Prime pour l'emploi ou intéressement


Pour améliorer le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a promis lundi 26 mai un doublement de l'intéressement «en quatre ans», avec un crédit d'impôt de 20% sur la totalité des primes versées pour les entreprises qui n'avaient pas d'accords d'intéressement jusque-là, et un crédit d'impôt de 20% également sur le surplus d'intéressement distribué, pour celles qui en avaient déjà.
"Je souhaite que nous fassions porter nos efforts sur l'intéressement, car c'est un instrument souple et c'est du pouvoir d'achat"
"Vous voulez payer moins d'impôts? Alors, vous donnez davantage d'intéressement (...) C'est ma réponse au pouvoir d'achat. C'est clair, c'est simple, ça concerne toutes les entreprises"(source).
Actuellement, la participation est obligatoire dans les seules entreprises de plus de 50 salariés. Elle a été créée par le Général de Gaulle, et se calcule sur le bénéfice. L'intéressement est lui facultatif.

En 2005, quelque 7 milliards d'euros ont été distribués au titre de la participation à 4,9 millions de salariés. Six milliards ont été distribués au titre de l'intéressement à 4,2 millions de salariés.

Cette annonce permet de cacher un autre effet pervers de la politique de "solidarité active" du gouvernement Sarkozy: le "redéploiement" de la prime pour l'emploi (PPE) pour financer une partie du revenu de solidarité active (RSA). Plus de 2,5 millions de personnes aux bas revenus, durement frappés par le regain d'inflation, sont potentiellement concernés

Le haut commissaire aux solidarités actives, Martin Hirsch, n'a jamais caché que la création du RSA ferait des gagnants et des perdants parmi les 9 millions de bénéficiaires de la PPE, ce crédit d'impôt mis en place en 2001 par le gouvernement Jospin. Du côté des gagnants potentiels, se trouvent les plus pauvres des "pépéistes" : lorsque leur revenu d'activité tombe en dessous de 0,3 smic, ils perdent leur prime. Le RSA, lui, joue, dès la première heure travaillée. Du côté des perdants potentiels, se trouvent les personnes entre 1,2 et 1,4 smic. Soit 2,38 millions de salariés à plein temps selon l'Insee (chiffres 2006), auxquels s'ajoutent, selon le ministère du budget, "entre 200 000 et 300 000 personnes à temps partiel". 2,6 à 2,7 millions de bénéficiaires de la PPE pourraient ainsi voir leur pouvoir d'achat rogné.

Le scénario central de M. Hirsch, encore provisoire, prévoit que le RSA sera beaucoup plus favorable - autour de 120 euros de plus par mois - pour les 4,5 millions de bénéficiaires de la PPE touchant moins d'un smic. Le système serait "à peu près neutre" jusqu'à 1,15 smic. Il deviendrait désavantageux pour les couples bi-actifs et au-delà de 1,2 smic. Or, selon Bercy, pour un célibataire sans enfant, la PPE est de 38 euros par mois à 1,2 smic (1 200 euros) et de 19 euros par mois à 1,3 smic (1 300).

source LE MONDE


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