Nicolas Sarkozy cherche de l'ampleur. Il s'est débarrassé, comme prévu, des "maillons faibles" de son équipe élyséennes lundi 17 mars. Il a aussi posé devant la dépouille de Lazare Ponticelli, sans-papier italien, doyen des Français, dernier poilu vivant de la Grande Guerre.
La gifle, aux élections cantonales surtout.
Finalement, la gauche dépasse la majorité absolue aux élections cantonales, un score historique, avec 51,28% des voix au second tour, contre 44,52% pour la droite. Huit départements devraient basculer ainsi à gauche (Corrèze, Indre-et-Loire, Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres, Allier, Ain, Somme et Val d'Oise).
Les Maillons Faibles
David Martinon a été viré de son poste de porte-parole de la Présidence. Depuis son éviction de l'élection municipale de Neuilly, et surtout le divorce de Cécilia et Nicolas Sarkozy, ses jours étaient comptés. Nous vous annoncions son départ, comme d'autres, samedi dernier. martinon partirait à New York, comme consul. Ses fonctions sont reprises par Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, et Jean-David Levitte, le sherpa de Sarkozy.
Le départ de Georges-Marc Benamou est plus surprenant. Il était vu comme le bras armé de l'Elysée contre Patrick de Carolis, président de France Télévisions nommé sous Chirac, puis, assez rapidement, contre la ministre de la Culture Christine Albanel. il est vrai qu'il a accusé certaines boulettes... Benamou partirait à la Villa Medicis à Rome.
Un peu de grandeur dans cette petite présidence ?
Sarkozy a cherché sa stature dans l'enterrement de Lazare Ponticelli: accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dont François Fillon, Hervé Morin, ainsi que le ministre italien de la Défense Arturo Parisi, il a assisté à l'office dans "l'Eglise des soldats." Il a dévoilé une plaque à la mémoire de l'ensemble des combattants de la guerre de 1914-1918 sous le Dôme des Invalides et prononcé son discours de "grand" président :
"Il est de notre devoir que, par-delà l'Histoire, la mémoire demeure malgré tout vivante. C'est un devoir national, c'est un devoir humain. On ne construit pas son avenir en oubliant son passé, mais en l'assumant et en le surmontant" (...)
"Mais le souvenir est fragile quand la mort est passée" (...)
"En cet instant, dans toute la France, la pensée de chacun se tourne vers ces femmes et ces hommes qui nous ont appris la grandeur du patriotisme qui est l'amour de son pays et la détestation du nationalisme qui est la haine des autres" (...)
"Et par-delà le silence de la mort, ils nous parlent encore au nom de ce qu'ils ont enduré. Ils nous disent que la compréhension, le respect et la solidarité humaine sont les seuls remparts contre la barbarie qui, à chaque instant, si nous n'y prenons pas garde, peut menacer à nouveau de submerger le monde. Nous ne les oublierons jamais" (...)"C'est un hommage à ceux qui l'ont faite, marins, aviateurs, cavaliers, artilleurs, fantassins, civils, en souffrant et en risquant leur vie pour l'amour de leur patrie et pour l'idée qu'ils se faisaient de ce qu'ils lui devaient, pour l'idée qu'ils se faisaient de la liberté, de l'honneur et du courage" (...)
"Au milieu de circonstances tragiques qui les dépassaient, pris dans un engrenage fatal dont aucun n'était individuellement responsable, ils n'ont pris les armes au fond que pour une seule raison: parce qu'ils préféraient mourir en hommes libres plutôt que de vivre en esclaves" (...)
"Ce qu'ils ont fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et ils l'ont fait. Trente ans plus tard, aux Glières où j'irai me recueillir demain, une poignée d'hommes allaient eux aussi faire le sacrifice de leurs vies en proclamant:
vivre libre ou mourir !"
"Jeunesse de France, souvenez-vous toujours de ce que vous devez aux femmes et aux hommes qui furent si grands dans l'épreuve et dans le malheur!" (source)
Mardi 18 mars, Sarkozy prend un peu plus de hauteur : il part en Haute-Savoie, sur le Plateau des Glières, pour un hommage à "Tom MOREL et à ses camarades de la Résistance." Honorer un résistant, un lendemain de défaite électorale, belle coïncidence.






2 commentaires:
Décidemment tout le monde fout l'camp à l'Elysée.Hommage à Lazare Ponticelli en passant...
Et encore merci à Juan pour ce blog.
Conrad
Beaucoup mieux le nouveau graphisme :)
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