13 avril 2008

49ème semaine : Sarkozy, chef de clan.


C'était il y a un an,
C'était il y a une éternité.
Nicolas Sarkozy nous promettait d'oublier son clan
Nicolas Sarkozy nous promettait la solidarité.

Rappelez-vous, c'était le soir du 6 mai 2007, Salle Gaveau à Paris, à quelques encablures du ssiège national de l'UMP :
"Ma pensée va à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d’opinions, il n’y a pour moi qu’une seule France.

Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble."
Depuis cette date, Nicolas Sarkozy a servi prioritairement son camp politique - la droite, y compris la plus dure - et tout fait pour déstabiliser durablement l'opposition : déstabilisation, vacarme, et politique de classe, voici les trois mamelles de la Sarkofrance. Et les 7 jours écoulés en furent l'illustration.

Déstabilisation
Dès juin dernier, un journaliste de M6 rapportait ces propos du Président, au lendemain du scrutin législatif: «J’ai vidé l’extrême-droite, maintenant je vais m’occuper du centre- gauche».
Depuis, Nicolas Sarkozy a pratiqué le débauchage à grande échelle parmi les éléments pyschologiquement les plus faibles et narcissiques de l'opposition (Besson, Jouyet, Bockel, Kouchner, Lang, Attali, etc). Comme le rappelait encore cette semaine Marianne, l'état de fragilité permanente du Parti Socialiste aide beaucoup la démarche. L'effrondement de sa popularité et son échec aux élections municipales ont stoppé - momentanément - l'ouverture politique.

Plus récemment, LE MONDE publiait une note rédigée par Dominique Paillé pour Nicolas Sarkozy. Il y répertorie les 3 pistes pour fragiliser François Bayrou : encourager les démissions du Modem (cf. le récent procès en "sectitude" de Jean Arthuis contre Bayrou), s'acheter les fidélités au sein de la famille centriste, favoriser l'éparpillement centriste (Parti Radical, Nouveau Centre). Ensemble, tout est possible. Comme le résume Marielle de Sarnez, la tête de liste Modem à Paris: «une officine de l'Elysée s'occupe de l'élimination de Bayrou.»

Vacarme
Nicolas Sarkozy a aussi lancé des Grenelle sur les thèmes qu’il jugeait secondaires dans son programme (Environnement, insertion, ...). Le Grenelle est rapidement apparu comme un moyen d'étouffer l'opposition en la noyant dans un débat médiatisé, organisé autour de trois règles simples: pas d'objectifs trop précis, inviter les contraires, et éviter les recommandations.
Cette dernière semaine a confirmé l'analyse : la première (et seule ?) loi d'application du Grenelle de l'environnement, sur les OGM, a été discutée et trahie dans la douleur au Parlement. Le Grenelle de l'Insertion n'est pas mieux loti. On a appris la même semaine, de la bouche présidentielle, que le déploiement du Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch serait subordonné au redressement des comptes publics (en 2012 ?).

Politique de classe
Enfin, Nicolas Sarkozy et son équipe gouvernementale ont servi prioritairement leur camp politique: les premières mesures de l'année 2007 furent le renforcement du bouclier fiscal et des exonérations de droits de succession, la loi anti-récidive et la justice des mineurs, l'incarcération médicale. Le pouvoir d'achat est devenu une préoccupation présidentielle à l'automne, quand la gronde sociale prit de l'ampleur.
Ces derniers jours, le constat s'est aggravé. Les élections municipales passées, Nicolas Sarkozy affiche son mépris social: le plan d'économies annoncé il y a 8 jours frappe la politique sociale : attaque contre la carte Famille Nombreuse (avant un repli), réduction des moyens hospitaliers, relèvement des critères d'éligibilité au logement social, etc. La liste est longue (et consultable ici). Nous avons même appris que Nicolas Sarkozy nous préparait une loi contre les chômeurs refusant deux offres d'emplois.
Pire, la seule mesure populaire, la défiscalisation des heures supplémentaires, a été évaluée cette semaine : inefficace et coûteuse.

Merci Nicolas.

4 commentaires:

  1. Et que dire de la justice... Trop sans doute (peine de sûreté, dépénalisation du droit des affaires)...

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  2. Salut Juan

    De l'eau à ton moulin : http://www.betapolitique.fr/Sarkozy-le-chef-de-gang-00601.html

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  3. Triste à dire mais tous ceux qui luttainet contre l'arrivée de Sarkozy au pouvoir se voient confirmés leurs pronostics les plus sombres, jors après jours et décisions après décisions.
    On peut se flatter style "j'avais raison" mais c'est une catastrophe sociale qui se profile malheyreusement

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  4. La catastrophe sociale a été soigneusement choisie ... c'est à cet endroit là que je m'interroge aujourd'hui ... comment peut-on préferer cette catastrophe sociale à l'autre projet celui de Royal? ... et c'est pas la droite et le syphonnage du FN qui est porteur de cela, non le gros du troupeau porteur est venu de la gauche ... il est là le bât qui blesse ...

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