17 mai 2008

54ème semaine de Sarkofrance : services minima


Le service minimum est à l'honneur en cette 54ème semaine de Sarkofrance. Nicolas Sarkozy veut l'imposer aux enseignants, confondant garde d'enfant et éducation. Hortefeux le pratique, avec les travailleurs sans-papiers. Les députés UMP l'imposent, à un gouvernement à bout de convictions. Service minimum pour tous en Sarkofrance !

Satisfaction minimum
Pour la première fois depuis longtemps, Nicolas Sarkozy a souri. Une satisfaction minimum, mais réelle, pour des résultats minimum : le Président s'est réjoui du taux de chômage (on le savait), mais surtout d'une croissance française estimée à 2,2%. Une belle occasion de fustiger les économistes et la Commission européennes et leurs prédictions malheureuses.
"Je dis simplement à Bruxelles: regardez vos chiffres. Parce que si l'INSEE a revu ses chiffres (de la croissance pour 2008) à la hausse, peut-être que Bruxelles peut aussi s'interroger sur ses chiffres"
Que l'emploi salarié privé progresse moins qu'avant ne semble inquiéter personne. On croyait que le dispositif de faveur des heures supplémentaires devait encourager le travail. Le temps aidant, on constate qu'il n'en est rien.

Enseignement minimum
A chaque grève à l'Education Nationale, le gouvernement se plaît à entretenir la confusion entre enseignement et garde d'enfant. Prenant à témoin les parents d'élèves, Xavier Darcos a menacé les enseignants d'un projet de loi sur le service minimum à l'école.: il souhaitait que les enseignants grévistes s'identifient 48 heures avant la grève. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy a confirmé la menace. La loi sera pour l'été.

Solidarité minimum
C'est peut-être au sein de la majorité présidentielle qu'un service minimum de solidarité d'action devrait être rapidement mis en place. Les parlementaires de droite ont de tout temps moins joué la solidarité de groupe que leurs homologues de gauche. Mais cette semaine a été exemplaire : absents de l'hémicycle et traînant des pieds, les députés UMP ont laissé la gauche rejeter le texte de loi sur les OGM mardi 13 mai. Le lendemain, l'histoire se répète: la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale a rejeté la réforme des institutions.

Parlementarisme minimum
Un confrère blogueur s'amuse de cette "Rolex Constitution." Il a raison. Le projet soulève des questions. Sous prétexte de toiletter le régime, il donne des gages au Parlement pour occulter l'essentiel : le droit de vie ou de mort du Président sur les députés (i.e. le pouvoir de dissolution de l'Assemblée Nationale).

Protection minimum pour les journalistes
A la présentation de son projet de loi, Mme Dati a expliqué que la protection des sources ne pouvait être absolue. La loi fut votée jeudi 15 mai. Son texte précise que "le secret des sources des journalistes est protégé afin de permettre l'information du public sur des questions d'intérêt général." Mais les dérogations à cette protection sont floues: le journaliste devra se plier à "un impératif prépondérant d'intérêt public." Un comble.

Sentiment troublant. Sarkozy donne des leçons aux autres qu'il n'applique pas à son camp.

Le service minimum est pour les autres (enseignants, chômeurs, retraités).

Ami Sarkozyste, où es tu ?

2 commentaires:

  1. A quand le sévice minimum de la part de Sarkozy ? (soupir...)

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  2. Le Bureau international du travail réclame du gouvernement français qu'il amende la loi du 21 août 2007 sur le service minimum dans les transports terrestres. Le motif: elle restreint abusivement la liberté de négociation des syndicats.
    Dans un rapport publié mercredi 28 mai, la commission chargée de l'application des normes du travail au BIT, saisie par FO, critique l'article 5 du texte, qui donnait jusqu'au 1er janvier dernier aux partenaires sociaux des entreprises concernées pour négocier la mise en place du service minimum. Faute d'accord, la loi habilite l'employeur à décider seul.

    Or la commission du BIT "prie le gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour amender l'article 5 de la loi" et de "prévoir une période raisonnable pour la négociation du service minimum".
    Elle souligne qu'en cas de désaccord, les parties peuvent envisager de constituer un organisme paritaire ou indépendant, voire de recourir à un organe judiciaire, afin de statuer.
    L'organisme rappelle que "la fixation d'un service minimum négocié devrait être limité aux opérations strictement nécessaires pour que la satisfaction des besoins de base de la population ou des exigences minima du service soit assurée, car elle limite l'un des moyens de pression essentiels dont disposent les travailleurs".
    La commission demande au gouvernement français de répondre aux observations de FO, qui juge la loi sur le service minimum attentatoire à la convention 87 du BIT sur la liberté syndicale que la France a ratifiée en 1951.
    SOURCE CHALLENGE FR

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