1 mars 2008

43ème semaine de Sarkofrance : populisme présidentiel

L'expression est bien trouvée. Elle est d'Olivier Duhamel, dans une tribune publiée dans LIBERATION ces derniers jours. Elle caractérise bien cette 43ème semaine de Sarkofrance.

"Casse-toi, pauvre con"

Notre Président est avant tout "un homme", qui a le droit légitime de répondre à un refus de poignée de main par une insulte. C'est ainsi que les proches du Président ont défendu le dernier dérapage de leur chef. Quand un manifestant lui cria le 31 août 2004, alors qu'il était ministre, "retourne en Chine, espèce de Hongrois !" (une vraie insulte également, que l'auteur de ce blog réprouve), le manifestant fut jugé et condamné à 1 mois de prison ferme. Quand, le 1er novembre 2006, un jeune homme l'insulta, en des termes que la morale réprouve ("nique" blablabla), le tribunal d'Aubagne condamna le délinquant verbal à 4 mois de prison ferme.
Bref, Nicolas Sarkozy a de la chance d'être président. Le citoyen insulté ne peut porter plainte.
Cette insulte présidentielle décrit, incolontairement, un état d'esprit qui est devenu une politique, une façon d'agir et de se comporter pour l'équipe Sarkozy.

"Bouge-toi, pauvre juge"
Le Conseil Constitutionnel a invalidé la rétro-activité demandée par Rachida Dati dans sa loi sur la rétention de surêté. Qu'importe, le Président fait appel au premier Président de la Cour de Cassation. Celui-ci décline. L'avis du Conseil est audessus de tout. Nicolas Sarkozy s'énerve ("je ne céderai pas, le principe de précaution doit s'appliquer aux victimes" déclare t il au PARISIEN mardi 26 février), et lâche ses proches. La "majorité" présidentielle se livre lors aux pires anathèmes, aux plus stupides amalgames. Jugez plutôt.

"Contrairement au Parti Socialiste, nous ne voulons pas que des prédateurs sexuels soient dans les rues et menacent nos enfants." Yves Jego, porte-parole de l'UMP lundi 25 février.

"Je laisse le soin aux Français de juger le Parti Socialiste, qui se met clairement du côté des assassins et oublie les victimes." Nadine MORANO, porte-parole de l'UMP le 23 février.

Bizarrement, personne ne porte plainte contre ces accusations.

"Les digues ont sauté" écrivions nous dans une précédente chronique il y a tout juste 20 semaines. Elles ont effectivement sauté. "Il faut tout tenter" nous explique même la secrétaire aux droits de l'homme en meeting électoral.

"Réveille-toi, pauvre citoyen"
Nicolas Sarkozy a ainsi cessé toute référence au rassemblement, à la France unie, à la rupture pour tous. Il est revenu à une démarche plus efficace: simplifier la réalité à l'extrême, puis prendre le peuple à témoin, dans ses instincts les plus réducteurs. "Je parle comme vous, je pense comme vous, j'agis pour vous, c'est pour cela que l'establishement m'en veut" semble nous dire Sarkozy à chaque intervention. Cela ne vous rappelle rien ?

Nadine Morano (encore elle) a ainsi proposé au Président de l'Assemblée Nationale qu'une commission soit créée pour "réfléchir à l'adaptation de la Constitution afin qu'une loi puisse être rétroactive, dans des cas exceptionnels, lorsqu'il s'agit de la sécurité des Français" (LE MONDE 27 février).

Résumons nous :
1. Un président qui fait appel au "peuple" contre les "élites",
2. Une opposition accusée d'indulgence criminelle
3. Un appel à des lois d'exception.

Ami Sarkozyste, ne me traite pas de parano.

3 commentaires:

  1. Vraiment pourri ton blog :)
    Je crois qu'un rappel de la loi ne te ferais pas de mal ;)

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  2. Heureusement qu'il y a des blogs comme celui-ci pour faire prendre conscience à de nombreux Français qu'ils ont fait l'erreur du siècle en votant pour Sarko...
    La vigilance citoyenne est de plus en plus de rigueur...! Nous allons dans le mur...

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  3. @anonyme : ??
    @nicolas : merci ! C'est tjs bien de s'encourager dans les moments de mou...

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