24 mai 2008

55ème semaine de Sarkofrance : «Gouverner c'est faire croire»


Cette dernière semaine, la 55ème depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, on retrouve des airs connus: un bling bling renaissant, un Président omniprésent, des lois qui passent, une éthique qui trépasse.

Nicolas nettoie les mauvais malentendus.
L'éthique trépasse sur l'autel de la real-politik. Il faut discuter avec tous. Le président angolais en fut ravi. Nicolas Sarkozy s'est déplacé, en personne et en l'espace d'une journée, pour le consoler. Il est vrai que certains amis, nouveaux ou plus anciens, passent en jugement pour trafic d'armes et/ou corruption en octobre prochain : Falcone, Attali, Fenech, il ne faut pas laisser tomber ses proches ou ses serviteurs. Qu'importe si l'éthique en prend un coup au passage.

Sa parole ne se décompte pas.
Le débat institutionnel est revenu dans l'actualité. Faire croire que la réformette institutionnelle revalorisera le rôle du Parlement est une pirouette. Le Président conserve son droit de vie ou de mort sur l'Assemblée Nationale (la dissolution). Roger Karoutchi a même rappelé que la parole présidentielle ne saurait être décomptée du temps de l'UMP. Nicolas Sarkozy en a profité cette semaine pour poursuivre sa leçon de travail, quitte à trébucher sur un exemple barcelonais. Il peut attaquer, à chaque discours, la gauche ou les trente-cinq heures, sa parole est libre.

Nicolas négocie avec la junte birmane
L'attention publique aurait pu se porter sur un mouvement de grève contre une mesure incompréhensible (l'allongement à 41 ans de cotisations pour avoir une retraire pleine). Médiatiquement, il était important de réagir. Le Président s'est donc emparé d'une cause humanitaire. La dictature birmane refusait de laisser passer un navire français militaire, le Mistral. Sarkozy est intervenu, et surtout l'a fait savoir.

On ne discute pas les lois de Nicolas.
Après les couacs de la semaine passée, l'Elysée a tenu ses troupes parlementaires: la loi OGM fut enfin votée. Qu'elle sanctuarise la culture OGM en plein air ne pose visiblement aucun problème à Jean-Louis Borloo. Les agriculteurs gèreront.
Le débat institutionnel a souffert de la même fermeture présidentielle: les langues régionales seront reconnues dans la Constitution MAIS les immigrés intégrés n'auront pas le droit de vote. Le gouvernement l'a fait savoir à ses troupes, les députés UMP ont obtempéré. Etaient-ils seulement en désaccord avec cet affront républicain ? "Viens, bosse et tais-toi" est la nouvelle maxime de la Sarkofrance à destination de l'étranger en quête d'emploi.

Nicolas veut "
protéger" les journalistes et les juges.
Le 15 mai dernier, la loi sur la protection des sources est adoptée. Son article 1er prévoit simplement qu'il "ne peut être porté atteinte directement ou indirectement à ce secret qu'à titre exceptionnel et lorsqu'un impératif prépondérant d'intérêt public le justifie", seulement si "au cours d'une procédure pénale, (...) les nécessités des investigations rendent cette atteinte strictement nécessaire". Les juges, eux, doivent être protégés d'eux-même. C'est pour cela que le futur Conseil Supérieur de la Magistrature, instance de nomination et organe disciplinaire des magistrats, sera "composé d'un nombre minoritaire de magistrats face à des personnalités extérieures choisies par le pouvoir politique." On ne sait jamais !

Nicolas communique sur ses "succès."
Des statistiques partielles sur le recours au heures supplémentaires défiscalisées ont été (enfin) publiées: "désormais 59% des entreprises effectuant mensuellement leur déclaration URSSAF utilisent ce mécanisme." Que la majorité des entreprises ne soient pas concernées par ce résultat importe peu. Que l'effet d'aubaine ne soit pas mesuré, non plus. Eric Woerth, lui, s'est réjoui d'avoir supprimer 479 postes de plus que prévus dans la Fonction Publique en 2007. Belle affaire !

Nicolas décore beaucoup ses amis les stars
Festival de Cannes oblige (?), Nicolas Sarkozy a décoré de la Légion d'honneur Steven Spielberg (le 21 mai), Christian Clavier (le 21 mai) et même Céline Dion (le 22 mai). Photos à l'appui, il est souriant.

Gouverner, c'est faire croire.

Un B-A-BA politique bien intégré en Sarkofrance.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

5 commentaires:

  1. Nous salariés du public et du privé, demandons que soit en préalable régularisées ces importantes questions, avant toute nouvelle réforme équitable des retraites.

    1/ Sur les recettes exonérées, visées par la Cour des Comptes :

    - La taxation immédiate des stock-options, qui, selon les termes du dernier rapport constituent "bien un revenu lié au travail, donc normalement taxable", qui ont ainsi entraîné une "perte de recette aux alentours de 3 milliards d'euros" ( année 2005).
    Ce rapport de la Cour des Comptes précise que : les 100 premiers bénéficiaires devaient toucher chacun une plus-value de plus de 500.000 euros et les 50 premiers de plus de 10 millions d'euros.

    2/ Sur les dettes de l"Etat :

    - Apurement de ses dettes, supérieures à 10 milliards d'euros, qu'il a cumulées à l'égard de la "Sécu" en ne compensant pas systématiquement les exonérations de charges (rapport Cour des Comptes).

    3/ Sur les recettes de privatisations :

    - Transfert des sommes non versées depuis 2002 vers le fond de réserve des retraites, comme la loi le prévoyait.

    A savoir que ce fond était abondé à hauteur de 30 milliards d'euros en 2002. Il aurait dù étre à hauteur de 300 milliards en 2007, or 3% seulement des recettes de privatisations effectuées depuis ont alimenté ce fond de réserve.

    4/ Sur les gains de la VAB, détournées des bénéfices du travail, vers les profits :

    - 8,4 points de valeur ajoutée depuis 25 ans (référence INSEE), représentant pour la seule année 2006, 134 milliards d'euro, au détriment des bénéfices du travail.

    5/ Sur les "niches" fiscales :

    - 254 "niches" fiscales qui permettent à 3900 gros contribuables d'échapper à tout impot sur le revenu, privant l'Etat de 43 milliards de recettes, une somme supérieure au déficit budgétaire.



    Nous demandons avec force et en préalable également, pour des raisons de simple justice et d'égalité des citoyens devant la loi, de morale républicaine, que le régime spécial de retraite des parlementaires soit réformé, pour l'aligner sur les critères que ces derniers décident, votent et font appliquer aux autres régimes de retraites des citoyens.

    A savoir :

    1/ passage à 40 années de cotisations au lieu de 37,5 années pour les parlementaires.

    2/ abandon du scandaleux privilége de la double cotisation qui ne se justifie en aucun cas, permettant aux parlementaires de bénéficier d'une retraite à taux plein au bout de 22,5 années seulement de cotisations.

    Nous appellons pour toutes ces raisons, les organisations syndicales du public et du privé, à s'emparer avec force et résolution de ces questions, pour les faire valoir au nom des salariés.


    Merci de bien vouloir signer, divulguer et faites connaitre cet appel SVP.
    N'oubliez pas de valider votre signature dans le mail de confirmation qui vous sera adressé.


    Pour signer l'appel : http://www.ohfr-redir.com/1434

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  2. @magali: je vais reprendre l'appel.
    @cultureepo: merci beaucoup.

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  3. CONSTAT :

    Depuis 40 ans notre pays mal gouverné, la dette de la France ne cesse d'augmenter et depuis l'année 2001 tous les prix augmentent constamment. Les principales victimes de la politique menée pendant les 40 dernières années sont en réalité les Français.

    SOLUTIONS :

    La réforme la plus indispensable est donc de rétablir une des règles initiales de la démocratie, qui est la responsabilité parlementaire et en deuxième lieu de procéder à la levée de l'immunité parlementaire.
    Seules ces deux règles démocratiques peuvent garantir une gestion qui soit saine.

    Une VI ème République s'impose pour sortir du système de la Présidence Monarchique de la V éme République. Notre système politique permet trop d'irrégularité pour fonctionner normalement et nous avons pu le constater à travers de différents scandales financiers.

    Il serait donc indispensable que la réforme de nos institutions débouche sur des lois qui soient incontournables et qui permettent au peuple de s'exprimer par référendum sur tous les sujets les plus importants. Une vraie démocratie reste toujours la seule garanti pour qu'un peuple soit sainement gouverné.

    http://leveil.skyrock.com/7.html

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  4. Un grand merci pour ce blog.

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