mercredi 19 mars 2008

Les signaux du durcissement, ou la reprise en main de Sarkozy


Au lendemain d'une défaite électorale, 10 mois après son élection, Nicolas Sarkozy a échoué politiqueement et personnellement au rendez-vous municipal. Il a procédé à un mini-remaniement ministériel mardi 18 mars, qui est un signal de plus du durcissement à venir.



Le signal présidentiel

David Martinon viré, deux fidèles et expérimentés reprennent la main. De même, l'improbable Benamou repart en villégiature dorée (la Villa Médicis à Rome, rien que ça).

Le signal gouvernemental

Les fidèles de la Sarkozie sont promus : Laurent Wauquiez hérite de l'Emploi, Luc Chatel cumulera Consommation et Porte-Parole. Hubert Falco (maire de Toulon) est nommé à l'Aménagement du territoire. Les deux porte-parole de l'UMP, Yves Jégo et Nadine Morano font leur entrée au gouvernement, le premier à l'Outre-Mer, la seconde à la Famille. Eric Besson, très loyal, est récompensé en héritant de l'Economie numérique. Alain Joyandet, secrétaire national de l'UMP, chargé des fédérations, a été nommé à la Francophonie et au Développement.
Pour compenser ce durcissement politique, Sarkozy a fait appel à deux novices: Anne-Marie Idrac, 56 ans, est nommée mardi secrétaire d'Etat au Commerce extérieur. Ancienne élue UDF des Yvelines, proche d'Alain Juppé, elle a été récemment débarquée de la présidence de la SNCF. Christian Blanc, éternel donneur de leçon, proche de Denis Olivennes dont il a été le patron à Air France au siècle dernier, arrive sur un secrétariat original dédié à la «Région Capitale». Mais Sarkozy a puni Jean-Marie Bockel: il est relégué au secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants.

Parmi les changements d'intitulés, la ministre de l'Economie Christine Lagarde, perd les finances au profit de l'industrie. Une façon pour Nicolas Sarkozy de souligner sa volonté de privilégier un «capitalisme d'entrepreneurs et non de spéculateurs»? Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Boorlo, se voit, lui, adjoindre le secteur stratégique de l'énergie, «une façon de souligner l'importance et la cohérence de ces sujets», selon son entourage (source).

Le signal de la rigueur
Sarkozy réfléchirait à un plan choc, que MEDIAPART détaille. On y retrouve différentes mesures déjà évoquées sur ce blog, et quelques nouveautés telles la suppression de l'ISF, ou la privatisation partielle d'AREVA. François Fillon a annoncé qu'il ne changerait rien. on le croit sur parole.

Les signaux du durcissement politique sont donc là.

Mini-remaniement pour un maxi-aveugleument ?

4 commentaires:

Althéa a dit…

Ca me déprime... Suppression de l'ISF mais allongement de la durée de travail.

C'est moi qui ne comprend pas tout ou suis-je vraiment une (relativement) vieille réac prolétaire?

Brica a dit…

Mitou, comme on dit chez AOL...

Finky a dit…

Bah, la grosse erreur serait de croire que Sarkozy a perdu la partie ; Notre Président dispose de deux atouts majeurs.

Il est encore là pour quatre ans, ce qui n'est pas rien. Qui aurait pu imaginer il y a six mois, lors de son élection, que sa vaste tromperie serait si vite éventée ? Personne ne peut prédire ou il en sera dans un an, alors dans quatre. Chirac a survécu 10 ans à sa dissolution ratée, Sarko peut bien en faire autant aprés une veste à une élection intermédiaire...
L'absence d'une opposition crédible est le second point. Le PS est toujours dans le flou, le Modem se cherche encore (même si ces résultats sont moins mauvais que ne le certifient nos médiacrates habituels).

Pour ce qui est de l'avenir, il ne faire guère de doute que le pire est devant. Nous auront sans doute l'occasion d'en reparler ...

Juan a dit…

@finky: je suis bien d'accord avec toi. 4 ans, c'est long. Il faut marteler que les discours d'ouverture n'étaient que facade, nous l'avons tous dit, etc.

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