée veut convaincre ses partisans que l'action se poursuit.

Ami Sarkozyste, reprend espoir !

La seconde fournée de Légions d'honneur de Sarkozy


La promotion de Pâques de la Légion d'Honneur compte 332 femmes et 330 hommes. Et non des moindres. Quelques exemples.

Bernadette Chirac,
Christian Clavier,
Robert Ménard,
Roberto Alagna,
Hélène Carrère d'Encausse
Yvon Gattaz
Valérie-Anne Giscard d'Estaing
Francis Veber (le réalisateur)
Marek Halter
Catherine Clément
Alain Cayzac
Patrick Le Lay
Hervé Chabalier
Eve Ruggieri

Le cas Allègre

Claude Allègre a envie de gouverner. A son âge relativement avancé, il fait preuve de persévérance. Econduit - sans qu'on sache les raisons - des gouvernements Fillon I (le 16 mai) et Fillon II (le 19 juin), il était pressenti pour rejoindre, enfin, l'équipe Sarkozy à l'issue des élections municipales. Mais entre-temps, Nicolas Sarkozy subit sa première défaite. L'ouverture n'était plus de mise.

Invité du «Grand Jury» RTL-Le Figaro-LCI dimanche 23 mars, il n'a pas écarté sa participation à un prochain gouvernement Sarkozy.

Toujours prêt ! Claude Allègre a fait savoir dimanche qu'il était disponible pour assumer un rôle de «technicien» au sein du gouvernement. L'ancien ministre de l'Éducation de Lionel Jospin a même laissé transparaître une pointe de regret de n'avoir pas encore été sollicité par Nicolas Sarkozy, avec lequel il entretient «un dialogue assez suivi». Il s'en console en jugeant que les modifications intervenues la semaine dernière n'étaient «pas un vrai remaniement». «Si le gouvernement avait été remanié, il n'aurait pas été totalement impossible que j'en aie fait partie», veut-il croire (source: LE FIGARO)
Question : A quel titre si ce n'est celui de socialiste-tenté-par-un-strapotin-chez-Sarkozy Claude Allègre est il invité ?
Il ne représente rien ni personne.
On appréciera cette initiative de RTL, du Figaro et de LCI.

Carla Bruni nue, c'est reparti.



L'édition anglaise du magazine GQ du mois d'avril publie des photographies dénudées de Carla Bruni datant de l'an dernier, et ce à quelques jours de la visite du couple Sarkozy au Royaume Uni.

Comme le dit André Gunthert sur son blog, "une telle publication, liée à un événement protocolaire, crée un précédent fâcheux. Sera-t-il possible de maintenir longtemps la fiction de l'indifférence face au succès public de la plastique de la Première Dame?"


23 mars 2008

Joyeuses Pâques !


46ème semaine de Sarkofrance: Nicolas a fait "Bling"


Cette 46ème semaine de sarkofrance fut celle d'un plaisir, et d'une douleur. Elle a débuté par la victoire de la gauche aux élections. On ne reviendra pas sur la question de vocabulaire qui a agité les plateaux de télévision dimanche 16 mars au soir, puis les responsables de l'UMP dans les jours qui suivirent: défaite, claque, déroute, gifle, peu importe. Sarkozy a perdu ces élections, et cette défaite fut personnelle.

Sarkozy veut créer la diversion
Tout le monde le sait, tout le monde l'annonce. Sarkozy a mangé le reste de pain blanc financier qu'il avait avec son "paquet fiscal" de l'étré 2007. Maintentant, il faut faire des économies. La crise amériacine aidant, l'inflation en plus, cette recherche d'équilibre financier des comptes publics risque d'être douloureux. Le pouvoir d'achat était en berne en 2007. Le premier trimestre 2008 s'achève sur une note inquiétante.
Comme s'il craignait d'affronter la réalité, et surtout sa révélation aux Français, Sarkozy multiplie les leurres : nomination d'un jeune conseiller spécial "anti-rumeur", l'oeil de Sarkozy sur le Net; inauguration d'un porte-avion nucléaire, réforme des institutions, célébration d'un résistant, etc... Bref, que des mesures en faveur du pouvoir d'achat !!

Son "réajustement" gouvernemental de mardi 18 mars témoigne des durcissements politiques à venir: l'ouverture est terminée (mais nous connaissions sa précarité depuis ... juin dernier); des Sarkozystes complètent le dispositif, et la feuille de route est annoncée en Conseil des Ministres.

Plus rien à dire
Etre attentif à l'action du Président Sarkozy ressemble de plus en plus à une exercice immobile. Depuis novembre dernier, on peut se moquer de son comportement Bling Bling, de ses SMS, de son mariage; on peut s'inquiéter de sa nervosité, de son repli, de son aggressivité. Mais trouver un texte à décortiquer, un projet de loi à analyser, une action à commenter devient difficile, voire impossible. C'en devient déprimant pour le citoyen vigilant.

Telle soeur Anne, je ne vois rien venir.

Sarkozy a "commis son pire" dans ses premiers mois, entre juin et octobre. Puis il s'est arrêté. Attendant les élections municipales, il a perdu 6 mois de mandature à crier la réforme sans la lancer.
Les parlementaires UMP peuvent s'impatienter, échaudés par cette défaite électorale. Sarkozy ne fait rien.

Sarkozy a inventé l'agitation immobile.

22 mars 2008

"La Villa Médicis, victime du fait du prince"


Une trentaine d'artistes s'étonnent de la nomination de Georges-Marc Benamou à la Villa Médicis (une quinzaine de salariés, une belle villa, à Rome). Benamou a été congédié de son poste de conseiller de l'Elysée la semaine dernière. Cette nomination est son lot de consolation.

Rappelez vous la promesse du candidat Sarkozy, lors de son discours d'investiture:
"La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais en fonction des compétences”

Jane Birkin, Yves Simon, Sophie Calle, le metteur en scène Patrice Chéreau, les philosophes Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, les écrivains Jean-Noël Schifano, Geneviève Brisac, ou encore Olivier Rolin, ont ainsi signé un texte intitulé "La Villa Médicis, victime du fait du prince", publié par LE MONDE vendredi 21 mars.

Nous sommes, au-delà de toute question de personnes, attachés au respect des compétences, des institutions et des règles. L'Académie de France à Rome poursuit une noble tâche depuis des siècles, de transmission et de création. La diriger requiert un lien fort avec l'Italie et sa langue, un intérêt nourri pour la création contemporaine dans ses expressions les plus diverses et toujours exigeantes, bref, un enthousiasme, une passion.

Il apparaît qu'une nomination pourrait être bientôt effective, qui enverrait à la Villa Médicis le conseiller aux affaires culturelles de l'Elysée quittant ses fonctions, comme lot de consolation. Soyons clairs : personne n'aurait pensé une seconde à lui pour ce titre en dehors de la nécessité de lui trouver un parachutage. Qu'il déclare vouloir s'y consacrer avant tout à des activités personnelles ne fait qu'ajouter à l'inquiétude.

PRINCIPE DÉMOCRATIQUE

Cette nomination serait méprisante, pour nos voisins italiens, pour l'Académie de France à Rome, pour tous les créateurs, et notamment ceux qui ont mérité son hospitalité, et tous les citoyens qui veulent préserver l'indépendance de la culture face aux pouvoirs politiques.

En date du 6 avril 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat à la présidence, émettait le souhait dans son projet que "les nominations aux fonctions les plus importantes de l'Etat se fassent sur des critères de compétences et de hauteur de vue, et non sur des critères de proximité avec le pouvoir politique en place. Les candidats à ces nominations seront auditionnés publiquement par le Parlement et celui-ci pourra mettre son veto à leur nomination". Nul besoin de procès ni de polémiques. Nous appelons simplement à l'application de cette belle idée de transparence.

Le poste de directeur de l'Académie de France à Rome est important, prestigieux, il nous représente dans un grand pays de création et de culture. Nous demandons donc au président de la République d'appliquer le principe démocratique d'une soumission des candidatures aux commissions spécialisées de l'Assemblée nationale et du Sénat.
Signataires: Jane Birkin, artiste ;
François Bon, écrivain ;
Geneviève Brisac, écrivain ;
Pascal Bruckner, écrivain, philosophe ;
Olivier Cadiot, écrivain ;
Sophie Calle, artiste ;
Patrice Chéreau, metteur en scène, cinéaste ;
Bernard Comment, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Pascal Convert, artiste et ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Maryline Desbiolles, écrivain ;
Pascal Dusapin, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Alain Finkielkraut, philosophe ;
Gérard Fromanger, artiste ;
Valérie Gans, écrivain ;
Gabriel Garran, metteur en scène ;
François Hartog, historien ;
Valérie Lang, comédienne ;
Gila Lustiger, écrivain ;
Bruno Mantovani, compositeur, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Pierre Michon, écrivain ;
Catherine Millet, critique d'art, auteur, directrice d'Art Press ;
Marie-Ange Munoz, écrivain ;
Manuela Morgaine, artiste, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Stanislas Nordey, metteur en scène ;
Bernard Pagès, artiste ;
Giuseppe Penone, artiste plasticien ;
Jacqueline Risset, écrivain, professeur, traductrice ;
Olivier Rolin, écrivain ;
Tiphaine Samoyault, écrivain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis ;
Jean-Noël Schifano, écrivain, éditeur, citoyen d'honneur de la ville de Naples ;
Yves Simon, écrivain, chanteur ;
Aberrahmane Sissako, cinéaste ;
Alain Veinstein, écrivain, producteur à France-Culture ;
Marc Weitzmann, écrivain.

le spectre de la crisE

Sarkozy n' est pour rien. La crise générale se confirme. On ne parle pas de 1929.
Voici ce qu'écrit Le Monde, ce samedi 22 mars:
"La majorité des économistes américains sont maintenant convaincus que les Etats-Unis ont basculé dans la récession. Pour Martin Feldstein, président du National Bureau of Economic Research, dont la mission consiste à déterminer les périodes de récession, non seulement celle-ci a commencé, mais elle serait l'une des plus sévères depuis la seconde guerre mondiale. Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1987 à 2006, évoque la crise la plus "wrenching" (douloureuse) depuis 1945."

Après 1929, l'Amérique de Roosevelt installa le New Deal. Protéger les plus faibles quand l'orage économique s'annonce est une exigence.
En Sarkofrance, rien ne permet de penser que le gouvernement Sarkozy réagira ainsi.

Révolution ?

Promesse tenue ? La réforme des mineurs sera lancée en avril



Rachida Dati va confier à un groupe de travail dès le 4 avril prochain la charge de réfléchir à une réforme de l'ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs. Une "révélation" du Figaro très opportune en ces temps électoraux.
"Ce groupe comprendra des magistrats, avocats, pédopsychiatres, membres de la protection judiciaire de la jeunesse…, mais aussi plusieurs parlementaires afin d'associer des élus sur un sujet aussi délicat politiquement. Selon un document confidentiel, dont Le Figaro a pris connaissance, plusieurs pistes de travail sont déjà tracées par les services de la Chancellerie."
Première piste, « une justice plus réactive et plus adaptée » aux évolutions de la délinquance des jeunes. "Au cours des cinq dernières années, le nombre de condamnations de mineur pour violences a augmenté de 40 %." explique le Figaro.

Le second objectif fixé est de définir un âge minimum de responsabilité pénale. L'ordonnance de 1945 est construite autour de plusieurs tranches d'âges de 10 à 13 ans, de 13 à 16 ans et de 16 à 18 ans. En fonction de leur âge, les mineurs auxquels est imputée une infraction qualifiée crime ou délit "ne seront pas déférés aux juridictions pénales de droit commun, et ne seront justiciables que des tribunaux pour enfants ou des cours d'assises des mineurs." (chapitre 1er de l'ordonnance)
L'âge de la responsabilité pénale, âge où le mineur peut être considéré responsable de ses actes et donc passible de sanctions pénales, varie en fonction des pays. Il est fixé par la loi à : 10 ans pour la Suisse et l'Angleterre, 12 ans pour les Pays-Bas, la Grèce et la Suède, 14 ans pour l'Espagne, l’Allemagne et l’Italie, 16 ans pour le Portugal et 18 ans pour la Belgique et le Luxembourg. (...)

En Allemagne et en Italie, la responsabilité pénale d’un mineur entre 14 et 16 ans peut être écartée par le juge en raison de son « immaturité ». (source: Ministère de la Justice).
Il s'agit davantage d'un affichage: ce qui importe vraiment c'est la majorité pénale, c'est-à-dire l'âge auquel on ne bénéficie plus ni d'une juridiction spécialisée pour mineurs ni d'une présomption d'atténuation de responsabilité. En France, elle est fixée à 18 ans, comme chez tous nos voisins européens, sauf la Grèce (17 ans révolus), le Portugal (16 ans), et les Pays Bas (18 ans mais peut être abaissée en fonction de la gravité).

Enfin, le dernier objectif de la mission sera de simplifier l'ordonnance de 1945, déjà modifiée 31 fois depuis sa publication.

Il y a un an, le candidat Sarkozy avait promis cette réforme.
"Je demande qu’on change l’ordonnance de 45 sur les mineurs, ça ne peut plus continuer comme ça. Un mineur de 17 ans, n’a rien à voir avec un mineur de 17 ans en 1945 et d’ailleurs quand vous êtes frappé par un mineur ça vous fait la même souffrance que quand vous êtes frappé par un majeur. Le mineur multirécidiviste de 16 à 18 ans sera puni comme un majeur."
En 2006, dernière année complète du Ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy, près de 202 000 mineurs ont été mis en cause pour crimes et délits, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2005. Les mineurs représentent ainsi 18% de l'ensemble des mis en cause, un taux en légère progression depuis 2004.

Commentaire:
la constitution d'un groupe d'experts pour réfléchir à cette réforme est une nouvelle illustration de l'impréparation du candidat Sarkozy ou de son manque de confiance. Non ?