31 mai 2008

56ème semaine de Sarkofrance : "S'agiter plus pour agir moins"


On le croyait calme, enfin "présidentiel," tout secoué qu'il fut par sa courbe d'impopularité et ses échecs électoraux. Fausse alerte ! "L'agité est de retour." Il se lève tôt, exhibe son épouse, lance des idées à la pelle. Cette 56ème semaine de Sarkofrance fut un bel exercice de confusion : l'agitation cache l'inaction: un déplacement en province le lundi, une visite à Rungis le mardi, un saut en Pologne le mercredi, un dîner avec Poutine le jeudi, un voyage en Autriche le vendredi.

Nicolas se lève tôt
Mardi, Sarkozy a déboulé dans Rungis. Il a laissé entendre que son épouse Carla s'est décidée au dernier moment. Il retrouve ses accents de campagnes, au contact de la France qui se lève tôt. il a prudemment évité de croiser les poissonniers. La grave crise des pêcheurs l'en a dissuadé. Ensuite, il accourait chez RTL. "Rien n'a été organisé avec l'Elysée," a tenu à préciser Christophe Ondelatte, qui anime la tranche matinale de la station. Rien ? Vraiment rien ? Serait-ce une prise d'antenne sauvage ?

Nicolas a beaucoup d'idées
Avait-il donc quelque chose à annoncer pour se lever aussi tôt ? Effectivement, il fit quelques déclarations. Tétanisé par le pouvoir d'achat, il a fusillé d'avance l'une des recettes de financement de France Télévisions imaginée par la commission Copé: l'indexation de la redevance audiovisuelle sur le coût de la vie. Les parlementaires socialistes ont claqué la porte, les syndicats de l'audiovisuel public ont annoncé une grève, des professionnels ont lancé un appel au secours.
Autre annonce, moins dangereuse car immédiatement retoqué par la Commission Européenne : la baisse de la TVA sur l'essence. Nicolas Sarkozy aurait pu promettre un "Grenelle de l'énergie." On aurait parler des énergies renouvelables, chiffrer des engagements concrets en faveur du transports collectifs et du fret. Bref, on aurait pu parler de sujets symboliquement évoqués par le Grenelle de l'Environnement... neuf mois plus tôt.
La veille, il avait expliqué qu'il voulait doubler l'intéressement des salariés«en quatre ans», avec un crédit d'impôt de 20% sur la totalité des primes versées pour les entreprises qui n'avaient pas d'accords d'intéressement jusque-là. Histoire de faire oublier que la prime pour l'emploi allait bientôt disparaître pour quelques 2,5 millions de salariés pauvres, pour financer le déploiement du RSA.

Mais Nicolas est cachotier
Il est bon, et utile, de rappeler que la Cour des Comptes vient de corriger le déficit budgétaire de l'an passé. On nous aurait menti. La polémique récurrente sur les chiffres du chômage ne suffisait pas : le nombre de chômeurs, pardon "de personnes à la recherche d'un emploi à temps complet" a baissé de 0,4% en avril.
On nous cachait également la très forte progression des défaillances d'entreprises, petites comme grandes: Fin avril, ce chiffre s'établit à 52.899 cas, soit une hausse de 9,9% sur un an...
Sarkozy n'a pas non plus réagit aux déclarations du Commissaire européen aux droits de l'homme, en visite à Paris vendredi dernier. Thomas Hammarberg, s'est pourtant inquiété de la surpopulation carcérale et de l'inefficacité de la politique d'immigration.

En fait Sarkozy est agacé.
Son propre camp lui fait défaut. Il court-circuite un peu plus son Premier Ministre en conviant des Conseils des Ministres "bis", avec 7 fidèles grognards; il veut se débarrasser de Jean-François Copé. Ses députés infligent un camouflet à sa Garde des Sceaux. Même le Président de l'Assemblée Nationale s'y met: Bernard Accoyer a demandé au CSA de plancher sur le décompte du temps de parole présidentielle.

"S'agiter plus pour agir moins", nouveau slogan de la Sarkofrance.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

30 mai 2008

Luttes intestines en Sarkofrance


Le comportement de la majorité UMP à l'Assemblée Nationale vire au scenario catastrophe pour Nicolas Sarkozy : alors que ce dernier contrôle la majorité parlementaire et l'exécutif, ses projets sont contestés par ses proches.

L'ambiance est délétère :

1. Il a désavoué les travaux de la commission Copé. Cette dernière, rassemblant députés et sénateurs des deux bords, et professionnels, cherche à trouver de nouveaux financements pour le service public audiovisuel. Voici que le Président annonce qu'il refuse d'augmenter la redevance pour compenser la disparition programmée de la publicité sur France Télévisions. Des professionnels s'en inquiètent et lancent un appel.

2. Sarkozy ne supporte plus Copé
Jean-François Copé est le député-maire UMP de Meaux, avocat à temps partiel et ... Président du Groupe UMP à l'Assemblée Nationale. "Copé, c'est le maillon faible du dispositif, il ne tient pas le groupe (...) Il va falloir le changer", aurait d'ailleurs affirmé la semaine dernière Nicolas Sarkozy, selon Le Canard Enchaîné.

3. Les députés UMP ont infligé un camouflet à Rachida Dati.
Mardi dernier, les députés ont approuvé par 126 voix contre 88 un amendement défendu par deux députées de l'UMP, Marie-Jo Zimmermann et Claude Greff, prévoyant l'ajout dans la Constitution de la phrase suivante: "La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales". Cet amendement avait pourtant reçu l'avis défavorable de la garde des Sceaux Rachida Dati.

4. Sarkozy écarte Fillon
A deux reprises, Nicolas Sarkozy a réuni 7 ministres pour discuter stratégie avec les ministres les plus "politiques", sans le premier d'entre eux, François Fillon: Xavier Bertrand (Travail), Xavier Darcos (Education nationale), Eric Woerth (Budget), Brice Hortefeux (Immigration), et des secrétaires d'Etat Laurent Wauquiez (Emploi), Luc Chatel (Consommation) et Nadine Morano (Famille). Outre celle de Fillon, on notera les absences de Kouchner et d'Alliot-Marie. Portefeuilles non stratégiques ?

5. L'UMP voulait enterrer symboliquement les 35 heures, Sarkozy ne veut pas
A peine lancé, le débat interne de l'UMP, vote internet à la clé, a été retiré du site. Sarkozy a tranché, les 35heures seront maintenues, quitte à les vider de leur sens.

6. Même le Président Accoyer s'y met.
Le président de l'Assemblée nationale... fait son job: alerté par les députés socialistes, il a demandé au CSA une étude sur une éventuelle modification de la répartition du temps de parole dans l'audiovisuel entre le chef de l'Etat et l'opposition.

Sarkozy et les médias : une nouvelle video

29 mai 2008

Grenelle de l'essence

L'expression, bien choisie, est de notre confrère DESIR REPUBLICAIN. Nicolas Sarkozy semble faire feu de tous bois (de tous barrils ?) pour alléger la facture énergétique des ménages français.
Les pêcheurs n'en peuvent plus
Ils ne sont pas les seuls. En grève depuis des semaines, ils ont été rejoint ces derniers jours par d'autres "victimes du pétrole cher": agriculteurs et routiers ont rallié des pêcheurs mercredi 28 mai pour protester contre la hausse du prix des carburants. Ils ont à nouveau bloqué en France dépôts de carburant et axes routiers. Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche, a rappelé les mesures annoncées ces derniers jours, notamment un "soutien social d'urgence" de 40 millions d'euros et l'accélération du plan de sauvegarde de la pêche annoncé en janvier dernier. Quand Sarkozy visite, avec Carla Bruni, les halles de Rungis un mardi matin à 5H, il évite soigneusement de rencontrer les poissonniers...

Le Président veut abaisser la TVA sur l'essence
"Si le baril continue à augmenter, est-ce qu'on doit garder un taux de TVA proportionnel au prix dans les mêmes conditions?", s'est interrogé le chef de l'Etat mardi 27 mai sur RTL.
"c'est une décision qui serait européenne"(...). "C'est une proposition que je lance".
Le porte-parole de la Commission européenne pour les questions d'énergie a réagi très vite : "A d'autres occasions où les prix pétroliers étaient en question, la Commission avait dit que modifier la fiscalité sur les carburants pour combattre la hausse des prix du pétrole serait un très mauvais signal pour les produits producteurs de pétrole".

Le porte-parole de l'exécutif européen a rappelé que la Commission avait plusieurs fois fait valoir ces dernières années que les taxes sur les carburants jouaient "un rôle positif" pour les consommateurs.
En représentant une part importante du prix des carburants à la pompe, elles permettent d'atténuer les variations des cours du brut, a-t-il expliqué.
Et en maintenant les prix à la pompe à des niveaux élevés même lorsque ceux du brut baissent, elles poussent les consommateurs à réduire leur consommation et les constructeurs d'automobiles à fabriquer des moteurs moins gourmands en carburants.
La porte-parole de la Commission aux questions fiscales, Maria Assimakopoulou, a souligné pour sa part que "la majeure partie des taxes sur les carburants était des accises et non de la TVA" (source)


Les solutions alternatives ne sont pas étudiées ni promues
Rappelez vous ce curieux Grenelle de l'Environnement. Rétrospectivement, il paraît sérieusement autiste. Quelles étaient les mesures relatives à la facture pétrolière ? La mise en place, dès janvier, d'un bonus écologique pour les voitures propres (et d'un malus pour les voitures les plus polluantes), et surtout très peu de soutien aux transports collectifs (Fillon a même annoncé une nouvelle autoroute !): création d' un observatoire des transports (sic !), déclaration d'intérêt général des transports fluviaux et ferroviers pour le fret (?), et "appel à un plan ambitieux" en matière de transports...

Christine Lagarde, en novembre dernier, avait bien proposé aux Français de se chauffer à 18 degrés dans leur maison et de rouler en vélo...

Le 30 avril dernier, M. Borloo avait présenté ses lois d'application du Grenelle de l'Environnement. En matière de transports, elles prévoyaient le "lancement de 2 000 km de lignes nouvelles de train à grande vitesse (TGV) d’ici à 2020, afin de relier toutes les grandes capitales régionales" ; "six fois plus de transports urbains propres en quinze ans" ; et le "développement des autoroutes de la mer et ferroviaires. " On attend le chiffrage ...

Quand la contrainte écologique rejoint le pouvoir d'achat... Tout devient possible !

Justice: la France montrée du doigt

En visite à Paris vendredi 23 mai, le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, s'est inquiété de la situation des prisons, des mineurs et des immigrés, en France. Il doit remettre un rapport d'ici la mi-juillet.

1. La France n'a rien fait contre la surpopulation carcérale depuis 2 ans
"Si peu a été fait face à la surpopulation carcérale, alors que le problème est dénoncé depuis de nombreuses années !" (source)

2. Les mineurs délinquants sont jugés trop jeunes.
"La France peut emprisonner des mineurs dès l'âge de 13 ans, explique M. Hammarberg. Dans mon rapport, je demanderai à la France qu'elle augmente l'âge minimum d'incarcération. Les changements récents se concentrent sur l'aspect répressif et très peu sur le côté éducatif."

3. L'immigration choisie est une erreur.
"Les immigrés ne sont pas des chiffres, mais des êtres humains.(...) J'ai été informé d'arrestations près des écoles ou dans les préfectures. De telles méthodes ne devraient pas être employées dans ces lieux."

Commentaire : à quelques semaines de la Présidence française de l'Union Européenne, ces accusations sont graves. Elles affaiblissent la crédibilité de Nicolas Sarkozy sur un sujet essentiel : l'éthique.

Sarkozy et une militante de la CGT

28 mai 2008

Sarkozy se lève plus tôt pour communiquer plus


Sarkozy redevient omniprésent. Nous le pressentions la semaine passée.

Lundi, intéressement pour tous
Il propose un doublement de l'intéressement «en quatre ans», oubliant qu'il a enterré la prime pour l'emploi quelques semaines plus tôt.



Mardi, c'est Rungis puis RTL
Sarkozy a retrouvé "la France qui se lève tôt", mardi 27 mai, en rejoignant dès 5 heures du matin les allées du marché aux halles de Rungis. Accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, le Président a salué les fromagers, les bouchers et autres fleuristes.
Il est un peu plus de 5h00. Devant le pavillon des viandes du MIN (Marché d'intérêt national), élus, employés et journalistes sont nombreux à attendre le chef de l'Etat. A quelques mètres, une cinquantaine de manifestants sont là aussi, sous une grande banderole rouge de la CGT, pour réclamer la régularisation de sans-papiers, employés à Rungis "depuis de nombreuses années, jusqu'à dix ans et qui paient leurs impôts et la sécurité sociale", affirme leur délégué syndical. Ils sont refoulés avant l'arrivée du président (recit: Nouvel Obs)
Un oubli, ou plutôt une crainte, Nicolas Sarkozy a préféré éviter les poissonniers.

Un peu plus tard dans les studios de RTL, il a lancé de nouvelles propositions :
- création d'un fonds alimenté par les surplus de TVA sur les produits pétroliers pour financer les aides aux professions et aux ménages les plus touchés par la flambée des prix du pétrole. Ces recettes exceptionnelles sont estimées à «150 à 170 millions d'euros par trimestre».
- la baisse de la TVA sur l'essence
- refus de prolonger jusqu'à 63 ans et demi l'âge légal du départ à la retraite
- refus de toute politique de rigueur,
- financement par l'Etat, avec la RATP et la Région Ile-de-France, de la rénovation de la ligne A du RER,
- le refus d'augmenter la redevance audiovisuelle pour financer la réduction des recettes publicitaires de l'audiovisuel public (les syndicats concernés annoncent une grève pour le 18 juin).




Les Français n'écoutent plus. Le même jour, un sondage révélait que "67% de Français désapprouvent la politique économique du gouvernement", soit une hausse de 7 points par rapport au mois précédent.

Sarkozy et Céline Dion


Curieuse photo. Je n'ai pas compris pourquoi Céline Dion méritait une légion d'honneur. Au siècle précédent, le Général de Gaulle réservait ses médailles aux résistants ou aux scientifiques.

Fascination Bling Bling ?

Grenelle de l'insertion : les résultats

Lancé en novembre dernier, le Grenelle de l'insertion a achevé ses travaux. Les participants (employeurs, collectivités locales, partenaires sociaux et associations ) ont remis un rapport au gouvernement le 23 mai dernier.

le Grenelle propose de "retenir deux régimes juridiques", l’un dans le secteur marchand sur la base du Contrat initiative emploi (CIE), l’autre dans le secteur non marchand sur la base du contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE).

"L’insertion ne doit pas être un statut, ni isoler ses bénéficiaires"

Le rapport de conclusion présenté le 23 mai, pointe "l’efficacité limitée", le "périmètre flou" et "l’accumulation des dispositifs de contrats aidés" qui offrent souvent une formation "insuffisante". Le Grenelle propose de mieux prendre en compte les parcours et les besoins des bénéficiaires (chômeurs, Rmistes, jeunes sans qualification, ex-détenus, etc).

Le rapport formule des propositions pour mieux cibler la formation professionnelle, inciter les entreprises à participer davantage à l’effort d’insertion, et demande au secteur public d’être "exemplaire" en embauchant les personnes qui ont accumulé des contrats aidés.




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27 mai 2008

Le guide des réformes 2007-2008


Les services du Premier Ministre ont publié le 20 mai dernier un guide à l'attention du journaliste perplexe et de l'électeur déçu: "le guide des réformes 2007-2008."
Il s'organise entre XX thèmes :

Réhabiliter le travail (= les heures supplémentaires)
Protéger les Français et notamment les plus fragiles (= le paquet fiscal)
Préparer notre pays à l'avenir (= la réforme des retraites)
Offrir un service public au meilleur coût pour les citoyens (= les suppressions de postes)
Rendre à nos concitoyens la fierté d'être Français (= l'identité Nationale, l'immigration choisie, le traité simplifié, la Françafrique)


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Prime pour l'emploi ou intéressement


Pour améliorer le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a promis lundi 26 mai un doublement de l'intéressement «en quatre ans», avec un crédit d'impôt de 20% sur la totalité des primes versées pour les entreprises qui n'avaient pas d'accords d'intéressement jusque-là, et un crédit d'impôt de 20% également sur le surplus d'intéressement distribué, pour celles qui en avaient déjà.
"Je souhaite que nous fassions porter nos efforts sur l'intéressement, car c'est un instrument souple et c'est du pouvoir d'achat"
"Vous voulez payer moins d'impôts? Alors, vous donnez davantage d'intéressement (...) C'est ma réponse au pouvoir d'achat. C'est clair, c'est simple, ça concerne toutes les entreprises"(source).
Actuellement, la participation est obligatoire dans les seules entreprises de plus de 50 salariés. Elle a été créée par le Général de Gaulle, et se calcule sur le bénéfice. L'intéressement est lui facultatif.

En 2005, quelque 7 milliards d'euros ont été distribués au titre de la participation à 4,9 millions de salariés. Six milliards ont été distribués au titre de l'intéressement à 4,2 millions de salariés.

Cette annonce permet de cacher un autre effet pervers de la politique de "solidarité active" du gouvernement Sarkozy: le "redéploiement" de la prime pour l'emploi (PPE) pour financer une partie du revenu de solidarité active (RSA). Plus de 2,5 millions de personnes aux bas revenus, durement frappés par le regain d'inflation, sont potentiellement concernés

Le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, n'a jamais caché que la création du RSA ferait des gagnants et des perdants parmi les 9 millions de bénéficiaires de la PPE, ce crédit d'impôt mis en place en 2001 par le gouvernement Jospin. Du côté des gagnants potentiels, se trouvent les plus pauvres des "pépéistes" : lorsque leur revenu d'activité tombe en dessous de 0,3 smic, ils perdent leur prime. Le RSA, lui, joue, dès la première heure travaillée. Du côté des perdants potentiels, se trouvent les personnes entre 1,2 et 1,4 smic. Soit 2,38 millions de salariés à plein temps selon l'Insee (chiffres 2006), auxquels s'ajoutent, selon le ministère du budget, "entre 200 000 et 300 000 personnes à temps partiel". 2,6 à 2,7 millions de bénéficiaires de la PPE pourraient ainsi voir leur pouvoir d'achat rogné.

Le scénario central de M. Hirsch, encore provisoire, prévoit que le RSA sera beaucoup plus favorable - autour de 120 euros de plus par mois - pour les 4,5 millions de bénéficiaires de la PPE touchant moins d'un smic. Le système serait "à peu près neutre" jusqu'à 1,15 smic. Il deviendrait désavantageux pour les couples bi-actifs et au-delà de 1,2 smic. Or, selon Bercy, pour un célibataire sans enfant, la PPE est de 38 euros par mois à 1,2 smic (1 200 euros) et de 19 euros par mois à 1,3 smic (1 300).

source LE MONDE


26 mai 2008

6 mois après le divorce, qui est la plus heureuse ?

Fidèle à sa tradition d'investigation, Closer compare les situations respectives de Cécilia Ciganer et Carla Sarkozy. Pourquoi en parler ? Pour être léger, parfois, sur ce blog.


Culture et humour en Sarkofrance

Rire de tout mais pas avec n'importe qui
Nicolas Sarkozy n'apprécie pas être caricaturé. On le savait. Il s'est récemment constitué partie civile dans une affaire instruite à Alberville (Savoie) et portant sur des tee-shirts parodiques dont certains utilisaient son patronyme suivi du slogan "tolérance zéro."
La plainte de Nicolas Sarkozy a été déposée il y a quelques jours auprès du parquet de la ville, où est instruite l'affaire, et s'ajoute à celles de nombreuses sociétés comme Lacoste et Heineken, dont les logos ont été repris et détournés avant d'être imprimés sur des tee-shirts destinés à la vente (source).
Militer ou chanter, il faut choisir
Maxime Le Forrestier explique, dimanche 25 mai, que la chanson politique ne l'intéresse plus depuis longtemps.
Mais j'ai choisi de faire des chansons pour distraire. Pas pour dire aux gens quoi penser. Et puis, on a beaucoup assisté à de la politique politicienne ces derniers temps. Je ne me vois pas écrire une chanson sur Sarkozy. Dans Là-bas la Terre, j'aborde le thème de l'immigration. Sans désigner de coupables. Tout le monde le fait, tout le monde a un avis sur tout aujourd'hui. Et quand tout le monde braille la même chose, on n'entend plus rien. A l'époque de Parachutiste, la presse était aux ordres, la radio et la télé appartenaient à l'Etat. Et comme dans tous les régimes où les médias sont muselés, les chanteurs et les histoires drôles prennent le relais. Quand j'ai écrit Entre 14 et 40 ans, aucun journal n'avait signalé que les flics, durant les évènements de Mai 68, interdisaient l'accès au jardin du Luxembourg aux hommes seuls entre 14 ans et 40 ans. Donc, la chanson avait une utilité (source JDD)
Le film politique est bien vivant
Les festivaliers réunis à Cannes depuis le 14 mai ont pu voir "Johnny Mad Dog" de Jean-Stéphane Sauvaire (sur les enfants-soldats au Libéria), "C'est dur d'être aimé par des cons" de Daniel Leconte (sur le procès de Charlie Hebdo), "Le Silence de Lorna" des frères Dardenne (sur le mariage blanc d'une immigrée albanaise). Une preuve que le cinéma politique n'est pas mort.

OGM

Jeudi dernier, le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés a été définitivement adopté après un dernier vote du Sénat. La gauche portera aujourd'hui un recours devant le Conseil constitutionnel.

Au Sénat, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet avait gentiment menacé les sénateurs à adopter le texte pour éviter une condamnation de la France pour non-transposition de la directive européenne sur les OGM.

L'article premier du texte reprend l'amendement du député communiste André Chassaigne stipulant que les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être cultivés que dans "le respect des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales sans OGM".

Le gouvernement et la majorité ont limité la portée de cet amendement. Le seuil correspondant au "sans OGM" sera fixé espèce par espèce par le gouvernement sur avis du Haut conseil des biotechnologies, créé par la nouvelle loi. Et cela, dans l'attente d'une définition du "sans OGM" au niveau européen. Le décret créant le Haut conseil "sera promulgué avant la fin du mois de juin", a précisé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo dans un communiqué, saluant "l'un des textes les plus protecteurs au monde".

Les écologistes estiment au contraire que cette loi ne protégera pas l'agriculture française et les consommateurs du risque de contamination par les OGM. Ils exigeaient notamment une définition du sans OGM correspondant au seuil de détection de 0,1% (source).
Pour comprendre l'hostilité de la gauche à ce texte, qui trahit selon elle les objectifs du Grenelle de l'Environnement, voici une explication de vote. Une parmi d'autres. Celle de Martine Billard, députée parisienne Verte.

« Notre collègue de l’UMP nous a expliqué que l’humanité avait été capable de grandes choses. Il a oublié d’ajouter qu’elle est aussi capable, malheureusement, de déclencher de grands désastres ! C’est un fait, cette loi joue avec l’avenir de notre agriculture, de notre santé et de notre planète. Il faudrait arrêter de faire preuve de mauvaise foi, mesdames et messieurs de l’UMP !

Sur tous les bancs de cette assemblée, l’accord s’est fait pour poursuivre les recherches en laboratoire. Ce que nous refusons, ce sont les plantations d’OGM en plein champ, car la dissémination est irréversible pour plusieurs décennies, comme on le voit en ce moment aux États-Unis.

Nous ne refusons pas la transcription de la directive européenne, monsieur le ministre des relations avec le Parlement ! Personne n’a jamais dit cela ! La question de fond est de savoir comment transcrire cette directive : nous ne refusons pas qu’il y ait une loi, nous rejetons seulement la loi qui nous est proposée.

Il y a eu, de 2000 à 2003, un moratoire au niveau européen sur les OGM, organisé à l’initiative de Mme Voynet sur la base d’un accord politique entre les gouvernements. Et c’est votre majorité qui, avec Mme Bachelot, a levé le moratoire en 2002 et permis l’expansion des OGM dans le pays. Vous ne pouvez pas vous laver les mains de ce qui a été fait ces dernières années dans notre pays !

Quand il s’agit de faire passer vos mauvais coups, notamment vos mauvais coups sociaux, vous êtes toujours disposés à faire appel à l’opinion publique – par exemple lorsqu’il s’agit de casser le droit de grève des enseignants Il en va tout autrement lorsqu’il s’agit des OGM, les Français ayant fait savoir massivement depuis des mois qu’ils n’en voulaient pas, ni dans leurs champs ni dans leurs assiettes. Auriez-vous peur du peuple ? Certains sont allés jusqu’à dire que faire appel au peuple serait politicien : voilà la conception de la démocratie que l’on a à l’UMP !

Oui, il faut un référendum sur les OGM, afin que les Français puissent dire s’ils veulent des OGM en France, ou s’ils veulent une agriculture de qualité, une agriculture qui s’exporte.

Croyez-vous que nous pourrons encore exporter quand notre agriculture tout entière sera contaminée par les OGM ? En cassant les AOC et l’agriculture biologique, vous allez signer l’arrêt de mort de l’agriculture tout entière !

C’est ce que nous refusons, et c’est pourquoi le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera la motion référendaire : il faut que ce soit le peuple qui tranche, sur cette question qui met en jeu l’avenir de notre planète ! »

Merci à Citron Vert.

Quand le gouvernement se félicite de casser les grèves

"Pour sa deuxième mise en œuvre au plan national, le service minimum dans les sociétés de transports a pallié efficacement, hier, les perturbations liées à la journée d’action sur les retraites."

C'est ainsi que les services du Premier Ministre ont commenté les résultats de la journée de grève du 22 mai dernier.
"Grâce à l’obligation de se déclarer en grève 48 heures à l’avance, les sociétés de transports, tout particulièrement en région parisienne, ont pu organiser le service et informer leurs clients en temps et en heure. Ainsi, ce sont des milliers de Français qui ont pu se rendre à leur travail, sans que soit mis en cause ni le droit de grève ni le droit d’expression des grévistes", a déclaré le Premier ministre."

25 mai 2008

Retraite : contre-propositions

Un collectif de salariés a proposé voici plusieurs jours un ensemble de contre-mesures relatives à la réforme des retraites.

Voici leurs principales propositions. L'intégralité de l'appel est consultable ici.

1- Taxation immédiate des stock-options ("perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros").
2- Apurement des dettes de l'Etat, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).
3- Transfert des sommes non versées issues des privatisations depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites.
4- Rééquilibrer la répartition des impôts et charges entre capital et travail
5- Supprimer les "niches" fiscales (254 "niches" permettent à 3900 contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes).
6- Aligner la retraite des députés sur le régime général

Sarkozyste déçu

Et votre retraite ?

Le mouvement de grève du 21 mai fut l'occasion, pour certains médias, de se pencher sur certaines retraites. Ainsi Bakchich.info s'intéresse à celles de quelques grands patrons.

Daniel Bouton (58 ans), PDG de la Société Générale relégué à un poste honorifique suite à l'affaire Kerviel, touchera une retraite de 723 750 euros par an. Autre exemple, les engagements de retraite d’Alcatel Lucent pour ses dirigeants "atteignaient à la fin de l’année dernière 40,2 millions d’euros, dont 28,1 millions pour les membres du conseil d’administration."

LE FIGARO préfère expliquer à ses lecteurs la légitimité des réformes (tout en leur suggérer d'optimiser fiscalement la leur): "À plus long terme, les calculs du Conseil d'orientation des retraites, qui intègrent le passage à 41 ans de cotisation, restent inquiétants pour 2020-2050"

"Conformément aux promesses du candidat Sarkozy, le minimum vieil­lesse sera revalorisé de 25 % en cinq ans et la pension de réversion portée de 54 % à 60 % d'ici à 2011 (un âge minimum sera réintroduit). Pour inciter les seniors à rester au travail, le gouvernement veut relever la surcote (pension majorée de 5 % par année de cotisation supplémentaire, dans la limite de 15 %), supprimer les limites au cumul emploi-retraite, les mises en retraite d'office et les limites d'âge. Plus délicat, l'âge plancher de dispense de recherche d'em­ploi pour les chômeurs (57,5 ans actuellement) sera relevé de six mois par an. Et le gouvernement propose de supprimer le «pécule» de départ en retraite pour les personnes n'ayant pas cotisé à taux plein."

Libération rappelle les principales idées alternatives sur le financement des retraites :
  • Transférer 1 point de cotisation chômage sur l'assurance vieillesse
  • Moduler l’âge de la retraite en fonction de la pénibilité des métiers
  • Réinventer la retraite progressive
  • Remettre les 45-60 ans au travail
  • Repousser à 61, 62, voire 63 ans l’âge légal du départ à la retraite
  • Faire entrer les jeunes dans le système dès 18 ans

Parallèlement, on apprenait que l'Union Européenne ouvre une enquête sur les retraites de France Telecom. La réforme du financement des retraites de fonctionnaires mise en place chez France Telecom pourrait constituer aide d'Etat incompatible avec la réglementation européenne.

24 mai 2008

55ème semaine de Sarkofrance : «Gouverner c'est faire croire»


Cette dernière semaine, la 55ème depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, on retrouve des airs connus: un bling bling renaissant, un Président omniprésent, des lois qui passent, une éthique qui trépasse.

Nicolas nettoie les mauvais malentendus.
L'éthique trépasse sur l'autel de la real-politik. Il faut discuter avec tous. Le président angolais en fut ravi. Nicolas Sarkozy s'est déplacé, en personne et en l'espace d'une journée, pour le consoler. Il est vrai que certains amis, nouveaux ou plus anciens, passent en jugement pour trafic d'armes et/ou corruption en octobre prochain : Falcone, Attali, Fenech, il ne faut pas laisser tomber ses proches ou ses serviteurs. Qu'importe si l'éthique en prend un coup au passage.

Sa parole ne se décompte pas.
Le débat institutionnel est revenu dans l'actualité. Faire croire que la réformette institutionnelle revalorisera le rôle du Parlement est une pirouette. Le Président conserve son droit de vie ou de mort sur l'Assemblée Nationale (la dissolution). Roger Karoutchi a même rappelé que la parole présidentielle ne saurait être décomptée du temps de l'UMP. Nicolas Sarkozy en a profité cette semaine pour poursuivre sa leçon de travail, quitte à trébucher sur un exemple barcelonais. Il peut attaquer, à chaque discours, la gauche ou les trente-cinq heures, sa parole est libre.

Nicolas négocie avec la junte birmane
L'attention publique aurait pu se porter sur un mouvement de grève contre une mesure incompréhensible (l'allongement à 41 ans de cotisations pour avoir une retraire pleine). Médiatiquement, il était important de réagir. Le Président s'est donc emparé d'une cause humanitaire. La dictature birmane refusait de laisser passer un navire français militaire, le Mistral. Sarkozy est intervenu, et surtout l'a fait savoir.

On ne discute pas les lois de Nicolas.
Après les couacs de la semaine passée, l'Elysée a tenu ses troupes parlementaires: la loi OGM fut enfin votée. Qu'elle sanctuarise la culture OGM en plein air ne pose visiblement aucun problème à Jean-Louis Borloo. Les agriculteurs gèreront.
Le débat institutionnel a souffert de la même fermeture présidentielle: les langues régionales seront reconnues dans la Constitution MAIS les immigrés intégrés n'auront pas le droit de vote. Le gouvernement l'a fait savoir à ses troupes, les députés UMP ont obtempéré. Etaient-ils seulement en désaccord avec cet affront républicain ? "Viens, bosse et tais-toi" est la nouvelle maxime de la Sarkofrance à destination de l'étranger en quête d'emploi.

Nicolas veut "
protéger" les journalistes et les juges.
Le 15 mai dernier, la loi sur la protection des sources est adoptée. Son article 1er prévoit simplement qu'il "ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie", seulement si "au cours d'une procédure pénale, (...) les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire". Les juges, eux, doivent être protégés d'eux-même. C'est pour cela que le futur Conseil Supérieur de la Magistrature, instance de nomination et organe disciplinaire des magistrats, sera "composé d'un nombre minoritaire de magistrats face à des personnalités extérieures choisies par le pouvoir politique." On ne sait jamais !

Nicolas communique sur ses "succès."
Des statistiques partielles sur le recours au heures supplémentaires défiscalisées ont été (enfin) publiées: "désormais 59% des entreprises effectuant mensuellement leur déclaration URSSAF utilisent ce mécanisme." Que la majorité des entreprises ne soient pas concernées par ce résultat importe peu. Que l'effet d'aubaine ne soit pas mesuré, non plus. Eric Woerth, lui, s'est réjoui d'avoir supprimer 479 postes de plus que prévus dans la Fonction Publique en 2007. Belle affaire !

Nicolas décore beaucoup ses amis les stars
Festival de Cannes oblige (?), Nicolas Sarkozy a décoré de la Légion d'honneur Steven Spielberg (le 21 mai), Christian Clavier (le 21 mai) et même Céline Dion (le 22 mai). Photos à l'appui, il est souriant.

Gouverner, c'est faire croire.

Un B-A-BA politique bien intégré en Sarkofrance.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Sarkozy nettoie les vieilles affaires du passé


Nicolas Sarkozy s'est rendu cette semaine en Angola pour dissiper les "malentendus."

Quarante-deux personnes doivent comparaître, en octobre prochain, dans le procès "Angolagate." Cette affaire concerne des ventes d'armes d'un montant de 790 millions de dollars à ce pays entre 1993 et 2000. Bref retour en arrière pour comprendre le "nettoyage" en cours.

Le principal négociateur du contrat d’armement, Pierre Falcone, longtemps en fuite à l’étranger sous couvert d’un passeport diplomatique angolais auprès de l’Unesco, affirme sans rire avoir agi par «devoir humanitaire vis-à-vis de l’Angola». Cohabitation oblige, il aurait rémunéré des lobbyistes de gauche (Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali…) comme de droite (Jean-Noël Tassez, Paul-Loup Sulitzer…), mais surtout les dignitaires angolais : 55 millions de dollars en virements bancaires, deux millions en espèces plus, selon l’accusation, des «frais aériens, hôteliers, chirurgicaux»… Là encore, il minaude : «C’est pour faciliter les choses et non pour acheter des gens.» Peu importe après tout, car les commissions versées aux Angolais ne sont pas dans la saisine de la justice française - elle ne vise que les rétrocommissions bénéficiant à des décideurs bien de chez nous.

1. Pierre Falcone, Français de 52 ans, et Arcady Gaydamak, 54 ans, Israélien d'origine russe, sont les deux trafiquants présumés. En octobre 2007, Pierre Falcone s'est vu rendre son passeport Français, qui lui avait été confié en 2003. Le tribunal correctionnel de Paris avait également levé le mandat d'arrêt international lancé en janvier 2004 contre lui.

2. Jean-Christophe Mitterrand, 60 ans, fils aîné de l'ancien président de la République, et Jean-Bernard Curial, également socialiste, étaient proche du pouvoir angolais d'Eduardo dos Santos, comparaîtront pour "complicité de commerce illicite d'armes". Jean-Christophe Mitterrand nie toute implication.

3. Ls personnalités suivantes seront jugées pour avoir perçu des gratifications jugées illégales des vendeurs d'armes: Charles Pasqua, 79 ans ; Jean-Charles Marchiani, 63 ans ; l'ex-magistrat devenu député UMP de Lyon Georges Fenech, 53 ans ; Jacques Attali, 63 ans, ex-conseiller du président Mitterrand (1981-1990); l'écrivain Paul-Loup Sulitzer, 60 ans.

4. Les autorités angolaises sont accusées d'avoir perçus également des "gratifications." L'Angola a permis à Pierre Falcone, emprisonné pendant un an en 2000-2001 puis libéré sous contrôle judiciaire avec retrait de son passeport français et versement d'une caution de dix millions d'euros, de quitter la France en 2003. L'Angola lui a attribué un passeport diplomatique angolais "au titre de la représentation de ce pays à l'Unesco", qui lui confère en théorie une immunité.

Nicolas Sarkozy a proposé vendredi 23 mai un "partenariat économique et politique" à l'Angola.

"Je suis venu vous proposer une alliance qui reposerait sur des principes simples"
"Le respect mutuel, un partenariat d'égal à égal, la satisfaction de nos intérêts réciproques."
Il a annoncé la construction d'une nouvelle ambassade en France en Angola, d'agrandir le lycée français de Luanda, la création d'une fondation France-Angola ("qui assurera la promotion de projets de développement économique, humain et culturel"), la reprise des activités de l'Agence française de développement et des garanties de crédits par la Coface, ainsi que plusieurs accords de coopération et contrats commerciaux.

23 mai 2008

Selon Sarkozy les grutiers de Barcelone travailleraient 11 heures par jour, 365 jours par an

Nicolas Sarkozy s'est pris les pieds dans les pattes de son raisonnement. Une (petite?) bourde présidentielle, en direct ou en différé sur vos écrans. Merci à Contre-info d'avoir relevé l'information.
"En déplacement à Orléans, Nicolas Sarkozy déclare à propos de la réforme du statut des dockers :

Je crois à la réforme des ports. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise...

Un grutier du port de Marseille travaillait 2000 heures par an.

Un grutier du port de Barcelone ou un grutier du port d’Anvers travaillait 4000 heures par an.

Si l’on prend pour base les 220 jours travaillés en moyenne chaque année par les français, les 2000 heures créditées aux dockers Marseillais représentent tout de même un peu plus de 9 heures par jour."



Jour de grève, jour de fermeture en Sarkofrance

Entre 300 et 700 000 manifestants se sont retrouvés jeudi 22 mai pour protester contre l'allongement, sans négociation, à 41 ans de cotisation pour une retraite pleine. "Une mobilisation assez forte," reconnaît le FIGARO. Laurence Parisot, présidente du MEDEF, a persisté à réclamer de repousser l'âge de légal de départ à la retraite à 63 ans et demi.
"Si l'on décide de partir à 63 ans et demi, on pourra équilibrer le régime général."
Les députés n'étaient pas en grève. Jeudi soir, ils ont adopté un amendement socialiste à la réforme des institutions qui inscrit le référendum d'initiative populaire dans la Constitution.

Un référendum "peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", stipule cet amendement présenté par Arnaud Montebourg et les membres du groupe socialiste. Il a été adopté par 113 voix contre 10.

Un sous-amendement du rapporteur UMP Jean-Luc Warsmann, adopté lui aussi par les députés, renvoie à une loi organique les modalités de la procédure et précise que le référendum d'initiative populaire ne pourra pas s'appliquer à une loi promulguée depuis moins d'un an. Il s'agit d'éviter que l'opposition ne se serve du référendum comme d'une "deuxième chance" pour abroger une loi venant d'être votée (source).

En revanche, trois autres amendements, soutenus par la gauche et le Nouveau Centre, ont été d'abord torpillés par le gouvernement puis rejeté par l'Assemblée. Ces trois amendements visaient à accorder le droit de vote aux étrangers.
Celui de Jean-Christophe Lagarde (NC) prévoyait d'accorder le droit de vote pour toutes les élections aux citoyens de l'Union européenne résidant en France depuis 5 ans au moins, une loi organique devant préciser ensuite les scrutins concernés.
Jean-Christophe Lagarde s'est étonné que "l'on n'admette pas le vote des Européens aux élections régionales et cantonales" alors qu'ils peuvent voter aux municipales.
Prévoyant d'aller plus loin encore, le groupe GDR (PCF et Verts) a soumis a l'assemblée un amendement accordant le droit de vote aux étrangers même non-communautaires, "résidant sur le territoire français, après une présence légale continue de 5 ans, dans les conditions déterminées par la loi", une loi organique précisant ensuite les élections concernées.
Le dernier amendement, uniquement signé par les députés communistes, prévoyait un droit de vote sans condition de durée de résidence pour tous les étrangers (source).

Commentaire : cette fermeture à plus grande citoyenneté active des étrangers non-européens illustre bien les limites de la politique "d'identité nationale" mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux. Les immigrés doivent être "choisis", puis travailler mais se la fermer: "viens, bosse et ferme ta gueule !"

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Sarkozy: vérifier ses sources....

22 mai 2008

Fillon se débat avec Sarkozy

Lors de son intervention sur France 2 mercredi 21 mai,François Fillon a nié les rumeurs de tension avec Nicolas Sarkozy mais toute marginalisation de Matignon au sein de l'exécutif.
"Je passe à peu près la moitié de mon temps à débattre avec le président de la République (...) c'est un dialogue qu'on a tous les deux"

"Qui conduit la réforme de la Constitution, si ce n'est le Premier ministre ? Qui est en train, en ce moment, d'essayer de conduire une réforme de la démocratie sociale qui est une réforme radicale (sinon le même Premier ministre) ?"



Promesse tenue ? Les heures supplémentaires fonctionnent-elles ?

Christine Lagarde a publié de nouvelles statistiques relatives au mécanisme de défiscalisation des heures supplémentaires : ce dernier serait largement utilisé : "désormais 59% des entreprises effectuant mensuellement leur déclaration URSSAF utilisent ce mécanisme issu de la loi Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat (38% en octobre, 48% en novembre, 51% en décembre, 53% en janvier, 54,5% en février)".

Le gouvernement précise que "les heures supplémentaires sont très utilisées dans la plupart des secteurs de l'industrie (automobile, métallurgie, équipements mécaniques, chimie, composants électriques et électroniques...), du commerce et de la réparation automobile et des transports." (source)


1. Pour mémoire, ce dispositif dégrade les comptes sociaux (sécurité sociale et retraites).

2. Cette communication ne concerne pas toutes les entreprises.
Ainsi, celles effectuant leur déclaration trimestriellement (qui correspondent essentiellement au moins de 10 salariés) sont moins nombreuses à utiliser le dispositif, et le nombre de participants est stable. Sa proportion s'élève à 33% au premier trimestre 2008 contre 32% au dernier trimestre 2007.

21 mai 2008

Grève en Sarkofrance : 1968 est bien loin.

Alors que le gouvernement lâche 110 millions d'euros pour les marins pêcheurs frappés par la hausse du prix des carburants (132 dollars le baril !), il n'a pas réussi à empêcher le mouvement de grève ce jeudi 22 mai.

Il y a 40 ans, la France connaissait la plus grande grève de son histoire: 8 à 10 millions de travailleurs avaient cessé le travail.

Aujourd'hui, la grève est multiple, ses motivations également. Les syndicats veulent contraindre le gouvernement à des concessions sur son "plan retraites" qui entérine l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation. Ils mobilisent l'ensemble du secteur des transports. Le gouvernement expliquera qu'il n'a pas le choix, que les Français doivent travailler plus longtemps. Nous lui rétorquerons que les plus de 50 ans sont déjà massivement au chômage ou en pré-retraite, que la défiscalisation des heures supplémentaires a aggravé les comptes sociaux.

La SNCF, où la grève a commencé mercredi soir, annonce deux TGV sur trois en circulation, un Transilien sur deux, un TER sur deux et un Corail sur deux.

"La RATP prévoit un trafic normal ou quasi-normal sur l'ensemble du réseau, sauf sur la ligne B du RER. Des préavis de grève ont été aussi déposés dans au moins 53 réseaux de transports urbains de province.

Dans le domaine aérien, des perturbations sont possibles en début de journée, à Marseille notamment, et le programme des vols pourrait changer."

Bonne grève ?

58% des Français interrogés la soutiennent, d'après un sondage publié par l'HUMANITE.

Petits tâcles en Sarkofrance

Nicolas Sarkozy tâcle les transports franciliens
Nicolas J s'interroge, sur Partageons Mon Avis, sur les raisons qui ont poussé le président français à tacler la RATP et le STIF, quelques jours avant une grève générale.
« Je ne laisserai pas les passagers otages de situations inacceptables de lignes de RER vétustes », a promis le président de la République qui a menacé : « Si l'Etat doit reprendre la main, l'Etat la reprendra. » (source)
Jean-Paul Huchon, président (socialiste) de la Région Ile-de-France, n'a pas apprécié.

Copé tâcle Bertrand qui tâcle Devedjian
Patrick Devedjian avait suggéré lundi 19 mai de démenteler définitivement les 35 heures. Nicolas Sarkozy avait tenu une position différente. Le ministre du Travail Xavier Bertrand a également rectifié le tir en réaffirmant qu'il n'entendait pas toucher à la durée légale du travail. Puis Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale, a à son tour tâclé son collègue Bertrand:
"Patrick, sur ce sujet, n'est pas seul. Je crois que chacun peut l'avoir en tête. (Il a fait) une proposition intéressante, constructive", a-t-il ajouté.
"A chaque fois qu'un responsable de la majorité fait une proposition, il ne faut pas qu'il prenne tout de suite un démenti. Sinon, c'est triste", a déclaré Jean-François Copé.

Ne pas protéger les journalistes : un exercice de novlangue

La novlangue sarkozyenne a-t-elle encore frappée ? On savait que la solidarité" signifiait "restriction," que "pouvoir d'achat" signifiait "bouclier fiscal." Voici venu le temps des journalistes.

1. Le contexte est mauvais.
La France est régulièrement condamnée par la cCur européenne des droits de l'homme.
La France a d'ailleurs été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) pour des poursuites contre des journalistes qui avaient refusé de révéler l'identité de leurs informateurs.

Ce fut le cas en juin dernier, dans l'affaire opposant la France à Jérôme Dupuis et Jean-Marie Pontaut, deux journalistes de L'Express co-auteurs du livre Les oreilles du Président, qui traite des écoutes de l'Elysées en 1996.

2. Nicolas Sarkozy aime à pressurer les médias.
Les relations particulières de Nicolas Sarkozy avec les médias ont l'objet de nombreuses analyses et commentaires depuis des années. Le Président ne les aime que docile. C'est connu. Récemment encore, il a fait sonné la charge contre l'AFP, Marianne et autres L'EXPRESS.

3. La loi protège mal.
L'article 1er du texte adopté le 15 mai prévoit simplement : "Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie", seulement si "au cours d'une procédure pénale, (...) les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire". Mais "cette atteinte ne peut en aucun cas consister en une obligation pour le journaliste de révéler ses sources".

Avez-vous compris ?

20 mai 2008

Réductions tous azimuts en Sarkofrance

Mardi 20 mai, le président Sarkozy a répété son hostilité aux 35 heures. Nulle surprise. La réduction du Temps de Travail est un ennemi tout désigné du "travailler plus" de Nicolas Sarkozy. Dès la 36ème heure de travail (pour un temps complet), la défiscalisation (partielle) des heures supplémentaires mise en place depuis octobre dernier s'applique. Qu'à peine 40% des salariés français soient concernés par les 35 heures est un paramètre qu'on n'ose à peine rappeler.

Réduire les heures supplémentaires
La veille, lundi 19 mai, l'UMP, via Patrick Devedjian, avait semblé menacer la position présidentielle. Le secrétaire général de l'UMP avait en effet suggérer de fixer une durée de travail entreprise par entreprise.
Une telle position, si elle était adoptée, aurait mis à mal le déclenchement des exonérations de charges sociales et d'impôts si chères à Nicolas Sarkozy. En décembre dernier, François Fillon réfléchissait à la même idée.
Or, selon Nicolas Sarkozy, «c'est la seule façon de répondre à la question du pouvoir d'achat». La preuve, les heures supplémentaires auraient été utilisées par 59% des entreprises en avril (contre 38% en octobre 2007, selon le ministère du Travail), s'est-il réjoui ce mardi à Orléans (source).
Il est vrai que sortir des 35 heures est une course d'obstacles, tant cela remet en cause l'organisation du travail au sein de certaines entreprises.

Réduire l'autonomie de la justice

Le même mardi, le syndicat majoritaire de la magistrature s'est opposé à la prochaine réforme du Conseil Supérieur de la Magistrure (CSM). Cette réforme prévoit en effet que le CSM, à la fois instance de nomination et organe disciplinaire des magistrats, "soit composé d'un nombre minoritaire de magistrats face à des personnalités extérieures choisies par le pouvoir politique." (source)
Curieuse conception de l'autonomie de la justice, d'après les syndicats.
"Vouloir rendre les magistrats minoritaires dans les instances disciplinaires qui les concernent témoigne d'une défiance que rien ne justifie", a écrit au président de l'Union syndicale des magistrats (USM) le bâtonnier des avocats de Paris, Christian Charrière-Bournazel.
"Si une composition mixte des conseils de justice, mêlant magistrats et non magistrats, est la règle, et naturellement souhaitable afin de favoriser la représentativité des différents courants d'opinion et l'ouverture de la magistrature, elle ne saurait aboutir à y mettre les magistrats en minorité", a renchéri le président du CNB, Paul-Albert Iweins, dans un autre courrier.
Réduire les déficits
A l'issue du séminaire-anniversaire (un an après l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy), François Fillon a confirmé à ses minisres vouloir atteindre l'équilibre budgétaire en 2012.
"Pour qu'il n'y ait aucun doute sur notre volonté de remplir nos objectifs, nous établirons des budgets publics sur une base triennale dès 2009", a confirmé le Premier ministre. Il s'est à nouveau engagé sur un objectif "absolu" de 2% de déficit pour 2009, faisant fi des doutes affichés par la commission européenne sur l'état des comptes de l'Etat français.
Les ministres, réunis dimanche en fin d'après-midi à Matignon, connaîtront fin juin le montant des enveloppes dont ils disposeront, mission par mission, pour les trois prochaines années, a expliqué le chef du gouvernement. Ainsi, "nous aurons donc dès 2009 une vision complète des trois budgets à venir" (source).
La recette n'est pas encore connue.

Sarkozy aime toucher : la video

Politistution a réalisé cet excellent montage video. Bon visionnage.

19 mai 2008

Le cercle d'affaires du Président

Deux journalistes ont enquêté sur un cercle d'affaires, mis en place au sein de l'UMP, qui agit comme une « sorte de banque privée au sein de l’UMP ».

« Le Cercle de France » est une « sorte de banque privée au sein de l’UMP ». « Une organisation secrète, au service de Sarkozy. » Diable ! Un des donateurs de ce cercle magnifique s’est confié à Renaud Dély et Didier Hassoux. Dans leur dernier livre Sarkozy et l’argent roi, fort instructif, les journalistes, respectivement de Marianne et du Canard enchaîné, dévoilent l’existence du Cercle de France. L’organisation serait chapeautée par Eric Woerth. À la page 73, on apprend avec délectation que le très discret ministre du Budget également trésorier de l’UMP, a reçu « par trois fois les donateurs de la campagne présidentielle de Sarkozy. » Une fois de plus, la frontière entre État et parti politique est franchie. Et qui mieux qu’Éric, à la croisée des fonctions et des portefeuilles, pouvait remplir cette fonction ? (source)

18 mai 2008

Bonne nouvelle, l'UMP a une feuille de route

La direction de l'UMP a reçu samedi 17 mai les secrétaires départementaux de la centaine de fédérations que compte le parti pour leur donner une feuille de route : soutien des réformes, animation du débat, présence accrue sur le terrain, avec objectifs chiffrés d'adhésions.


Le secrétaire général, Patrick Devedjian, qui animait les débats de la matinée au siège national avec son adjoint, Xavier Bertrand, a demandé une "présence sur le terrain beaucoup plus efficace" du parti, avec l'implantation de nouvelles sections, notamment dans les quartiers populaires, a-t-il dit à l'AFP.
Bonne nouvelle. Un an après l'élection présidentielle, l'UMP demande à ses militants de "soutenir les réformes."

Une année inefficace ?

17 mai 2008

54ème semaine de Sarkofrance : services minima


Le service minimum est à l'honneur en cette 54ème semaine de Sarkofrance. Nicolas Sarkozy veut l'imposer aux enseignants, confondant garde d'enfant et éducation. Hortefeux le pratique, avec les travailleurs sans-papiers. Les députés UMP l'imposent, à un gouvernement à bout de convictions. Service minimum pour tous en Sarkofrance !

Satisfaction minimum
Pour la première fois depuis longtemps, Nicolas Sarkozy a souri. Une satisfaction minimum, mais réelle, pour des résultats minimum : le Président s'est réjoui du taux de chômage (on le savait), mais surtout d'une croissance française estimée à 2,2%. Une belle occasion de fustiger les économistes et la Commission européennes et leurs prédictions malheureuses.
"Je dis simplement à Bruxelles: regardez vos chiffres. Parce que si l'INSEE a revu ses chiffres (de la croissance pour 2008) à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres"
Que l'emploi salarié privé progresse moins qu'avant ne semble inquiéter personne. On croyait que le dispositif de faveur des heures supplémentaires devait encourager le travail. Le temps aidant, on constate qu'il n'en est rien.

Enseignement minimum
A chaque grève à l'Education Nationale, le gouvernement se plaît à entretenir la confusion entre enseignement et garde d'enfant. Prenant à témoin les parents d'élèves, Xavier Darcos a menacé les enseignants d'un projet de loi sur le service minimum à l'école.: il souhaitait que les enseignants grévistes s'identifient 48 heures avant la grève. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy a confirmé la menace. La loi sera pour l'été.

Solidarité minimum
C'est peut-être au sein de la majorité présidentielle qu'un service minimum de solidarité d'action devrait être rapidement mis en place. Les parlementaires de droite ont de tout temps moins joué la solidarité de groupe que leurs homologues de gauche. Mais cette semaine a été exemplaire : absents de l'hémicycle et traînant des pieds, les députés UMP ont laissé la gauche rejeter le texte de loi sur les OGM mardi 13 mai. Le lendemain, l'histoire se répète: la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale a rejeté la réforme des institutions.

Parlementarisme minimum
Un confrère blogueur s'amuse de cette "Rolex Constitution." Il a raison. Le projet soulève des questions. Sous prétexte de toiletter le régime, il donne des gages au Parlement pour occulter l'essentiel : le droit de vie ou de mort du Président sur les députés (i.e. le pouvoir de dissolution de l'Assemblée Nationale).

Protection minimum pour les journalistes
A la présentation de son projet de loi, Mme Dati a expliqué que la protection des sources ne pouvait être absolue. La loi fut votée jeudi 15 mai. Son texte précise que "le secret des sources des journalistes est protégé afin de permettre l'information du public sur des questions d'intérêt général." Mais les dérogations à cette protection sont floues: le journaliste devra se plier à "un impératif prépondérant d'intérêt public." Un comble.

Sentiment troublant. Sarkozy donne des leçons aux autres qu'il n'applique pas à son camp.

Le service minimum est pour les autres (enseignants, chômeurs, retraités).

Ami Sarkozyste, où es tu ?

Quand l'UMP se rebelle

L'équipe présidentielle semble avoir davantage de difficultés, le temps aidant, à maîtriser ses propres troupes parlementaires.

Mercredi 14 mai, la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale a rejeté la réforme des institutions.

Le même jour, les députés et sénateurs de la commission mixte paritaire ont rétabli le projet de loi sur les OGM tel qu'il avait été voté par le Sénat, avant son rejet par l'Assemblée nationale. Aucun amendement ne peut plus être déposé, hormis ceux du gouvernement. La veille, le projet était rejeté grâce à la démobilisation d'une partie des députés UMP. Les proches du Président minimisaient le problème. Sous le choc du camouflet, Jean-François Copé avait expliqué que "cela ne se reproduirait plus."

Selon Le Canard Enchaîné, Jean-François Copé avait déjà beaucoup agacé le chef de l'Etat, fin avril, en déclarant qu'il n'existait pas de majorité au sein du groupe UMP pour voter, en l'état, le texte sur la réforme des institutions. A l'automne, l'Elysée n'avait pas non plus apprécié plusieurs "manquements" de la majorité sur les tests ADN, le financement du Nouveau Centre ou encore pendant les débats sur le projet de loi Sécu. Il avait toutefois réussi à redresser la barre en se faisant accepter par ses troupes au départ critiques et en s'imposant comme l'un des hommes forts de la majorité.

"J'assume mes responsabilités. Les blâmes, j'y suis habitué", avait alors réagi Jean-François Copé. C'est une manoeuvre de l'opposition, même si j'ai bien compris qu'elle était de bonne guerre", a-t-il déclaré à l'AFP


Christian Estrosi a estimé que le parti n'est pas utile au chef de l'Etat. C'est le moins que l'on puisse dire.

Lire aussi:
- "L'UMP se lance dans la chasse aux connards de l'Elysée" par Nicolas Domenach
- Rue89 sur la lassitude persistante des parlementaires UMP.

Sarkozy heureux

16 mai 2008

République irréprochable ? Petits arrangements entre amis...


La "République irréprochable" est l'un de ces concepts abandonnés de la Sarkozie au pouvoir. Un succession de récentes anecdotes laisse un goût amer au citoyen vigilant. Une impression que la République sert les désirs égoïstes du certains au sommet de l'Etat.

Les tenues de Carla Bruni sont désormais l'un des sujets favoris de la presse people. Depuis sont déplacement chez la Reine d'Angleterre, les commentateurs détaillent le chic de l'épouse du chef de l'Etat. Mais qu'elle se déplace en Chanel en Tunisie ne choque pas. Après tout, la belle est milliardaire. Elle continue d'ailleurs de vivre dans son hôtel particulier du 16éme arrondissement. C'est son argent, et personne ne lui en reprochera l'usage qu'elle en fait.

D'après Bakchich.info, les grands couturiers qui avaient pris l'habitude de prêter parures et robes à Rachida Dati, ont demandé à cette dernière de les rendre. La ministre a un instant caressé l'espoir que la chancellerie règle ces vêtements d’apparat. Malheureusement pour elle, le Contrôleur Financier en a décidé autrement. C'est la fin de son "vestiaire permanent" chez Dior...

Le même contrôleur s'était déjà inquiété des dérapages des frais de réception de la ministre l'an passé. Et on a pu constater que la ministre voyage beaucoup, y compris pour des périples sans rapport avec l'actualité de son action.

Un autre proche de Nicolas Sarkozy a témoigné ces derniers mois d'une gourmandise toute particulière pour le luxe de la République : Pierre Charon, conseiller sans attribution du Président. Il ne figure même pas dans l’organigramme officiel de la présidence de la République : membre du Conseil économique et social et élu de Paris, il a tout de même obtenu une Velsatis avec chauffeur et gyrophare, un bureau, l'accès ponctuel aux services d'un maître d'hôtel. Pierre Charon est le trait d'union entre Sarkozy et le milieu culturel. Il est aussi devenu le confident de Carla Bruni à l'Elysée.

Le président lui-même n'est pas à l'abri des tentations, mais nous le savons depuis le soir même de son élection (rappelez-vous !). Récemment, le site Rue89 nous a appris que Nicolas Sarkozy s'est vu refuser par le Maire de Berne (Suisse) une place VIP pour le match de football France-Pays Bas le 13 juin prochain.

La République irréprochable est finalement un concept dépassé... Non ?

15 mai 2008

Service minimum l'école : faut-il être contre ?


Xavier Darcos a inauguré, le 24 janvier dernier, une habile manière de casser les grèves de l'Education Nationale. Les économies générées sur les salaires non versés aux grévistes serviront à financer un système de garde. La gauche s'en est émue. Le ministre entend renouveler l'expérience pour la grève annoncée pour le 15 mai. La Mairie de Paris a prévenu qu'"il n'y a pas de raison que des fonctionnaires municipaux brisent un mouvement de grève de fonctionnaires nationaux"

1. Confondre garde d'enfants et enseignement est une aberration.
Que les parents disposent d'un moyen économique de faire garder leurs enfants semble une question de bon sens.

2. L'Etat devrait prendre en charge la garde d'enfant quand il s'agit de grève nationale, de fonctionnaires nationaux.

3. La Mairie de Paris est donc légitime dans sa démarche.
"Le gouvernement a allumé tous les incendies dans l'éducation nationale, on n'est pas là pour faire les pompiers. Il n'y a pas de raison que des fonctionnaires municipaux brisent un mouvement de grève de fonctionnaires nationaux" avait expliqué l'adjoint aux affaires scolaires de M. Delanoë le 3 mai dernier.

4. Une grève, par définition, dérange. Si l'on en réduit le dérangement, on en réduit l'efficacité. On appelle cela casser la grève.

Les grèves de l'Education Nationale sont toujours instrumentalisées par ceux-là même qui n'ont pas été capables de mettre en œuvre un système de garde d'enfants accessibles à tous, y compris aux plus modestes.

Xavier Darcos, revoyez votre copie...