30 juin 2008

Exclusif: ce que dira Sarkozy ce soir sur France 3


Ce lundi 30 juin 2008, Nicolas Sarkozy prend l'antenne de France 3. Il s'invite sur le plateau du 19-20 de la chaîne des Régions pour parler ... Europe. En exclusivité, voici ce qu'il nous dira.

"L'Europe doit avancer"
Nicolas Sarkozy détaillera comment grâce à la France, la réforme institutionnelle de l'Europe a été "relancée" en 2007. Il nous rappellera que les Irlandais ont sans doute commis "plusieurs erreurs" dont celles d'avoir organisé un référendum et de l'avoir ensuite mal expliqué. "Tous les autres pays ont ratifié le Traité, ou sont en passe de la faire;" "je veux réconcilier l'Europe avec les citoyens Français" (à moins que ce ne soit le contraire, non ?).

"La Présidence français, une chance pour l'Europe."
"J'ai quatre priorités pour cette Présidence Française" dira Sarkozy, "quatre priorités qui vont relancer l'Europe une nouvelle fois." D'abord l'immigration. "Nous allons convaincre nos voisins européens" de signer un pacte européen qui prohibera les régularisations massives, organisera des éloignements communs à plusieurs Etats membres, et définira des quotas par métiers. Parions qu'entre Paul Nahon, Audrey Pulvar, Gérard Leclerc et Véronique Auger, un journaliste n'hésitera pas à lui rappeler que l'Espagne a refusé la proposition française il y a quelques jours. Sarkozy nous convaincra que l'Union pour la Méditerranée est une des solutions pour associer, sans se faire submergé, nos voisins du Sud.

Ensuite, le développement durable. Le choc pétrolier peut être dompté grâce au nucléaire français. "Même les Allemands redécouvrent le nucléaire" expliquera Sarkozy. "Ensemble, les Européens peuvent relever le défi climatique et énergétique." Sans rire, il rappellera que la France a été un précurseur de la prise de conscience écologique grâce à son ... Grenelle de l'Environnement d'octobre dernier.

Ensuite, la "défense commune." Sarkozy nous convaincra que l'Europe est l'alliée naturelle des Etats-Unis, que l'OTAN est un socle nécessaire pour approfondire la défense commune européenne.

Enfin, Sarkozy parlera d'agriculture. Il veut profiter de sa présidence pour "anticiper le débat sur la politique agricole commune de l’après 2013." Point de bio ou de décroissance. Il nous expliquera qu'il faut défendre les quotas et soutenir nos agriculteurs dans un contexte de crise alimentaire mondiale.

A vos écrans !

6 tirades de Xavier Darcos démontées

Vendredi dernier, Libération s'est attaché à démonté 6 tirades du ministre de l'Education Nationale. Instructif !

1.«Nous avons un des meilleurs taux d’encadrement au monde : 1 professeur pour 11 élèves»
C'est faux. Le nombre moyen d'élèves par classe de lycée général est de 28 en France, le pire score européen. Le ministre inclus les professeurs qui ne sont pas en classes (détachés, remplacements, options rares, maladie).

2. «Un lycéen français coûte 22 % de plus que la moyenne des pays européens»
C'est approximatif. Un lycéen coûte certes plus cher en France, mais ce n'est pas le cas d'un collégien et encore moins d'un élève du primaire.

3. «Un lycéen français a jusqu’à 35 heures de cours par semaine»
C'est faux. La plupart des lycéens ont moins de trente heures, entre vingt et vingt-cinq dans la filière littéraire L, parfois 35 heures en section scientifique avec toutes les options.

4. «Pourtant, trois ans plus tard, la moitié des lycéens n’a aucun diplôme du supérieur»
C'est faux. La France s’en sort ici mieux que ces voisins occidentaux. Et 79% des élèves sortent même du système avec un diplôme.

5. «Chaque année 15 % des enfants sortent du primaire en grande difficulté, plus 25 % avec des acquis fragiles»
C'est incontestable. Pourtant, le ministre réduit le nombre d'enseignants.

6. «Dans les évaluations du primaire, la Finlande est première en tout, nous sommes dans les six derniers en Europe»
C'est approximatif. Le ministre se réfère à une enquête (Progress in International Reading Literacy Study), menée dans 45 pays, qui évalue les compétences en lecture des enfants de 10 ans (en CM1). En mathématique ou en QCM, les Français sont mieux cotés que leurs voisins européens.

29 juin 2008

Christine Lagarde, autisme ou lapalissade ?

Invitée de BFM et Dailymotion dimanche 29 juin, Christine Lagarde a confirmé son image publique.

A propos des risques de stagflation (inflation conjuguée à une croissance nulle) :
"Je n'y crois pas (...). Je pense qu'on aura un maintien d'une inflation plus forte en 2008 (...) mais qui va se stabiliser en fin d'année mais que par ailleurs on aura une vraie croissance."

La gauche moderne avec Sarkozy


La Gauche moderne (GM) est un parti "social-libéral" allié de l'UMP. Elle a été créée par Jean-Marie Bockel, transfuge du Parti Socialiste qui a rejoint le gouvernement Fillon dès mai 2007. "Gauche moderne" , où sont les divisions ? Dimanche 29 juin, ce groupuscule sarkozyste regroupait ses cadres militants pour sa première "journée nationale." 5 jours à l'avance, le site du parti annonçait la présence "de diverses personnalités et de 200 personnes – élus et cadres du parti."

Son fondateur espère que son parti "ne passera pas les 20 prochaines années à s'interroger ou à se déchirer sur la question de savoir jusqu'à quel point il accepte ou pas l'économie de marché, mais qui regardera en face les réalités." Le parti est embryonnaire : il compte davantage de cadres et d'élus (160 conseillers municipaux élus aux dernières municipales) que de militants ("quelques centaines" d'adhérents).

A la création de son mouvement, M. Bockel avait affiché sa profession de foi (cf. ci-dessous). Depuis il a avalé les couleuvres de la Françafrique (il a été viré de son secrétariat d'Etat à la Coopération en mars dernier pour avoir tenté de revoir les relations douteuses entretenues en Afrique), de la réforme des institutions, ou de la diplomatie nucléaire.
"Parce que nous avons besoin d’une nouvelle culture politique.
Parce que nous avons besoin de propositions et de pratiques ancrées dans un discours de vérité, de responsabilité et d’efficacité :

Nous portons l’exigence d’une politique pragmatique, attentive aux résultats, à ce qui marche et à ce qui répond à la demande sociale.

Nous défendons la nécessaire alliance entre les libertés et les solidarités. Contre les excès du capitalisme et pour tirer le meilleur parti de la mondialisation, nous croyons aux vertus d’un libéralisme authentiquement social, attentif par ses régulations à la justice et à l’égalité.

Nous croyons à la possible synthèse de l’efficacité économique, du progrès social et de la préservation environnementale.

Nous assumons le choix d’une économie de marché solidaire, fondée sur une croissance durable et innovante, sur la vitalité d’entreprises responsabilisées, sur une politique de l’emploi conciliant fluidité et sécurité, sur de fortes incitations favorables à l’augmentation du pouvoir d’achat et à la résorption de la précarité.

Nous souhaitons mettre en mouvement la société et les territoires, partager la souveraineté et promouvoir une nouvelle démocratie sociale et politique. Réforme des pouvoirs publics, décentralisation, participation des salariés, généralisation des accords contractuels, rôle accru du Parlement, nouveaux droits et outils conférés au citoyen : autant de leviers pour donner à notre démocratie toute sa vitalité.

Nous voulons garantir les solidarités sociales et territoriales, défendre des services publics rénovés, faire de la culture un moyen d'émancipation partagée et lutter pour l’égalité réelle.

Nous croyons à la responsabilisation, au refus de l’assistanat et de la victimisation, à l’échange des droits et des devoirs.

Nous portons le projet d’une République laïque unie dans sa diversité, d’une France plurielle, ouverte à l’Europe et au monde."
Aujourd'hui, Jean-Marie Bockel s'occupe des Anciens Combattants au sein du gouvernement Fillon.

Un signe ?

Sarkozy aime les caricatures

28 juin 2008

60ème semaine de Sarkofrance : Nicolas Sarkozy est-il Super-Dupont ?


Sans lui faire injure, Nicolas Sarkozy a un point commun majeur avec Silvio Berlusconi: "il ne connaît pas de ligne jaune." Les Anglais diraient que pour lui, "the sky has no limit" (*). Cette semaine, le président s'est présenté tel un super-héros de la la contre-réformes. Nicolas Sarkozy est-il le nouveau Super-Dupont ?

Nicolas, patron des programmes !
En quelques minutes et haussements d'épaules, Nicolas Sarkozy a annoncé à une commission quelque peu surprise qu'il était moins hypocrite qu'il choisisse désormais lui-même le président de la télévision publique. Justifier le centralisme par un souci de transparence est une première. Sarkozy ne s'embarrasse pas d'excuses puisqu'il ne connaît pas de ligne jaune.
En arrivant au pouvoir après 23 ans d'absence, la gauche avait créé en 1982 la "Haute Autorité", devenue plus tard le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, une autorité indépendante chargée notamment de nommer les responsables de l'audiovisuel public et de garantir l'indépendance de l'information. Sarkozy a choisi de remettre les compteurs à leur niveau de 1958, Quelques heures après, la ministre de la Culture expliquait que ce mode de nomination directe était pratiqué depuis toujours pour les grandes entreprises publiques telles EDF ou la SNCF. Après les remous à la rédaction de TF1, la coupe est chargée.

Le Président a également des idées très arrêtées sur ce que le service public doit et ne doit pas programmer. Patrice Duhamel, le directeur général de France Télévisions a essuyé une salve de critiques sur les programmes de France 2. Nicolas Sarkozy n'aime pas Julien Courbet, tolère Patrick Sébastien et aimerait davantage d'opéras en prime time. "Il a raison de cogner" soutient son fidèle Frédéric Lefebvre. Il est aussi capable de "prendre l'antenne." Ainsi a-t-il décidé de venir sur France 3 mardi 1er juillet pour parler exclusivement d'Europe pendant une heure. Les journalistes sont priés de respecter la consigne présidentielle.

Nicolas, champion des réformes ?
Cela fait des mois que les réformes sont annoncées. Certaines d'entre elles sont tombées en rafale cette semaine, adoptées en Conseil des ministres ou votées au Parlement: l'offre raisonnable d'emploi votée au Sénat, reconduction pour "trois ans" des 71 pôles de compétitivité labellisés, annonce du plan en faveur de l'emploi des seniors,
Il y a effectivement urgent à "réformer" tant les résultats de ces 60 premières semaines de mandat sont mauvais : Les heures supplémentaires n'ont pas augmenté; elles stagnent même depuis janvier. Et elles coûtent 160 millions d'euros par mois au budget de l'Etat. Le moral des ménages Français est au plus bas. La dette publique de la France explose, à 1 250 milliards d'euros, soit une augmentation de 41,1 milliard d'euros. La croissance est revue à la baisse par l'INSEE (1,6% contre une prévision gouvernementale de ... 2,25% pour l'année 2008).
L'initiative du député UMP Yves Bur de présenter un rapport sur les niches sociales a-t-elle été inspirée par le Président ? Le dit-rapport pourra faire hurler le patronat et faire plaisir à Olivier Besancenot, puisqu'il s'attaque aux exonérations de cotisations sociales bénéficiant aux employeurs. Mais il propose de taxer sans distinction les entreprises à hauteur de 5% des sommes qu'elles versent au titre de certains dispositifs sociaux tels la participation financière, l'intéressement, les titres-restaurant, ou les chèques vacances. Force Ouvrière a dénoncé la confusion sémantique avec les niches fiscales. Une nouvelle "réforme" en perspectivre ?

Nicolas Sarkozy, expert ès communication
Le gouvernement a lancé sa campagne de publicité vantant les mérites des mesures gouvernementales en faveur du pouvoir d'achat : 4 millions d'euros d'achat d'espace publicitaire parti en fumée ! Le jour même de l'apparition de ces fameux spots , la polémique sur le plan d'économies de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie a pris le dessus (**) : il faut dire que la CNAM entendait réduire le taux de prise en charge de certains médicaments des patients souffrant d’affections longue durée, tels le cancer, le diabète ou le sida. Belle initiative ! Sarkozy a lui trouvé 4 millions d'euros pour des spots inutiles.
La même semaine, Le ministère de l'Economie annonçait que le bouclier fiscal avait permis de rendre 241 millions d'euros à 14.981 contribuables: 9 300 d'entre eux ont ainsi récupéré un peut moins de 6 millions d'euros. Bel exercice de communication... raté. Cela signifie que les 5 700 autres contribuables ont raflé le plus gros de la mise, soit 39 000 euros par personne en moyenne ! Qui dit mieux ?
Le gouvernement n'a en revanche rien trouvé à dire sur l'absence de "coup de pouce" donné au SMIC à compter du 1er juillet : +0,9%.

Nicolas, patron de la droite
Il y a 60 semaines, lors de son discours au soir du 6 mai, Nicolas Sarkozy appelait au rassemblement. Depuis, le Président de tous les Français est rentré au bercail, celui de l'UMP. Il s'est attaché à verrouiller son camp. Le Premier Ministre n'a plus le contrôle de son propre gouvernement, Sarkozy réunit les ministres sans lui. Patrick Devedjian, secrétaire général de 'lUMP, a été cadré: Christian Estrosi a rejoint Xavier Bertrand pour contrôler l'UMP. Le Président travaille même sur les prochains scrutins électoraux. Aucune contestation n'est possibel.

Nicolas, maître diplomate
En début de semaine, la visite de Nicolas Sarkozy en Israël et Palestine fut légitimement célébré. Le Président a réussi à utiliser son capital confiance auprès des Israéliens pour leur rappeler quelques nécessités comme l'existence d'un Etat palestinien souverain et l'arrêt de la colonisation de la Cisjordanie. Pour un peu, on aurait cru qu'il allait résoudre 60 ans de conflits au Moyen Orient d'un coup de baguette magique! Rares ont été les observateurs à s'inquiéter de la contradiction sarkosyte qui consistait à précher la paix en Israël et vendre la technologie nucléaire tout autour de la Méditerranée : après la Libye, le Maroc, voici l'Algérie, visitée par l'effacé François Fillon, qui a signé un contrat "historique."

Pendant 6 mois, Angela (Merkel) va serrer les dents. Elle qui ne supporte plus la vulgarité agitée et narcissique du président Français va devoir accepter qu'il préside à son tour l'Union Européenne pendant 6 mois. Nicolas Sarkozy a annoncé ses 4 priorités, sans demander l'avis des autres États membres davantage préoccupés par l'échec du Traité de Lisbonne. C'est "son" moment. Il l'a même dit à France Télévisions : il serait temps de parler d'Europe dans vos journaux télévisés, "j'arrive." Il souhaite parler de "défi climatique" (la France est en retard), de "défense commune" (la France réintègre l'OTAN), de politique agricole commune, et surtout de "maîtrise des flux migratoires." L'immigration est en fait le grand sujet français de cette présidence européenne. Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux veulent sortir "par le haut" de l'indignité nationale dans laquelle les expulsions, défenestrations, et rétention d'immigrés, enfants ou adultes, les ont plongés. Faire accepter à nos voisins les mêmes saloperies permettraient au moins de faire bonne figure.
Ce débat démarre mal. L'Espagne de José-Luis Zapattero a refusé de cautionner la proposition française de François Fillon vendredi 27 juin: "Le principal objectif réside dans la prétention française d'interdire les régularisations massives d'immigrants" explique EL PAïS. Gageons qu'il aura moins de difficulté avec le nouveau pouvoir italien aux relents néo-fascistes qui a récemment ordonné la prise d'empreintes ADN d'enfants nomades.

Nicolas Sarkozy ne connaît pas de ligne jaune.

Pour lui, tout est possible.

Et pour nous ?


(*) Pour mes amis lecteurs non anglophiles, "le ciel n'a pas de limites."
(**) Ce plan annoncé mardi 24 juin cherchait 3 milliards d'euros d'économies. Un porte-avion nucléaire coûte 2,5 milliards d'euros.

Journée de reculs en Sarkofrance


Ce vendredi 27 juin fut marqué par une rafale de reculs en Sarkofrance.

Sécurité sociale: la CNAM recule
La direction de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) a annoncé abandonner sa proposition de dérembourser les dépenses de soin concernant les affections de longue durée (ALD). Le ministre du Travail Xavier Bertrand a expliqué dans la journée : "Il n'est pas question de revenir sur la prise en charge à 100%"


Divorce : Sarkozy recule

Le gouvernement voulait confier aux notaires l'instruction des divorces, évitant aux futurs ex-couples le jugement. Cette mesure défavorisait les ménages modestes qui se trouvaient privés de la possibilité de divorces gratuits, grâce à l'aide juridictionnelle.

A en croire le CNB, le chef de l'Etat aurait confié que cette mesure "n'avait jamais constitué un projet". L'Elysée n'a pas confirmé officiellement cette affirmation. Le chef de l'Etat avait présenté cette réforme en décembre, dans le cadre d'un projet global censé améliorer le fonctionnement de l'Etat. En confiant les procédures aux notaires, le projet avait pour but de simplifier, de rendre moins coûteux et d'accélérer les divorces non conflictuels. Mais il ouvrait en filigrane la possibilité de réduire ou de mettre fin à la mission des avocats (source LE MONDE).
Economie: les indicateurs reculent.
La croissance est au plus bas, le chômage remonte (un peu), le moral des Français (de droite) s'effondre pour le douzième mois consécutif. Pire, la consommation des ménages ralentit. Or c'est elle qui tire la croissance française habituellement. Il ne nous restait que cela. Imparfait.

Le seul à ne pas reculer, c'est le prix du baril de pétrole : 140 dollar le brent. On prédit 170 à la fin de l'été.

Ami sarkozyste, n'achète plus de voiture.

Audiovisuel Public : Sarkozy s'est contredit

27 juin 2008

Audiovisuel Public : Christine Albanel s'explique

Audiovisuel, Chômeur : la droite décomplexée


Les annonces présidentielles sur l'audiovisuel public ont provoqué un tollé, tant parmi certains membres de la Commission Copé (*) que parmi la quasi-totalité des médias français (**).

Mais le gouvernement tient bon et répond, sans complexes.

Les motifs d'insatisfaction sont divers : les opérateurs télécoms et les fournisseurs d'accès sont furieux. Pourtant, une belle part de leur communication publicitaire repose sur "l'accès à la télévision", par voie ADSL. Est-il surprenant qu'ils contribuent quelque peu aux contenus qu'ils exploitent ? "Nous protestons vigoureusement contre cette taxe discriminatoire", a expliqué Yves Le Mouël, directeur général de la Fédération française des télécoms

Les chaînes privées ne comprennent pas pourquoi leur chiffre d'affaires publicitaires serait sur-taxé (de 3%) pour financer France Télévisions. Il est vrai que le raisonnement du Président n'a aucun sens, pas même libéral. Multiplier les taxes sur des assiettes curieuses ne ressmble à pas autre chose que de la cosmétique publicitaire présidentielle.

Plus important, la nomination du Président de France Télévisions par ... le Président de la République a plongé la quasi-totalité des commentateurs politiques (**) dans la stupéfaction. Sommes-nous retournés 40 ans en arrière ? Même Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat en charge de l'Europe, ex-socialiste rallié à Sarkozy, est embarrassé : «Je préférerais qu'il soit désigné par le Parlement pour être clair.» (…) «Il y a un parfum Ve république du début qu'il vaudrait peut être mieux éviter mais il faut faire en sorte qu'il n'occulte pas le reste de la réforme». Le gouvernement a répondu, par le biais du Ministère de la Culture, que ce type de nomination était pratiqué ... pour EDF ou SNCF. «La liberté de la presse est aussi importante dans la vie quotidienne des Français que la liberté de se déplacer en train ou la liberté de s’éclairer». Les journalistes de France Télévisions apprécieront.

Plus grave, le Sénat a voté le dispositif de sanction contre les chômeurs refusant deux offres "raisonnables" d'emploi ce même jeudi 26 juin.

Plus grave également, on apprenait que le bouclier fiscal, ramené de 60% à 50% par Nicolas Sarkozy, avait coûté 241 millions d'euros au budget de l'Etat en 2007 (avant la réforme de 2007).
Entré en vigueur en 2007, ce dispositif plafonne à 60% des revenus le niveau des impôts directs, CSG (Contribution sociale généralisée) et CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) comprises. (...) En moyenne, chaque bénéficiaire du "bouclier fiscal" à 60% aura touché un chèque de 16.100 euros, pour un coût budgétaire total de 241 millions d'euros.

Le montant élevé de ce remboursement moyen cache évidemment d'importantes disparités. Ainsi, près de 9.300 des demandes acceptées portent sur des remboursements inférieurs à 800 euros ; 5.700 demandes concernent un montant supérieur. (...)

Vincent Drezet, secrétaire général du Syndicat national unifié des impôts (Snui), insiste pourtant sur le fait que "la majorité des bénéficiaires sont effectivement des gens qui n'ont pas de gros revenus, mais en termes de montants remboursés, c'est une minorité de contribuables aisés qui profitent du bouclier fiscal" (source Nouvel Obs).
Une dernière chose: le moral des ménages est au plus bas depuis 1987 (c'est la troisième fois que ce blog vous rapporte cette information), et le chômage est reparti à la hausse.

Ami sarkozyste, où es-tu ?


(*) Cf. Marie Masmonteil, présidente du collège cinéma du SPI, sur France Inter, jeudi 26, 9H30;
(**) à l'exception notable mais attendue du Figaro.

26 juin 2008

Sarkozy, patron des programmes


Mercredi 25 juin, Nicolas Sarkozy a reçu le rapport de la commission Copé sur la réforme de la télévision publique, et présenté ses propres arbitrages : suppression progressive de la publicité, taxation supplémentaires des opérateurs internet et des chaînes privées et surtout ... nomination du président de l'audiovisuel public par le Président de la République.

En fait, il a durci, et amendé en sa faveur, le rapport de la Commission Copé, ce groupe de parlementaires et d'experts qui planchaient depuis février sur la réforme de l'audiovisuel public.

1. Publicité
Le 8 janvier dernier, Sarkozy avait surpris tout le monde, y compris ses propres collaborateurs et la Ministre de la Culture Christine Albanel, en annonçant qu'il voulait supprimer toute publicité sur les chaînes publiques. La publicité disparaîtra des écrans de la télévision publique à partir de 20h00 dès janvier 2009, puis totalement à partir du 1er décembre 2011. Sarkozy a avancé de quelques mois cette modification de régime par rapport aux recommandations de la Commission Copé.

Pour compenser la perte du chiffre d'affaires publicitaire, Nicolas Sarkozy a proposé de taxer les opérateurs de téléphonie et d'internet à hauteur de 0,9% de leur chiffre d'affaires (contre 0,5% préconisé par la Commission Copé) et de prélever de 3% les recettes publicitaires des chaînes privées. Il n'a pas mentionné une possible indexation de la redevance sur l'inflation.

2. Nomination du Président
François Mitterrand avait créé la "Haute Autorité" en 1982, une autorité indépendante chargée notamment de nommer les responsables de l'audiovisuel public. Devenu le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, cette autorité était censée garantir une (relative) indépendance du service public audiovisuel, et notamment en matière de nominations. Ses propres membres étaient nommés par tiers renouvelables par le Président de la République, celui de l'Assemblée Nationale et celui du Sénat. Elle entendait rompre avec la tradition des médias d'Etat, contrôlé jusqu'au choix des présentateurs des journaux télévisés par l'exécutif.

Cette période est terminée, enterrée. Surprise du chef, Nicolas Sarkozy a annoncé que le président de France Télévisions serait à l'avenir "nommé par l'exécutif après avis conforme du Conseil supérieur de l'audiovisuel, et sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle". En clair, le patron des chaînes publiques sera nommé par le chef de l'Etat. La Commission Copé avait proposé de transférer cette responsabilité au conseil d'administration de France Télévisions.
"Je vais prendre mes responsabilités (...). Je suis partisan d'un système simple et démocratique, (...) à savoir une nomination par l'exécutif, après avis conforme du CSA, sous réserve qu'une majorité qualifiée de parlementaires n'y fasse pas obstacle" (...) "Voilà un système démocratique où on comprend qui fait quoi et comment. Franchement, le système a besoin d'être changé, j'assume pleinement. Je vois déjà les critiques" (source).
Sans surprise, Patrick de Carolis, actuel président de France Télévisions, a applaudi la réforme.

Histoire de sauver son poste ?

Sarkozy, président... de l'UMP avant tout.

Nicolas Sarkozy s'y prend tôt. Comme pour le scrutin présidentiel de 2007, c'est avec 4 ans d'avance qu'il se prépare à l'élection de 2012. Ces dernières semaines, il a repris en main l'UMP, marginalisé ses rivaux, sécurisé le mode de scrutin.

François Fillon n'a plus le contrôle de son gouvernement
Nicolas Sarkozy a constitué son "G7", une sorte de Conseil des Ministres-bis : il reçoit 7 ministres et secrétaires d'Etat pour discuter des affaires courantes. Problème : Fillon n'a jamais été invité. Fillon est lucide sur sa situation. En visite en Algérie, il a comparé son poste à un "siège éjectable." Il a renforcé sa garde rapprochée : sa cellule parlementaire, dirigée par Vincent Chriqui, s'est adjoint les services des anciens députés Claude Gaillard et Hervé Fabre-Aubrespy. Ce dernier avait travaillé avec Charles Pasqua sur la carte électorale. Fillon aimerait qu'il surveille le redécoupage des circonscriptions législatives préparé par le secrétaire d'Etat Alain Marleix, "proche du président."

Patrick Devedjian est encadré
Député-maire de Nice, Christian Estrosi a été nommé secrétaire général adjoint de l'UMP jeudi 19 juin. C'était la dernière étape. Patrick Devedjian est bien encadré, pour ne pas dire "déstabilisé", après la nomination en mars dernier de Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Sarkozy prépare les prochains scrutins

Samedi 21 juin, Sarkozy recevait des cadres de l'UMP. Il a évoqué ses plans pour les élections européennes de 2009, régionales de 2010 et même municipales de 2014. Pour les Européennes, il a évoqué le nom de Rama Yade comme possible tête de liste UMP en Ile-de-France, celui de l'ancien Premier ministre Alain Juppé dans la circonscription "Sud-Ouest" et celui de Michel Barnier dans la circonscription "Sud-Est".

S'agissant des municipales, le président a avancé l'idée une "primaire élargie", dès le "printemps 2011", pour désigner celui qui sera candidat à la mairie de Paris trois ans plus tard.
"Moi, à titre personnel, je ne suis candidat à rien. La seule question qui peut se poser, c'est de savoir si je serai candidat à ma succession"
Le mode de scrutin sénatorial ne sera pas démocratisé
Le gouvernement a renoncé à défendre l'article 9 du projet de réforme des institutions. ce dernier prévoyait la représentation des collectivités territoirales soit assurée au Sénat "en tenant compte de leur population." La commission Balladur avait été plus stricte, en recommandant que l'élection soit "en fonction" des populations. Vendredi 20 juin, la droite sénatoriale a balayé ces tentatives. Statu quo.

Sarkozy en spectacle

25 juin 2008

La Françafrique continue en Sarkofrance


Vous ne le connaissez sans doute pas. Alain Joyandet est Secrétaire d'Etat à la Coopération depuis mars dernier dans le gouvernement Fillon. Il a remplacé Jean-Marie Bockel, qui voulait en finir avec la Françafrique.

La Françafrique désigne ces réseaux d'influence en Afrique francophone qui lient l'Etat Français, quelquesoit le Président en place, aux dictateurs locaux par le biais de contrats commerciaux, souvent rémunérateurs en commissions diverses, rarement bénéficiaires pour les population concernées. Une façon de maintenir un lien quasi-colonial pour la France.

Aussitôt nommé, Alain Joyandet a fait le tour des fidèles. Il a visité une vingtaine de pays africains depuis mars. Ancien journaliste, patron de presse (locale), il est entré en politique sur le tard. Fidèle de Sarkozy, il est maire de Vesoul, et en charge des fédérations à l'UMP.

Sa première visite fut pour Omar Bongo, le président (à vie) du Gabon, très offusqué par les accusations implicites de corruption de M. Bockel. Joyandet a reconnu y être allé pour "mettre fin à une ambiance pas très bonne" (source). Rama Yade aide à la partie : en visite lundi 16 juin, elle a renouvelé l'invitation au président de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), Joseph Kabila. Elle a dit l'engagement de la France pour aider à la reconstruction du pays, ravagé par une décennie de conflits.

Mardi 17 juin, certains observateurs africains ont noté que la réforme des armées annoncée par Nicolas Sarkozy pourrait les affecter: "Au chapitre de la sécurité extérieure, les accords bilatéraux entre la France et les pays africains vont être rénovés, afin de laisser un champ d’action plus libre à l’Afrique." note (l'excellent) Afrik.com.

« Nous allons rénover nos accords en Afrique, et rééquilibrer nos bases militaires. Ceci ne veut pas dire que nous abandonnons l’Afrique à elle-même. C’est tout le contraire », a déclaré le chef de l’Etat français. Actuellement, environ 9 000 soldats sont présents en Afrique, soit le tiers des forces déployées hors métropole.

Le 19 juin, Alain Joyandet a tenu sa première conférence de presse et présenté ses « 8 chantiers pour l’Afrique » :
1: soutenir le secteur privé
2: la relance des agricultures africaines
3 : renforcer le rôle des femmes dans les projets de développement aidés par la France
4: tripler en 4 ans la présence des volontaires internationaux sur le continent.
5 : accompagner les ONG françaises
6: favoriser l'enseignement de la langue française
7 : "valoriser l’action de nos différents médias à l’étranger" (à travers France24, RFi et TV5)
8: "accompagner les pays d’Afrique dans leur transition vers plus d’autonomie et d’intégration régionale."



Lire aussi:


Promesse non tenue : les heures supplémentaires stagnent

1. Le nombre d'entreprises recourant aux exonérations d'heures supplémentaires augmentent.
Le nombre d'entreprises recourant aux exonérations liées aux heures supplémentaires a atteint 171.873 en avril. 55,3% des entreprises faisant mensuellement leur déclaration de cotisations à l'Urssaf ont utilisé ce mécanisme issu de la loi Travail, emploi, pouvoir d'achat (Tepa).
Elles étaient 38% en octobre, 48% en novembre, 51% en décembre, 53% en janvier, 54,5% en février et 54% en mars (données révisées). Ces résultats ne prennent en compte qu'une faible part des très petites entreprises (1 à 9 salariés), qui font pour la plupart leurs déclarations de cotisations aux Urssaf chaque trimestre et non chaque mois (source).
2. On ne travaille pas davantage en France
Ces heures supplémentaires existaient avant le dispositif TEPA.

3. Les exonérations liées aux heures sup coûtent environ 160 millions d'euros par mois.

Pouvoir d'achat : les spots du gouvernement.



Les autres sports sont consultables ici.

Sarkozy dans le texte, pour mémoire

24 juin 2008

Pouvoir d'achat: Communiquer plus pour casser plus


Le gouvernement a lancé lundi 23 juin sa campagne tant attendue en faveur du pouvoir d'achat. Concoctée par Thierry Saussez, publicitaire recruté par Nicolas Sarkozy après l'échec des élections municipales, cette campagne coûte 4,3 millions d'euros aux contribuables. Le spot de pub sera diffusé 1630 fois sur les chaînes hertziennes de télévision. Cette propagande gouvernementale tombe au pire moment.

Hasard du calendrier, on apprenait le même jour que le SMIC serait revalorisé de ... 0,9% au 1er juillet, sans aucun coup de pouce du gouvernement. Il atteindra donc 8,71 euros brut de l'heure, a annoncé Xavier Bertrand ce lundi.

Vendredi, une étude du Ministère de l'emploi révélait que le pouvoir d'achat des salariés avait baissé de 0,4 point au 1er trimestre 2008 (le salaire mensuel de base a augmenté de 1,1 % au premier trimestre, ce qui porte, en un an, sa hausse à 2,7 % mais à une perte de pouvoir d'achat de 0,4 point).


Enfin, mardi 24 juin, le directeur de l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie a dévoilé ses propositions d'économies " de l’ordre de 3,2 milliards d’euros en 2009" : la plus symbolique et socialement coûteuse est la réduction du taux de prise en charge de certains médicaments des patients souffrant d’affections longue durée, tels le cancer, le diabète ou le sida. Ces soins ne seraient remboursés qu’à 35% au lieu de 100% actuellement. Huit millions de personnes sont concernées en France. Le projet prévoit aussi de restreindre le bénéfice de ces remboursements longue durée certains patients tels ceux souffrant d'hypertension artérielle ou de certains diabètes.

Le gouvernement a également transmis aux partenaires sociaux l'avant-projet de loi dit "en faveur des revenus du travail"
  • Déplacement de la revalorisation annuelle du smic au 1er janvier
  • Création d'une commission du smic, à caractère consultatif.
  • Avantages et pénalités fiscales pour les entrepreneurs (Si une entreprise conclut un accord d'intéressement pour la première fois ou révise son accord d'intéressement pour augmenter les primes distribuables, l'entrepreneur recevra un crédit d'impôt sur les sociétés.)
  • Versement immédiat de la prime de participation.
  • Création d'une prime "exceptionnelle" d'ici au 30 septembre 2009

Sarkozy, Israël et la Palestine: 1 partout, balle au centre


Mes amis israëliens auront apprécié, j'espère, la venue du Président Sarkozy, y compris devant la Knesset. Mes amis palestiniens apprécieront, j'espère, la déclaration du même Président devant le Parlement israélien. On pourrait considérer que Sarkozy enfonce des portes ouvertes. Mais le sujet est sans doute trop sombre et coûteux en victimes.

Lundi 23 juin, Nicolas Sarkozy a défendu l'existence d'un Etat palestinien souverain devant les parlementaires israéliens, et demandé l'arrêt de la colonisation de la Cisjordanie comme l'arrêt du terrorisme contre Israël.

"Comme tous les peuples, le peuple israélien a le droit de vivre en sécurité dans des frontières reconnues et garanties (...) La France ne transigera jamais avec la sécurité d'Israël" (...) "Mais on doit la vérité à ses amis" (...) "La vérité, c'est que la sécurité d'Israël ne sera véritablement assurée que lorsqu'à ses côtés, on verra enfin un Etat palestinien indépendant, moderne, démocratique et viable".

"Il ne peut y avoir de paix sans l'arrêt de la colonisation" (...)"Il ne peut y avoir de paix si les Palestiniens ne combattent pas eux-mêmes le terrorisme (...) il ne peut y avoir de paix sans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale des deux Etats" (...) "Vous devez savoir que vous pouvez compter sur l'Europe pour vous aider à aller vers un accord final"

En 1982, François Mitterrand, fraîchement élu, avait eu la même attitude, sans doute trop tôt.

Un peu plus tard, Nicolas Sarkozy a aussi demandé au Hamas la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en 2006.
"Je veux dénoncer de la façon la plus forte la captivité de notre compatriote Gilad Shalit. Je veux lancer un nouvel appel aux ravisseurs: il faut libérer Gilad", a affirmé M. Sarkozy lors d'un discours devant la communauté juive et arabe francophone d'Israël dans un hôtel de Jérusalem. "On ne construira pas la paix ainsi en retenant des otages. Nous allons multiplier les initiatives pour obtenir sa libération"
Chiche ?

23 juin 2008

Diplomatie : du nucléaire pour l'Algérie, des paroles en Palestine


En déplacement en Algérie samedi 21 juin, François Fillon s'est félicité d'un moment historique. Il tentait de convaincre le président Bouteflika d'adhérer sans réserves au projet d'Union pour la Méditerrannée refusé par le voisin libyen.

Le premier ministre français a signé deux accords : le premier porte sur l'"utilisation et le développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques". C'est une première de cet envergure avec un pays arabo-musulman. La ccoopération avec l'Algérie portera sur la recherche fondamentale, des transferts de technologie, la formation, la production d'électricité, la prospection et l'exploitation de l'uranium. Le second est militaire."Il faut que nous examinions ensemble toutes les opportunités de coopération industrielle dans le domaine de l'armement" a expliqué François Fillon.

Nicolas Sarkozy est lui parti dimanche en Israël et en territoire palestinien. Une visite "calibrée."

"Quand on va en Terre sainte, on est dans le passionnel, quel que soit l'endroit où on met le pied", souligne l'entourage du président français. "C'est un voyage très sensible, qui va être regardé à la loupe en Israël, par les Palestiniens et dans le monde arabe", renchérit une source diplomatique française (source).

L'Elysée a annulé l'escapade du couple présidentiel sur les rives de la Mer Rouge. Nicolas Sarkozy a également refusé de se rendre à Jérusalem-est, de rencontrer Mahmoud Abbas à Ramallah, et a souhaité éviter la tombe de Yasser Arafat.

La semaine dernière, le Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, avait loué son invité : «Le président Sarkozy a dit qu’Israël est le miracle du 20e siècle. C’est quelque chose que nous n’oublieront pas et ses paroles resteront dans le cœur de beaucoup de Juifs et d’Israéliens. La relation avec la France est meilleure qu’elle ne l’a été au cours des années passées».

Nicolas Sarkozy a cependant profité de son voyage pour soutenir, dès son arrivée, la création d'un véritable Etat palestinien souverain et indépendant:
"Si je suis ici, c'est parce que je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d'Israël ne sera vraiment assurée qu'avec la naissance du deuxième Etat, l'Etat palestinien" (...) "Un accord est possible demain et cet accord permettra aux deux peuples de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité".
Lundi 23 juin, Sarkozy reste en Israël, et, pour la première fois depuis 1982, il prendra la parole devant le Parlement israélien. Le Président de l'Autorité palestienne, lui, attendra mardi pour quelques heures de discussion avec Nicolas Sarkozy.

Commentaire : Comment les dirigeants apprécient-ils la diplomatie française qui consiste à vendre la technologie nucléaire ("à des fins civiles") sur toutes les rives de la Méditerranée ?

22 juin 2008

Europe : humour (très) noir

Rencontrer Hortefeux ne sert à rien, il triche


C'est le constat du Réseau Education Sans Frontières, qui rassemble enseignants, parents d'élèves et anonymes pour défendre les sans-papiers et leurs enfants expulsés lors des rafles du Ministère de l'Identité Nationale.

Le Réseau Éducation Sans Frontières a rejeté l’invitation du ministre qui souhaitait le rencontrer à la veille de la présidence française de l’Union Européenne. La lettre de RESF au Ministre est simple. Elle résume la honte.
"Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue"
(...)
"Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ? "
(...)
RESF ne savait pas que Brice Hortefeux gonflait ses chiffres : non content d'expliquer le 19 juin dernier qu'il avait réussi à expulser 80% de sans papiers de plus qu'en 2007, il s'était félicité de la "forte progression de l'immigration professionnelle." Patatras ! Le Monde a révélé le pot aux roises dès le lendemain : les statistique prennent désormais en compte des travailleurs européens de l'Est, soit près d'un tiers des salariés étrangers accueillis.
Jusqu'à une période récente, les tableaux officiels des flux migratoires ne prenaient en compte que les ressortissants des pays tiers, hors UE. Le gouvernement, encouragé par le chef de l'Etat à porter l'immigration économique à 50 % des flux migratoires, comptabilise désormais aussi les nouveaux Européens entrés dans l'Union depuis 2004. Ces derniers (à l'exception des Chypriotes et des Maltais) sont pour une période transitoire soumis à l'obligation de détenir une carte de séjour s'ils veulent travailler.



21 juin 2008

59ème semaine de Sarkofrance: Sarkozy est inefficace


La question de l'inefficacité du Président a été clairement posée en cette 59ème semaine depuis son élection.

En mai 2007, les "signes extérieurs" d'une Présidence moderne et efficace, organisée comme le directoire d'une entreprise en conquête, étaient là : un gouvernement restreint et ouvert, un Président présent et actif, une ligne d'action claire résumée en deux slogans : "travailler plus pour gagner plus" et "ensemble tout est possible".

En quelques semaines, un traité "simplifié" débloquait le fonctionnement de l'Union Européenne, le paquet fiscal devait redonner du pouvoir d'achat au plus grand nombre ; une nouvelle loi automatisait l'emprisonnement des récidivistes; Fadela Amara lançait son plan "anti-glandouille" pour la banlieue, skyblog à l'appui.

59 semaines plus tard, l'électeur sarkozyste peut hésiter sur le diagnostic : Nicolas Sarkozy est-il vraiment efficace ?

Nicolas Sarkozy s'est planté sur l'Europe
Nicolas Sarkozy jubilait de l'adoption au forceps du Traité "Simplifié" (250 pages) par les gouvernements de l'Union. Un an plus tard, la ratification nécessaire du document échoue sur une plage irlandaise. ""La France qui a dit non en 2005 peut comprendre que nos amis tchèques ont besoin de temps pour discuter et ce temps, il faut le leur donner : personne ne doit se sentir acculé" a déclaré sagement Sarkozy. Un traité illisible, un débat escamoté, une Commission inexistante, et voici le retour au point de départ. Quels sont les projets enthousiasmant de la Présidence Française pour l'Europe ? des charters en commun !

Sarkozy a échoué avec Kadhafi.
Sarkozy fait peu de cas des symboles nationaux. Ces derniers jours, il a invité le dictateur syrien aux cérémonies du 14 juillet. Il aurait pu méditer son échec libyen : payer le Colonel Kadhafi d'une centrale nucléaire, de quelques autres contrats commerciaux, et d'un accueil sous les ors de la République en décembre n'a pas suffit. Kadhafi se fiche de l'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy. Il l'a refusé sans complexe et en public. A quoi sert donc cette real-politique française ?

Le gouvernement se trompe de croissance
Nicolas Sarkozy a laissé une dent sur la croissance. La polémique ne date pas d'hier. Cela fait plus de 10 mois, depuis août dernier, que les économistes en tous genres préviennent que la croissance française ne sera pas supérieure à 2%: crise financière, faiblesse du pouvoir d'achat, choc pétrolier, inflation record, immobilier en berne, les obstacles sont nombreux. Rien n'y fait. L'équipe au pouvoir se bouche les oreilles. A chaque annonce d'une prévision défavorable, Christine Lagarde se dévoue pour contester. Cette semaine, l'INSEE a prédit une croissance de 1,6% pour 2008. Dommage.

Les défiscalisations en tous genres plombent les comptes sociaux
On a appris mercredi que le déficit de la Sécurité Sociale atteindrait 8,9 milliards d'euros en 2008. Les réformes des retraites depuis 2003 n'ont rien changé. Pourquoi ? Parce qu'on retire chaque année un peu plus de financements aux régimes sociaux. Les exonérations de cotisations sociales des heures supplémentaires coutent quelques 5 milliards d'euros aux comlptes publics. Belle gestion !

Fadela Amara rame seule
Cette semaine, on reconnaîtra à Fadela Amara, comme à ses collègues, la sincérité de leur action. La secrétaire d'Etat à la Ville était parvenue à convaincre ses collègues, Président à l'appui, de lui confier un milliards d'euros pour les banlieues. Mais il s'agit que de redéploiement de fonds pour la moitié, et d'un effet de communication pour l'autre (500 millions de crédits débloqués pour le Grenelle de l'environnement). Le 20 juin, François Fillon a annoncé le "désenclavement" de 215 quartiers. On retiendra beaucoup d'objectifs, et peu d'actions nouvelles immédiates : quelques "délégués de sécurité," des policiers à la retraites reconvertis, et vingt millions d'euros pour des bus supplémentaires en Ile-de-France.

La même semaine, Rachida Dati luttait au Sénat contre un amendement socialiste prévoyant le droit de vote des immigrés aux élections locales... Et Brice Hortefeux se félicitait de l'efficacité de ses rafles - pardon, de ses éloignements. +80% d'expulsions à fin mai par rapport à la même période de 2007. Beaux messages d'intégration !

Jean-Louis Borloo rate sa vignette écologique
L'affaire du bonus/malus écologique est aussi exemplaire. Il n'a pas fallu attendre 6 mois pour constater que le dispositif coûtait très cher. Eric Woerth, ministre du budget et gardien du temple des comptes, a tiré la sonnette d'alarme. Jean-Louis Borloo, ministre du Développement Durable, s'est planté dans ses prévisions. Le dispositif devait être équilibré. Il coûte déjà 200 millions d'euros au bout de 6 mois d'exercice ! Le ministre essaie de faire durer sa mesure : il y aura des "ajustements."

Les Français commencent-ils à comprendre ?
Sans doute, puisque la popularité présidentielle stagne dans les sondages. Les Français interrogés jugent toujours le gouvernement inefficace contre la hausse des prix ou la lutte contre le chômage. Mais est-ce suffisant ? Les manifestations ne rassemblent plus grand monde, le Parti Socialiste est inaudible dans ses débats de congressiste; François Bayrou réfléchit aux élections européennes de 2009.

Confronté à l'échec de sa politique, Sarkozy consolide son pouvoir personnel: mardi 17 juin, le Président Sarkozy a confirmé la suppression de 54 000 postes dans les armées (pourquoi pas ?), le renforcement des moyens d'espionnage (pas bête), mais surtout le rattachement des moyens de renseignement intérieur et extérieur à ... la Présidence.

Personne, ou presque, n'a réagi.

Pourquoi l'espionnage du pays ont-elles besoin de dépendre de l'Elysée ?

Je ne suis pas paranoïaque.
Juste vigilant.

Et vous ?

Carla Bruni-Sarkozy est un objet journaliste unique


Ainsi explique Libération, par la bouche de Didier Pourquery, directeur délégué de la rédaction, les raisons de l'invitation de l'épouse du Chef de l'Etat. Nous avons déjà expliqué, sur un autre blog, ce que nous pensions de l'idée première de Laurent Jofrin - confier la rédaction en chef d'un jour à Carla Bruni.

Sur le fonds, inutile de s'offusquer par la formule retenue, une interview. Y-a-t-il des sujets tabous à Libération ? On peut constater que Libération n'assure pas le même traitement que Paris Match ou le Figaro.

Donc bravo Libération.

Le making Of montre ce démarrage hallucinant : Carla Bruni réfugiée dans un bureau à Libération, la fenêtre entre-ouverte laisse filtrer les cris de manifestants contre les expulsions de sans-papiers.

Bravo les manifestants.

20 juin 2008

"La rupture annoncée a été engagée"


Il n'y a guère que Brice Hortefeux pour être satisfait cette semaine. Il a réussi à expulser davantage de sans-papiers au cours des 5 premiers mois de l'année qu'à la même période de l'an passé. Satisfaction cynique. Le ministre valorisait la dimension de "co-développement" de son Ministère de l'identité Nationale.

Au cours d'une conférence de presse jeudi 19 juin, il s'est félicité de l'augmentation de 80% du nombre d'expulsions. Nous saurons plus tard combien d'enfants faisaient partie des charters de la honte. Les "éloignements" de sans-papiers se sont chiffrés à 14.660 reconduites à la frontière sur les cinq premiers mois de 2008, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2007. Le ministre a aussi indirectement officialisé que l'accès gratuit aux soins lui permettait de mesurer (et contrôler) le nombre de sans-papiers.

De juin 2007 à mai 2008, a précisé M. Hortefeux, 29.729 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits à la frontière, soit une augmentation de 31% par rapport à la période juin 2006-mai 2007.

Autre succès dont s'est targué le ministre: la baisse de 8%, en un an, du nombre des étrangers en situation irrégulière, une estimation a-t-il précisé, basée sur plusieurs critères notamment le chiffre de l'aide médicale gratuite. On estime officiellement le nombre de clandestins entre 200 et 400.000.

"La rupture annoncée a été engagée" a-t-il annoncé. Rupture éthique ?
Le même jour, l'Europe décidait d'harmoniser les règles d'expulsion des sans-papiers: un sans-papier, quel que soit le pays de l'Union Européenne où il est détenu, ne pourra être placé en rétention plus de ... 18 mois avant d'être expulsé. La France applique une durée plus courte. Brice Hortefeux a confirmé à l'Assemblée qu' «il n'est pas question de modifier la durée maximum française qui est de 32 jours». Seuls 4 pays européens sont concernés par cette nouvelle mesure, car ils n'avaient pas fixé de durée maximale (sic !).

Nicolas Sarkozy, lui, ne se remet pas encore de l'échec irlandais de "son" Traité Simplifié. Une semaine après le référendum irlandais, un sommet de crise tente de trouver une sortie. "Il est beaucoup trop tôt pour présenter des solutions possibles", a affirmé à la presse à Bruxelles le Premier ministre irlandais Brian Cowen. Effectivement. 19 pays, sur 27, ont ratifié le traité par voie parlementaire. Mais comment appliquer un traité qui prévoit l'unanimité ? A quelques jours de la Présidence française de l'Union Européenne, le projet Sarkozy a volé en éclat.
Comme le note Nicolas Domenach, Sarkozy peut être inquiet, même en France :
Le président promet que la présidence française de l'UE sera une «présidence active». On l'a bien vu hier à l'Assemblée lors du débat sur l'Europe : l'hémicycle était vide.
Xavier Darcos également a dû réduire ses ambitions : il a expliqué, dans un courrier adressé à la CFDT, que les enseignants grévistes n'auraient pas à se déclarer individuellement avant chaque grève.
«Je vous fais part de mon accord pour que soit amendé l'article du projet de loi» sur le droit d'accueil des élèves les jours de grève dans les écoles publiques, qui doit être discuté au Sénat à partir du 25 juin, dit le ministre de l'Education dans cette lettre adressée à François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, transmise à la presse.

Jusqu'ici, le projet de loi prévoit que lorsqu'un préavis de grève a été déposé, «toute personne exerçant des fonctions d'enseignement dans une école maternelle ou élémentaire publique informe l'autorité administrative, au moins 48 heures avant, de son intention d'y prendre part» (source 20minutes).
Coïncidence, le même jour, le Sénat, à majorité UMP, a suivi les recommandations du gouvernement : il a refusé les amendements déposés par les sénateurs socialistes, verts, communistes et radicaux de gauche demandant le droit de vote des étrangers aux élections locales ont tous été repoussés par la majorité. Rachida Dati a largement attaqué la gauche pour ses propositions. Un comble ?
Cette question a suscité un long débat au cours duquel Rachida Dati a vivement attaqué la gauche l'accusant de ne pas avoir tenu ses promesses. "François Mitterrrand et Lionel Jospin l'avaient mis dans leurs engagements de campagne, cela n'a jamais été mis en œuvre" alors que "Nicolas Sarkozy n'a pas pris d'engagement là dessus" alors "nous n'avons pas de leçons à recevoir de la gauche", a-t-elle déclaré.
Les écologistes avaient une autre raison de fulminer : à peine mis en place, le dispositif de bonus-malus en faveur des voitures propres est menacé. Le gouvernement s'est planté dans es prévisions. "Le bonus-malus écologique pour les automobiles est un succès qui coûte trop cher aux finances publiques", a déclaré jeudi 19 juin le ministre du Budget Eric Woerth.
"On pourrait augmenter les malus et se passer des bonus mais comme je sais que c'est politiquement plus vendable, c'est aussi plus pédagogique, je dis simplement 'attention à la fixation des critères'", a poursuivi Eric Woerth.
Prié de dire si le dispositif serait reconduit l'an prochain, il a répondu : "C'est un critère qui vaut pour cette année, on verra dans le projet de loi de finances de l'année prochaine."
"Je n'en dis pas plus, je dis que c'est un bon système, c'est un système qui a du succès mais c'est un système qui coûte et qu'il faut donc bien régler les curseurs de ce type de fiscalité, c'est vrai pour toute la fiscalité écologique d'ailleurs", a ajouté Eric Woerth (source)

L'appel du 18 juin: Sarkozy et l'histoire

Mercredi, Nicolas Sarkozy a célébré l'appel du Général de Gaulle, le 18 juin 1940. Coïncidence de calendrier (?), cet anniversaire tombait le lendemain de ses annonces de réforme de l'armée, avec, notamment, l'intégration de la France au sein de l'OTAN et la priorité accordée au renseignement.

La Grande Muette réagit très mal aux réduction de personnel. C'était prévisible. L'impact sur des territoires, parfois déjà affectés par la fermeture d'installations hospitalières ou judiciaires, sera réel.
"On est vraiment dans une réduction du format des armées, avec 54.000 suppressions d'emplois, dont environ 20.000 personnels civils, soit plus d'un quart de l'effectifs des civils dans la Défense", a regretté Yannick Malenfant,secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs de l'Etat-CGT (FNTE-CGT), lors d'une conférence de presse.

Sur son blog, François Fillon rappelait, avec raison, l'un des écrits du Général de Gaulle, à propos de la réforme des armées. "Nul ne peut croire qu’un futur conflit doive ressembler, même de loin, à celui que nous avons vu."

A lire la blogosphère, la critique que nous retiendrons de cette réforme porte moins sur la réduction des effectifs militaires que sur la concentration des moyens de renseignement dans les mains du Président.

19 juin 2008

Les Français commencent-ils à comprendre ?


L'observateur attentif de l'action présidentielle depuis mai 2007 peut s'interroger légitimement : "les Français commencent-ils à comprendre ?"

J'écrivais il y a 8 jours une chronique improbable intitulée : "vous saviez." Effectivement, on peut reprocher beaucoup de choses à Nicolas Sarkozy mais d'avoir renier l'intégralité de son programme de candidat. Ses promesses non tenues sont au nombre de trois : primo, les résultats ne sont pas à la hauteur (on ne travaille pas plus, les déficits se creusent, etc); secundo, il a trahi ses quelques engagements "éthiques" (droit de l'hommes en matière de politique étrangère, république irréprochable en France, etc). Tertio, l'homme n'habite pas sa fonction, ses déboires "bling bling" à répétition en témoignent.

Néanmoins, nombre d'actions en cours (ne parlons pas de réformes) étaient prévues. Les Français en tiennent-ils rigueur au Président ? Pas sûr.

Economie:
Les Français interrogés (par sondage) jugent le gouvernement inefficace contre la hausse des prix (88% dans un sondage TNS-Le Figaro du 28 mai), et la lutte contre le chômage (même source), malgré des résultats officiels favorables. Ils ne sont pas prêts à racheter leurs journées RTT, contrairement à la proposition présidentielle de novembre dernier, et ils préfèrent que l'on augmente leur salaire annuel plutôt que de travailler plus. Même en septembre dernier, 54% des salariés sondés estimaient que l’exonération des heures supplémentaires ne les inciterait pas à travailler davantage.

Immigration :
Les sondages de l'automne révélaient que les Français étaient globalement ... indifférents voire favorables à la politique menée, y compris les tests ADN, la limitation du regroupement familial, et aux contraintes d'immigration (carte, test de langues, etc) de la loi Hortefeux. Mais depuis, plus rien ! Pas de sondages.

Politique étrangère :
Les Français interrogés semblent pessimistes : ils trouvent que "le rôle de la France s'affaiblit" (à 60% dans un sondage TNS-Le Figaro du 28 mai 2008).

Justice :
Rachida Dati, un temps très populaire, a ruiné l'image du gouvernement en matière de justice.
En septembre 2007, un sondage BVA–Orange–l'Express indiquait que 42 % des personnes interrogées souhaitaient que Rachida Dati ait davantage d'influence dans la vie politique française. Malheureusement pour la Garde des Sceaux, ce chiffre est tombé à 32 % en mai 2008 (source).
Ami Sarkozyste, un conseil :

18 juin 2008

Défense: la NSA de Nicolas Sarkozy


Devant quelques 3.000 militaires, gendarmes, policiers et responsables de la sécurité civile réunis Porte de Versailles à Paris, Nicolas Sarkozy a détaillé sa position, mardi 17 juin, sur la réforme de l'armée française, à l'occasion de la publication d'un "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale."

Le Président n'a pas insisté sur les quelques 54 000 suppressions de postes évoquées ces derniers mois. Les effectifs des armées passeront de 271.000 à 224.000 personnes (-47.000) avec, en première ligne l'armée de l'air (-24%), suivie de l'armée de terre (-17%) et de la marine (-11%).
"Dans mon esprit l'armée, ça assure la sécurité de la nation, pas l'aménagement du territoire (...) Je sais parfaitement qu'avec le Premier ministre et le ministre de la Défense, nous serons confrontés à des manifestations, il y a des protestations", (...) "Nous allons être inventifs pour compenser la fermeture ou le transfert des implantations militaires" (source).

Sarkozy maître-espion
Comme l'écrit Nicolas Domenach dans Marianne2.fr, Nicolas Sarkozy se veut "maître-espion." Il privilégie le renseignement, une exigence réaliste. "La menace immédiate est celle d'une attaque terroriste" a expliqué le Président. Mais il va le rattacher à la Présidence. L'argument de la menace extérieure pour justifier le contrôle présidentiel total sur cette partie des armées s'inspire directement du modèle américain. Là-bas, le Président dispose de la fameuse National Security Agency (NSA). En France, Sarkozy entend regrouper dans une nouvelle direction centrale du renseignement intérieur les services concernés du ministère de l'intérieur. S'ajouteront le renseignement militaire, et notamment spatial et informatique, dont les moyens seront renforcés.
""J'ai décidé un effort massif d'investissement sur le renseignement, notamment d'origine spatiale, qui bénéficiera aussi bien à la décision politique qu'aux chefs militaires"
La nouvelle direction du renseignement
L'affectation des anciens membres des Renseignements Généraux au sein de cette nouvelle Direction fait déjà l'objet d'une reprise en main, d'après le site Bakchich.info.
Alors qu’une « CAP de mutation », c’est-à-dire une réunion entre l’administration du ministère de l’Intérieur et les syndicats de police, se tient le 19 juin pour décider de l’affectation de plusieurs centaines d’anciens membres des RG et de la DST dans de nouveaux postes a la direction du Renseignement intérieur (DCRI), au moins une centaine de flics n’ont pas trouvé le point de chute demandé (...).Bref, des recours juridiques sont en préparation, mais les flics se rendent compte qu’un moyen tout simple a été trouvé par la direction pour se débarrasser de ceux qu’elle ne veut pas : leur retirer leur habilitation secret-défense. En effet, chaque membre de la nouvelle DCRI doit être habilité. Un refus d’habilitation n’a pas à être justifié et ne peut faire l’objet de recours. Un officier privé du sésame ne peut même pas pénétrer dans les locaux de la DCRI, à Levallois… Plusieurs cas sont déjà dénoncés par les syndicats.

Le budget de la défense va augmenter
On aurait pu croire que ces réductions d'effectifs appelaient une baisse du budget. Que nenni ! Le budget de la Défense progressera à partir de 2012. Nicolas Sarkozy s'est engagé à consacrer 377 milliards d'euros aux armées d'ici 2020, dont 200 milliards pour l'équipement de leurs forces.
"Les réformes que j'ai confiées à Hervé Morin, c'est 3 milliards d'euros de plus par an pour l'équipement des forces. C'est quelque chose, quand même, 3 milliards d'euros par an, c'est une hausse de près de 20% des crédits d'équipement (...) ce n'est pas du luxe"

L
'une des principales annonces de Nicolas Sarkozy, expliquant cet effort remarqué, est le lancement d'un système d'alerte contre les missiles balistiques, "la première brique d'un bouclier antimissile."

La France rejoint l'OTAN
Nicolas Sarkozy a confirmé que la France rejoindrait prochainement le commandement militaire intégré de l'Otan, sans perdre son autonomie nucléaire.
"La France est un allié indépendant, un partenaire libre. Les principes posés en son temps par le général de Gaulle, je les fais miens : la France gardera en toutes circonstances une liberté d'appréciation totale sur l'envoi de ses troupes en opération"
Commentaire : c'est une évidence que le renseignement compte désormais davantage que le nombre de divisions blindées alignées sur un champs de bataille. On ne critiquera pas ce point. En revanche, que le Président entend ramender à son pouvoir personnel l'intégralité du renseignement, y compris intérieur, est... inquiétant. Le Président doit-il se mêler personnellement de l'espionnage anti-terroriste ?