30 avril 2008

Sarkozy : 7 maximes pour TES droits de l'homme


1. Il est facile de critiquer les violations de droits de l'homme

2. Il est utile de maintenir un contact diplomatique avec son pire ennemi.

3. Il est important de ne pas déstabiliser une région.

4. Il est indécent de recevoir un tortionnaire avec les honneurs.

5. Il est honteux de célébrer un dictateur pour ses "efforts" en matière de droits de l'homme.
"Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", a déclaré lundi soir Nicolas Sarkozy à Tunis en préambule à un dîner offert par son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali. "Ce chemin, aucun pays ne peut prétendre l’avoir entièrement parcouru et personne ne peut se poser en censeur", a insisté le chef de l’Etat français

6. Il est infâme de conserver des relations avec une dictature pour des raisons commerciales.
«Nicolas Sarkozy a encore une fois montré que sa politique en matière de droits de l’homme fluctue en fonction du tiroir-caisse» (source)

7. Il est nécessaire de critiquer les violations des droits de l'homme.
"La secrétaire d’Etat (Rama Yade) a refusé de se rendre au local de la LTDH (Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme), prétextant des « problèmes internes » (source Afrik.com)

Ami Sarkozyste, où es tu ?

Moral en berne en Sarkofrance : est-ce surprenant ?

Le moral des ménages français, mesuré chaque mois par l'INSEE depuis 1987, a encore touché le fonds. La chute depuis l'élection de Nicolas Sarkozy est vertigineuse. Choc de confiance ? Choc de défiance ! Au mois d’avril, les ménages sont plus pessimistes sur les perspectives d’évolution du niveau de vie en France.

Faut il être surpris ?

François Fillon touchera 8 000 euros de retraite par mois. Les députés n'ont pas modifié rétroactivement comme le reste de la population leur niveau des retraites à venir. Ce montant a été calculé par Marianne:
  • 307 euros par mandat de maire de Sablé-sur-Sarthe, soit 921 euros pour ses trois mandats;
  • 449 euros pour son (unique) mandat de président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire;
  • 328 euros par mandat pour son poste de conseiller général de la Sarthe, "qu'il occupe toujours depuis 1998"
  • 5 973,33 euros bruts au titre de son mandat de député ("la pension maximale à laquelle peut prétendre un parlementaire. Pendant les quinze premières années de mandat, le parlementaire cotise double pour sa pension, et atteint trente-sept ans et demi de cotisations.")
Les syndicats n'ont pas réussi à convaincre le gouvernement qu'il sera difficile aux salariés de tous commencer à travailler à 17 ans, pour espérer avoir 41 annuités de cotisations pleines avant la retraite, sachant que cette dernière est subie à partir de 58 ans... L'équation est pourtant simple : 58 - 41 = 17 ans. Même Xavier Darcos devrait savoir... D'autres solutions, comme l'augmentation des cotisations vieillesse, ont été proposées.

Parmi les propositions des syndicats, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a essayé de prendre à contre pied le gouvernement en proposant à François Fillon ce mardi matin d'augmenter dès maintenant les cotisations vieillesse de 0.5% pour reporter l'instauration de l'allongement de la durée de cotisation (source)
Xavier Darcos s'est calmement insurgé, dans un long discours, contre les "clivages idéologiques" sur l'école: "A la rentrée prochaine, une nouvelle école primaire sera là, sans révolution, sans brutaliser qui que ce soit, sans chercher à tout prix à monter des querelles inutiles."
Dans le détail, les nouveaux programmes prévoient finalement trois heures de sport hebdomadaire au lieu de quatre, repoussent l'apprentissage du passé antérieur au collège, celui de la technique opératoire de la division au CE2, font davantage référence au socle commun de connaissances et de compétences, ainsi qu'au principe d'une scolarité organisée en cycles.
Ils précisent désormais, outre les horaires hebdomadaires en français et en mathématiques, les horaires annuels pour les autres matières (langue vivante, pratique artistique et histoire des arts, instruction civique et morale, histoire-géographie, sciences).
Enfin, la grande section de maternelle retrouve sa spécificité alors que de nombreux enseignants craignaient qu'on en fasse un pré-CP, en abordant l'apprentissage de la lecture.
Pendant ce temps, les lycéens de province ont pris le relais de leurs camarades d'île de France, en congés depuis 10 jours, en manifestant contre les suppressions de postes d'enseignants. Entre 25 000 et 50 000 manifestants ont sillonné les grandes villes de province lundi 28 avril.

Xavier Bertrand est tout content: le projet de loi sur la flexisécurité a été adopté mardi 29 avril. La loi prévoit la possibilité de rompre un contrat de travail à l'amiable, abroge le Contrat nouvelles embauches (CNE) et rappelle que le CDI est la forme «normale et générale» de la relation du travail. Cependant, il allonge la période d'essai jusqu'à quatre mois pour les cadres et, selon l'article 4, tout licenciement devra être justifié. Le texte prévoit également, à titre expérimental, un nouveau type de contrat de mission de 18 à 36 mois réservée aux cadres et ingénieurs. les députés Verts et communistes ont regretté que les volets formation professionnelle et indemnisation n'aient pas été étudiés.

Les salariés du dernier site français de fabrication de scooters sont attristés : leur employeur Peugeot fait du chantage à l'emploi : abandon partiel des 35 heures contre maintien des 1050 emplois des sites de Mandeure et Dannemarie. Le bénéfice net de Peugeot en 2007 a quintuplé son bénéfice net en 2007, à 855 millions d'euros.

Les Banques privées peuvent se réjouir : la gestion de la collecte du Livret A va leur être permise. Jusqu'à maintenant, cette collecte était gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations et servait au financement du logement social. Le gouvernement a annoncé qu'il abandonnerait le recours contre la décision de la Commission Européenne qui demandait à la France d'abandonner cette particularité française.
Confier la collecte des fonds à des banques, qui viennent de prouver leur capacité rapide à se gauffrer dans des spéculations hasardeuses, (les subprimes), est une curieuse démarche.
Une pétition contre cette réforme est signable ici.

A lire chez les Vigilants:
Le moral dans les chaussettes (peuples.net)
J'ai pas le moral (Marc Vasseur)

Quelle durée du travail ?



Merci à Politistution de nous remettre les pendules à l'heure

Décrypter le language de Nicolas Sarkozy

Répondre à des questions ... par des questions. Un grand classique. merci à Politistution.

29 avril 2008

50 000 emplois de plus par an ?

La loi de modernisation de l'économie a été présentée lundi 28 avril en Conseil des ministres par Christine Lagarde, ministre de l'Economie. Cette dernière a expliqué que son dispositif devrait créer quelques 50 000 emplois supplémentaires par an : "Ce projet de loi s'attaque à des verrous et à des blocages qui ne sont plus supportables dans notre société."

Voici la première application des recommandations de la Commission Attali.

1. Libéralisation des prix.
Le gouvernement espère que sa loi permettra aux fournisseurs et aux distributeurs de "négocier les conditions générales de ventes." "Dans ces conditions, les prix seront plus bas qu'avec le système actuel occulte de marges arrières", explique la ministre.

2. Libéralisation de la distribution
La loi entend simplifier l'implantation des grandes surfaces. "Le projet de loi supprime les mécanismes d'autorisation très lourds jusqu'à une surface de 1.000 m2. Cela va permettre plus d'ouvertures de magasins", explique Christine Lagarde. "Les consommateurs pourront choisir. Et on le sait : plus il y a de joueurs, plus ils font jouer entre eux la concurrence. Ça fait baisser les prix et c'est bon pour le pouvoir d'achat"

3. Amélioration du fonds d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce destiné à aider les petits commerces de centre-ville.
Histoire de rassurer, la ministre donne des gages. Comme aux petits producteurs qui se déclarent inquiets.

Bizarrement, alors que le Président avait taclé la grande distribution lors de son intervention télévisée, cette dernière est la première bénéficiaire de cette loi.

En Tunisie, Sarkozy vend sans regarder



Nicolas Sarkozy est arrivé en Tunisie lundi 28 avril, pour une visite de 48 heures. Comme c'est l'habitude lors de ces déplacements présidentiels, des contrats commerciaux sont prêts. Après l'Algérie et le Maroc, la Tunisie sera le troisième (et dernier) pays du Maghreb à se voir proposer la technologie nucléaire française.

Anne-Marie Idrac, nouvelle secrétaire d’État au Commerce extérieur, était venue en Tunisie il y a un mois. Le terrain est prêt.
la France et la Tunisie devraient, selon la secrétaire d’État, "conclure un nouvel accord de partenariat économique et financier, destiné à accompagner l’effort de renforcement de la compétitivité tunisienne dans le contexte d’ouverture à la concurrence internationale" (source AFP-France Info).
Les défenseurs des droits de l'homme espère que le Président évoquera le sort des libertés publiques en Tunisie. Lors de sa visite éclair de juillet dernier, ils avaient été déçus.
"La société civile a été superbement ignorée. Nous n'avons eu ni audience, ni contact avec sa délégation pendant les quelques heures qu'il a passées sur notre territoire", déplore le président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.
"La justice est aux ordres, la corruption se généralise, la torture est fréquente. Le bilan du régime est désastreux", résume la présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) Khadija Cherif. "Cette fois, nous ne nous voulons pas d'une simple libération comme alibi".
Accompagné de Carla Bruni et de 7 ministres, Sarkozy évoquera surtout son projet d’Union pour la Méditerranée. Les autorités tunisiennes ont même fait savoir que Sarkozy venait pour déclarer pour exprimer son "estime" et son "soutien" à son homologue tunisien Zine El Abidine Ben Ali (entretien publié dimanche 27 avril dans le quotidien arabophone tunisien Ach-Chourouk).
La France a ainsi signé avec la Tunisie sa première convention de gestion concertée de l'immigration avec un pays maghrébin. Ce texte doit renforcer la lutte contre les clandestins, ouvrir le territoire français à l'immigration professionnelle et favoriser le développement dit «solidaire» entre les deux pays. Comme c'est devenu la marque de fabrique de sa diplomatie depuis un an, Paris va offrir à Tunis un accès à sa technologie nucléaire civile sous la forme d'accord-cadre de coopération. Identique à ceux paraphés par Tripoli, Rabat ou Alger, ce texte ouvre la voie à l'éventuelle livraison, d'ici quinze à vingt ans, d'un ou plusieurs réacteurs nucléaires (source).
Ce voyage participe en tous cas de la démarche de "présidentialisation" de Nicolas Sarkozy. Prendre de la hauteur, rester dans le domaine réservé (la politique étrangère) et oublier les mauvais sondages. Un nouveau baromètre, réalisé AVANT sa prestation télévisée de jeudi dernier, le crédite du plus mauvais score de popularité depuis ... 1981 et la création de ce sondage (BVA).
Juste avant son passage à la télévision, Nicolas Sarkozy connaissait le taux de mauvaises opinions le plus élevé jamais enregistré par l’institut BVA depuis la création de son baromètre de l’exécutif, en 1981, soit 64% d’avis négatifs. Si le fait que seuls 32% des Français jugent favorablement leur Président n’est pas sans précédent, ce fut le cas pour Jacques Chirac en novembre 1995, et François Mitterrand n’avait que 31% de bonnes opinions en mars 1992, les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy suscitaient moins de sentiments négatifs (source).

28 avril 2008

Droite couac couac, les Français couic couic

L'ump célèbre la 1ère bougie de la Présidence Sarkozy


Pour célébrer le premier anniversaire de la présidence Sarkozy, l'UMP fait feu de tout bois. Certains d'entre nous ont reçu le tract "MAI 2007- MAI 2008, Un an de réformes, un an de promesses tenues."

L'UMP a également ouvert un blog le 22 avril dernier pour l'occasion : "6 mai, un an ensemble." Frédéric Lefebvre, le suppléant UMP de Jacques Santini (Nouveau Centre), devenu député quand ce dernier rejoignit le gouvernement avant sa mise en examen pour détournement de fonds, explique aux internautes pourquoi il faut se réjouir. Jugez plutôt.


J'invite les internautes à lire les billets de Sarkofrance enregistrés sous le label "PROMESSES." Au 28 avril, on peut en compter 740. Sept cent quarante billets pour parler des promesses tenues ou non tenues du candidat Sarkozy. Ce blog est très utile, tant le nombre de Français sceptiques est important.

Même l'auteur de ce blog n'imaginait pas une pareille déconfiture aussi rapidement.

Merci Nicolas.

Ne change rien.

27 avril 2008

51ème semaine de Sarkofrance : question de franchise


"Franchise, nom féminin
Sens 1 : Sincérité.
Sens 2 : Exonération de taxes ou d'impôts.
Sens 3 : Droit d'exploiter la marque d'une entreprise pour la vente de produits
Sens 4 : Somme restant à la charge de l'assuré."
Le point d'orgue de cette 51ème semaine depuis l'élection présidentielle a été sans conteste l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy jeudi soir. Les funérailles d'Aimé Césaire en Martinique avaient fait décalé cet entretien. Mercredi, un dernier sondage écrasait encore un peu plus la popularité présidentielle : les trois quarts des Français seraient mécontents.

Jeudi soir, le décor était planté (280 000 euros), la réalisation au cordeau (pas de plan large pour dévoiler une jambe qui tremble ou une talonnette qui dépasse), et le Président calme et mesuré, tout en phrases courtes et émotion contrôlée.

Franchise politique

Je me suis amusé à en faire le compte rendu AVANT l'émission. L'exercice était facile, et gagnant. Il joue les caméléons : gauchiste, travailleur, pénitent, menteur. Il pointe du doigt des boucs émissaires (patrons, grande distribution, chômeurs, spéculateurs, etc); il ne renonce à rien, et les "fautes" reconnues ne concernent que des problèmes de communication (le paquet fiscal) ou de erreurs de jeunesse (les couacs gouvernementaux). "J'voulais bien faire, M'Sieur." semble-t-il expliquer à l'électeur incrédule.

Nicolas Sarkozy n'a pas tant fait preuve de sincérité, de franchise politique. Il a surtout cherché à être exempté de tout jugement avant 2012, une autre forme de franchise politique. "Ne nous jugez pas tout de suite !" semblent nous dire ses ministres à l'unisson. Trois exemples parmi d'autres :

Boutin communique : 3 ans après l'échec du plan Borloo des "maisons à 100 000 euros", le gouvernement remet le couvert : voici le plan Boutin des "maisons à 15 euros" (soit ... 110 000 euros sur la durée moyenne des prêts envisagés !)

Eric Besson communique : il a publié un "diagnostic stratégique" intitulé «France 2025» , un état des lieux chiffré du pays qui doit permettre d'ici la fin de l'année d'élaborer «un GPS des réformes» à l'usage du gouvernement. Une commission (inutile) de plus

Brice Hortefeux communique : il s'essaie à justifier une politique inefficace. Si personne (ou presque) ne conteste le besoin de maîtriser les flux migratoires, tout le monde (ou presque) reconnaît que la politique d'immigration est un échec : objectifs chiffrés non atteints, dérapages pendant les expulsions, conditions de rétention inhumaines, incohérence bureaucratique des quotas par métier, etc. Voici que des sans-papier se mettent en grève avec le soutien de la CGT et ... du patronat !

Nadine Morano communique : dans 4 ans, les familles bénéficieront du droit opposable à la garde d'enfants. Ouf ! On est rassuré.


Franchise sociale
La vraie franchise est sociale : les classes sociales modestes morflent et ce n'est pas fini. Acte I (été 2007) : paquet fiscal et répression. Acte II (printemps 2008): rigueur sociale. La droite snif snif est de retour.

La dernière annonce présidentielle, stupéfiante, nous fait penser aux franchises médicales. Pour financer un plan Alzheimer, Sarkozy met à contribution les malades en leur imposant de nouvelles franchises médicales. Voici qu'il renouvelle la formule pour le RSA. L'extension du Revenu de Solidarité Active sera financée, en 2009, par une réduction de la prime pour l'emploi. On appelle cela un "redéploiement." Le message est simple. Les pauvres sont suffisamment aidés en France.

Bizarrement, le "redéploiement" ne s'applique pas aux plus riches. L'abaissement du bouclier fiscal (de 60 à 50%) ou l'abandon quasi-intégral des droits de succession n'ont pas été compensé par la suppression de toutes les niches fiscales qu'une député UMP dénonçait encore récemment.

Même les heures supplémentaires procèdent de la même arnaque. On a pu dresser il y a quelques jours un premier bilan des défiscalisations d'heures supplémentaires : pour 3,8 milliards d'euros "rendus" aux salariés (sous forme d'exonérations fiscales), le dispositif a coûté 4,1 milliards aux comptes publics qui sont financés... par le contribuable. Un dispositif donc inefficace, qui rend d'une main ce qu'il reprend de l'autre.

La "franchise n'est pas la même pour tous en Sarkofrance.

Ce Billet a également été publié sur Marianne2.fr.

"Sarkozy: L'amorce d'un rebond?" : l'intox de l'IFOP


Frédéric DABI, Directeur du Département Opinion Publique d'Ifop, l'explique dans le JDD du 27 avril. Son sondage donnerait une courte majorité de Français convaincus par l'intervention du Président Sarkozy. Mais ce sondage est simplement ... biaisé.

L'échantillon n'est pas fiable.

On notera d'abord qu'à la différence des deux autres sondages récemment publiés sur le même sujet, celui de l'IFOP a la plus forte marge d'erreur: 814 personnes ont été interrogées, contre 1000 pour les autres. Cet écart statistiquement double la marge d'erreur (+/- 5%). Pire, les questions portant sur l'intervention elle-même reposent sur un sous-échantillon de ... 532 personnes "ayant vu en totalité ou en partie l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy le 24 avril 2008. " Enfin, ce sondage a été réalisé non par téléphone, ni par entretien visuel, mais par ordinateur ("Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing)").

Quand l'IFOP demande si les sondés sont satisfaits ou pas de la première année de pouvoir de Nicolas Sarkozy, l'échantillon (814 personnes) répond non à 61%, mais ce taux descend à 58% sur le sous-ensemble ayant regardé tout ou partie de l'émission. Bref, les sondés ayant regardé l'émission sont davantage pro-Sarkozy que le reste de l'échantillon. La belle affaire !

Une autre lecture des résultats est possible :
14% de l'échantillon ont trouvé Sarkozy très convaincant.
70% l'ont trouvé peu ou assez convaincant
16% ne l'ont pas trouvé convaincant du tout.

Une performance... moyenne.

Après Sarkozy, Fillon fait pénitence

Dans un entretien au Journal du Dimanche le 27 avril, François Fillon avoue quelques tensions avec le Président.

Coupant court aux rumeurs de mésentente, Nicolas Sarkozy a parlé de vous comme d'un "bon premier ministre" avec lequel il dit travailler "la main dans la main". Un service minimum?
Nous vivons une situation étrange où quand le Président a des paroles aimables à l'égard de son premier ministre, c'est insuffisant, et quand il n'en a pas c'est que notre relation est difficile. Nous avons, avec Nicolas Sarkozy, une relation confiante, ancienne, qui résiste à la gravité de sa charge et aux exigences de ma fonction. Le Président me connaît assez pour savoir que je suis fidèle, loyal, sans être courtisan. Qu'il y ait eu, entre nous, des moments de tension compte tenu de la charge de travail qui est la nôtre, c'est normal. Qu'il y ait eu des débats préalablement à l'élaboration de positions communes, là aussi, c'est normal.
Il déclare connaître sa feuille de route, contrairement à ce qu'il laissait entendre mercredi dernier, la veille de l'intervention présidentielle à la télévision. Qu'importe.
Vous réclamiez une feuille de route. L'avez-vous aujourd'hui?
La feuille de route, je la connais.
Il confirme à Martin Hirsch que le coût du RSA viendra en déduction des dépenses sociales actuelles. Voilà l'information essentielle !
"la France est un des pays qui a les dépenses sociales les plus élevées au monde, il n'est pas question d'augmenter leur volume. "
Il est bon de clarifier, quitte à décevoir.

26 avril 2008

Hirsch avale-t-il une couleuvre sans sourciller ?

Jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy a fait trois annonces relatives au Revenu de Solidarité Active :
1. Il sera déployé en 2009
2. Il ne doit coûter que 1 à 1,5 milliards d'euros.
3. Ce coût sera financé par une réduction de la prime pour l'emploi.

Martin Hirsch, Haut Commissaire aux Solidarités Actives, a endossé la décision. Il y a quinze jours, il estimait à 3 milliards d'euros le coût annuel et national du RSA. Dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France de samedi 26 avril, il explique : "nous allons reconsidérer le plafond de la PPE (Prime pour l'emploi) qui est actuellement de 1,4 fois le Smic (1.792 euros brut)" (...) "Ce recentrage ne me choque pas du tout". A lire ses propos, il semble qu'il existe un malentendu :le coût de 1,5 milliards d'euros du RSA sera-t-il ajouté ou déduit du budget actuellement disponible pour la prime pour l'emploi ? Martin Hirsch semble croire que les deux sommes vont s'ajouter. Faisons-lui confiance.

"La recentrer pourrait consister à ne plus en faire bénéficier ceux pour qui elle ne représente pas plus de 1% du revenu global du foyer. On va en débattre avec nos partenaires comme nous le faisons jusqu'à présent"
A la question: "certaines personnes cumuleront-elles RSA et PPE?", il répond que "logiquement non". "Pour certains, cela ne changera rien. En revanche, d'autres vont toucher davantage", ajoute-t-il. "Pour ceux qui gagnent entre 1,2 et 1,4 smic, et qui perçoivent la PPE, on va regarder comment faire évoluer les choses. Aujourd'hui, je ne peux pas vous dire combien de personnes toucheront la PPE à terme. C'est un point sur lequel on va maintenant travailler", souligne-t-il. "Aujourd'hui, un ménage avec 50.000 euros de revenus annuels peut toucher la PPE, alors qu'il y a des gens qui travaillent mais sont considérés comme trop pauvres pour la percevoir. Le système a débordé, il faut le corriger", estime-t-il. Interrogé sur le budget dont il dispose, Martin Hirsch indique qu'"aujourd'hui, il y a les 4,2 milliards de la PPE auxquels s'ajoute 1 à 1,5 milliard d'euros sur le budget de l'Etat, comme l'a indiqué le président de la République". (source)

Sarkozy, le lapsus ?

Sarkozy à la télévision : échec médiatique, échec social.


D'abord les faits : en cumulant les audiences de TF1 (32% des téléspectateurs) et de France 2 (17% des téléspectateurs), Nicolas Sarkozy a été regardé et écouté par 11,66 millions de Français. Environ 6 millions de moins que ses interventions pendant la campagne présidentielle à la même période.

Son intervention n'a pas été jugée convaincante par 52% des Français interrogés par l'institut CSA pour «Le Parisien-Aujourd'hui en France» de samedi 26 avril 2008. Seuls 36% l'ont jugé au contraire convaincant. Exercice raté, donc.
Nicolas Sarkozy n'a pas été trouvé convaincant surtout sur le pouvoir d'achat (73% contre 16%), la réduction des déficits publics (57% contre 25%), la suppression de postes d'enseignants (57% contre 28%), les retraites (56% contre 27%), l'emploi (55% contre 32%) et la défense du «paquet fiscal» (54% contre 23%)
Le sondeur officiel de la Sarkofrance, OpinionWay, confirme que 51% des Français n'ont pas été convaincus : "il n'a pas réussi à transformer l'essai sur son choix d'envoyer les soldats français en Afghanistan, sur le paquet fiscal (35 % de sondés non convaincus) ou sur le pouvoir d'achat (32 %)."

On reconnaîtra cependant que sa communication a changé : tous les observateurs l'ont reconnu. Après son "j'ai changé" paisible du 14 janvier 2007, lors d'un meeting qui lançait sa candidature à la Présidence de la République, voici le "je vais vous expliquer." Un Sarkozy plein de contrition, de calme et de pédagogie.

Sur le fonds, deux remarques essentielles : son grand plan de 166 mesures pour Réviser les Politiques Publiques, à l'origine de multiples couacs gouvernementaux ces dernières semaines, a été totalement oublié de l'intervention: le plan n'a pas été une seule fois mentionné !
A l'inverse, la seule annonce véritable de cette soirée fut le déploiement du Revenu de Solidarité Active... aux détriments de la prime pour l'emploi.

Le principe du RSA, défendu par Martin Hirsch, est louable : compléter les revenus de ceux qui ont un petit travail insuffisamment payé pour les aider à sortir définitivement de la pauvreté. Peu doté au budget 2008 (25 millions d'euros pour une expérimentation dans 34 départements, à comparer aux 15 milliards d'euros annuels du paquet fiscal), le RSA sera étendu en 2009. Ces derniers mois, Martin Hirsch s'inquiétait des menaces sur son dispositif, émanant de la majorité UMP. Le Président a tranché : le RSA ne coûtera que 1 à 1,5 milliards d'euros, quand Hirsch l'estimait à 3 milliards d'euros par an. Pire, le RSA sera financé par une réduction de la prime pour l'emploi.
Avec la PPE, «des salariés modestes, qui sont au Smic en particulier, touchent parfois 100 € par mois de prime pour l'emploi, ce qui leur fait un 13e mois» explique François Chérèque. Pour le secrétaire général de la CFDT, on va ainsi «financer pour les plus pauvres leur accès au travail en enlevant de l'argent aux plus modestes.» (source)

Après les franchises médicales (les malades payent pour les malades), voici la franchise sociale (que les pauvres payent pour les pauvres)...

Un film contre la rétention de sûreté

Après son premier film sur la réforme des universités, le réalisateur Thomas Lacoste s'attaque à la loi sur la rétention de sûreté. Son nouveau documentaire est en ligne depuis le 21 avril, sur le site de l'autre campagne.



Lire la suite :
- seconde partie
- troisième partie
- quatrième partie

25 avril 2008

Sarkozy à la télévision : le caméléon

Finalement, il a parlé. Comme convenu, le Président est apparu caméléon, prenant ses interlocuteurs à témoin. Portrait des 6 facettes d'un Président épuisé.

Sarkozy l'impuissant
"Ce qui est arrivé à la Société Générale est stupéfiant !" A la question de savoir si le patron de la Sogé aurait dû démissionner, le président répond "Mais ce n'est pas lui !"
«Est-ce que je pensais qu'on pouvait bouger un pays sans que ça provoque ici ou là des moments un peu compliqués?»

Sarkozy le pénitent
Il a dû reconnaître quelques erreurs dans sa première année, les couacs sur la politique familialeC'est l'Etat qui paiera la politique familiale»), la communication sur le paquet fiscal ("nous avons fait une erreur de communication totale" - rappelez vous !) ou les couacs de son équipe gouvernementale ("J'ai dû reprendre en main l'équipe").
"Je vois très bien les mécontentements, mais je sais où je vais. (...) Mon rendez-vous, c'est la fin de mon quinquennat."
"Je pense qu'aujourd'hui, tout est en place."
"Quant à ma vie privée, tout est en entré en ordre."

Sarkozy le menteur
Le bouclier fiscal servirait le travailleur, la franchise de droits de succession le petit épargnant. Il oublie que les foyers non imposables (car trop modestes, soit 50% des foyers fiscaux français)... ne sont pas concernés.
"Si nous ne remplaçons qu'un fonctionnaire on reviendra à ce qu'était la France en 1992", justifie-t-il, oubliant que le paquet fiscal creuse le déficit public.
"Cinq milliards d'euros de pouvoir d'achat ont été distribués avec les heures supplémentaires." explique-t-il, oubliant de préciser que ces heures supplémentaires ont généré un manque à gagner équivalent dans les caisses de l'Etat qui sera compensé par ...le contribuable.
«Nous avons besoin des OGM mais s'agissant de la culture OGM en plein champs, mon devoir est de prendre des précautions» déclare-t-il, oubliant qu'il fallu attendre décembre 2007, et une grève de la faim de José Bové, pour qu'il décide un moratoire sur l'OGM MO810.

Sarkozy le travailleur
Il a potassé ses fiches : le Tibet est grand comme 2 fois la France, 695 000 foyers bénéficient de la prime au fioul, 28% d'heures supplémentaires en plus au dernier trimestre 2007 par rapport à celui de 2006 dans les entreprises de moins de 50 ans... Cela sent la fiche de synthèse rédigée par des conseillers en cravate !
«J'ai lancé 55 réformes parce que tout se tient» "Etre Président est une charge."
"J'ai tellement de travail à faire (...) et je dois porter tout ça."

Sarkozy le gauchiste
Sarkozy a réitéré sa "demande" : les profits devraient se partager en trois tiers, les salariés, les actionnaires et l'investissement. Incroyable. Il avait déjà fait ce vœu pieux il y a ... 9 mois. Il attaque aussi les méchants spéculateurs, les méchants distributeurs qui "dégustent" des marges de porc sur le dos des consommateur et des producteurs. Fichtre !

Sarkozy, l'invariant
«La loi dit à l'horizon 2012 il faudra cotiser 41 ans sauf s'il y un fait nouveau. Et il n'y en a pas» (à propos des retraites).
«On maintient les réformes qui permettront les suppressions de poste» (à propos des suppressions de postes dans la Fonction Publique, et notamment l'Education Nationale).
«Il n'est pas question que nous faisions une régularisation globale car elle conduit à la catastrophe.» (à propos des 600 sans-papier en grève soutenus par la CGT et certains de leurs employeurs) «On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il.»
"Il faudra se donner du mal pour m'expliquer que les frontières de l'Europe c'est l'Irak et la Syrie." (à propos du futur référendum sur l'adhésion de la Turquie en Europe).
"Ce n'est pas une guerre" (à propos de l'Afghanistan).
«J'ai demandé au gouvernement un processus de sanction pour les chômeurs refusant deux offres d'emplois dans son secteur de travail» (à propos du plan Wauquiez)

Un aveu pour conclure : "Il n'est pas anormal que celui qui a été élu soit un peu responsable."
Effectivement, ce n'est pas anormal.

Tiens, personne n'a parlé d'ADN.

Deux ouvrages, pour nos amis sarkozystes


Impossible de ne pas mentionner la publication de l'ouvrage (attendu) d'Olivier Bonnet, d'ici une dizaine de jours. Belle couverture.
Bienvenue !

Mais difficile d'omettre également le livre de Gilbert Rignault, "A mes amis qui ont élu Sarkozy." Un titre qui résonne avec la conclusion de chacune de mes chroniques hebdomadaires depuis un an.

Sarkozy à la télévision : "ce n'est pas une question de gentillesse"

24 avril 2008

Exclusif: ce que va dire Nicolas Sarkozy à la télévision ce soir


En exclusivité, voici les principales annonces de Nicolas Sarkozy jeudi 24 avril à la télévision dans l'emission "EN DIRECT DE L'ELYSEE" à 20h15. On sait que le Président a insisté pour cette longue émission (90 minutes), réalisée par Renaud Le Van Kim, qui sera diffusée simultanément sur TF1 et France 2. le Président sera interrogé par Patrick Poivre d'Arvor et David Pujadas, présentateurs du journal télévisé de 20h00 de TF1 et France 2, et également par Véronique Auger (France 3), Yves Calvi (France 5) et Vincent Hervouët (LCI).

"Je n'y suis pour rien."
Le Président expliquera que le contexte international n'était pas porteur, mais, "grâce aux réformes" et notamment au paquet fiscal de l'été dernier, "la France résiste mieux que ces partenaires." La flambée continue des prix du pétrole, la crise financière américaine, puis la crise alimentaire sont des "sources d'inquiétudes" qui doivent inciter les Français à "approuver les réformes."

"Vous préférez peut être que je ne fasse rien"
Il expliquera les grandes réformes qu'il a lancé en si peu de temps, "du jamais vu en 30 ans" : les exonérations fiscales des heures supplémentaires ("un vrai succès"), le soutien au logement grâce aux défiscalisations d'intérêts d'emprunt immobilier et au plan de Christine Boutin ("la maison à 15 euros"), les peines planchers (?), la rétention de sûreté, la loi OGM, la flexi-sécurité, le rachat des RTT, le déblocage du processus européen (?), la carte judiciaire (?), le plan banlieue (?).
Il expliquera qu'il n'a jamais voulu pénaliser les familles; qu'il est toujours le Président du pouvoir d'achat.

Il célèbrera la baisse incroyable du chômage, "du jamais vu en 25 ans." Bientôt, les plus de 57 ans seront exclus encouragés.

"Je ferai ce que j'ai promis."
Nicolas Sarkozy expliquera qu'il n'y aura pas de plan de rigueur, que les Français doivent travailler plus car cela créera des richesses; qu'il a été "le président de l'augmentation du pouvoir d'achat" alors que les caisses étaient vides; que la Révision Générale des Politiques Publiques va remettre l'Etat sur les rails (166 mesures d'économies et de réformes, du jamais vu en 20 ans); que le dialogue social retrouvé va permettre de réformer enfin les retraites et la mobilité des fonctionnaires; que la Constitution va enfin être modernisée; que la Présidence française de l'Union Européenne va dynamiser l'Union; qu'après les Universités, les hôpitaux vont être responsabilisés; que les retraites vont être augmentées comme promis.
Nicolas Sarkozy expliquera "qu'importe sa popularité aujourd'hui"; qu'il ne regarde pas les sondages; que "l'essentiel, c'est que les réformes de fond soient menées avant la fin de son mandat"; que seule compte son action; que les Français doivent comprendre qu'il faut se "réformer" pour gagner; que lui travaille beaucoup, et pour le bien de la France.

Cette intervention ne répondra pas à toutes les questions que l'électeur pourrait (légitimement) se poser. Mais le Président est excusé. Il n'a pas le temps de lire les blogs vigilants qui veillent au respect de ses promesses.

La droite décomplexée est devenue la droite snif snif.

Ami sarkozyste, où es-tu ?
Ton président est le PLUS IMPOPULAIRE DE LA VEME REPUBLIQUE !

Les effets de communication de Rachida Dati

Près de 6 mois après la création du poste de Contrôleur général des lieux de privation de liberté, le titulaire n'a toujours pas été désigné... Effet de communication de Rachida Dati ? Oubli présidentiel ?
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Monsieur le Président de la République,

Plus de cinq mois après l’institution d’un Contrôleur général des lieux de privation de liberté par la loi du 30 octobre 2007, et un mois après son décret d’application en date du 12 mars dernier, nos organisations s’étonnent qu’aucune personnalité n’ait été nommée à ce jour.

Nous sommes particulièrement inquiets du retard pris dans la mise en place de ce mécanisme national de prévention de la torture et des mauvais traitements, et du contrôle du respect des droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

Pour mener à bien le processus de nomination, la lettre et l’esprit du Protocole facultatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains ou dégradants, dont la ratification a été annoncée, doivent être respectés. La désignation du futur Contrôleur doit se faire conformément aux Principes de Paris [1].

En vertu de ces Principes, la procédure de nomination doit présenter toutes les garanties nécessaires pour « assurer la représentation pluraliste des forces sociales (de la société civile) concernées par la promotion et la protection des droits de l’Homme. » [2]

Il apparaît dès lors nécessaire que la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, instance issue des Principes de Paris, soit consultée sur le choix de la personnalité hautement compétente et indépendante appelée à exercer les fonctions de Contrôleur.

L’examen périodique universel auquel la France sera soumise les 14 mai et 18 juin prochains devant le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies serait l’occasion pour la France d’annoncer la personnalité idoine choisie dans le respect des Principes de Paris, ou à tout le moins, l’imminence de sa nomination.

Ainsi la France, soucieuse d’être exemplaire lors de l’examen périodique universel, montrerait l’effectivité de son attachement aux droits de l’Homme dans les lieux privatifs de liberté.

Nous demandons la nomination rapide et transparente du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Président de la République, en l’assurance de notre plus haute considération.

Organisations signataires :
ACAT-France
Amnesty International section française
ANVP (Association nationale des visiteurs de prison)
Aumônerie catholique des prisons
Aumônerie protestante des prisons
Ban Public
CIMADE
FARAPEJ (Fédération des associations, réflexion, action prison et Justice)
GENEPI (Groupement étudiant National d’enseignement aux personnes incarcérées)
Ligue des droits de l’Homme
OIP (Observatoire international des prisons)
Secours Catholique
SNEPAP (Syndicat national de l’ensemble des personnels de l’administration pénitentiaire)
Syndicat de la magistrature UGSP-CGT (Union générale des syndicats pénitentiaires CGT)

Copie à :
Premier Ministre
Ministre de la Justice
Ministre des Affaires étrangères
Ministre de la Santé
Ministre de l’Intérieur
Ministre de la Défense

[1] Résolution 48/134 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 20.12.93, Annexe Principes concernant le statut des institutions nationales pour la promotion et la protection des droits de l’Homme.

[2] Résolution 48/134 Annexe, Composition et garanties d’indépendance et de pluralisme.

Source/auteur : Observatoire International des Prisons

Les maisons à 15 euros de Mme Boutin


Lundi 14 avril, Christine Boutin a dévoilé les modalités du dispositif de «la maison à 15 euros par jour».

1. Un remboursement de quinze euros par jour pendant 20 ans correspond à une maison de ... 110 000 euros (hors intérêts). Cela ne vous rappelle rien ? La "maison à 100 000 euros" de Jean-Louis Borloo, dispositif lancé en 2005. Au total, environ 4 maisons (vous avez bien lu) ont été construites avec le dispositif Borloo.

2. Le projet Boutin est réservé aux primo-accédants dont les revenus mensuels sont compris entre 1500 et 2000 euros. La ministre a signé des accords avec 150 partenaires - promoteurs, constructeurs, établissements financiers- pour qu'ils promeuvent son projet : le futur propriétaire bénéficiera d'un terrain dont le prix se situe entre 30 000 et 50 000 euros. Grâce au "1 % logement", ce terrain sera mis "gratuitement" à disposition de l'acquéreur, le temps que ce dernier rembourse la construction de la maison.

Le financement du bâti (de 95 000 à 120 000 euros), bénéficie d'une TVA à 5,5%, d'une subvention de la collectivité locale et de prêts aidés (de 15 à 25 ans). A l'échéance du premier prêt, le propriétaire rachètera le terrain au prix initial majoré de 1,5% à 4% par an, selon les situations.

3. Le premier problème de Mme Boutin est ... l'absence de terrains à bâtir bon marché. EZlle compte sur les maires pour l'aider. La ministre voudrait que les municipalités signent pour cela une convention "Pass-Foncier" et contribuent ainsi financièrement à hauteur de 5.000 euros par parcelle.

4. L'objectif du plan est de 5 000 maisons en 2008, puis 20 000 par an par la suite. Il manque environ un million de logements en France.

5. D'après la ministre, un acheteur moyen ne sera pleinement propriétaire qu'au bout de 28 à 40 ans. Autant dire qu'il faut s'y prendre tôt. Le site internet du dispositif prévient d'ailleurs:
1°- Vous remboursez d’abord la maison pendant 18 à 25 ans,
2°- Puis vous remboursez le terrain pendant 10 à 15 ans
.
En résumé, si vous avez 20 ans, que vous êtes salarié en CDI, que vous habitez une région richement doté en foncier disponible, le dispositif est pour vous.

Sans rire.

Lire aussi LA PIRE RACAILLE :
Quinze euros par jour? Allons plus loin

23 avril 2008

Eric Besson est devenu inaudible

Eric Besson lance "le GPS des réformes."
Quiconque a utilisé un système GPS dans une voiture appréciera la comparaison. Le GPS est ce système qui vous guide, à l'aide d'une voix mécanique monotone, vers votre destination. Les modèles sophistiqués vous indiquent les obstacles (embouteillages, rues barrées, déviation).
Le GPS vous répète ses instructions à l'envie.

Le secrétaire d'État à la Prospective, Éric Besson, a rendu public mardi le diagnostic stratégique «France 2025». Il s'agit d'un état des lieux chiffré du pays qui doit permettre d'ici la fin de l'année d'élaborer «un GPS des réformes» à l'usage du gouvernement, selon les termes utilisés par l'ancien député PS (téléchargez le rapport en pdf ou sa synthèse)
(...)
Une commission plénière présidée par Éric Besson (sa composition en pdf), installée mardi après-midi, travaillera les six prochains mois à l'élaboration d'une «synthèse suggérant des réponses» aux grandes «problématiques». Elle est composée de 57 personnes, dont l'ancien président de la commission européenne Jacques Delors et l'ancien ministre Luc Ferry. Outre les partenaires sociaux, des membres de la société civile et des parlementaires participeront aux huit groupes de travail (la liste des groupes en pdf).
Lire la video: ici.

Sans-Papier en grève : l'échec de Brice Hortefeux


Depuis que la politique d'expulsion a été relancée par Brice Hortefeux, elle n'a rencontré que des obstacles: dérapages, quotas non atteints, mise en cause morale. Dernier blocage en date, un mouvement de grève de sans-papier a pris de l'ampleur depuis des semaines.

1. Environ 530 sans-papiers sont désormais en grève pour exiger une régularisation. Quinze sites en Ile-de-France étaient concernés dimanche 20 avril.

2. Ils sont soutenus par les partis de gauche, la Ligue des droits de l'homme, la fédération Sud-Rail, l’association Droits Devant!, la CGT, et bien sûr RESF qui écrivait, mercredi dernier :
"Depuis hier mardi 15 avril, près de trois cents travailleurs sans papiers, syndiqués à la CGT, ont entamé une grève sur leur lieu de travail, avec le soutien actif de leur organisation syndicale. Cette action témoigne une fois encore de ce que la quasi totalité des sans papiers travaillent, quelles que soient les causes de leur arrivée, et concourent au dynamisme de l’économie tout en restant exclus des mécanismes de protection sociale."

3. Certains employeurs sont solidaires du mouvement. Ainsi, le Synhorcat, qui regroupe près de 20.000 entreprises de l'hôtellerie-restauration et qui demande la régularisation des salariés sans papiers du secteur:

"Face à la multiplication des actions des travailleurs étrangers sans papier employés dans des entreprises dont certaines relèvent de la restauration, le SYNHORCAT a demandé au gouvernement l’engagement d’une procédure de régularisation."

4. Cette grève illustre l'échec de "l'immigration choisie" défendue par Nicolas Sarkozy. Brice Hortefeux a mis en place un dispositif ubuesque, par lequel des fédérations professionnelles définissent avec l'Etat un nombre, à l'unité près, d'emplois à pourvoir par branche d'activité. Des données obsolètes aussitôt publiées et qui ignorent les sans-papier en activité.

Même pour LE FIGARO, Sarkozy "poursuit sa baisse dans les sondages"


Il arrive un moment où la réalité ne se cache plus, ne s'escamote plus, ne s'explique plus. Ce moment est arrivé pour Nicolas Sarkozy, à quelques heures d'une intervention télévisée que plus personne n'attend. Ainsi LE FIGARO nous explique, ce mardi 22 avril :

"Selon une enquête Ifop pour Paris Match, le président poursuit sa chute dans les sondages. Plus des deux tiers jugent qu'il n'a pas tenu ses promesses."

Le Figaro commente un sondage Ifop-Fiducial à paraître jeudi 24 avril dans Paris-Match. L'action du chef de l'Etat n'y est approuvée "que par 28% des Français, 72% étant «mécontents» de lui. Un record d'impopularité pour un président au bout d'un an de mandat."
Et le Figaro note aussi, ultime affront : "en 2003, un an après sa réélection, Jacques Chirac se situait à 58% d'opinions favorables."

"Surtout, les Français n'ont pas confiance dans le chef de l'Etat. 35% seulement jugent qu'il a «tenu ses engagements» de campagne. Son projet pour la France est jugé «peu crédible» par la moitié des sondés, 40% seulement trouvant qu'il «va dans la bonne direction». Il est en revanche jugé «ambititeux» par six Français sur dix."

Le quotidien de droite trouve satisfaction ailleurs : les Français attendent (espèrent ?) la rigueur : "80% des sondés jugent inéluctable la mise en place d'un plan de rigueur. Pour se sortir de cette situation, les Français sont une majorité (58%) à ne pas faire confiance à Nicolas Sarkozy pour «mettre en place les réformes nécessaires»."

Sarkozy : familles, je vous hais ?

Les familles ont morflé la semaine dernière: elles ont cru que la carte famille nombreuse allaient passer à la trappe. On leur a expliqué que les frais d'optique ne seraient plus remboursés par la Sécu. Elles ont découvert que cette fichue loi réduisant les allocations familiales pour les adolescents allait finalement être appliquée.

Le gouvernement a donc allumé un contre-feu : il a annoncé vouloir instaurer le droit opposable à la garde d'enfants.
en 2006, près de 700 000 enfants étaient accueillis chez une assistante maternelle et 320 000 dans les services collectifs alors que l'on recense 2,4 millions d'enfants de moins de 3 ans. Malgré les efforts de ces dernières années - en dix ans, le nombre d'assistantes maternelles a été multiplié par 3,5 -, la grande majorité des enfants est gardée à domicile par leur mère.
Sur le fonds, personne ne s'en plaindra. C'était une promesse du candidat Sarkozy il y a un an. On restera vigilant. Le gouvernement ne promet l'exercice de ce nouveau droit que pour ... 2012.
Le gouvernement souhaite augmenter les capacités d'accueil, mais il a d'ores et déjà prévenu qu'il ne se lancerait pas dans une politique massive - et coûteuse - de construction de crèches : une place coûte environ 11 000 euros en investissement, et de 13 000 à 15 000 euros en fonctionnement annuel. "Pour moi, le droit opposable, ce n'est pas simplement la crèche publique : cela peut être la crèche associative, la crèche d'entreprise, l'emploi à la personne, l'emploi à domicile", affirmait M. Sarkozy pendant la campagne (source LE MONDE)



22 avril 2008

Défiscalisation = déficit


Lundi 21 avril, on a obtenu la confirmation que le déficit du régime général (salariés) de la Sécurité sociale s'était creusé en 2007. Il a atteint 9,5 milliards d'euros en 2007, contre un déficit de 8,7 mds en 2006, a indiqué lundi la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS).
En septembre, avant l'annonce des mesures correctrices du projet de loi de financement de la Sécu (PLFSS), la prévision de déficit pour 2007 s'établissait à 11,7 milliards d'euros.

«Cette dégradation des comptes du régime général cache des évolutions contrastées selon les branches: les branches maladie et famille sont en amélioration par rapport à 2006, tandis que les déficits des branches AT-MP et surtout vieillesse se creusent», précise la CCSS, dans un document ce publié lundi avant son rapport détaillé prévu pour juin (source).

La note du CCSS mesure l'impact des exonérations de charges sociales: les heures supplémentaires défiscalisées ont coûté à elles seules 615 millions d'euros en 2007, pour un trimestre d'application seulement !
"Cependant, les cotisations seules sont bien moins dynamiques (+3,6%) en raison de la forte croissance des exonérations : les exonérations générales augmentent de 12%, les exonérations ciblées de 26% et la mise en place des exonérations des heures supplémentaires représente un montant de 615 M€ en 2007 (compensé par l’affectation de nouvelles recettes fiscales)." (source : CCSS)
Cette note cache d'autres surprises :
- la baisse des taxes sur les médicaments coûte 300 millions d'euros de recettes en moins en 2007 (versus 2006)
- la croissance des revenus du capital est bénéfique aux comptes de la Sécu: elle a généré 1,1 milliards d'euros de CSG supplémentaires par rapport au budget initial.
- En revanche, la CSG assise sur le travail a généré 80 millions d'euros de recettes de moins que prévu au budget. On ne travaille donc pas plus en Sarkofrance ?

De l'utilité sociale du gouvernement Sarkozy


Dans un entretien à France Soir, le ministre de l'Education Nationale s'en prend au coût de l'enseignement en France. La mobilisation lycéenne, elle, ne faiblit pas.
"Le lycée français est sans aucun doute trop dispersé, avec un nombre d'options considérables, dont certaines coûtent extrêmement cher avec une utilité sociale limitée."

Le Figaro rappelle que Xavier Darcos, discret, a bien l'intention de "réformer le système en profondeur" pour économiser davantage de postes : un rapport de l'Inspection Générale des Finances et de l'Inspection de l'Éducation nationale consacré à la grille horaire des lycées a déjà dressé plusieurs pistes fin 2006.
Principale recommandation : «l'allègement des effectifs de classes de langues en première et en terminale ne pourra progresser qu'au rythme de la suppression des groupes inférieurs à 15 élèves». Autrement dit : exit les cours quasi particulier ! Une économie déjà chiffrée à 3 000 postes d'enseignants.
Quelle est l'utilité sociale de Xavier Darcos ?

Dans une tribune publiée par LE MONDE dans son édition du 19 avril, Nicolas Sarkozy s'est vanté de son bilan en matière de dialogue social.
"Le dialogue social engagé avec les partenaires sociaux depuis un an est un succès. Nous ne devons pas en rester là. La refondation complète de notre démocratie sociale est désormais à l'ordre du jour"
Le Président a expliqué à nouveau ce que l'on pourrait qualifier de chantage :
Sur chaque thème, les partenaires sociaux ont eu le choix : soit ils se saisissent eux-mêmes des sujets et négocient entre eux - avec des délais précis pour que les discussions ne s'enlisent pas, mais avec un calendrier qui ne bouscule personne - ; soit ils préfèrent que l'Etat prenne ses responsabilités, après concertation, naturellement, avec les organisations patronales et syndicales.
Il se félicite de l'accord intervenu en début d'année sur la "flexisécurité", en omettant deux éléments importants : primo, le projet de loi en cours d'étude au Parlement ne traite pour l'essentiel que des assoupplissements du code du travail (et non des nouveaux droits : formation, etc). Secundo, son gouvernement a annoncé quelques jours plus tard la mise en route législative d'un projet de sanction contre les chômeurs refusant "deux offres valables" d'embauche. Un vrai succès.

Après les récentes annonces anti-sociales, on peut se poser la question suivante : quelle est l'utilité sociale de Nicolas Sarkozy ?

Trouver des heures supplémentaires... sur sa feuille d'impôt

Le gouvernement met les bouchées doubles pour convaincre du bienfondé de son dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires. Dernière action en date, la modification de la déclaration de revenus, et donc, sans doute, de la feuille d'impôt sur le revenu que les foyers français recoivent plus tard.

Neuf millions de foyers seraient concernés par les réductions d'impôts pour cause d'heures supplémentaires. Parmi les nouveautés de la déclaration figure donc un espace dédié aux heures supplémentaires exonérées d'impôt sur le revenu.

Le coût annuel de ces aides est désormais estimé à 1 milliard d'euros par le gouvernement (source LES ECHOS). Un chiffre très en-deça des estimations initiales, qui tablaient plutôt sur 6 milliards d'euros par an.

Cela signifie-t-il que le dispositif a échoué ? Que le milliard d'euros n'est qu'un coût fiscal (= manque à gagner en recettes fiscales) ? Le cas échéant, on pourrait en déduire que le manque à gagner est surtout pour la Sécurité Sociale et les régimes de retraites.

CQFD.

21 avril 2008

Sondages: l'échec de popularité de Sarkozy


Le Président a pourtant changé. Il se fait discret, parle environnement, politique étrangère et dialogue social. Rien n'y fait. Sondage après sondage, les Français interrogés n'y croient plus. Echec sur toute la ligne.

Dimanche 20 avril, le Journal du Dimanche publiait son traditionnel sondage IFOP. Une branlée pour le Président.

Pour 79% des Français, Sarkozy n'a pas amélioré la situation.. 64% des Français sont mécontents de Nicolas Sarkozy comme président de la République.
Lundi 21 avril, Libération publie un autre sondage, réalisé par un nouvel institut, Viavoice
59% des personnes interrogées jugent que cette première année de présidence a été "plutôt un échec", 20% étant d'un avis inverse et 19% répondant "ni l'un ni l'autre" 51% jugent défavorablement la "gestion de la majorité" par Nicolas Sarkozy, 35% se disant plutôt satisfaits et 14% NSP. Ses "orientations politiques" sont désapprouvées par 55%, approuvées par 35% (10% NSP).
Jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy parlera aux Français à la télévision. Le JDD livre des "confidences" de l'Elysée.
Minutieusement préparé depuis huit jours, au prix de séances de travail quotidiennes auxquelles participe, au gré des emplois du temps, son "carré des fidèles" (Jean-David Levitte, conseiller diplomatique; Raymond Soubie, conseiller social; Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée; Henri Guaino, conseiller spécial), le rendez-vous du 24 avril ne devrait rien laisser au hasard. Divisée en trois séquences - questions internationales, société, économie -, cette intervention n'a, au fond, qu'un seul objectif: convaincre les Français que les promesses de campagne seront "intégralement" tenues. Le "respect des engagements pris" sera le fil rouge du propos présidentiel. "Certains désespèrent de sentir les effets du changement promis", rapporte ce député sarkozyste confronté, chaque semaine, dans sa circonscription, à la frustration des électeurs qui, entre annonces et démentis, finissent par perdre pied.

La RGPP : l'incroyable gachis


Vous vous êtes demandés comment le gouvernement Sarkozy a pu ainsi multiplier autant de couacs ces dernières semaines. Il y a bien une explication. Elle s'appelle la RGPP, la Révision Générale des Politiques Publiques.

Annoncée à grand renfort de communication il y a 15 jours, cette RGPP délivre ses remèdes, à raison d'un par jour. Elle en compte 166...

Ainsi, le désengagement de l'Etat du financement de la Carte Famille Nombreuse s'intitulait déjà "Prise en charge, en les maintenant, des tarifs sociaux de la SNCF par la politique commerciale de l’entreprise"

Merci à Alain Auffray pour sa vigilance.

Jean Matouk, sur Rue89, abonde : Nicolas Sarkozy gâche ses réformes par son propre gaspillage.

"L’erreur économique, c’est évidemment le gaspillage -car il n’y pas d’autre mot- en juillet, de 10 milliards d'euros pour 2008 et de 15 milliards en année pleine, pour des objectifs illégitimes ou absurdes. Illégitime d’abaisser encore des droits de succession qui étaient déjà très bas dans notre pays. La mesure, présentée comme bénéficiant aux revenus moyens, ceux qui, précisément, déjà, payent peu de droits, ne bénéficie en fait qu’aux revenus élevés. Instituer le bouclier fiscal aussi.


Enfin, la détaxation des heures supplémentaires, en pleine période de ralentissement économique va coûter plus cher qu’elle ne rapportera, comme l’a démontré le président de la commission des Finances. Elle crée un effet d’aubaine, dans les entreprises ou les salariés effectuent déjà des heures supplémentaires, mais n’en suscitent aucune. Elle porte clairement la marque de gens qui ne connaissent rien à l’entreprise. Ajoutons à cela que le gouvernement avec plus de 45 ministres (Espagne 16) ne donne vraiment pas l’exemple des économies, sans parler de diverses autres dépenses fastueuses. "






20 avril 2008

50ème semaine de Sarkofrance: la droite "sniff sniff"


L'expression est d'Eric Mainville. Après la présidence Bling Bling, Sarkozy a peut être inventé la droite "sniff sniff." Une droite, qui taille dans les dépenses sociales et la solidarité nationale, encore un peu complexée par ces mauvaises actions, et qui pleure ses mauvais résultats écconomiques (son domaine de prédilection !). Cette 50ème semaine depuis l'élection présidentielle fut exemplaire.

Dérembourser les frais d'optique
Dimanche 13 avril, la ministre de la Santé délivrait son "couac" : elle expliquait sur RTL qu'il faudrait transférer le remboursement des frais d'optique sur les mutuelles et autres assurances complémentaires. Cinq millions de Français n'ont pas de mutuelle. Comme dirait CeeCee, "Roselyne a raison : il ne faut plus rembourser les lunettes. Les français commencent à voir trop clair dans notre jeu..."

Virer les chômeurs qui refusent deux propositions "valables" d'embauche
Laurent Wauquiez s'est énervé : "je resterai ferme sur les principes !" a-t-il expliqué après avoir proposé une définition des "offres d'embauches valables" : 70% du salaire précédent minimum et 2 heures de transport domicile-travail maximum. Laurent Wauquiez va en en vélo à son ministère.

Culpabiliser sur les niches fiscales
La culpabilité est forte. La député UMP Chantal Brunel a été ovationnée par la gauche à l'Assemblée Nationale quand elle a lancé une charge contre le bouclier fiscal et autres niches avantageuses. Christine Lagarde a dû promettre une étude. Il faut avouer que le gouvernement a dû cette semaine reconnaître que le déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) s'était creusé au-delà de ses prévisions : 2,7% (et non 2,4%) en 2007, 2,5% (et non 2,3%) en 2008 et au moins 2% en 2009 (versus 1,7% prévu). Même la défiscalisation des heures supplémentaires ne sert à rien ! Et l'inflation atteint des sommets.

Radier les chômeurs de plus de 57 ans
Les gouvernements se sont engagés depuis plusieurs années à réduire les statistiques du chômage, et non pas le chômage lui-même. Sur ce terrain, l'équipe Sarkozy est très efficace. Cette semaine, Christine "Marie-Antoinette" Lagarde a annoncé qu'elle veut supprimer la dispense de recherche accordée aux chômeurs de plus de 57 ans et demi. Et après 2 offres "valables' d'emploi, ils seront radiés !

Licencier les fonctionnaires inaptes
Jeudi 17 avril, Eric Woerth recevait avec satisfaction un "livre blanc." Blanc comme neige, le livre blanc est un exercice de déresponsabilisation politique : "ce n'est pas ma faute, ce sont les experts qui le recommande !" Ce livre "Blanc" suggère de bonnes pistes (comme la mobilité des fonctionnaires, la simplification des modes de recrutement et des métiers) et annonce un drame : avec une formulation que même le secteur privé n'utilise pas, le rapport recommande d'"organiser la sortie de la fonction publique des agents devenus inemployables ou dont la valeur professionnelle est insuffisante."

Fermer les petits établissements hospitaliers
Le même jeudi (funeste 17 avril), Nicolas Sarkozy annonçait que (1) il n'y aurait aucune fermeture brutale d'hopital suite à la réforme de la carte hospitalière, mais (2) les petits établissements seraient regroupés. Conséquence d'un autre rapport "d'expert", publié il y a quelques jours, la réforme de la carte hospitalière inquiète les villes déjà menacées de désertification économique par les fermetures de tribunaux et de casernes.

Réduire les allocations familiales
Mercredi 16 avril, on apprenait qu'un prochain décret réduira les allocations familiales des foyers avec adolescents : les bonifications accordées pour les adolescents ne seront plus versées dès les 11 ans, mais après 14 ans. Selon LE MONDE, cela représente 600 euros de moins par enfant. Cette réforme a été votée à l'automne dernier. Il est temps de passer à la caisse !

La droite "snif snif" est donc à l'oeuvre. Et son président a effectivement changé.

Désormais, Nicolas Sarkozy se cache.