31 août 2008

Morts en Afghanistan: deux poids, deux mesures ?

RSA: Hirsch doit maintenant se débrouiller seul

Martin Hirsch s'est invité à l'université d'été du Parti Radical (qui ?). Cette annexe de l'UMP présidée par Jean-Louis Borloo se réunissait ce week-end à Montélimar (Drôme). Henri Guaino, Rama Yade et le transfuge socialiste Jean-Marie Bockel étaient présents également, devant 800 militants.
«Je n'ai pas changé un iota de position. En revanche, ceux qui étaient pour, à un moment donné, et qui sont contre ou mi-figue mi-raisin, aujourd'hui, c'est eux qui jouent les girouettes»

«On ne lutte pas contre la pauvreté sans effort, ni sans partage!»

«C'est pour ça qu'on pouvait se battre, et qu'on devait se battre sur cette idée qui consiste à mettre la petite marche suivante au moment du retour au travail. Pour ne pas faire en sorte qu'on dégringole un an après»
(source)
Les critiques émanant de la majorité sont nombreuses. Mais une partie de la gauche s'est réveillée. Le RSA est désormais attaqué des deux côtés. La droite lui reproche son financement, une taxe supplémentaire. A gauche, Michel Rocard s'est réjoui de la mesure.
"Même si elle a quelques inconvénients, je préfère ça à toute taxation de la consommation, qui ralentirait la croissance et la consommation, qui pénaliserait les salariés", a-t-il expliqué. "Je préfère ça à une nouvelle aggravation du déficit public, qui n'est plus dans nos moyens".
Michel Rocard a déclaré que le RSA "peut favoriser n'importe quel type d'emploi, y compris des emplois sous-payés, c'est vrai". "Cette remarque est exacte mais on n'y peut rien. A mon avis, il vaut mieux pousser à la recherche d'emploi, de toute façon"
Le contexte économique n'étant pas favorable, Martin Hirsch aura toutes les difficultés à défendre son projet à droite. D'autant que l'impact de son mode de financement sur les ménages français se précise de jour en jour : "En l'état," note LE MONDE, "le projet frapperait notamment les 12,5 millions de Français titulaires d'un contrat d'assurance-vie."

Les cris à droite sont quelque peu hypocrites: Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu'il était favorable à ce que cette surtaxe RSA s'intègre dans le bouclier fiscal, et, d'autre part, il a annoncé qu'il faciliterait la mise en oeuvre de ce même bouclier : si actuellement, pour bénéficier du bouclier fiscal, les contribuables doivent se signaler auprès du fisc et faire une réclamation contentieuse, ils pourraient bientôt avoir la possibilité de déduire eux-mêmes le trop versé...

30 août 2008

69ème semaine de Sarkofrance : le rebond avant le combat


Cette 69ème semaine depuis l'élection présidentielle marque une rupture avec les quelques mois écoulés. Enlisé dans une activité internationale qu'il ne maîtrise pas, Nicolas Sarkozy rebondit. Paradoxalement, l'opposition également. Et si ces rebonds n'étaient que façade ?

Sarkozy rebondit à droite
Sarkozy rebondit à l'international. Le coup de force de la Russie l'a contraint à abandonner sa posture "réaliste" pro-russe assumée depuis son élection. Président en exercice du Conseil européen jusqu'en décembre, il n'a pas interrompu pour autant sa réception des athlètes français de retour de Pékin. Mais il a dû faire preuve de fermeté et se rapprocher de la position américaine. Il n'a pas renié toute tentative de conciliation avec la Russie malgré tout: "Personne ne souhaite en revenir au temps de la guerre froide" s'est-il empressé d'ajouter mercredi 27 août. Deux jours plus tard, il confirmait qu'il n'envisageait aucune sanction contre la Russie dans un proche avenir.

Sarkozy rebondit à gauche.
Les sondages l'ont clairement sorti de sa convalescence d'impopularité. Ce n'est pas encore le grand beau, mais le ciel s'est éclairci. Un récent sondage Ipsos le crédite de 44% d'opinions favorables, un score jamais atteint par cette enquête depuis janvier 2008. Après un bafouillement diplomatique frisant l'incompétence, de la crise géorgienne aux Jeux Olympiques, Nicolas Sarkozy s'est redressé. Certes, son narcissisme est toujours là, et la démarche "sociale" de rentrée est davantage politicienne qu'autre chose. Mais Sarkozy tient son cap de façade. "Quand le pays est en crise, on n'envoie pas les CRS" aurait déclaré en 2004 Jacques Chirac à Dominique de Villepin qui lui suggérait de nommer Sarkozy premier ministre. Quatre plus tard, Sarkozy a compris qu'il fallait accepter ponctuellement la contrainte sociale après une "anus horribilis" pour tous les précaires du pays. L'annonce du lancement du RSA, puis son financement par une taxe de 1% sur les revenus financiers est un coup de maître. Comme frappé par une révélation divine, il a tenu jeudi 28 août un discours angélique : "les pauvres ont besoin d'aide"; "les riches doivent être solidaire"; "la France souffre de ses déficits." Sans rire ?

L'opposition rebondit aussi
La candidate socialiste avait pâti de l'absence de réservoir de voix à gauche lors du second tour de l'élection présidentielle de 2007. Avec un Besancenot culminant à moins de 5% des voix, des écologistes confidentiels et un Parti Communiste faiblard, le "rassemblement" à gauche fut laborieux. Les récentes universités d'été à gauche sont encourageantes pour leur camp, même si quelques journalistes, et certains caciques éléphantesques socialistes veulent y voir tantôt une menace pour l'hégémonique parti socialiste tantôt la preuve d'une convalescence prolongée de l'opposition.
Le Nouveau Parti Anticapitaliste ("Nulle Part Ailleurs" ?), s'il réussit son pari, présentera un front "à la gauche de la gauche" capable de porter la voix des démunis et une espérance que le PC a cessé, malgré quelques démarches individuellement sincères, d'incarner. Côté écologie, un large rassemblement des Verts, des partisans de Bové, à ceux de Nicolas Hulot, en vue des élections européennes pourrait peut être sortir l'écologie politique de l'alibi environnementaliste dans lequel le Grenelle de Sarkozy-Borloo l'a enfermée.
Côté socialiste, le Parti se prépare à l'affrontement du Congrès de Reims. On aurait tort de railler la lutte des écuries, les positionnements des uns contre les autres. Que la ménagerie socialiste s'affronte enfin, un peu moins de 4 ans avant l'élection présidentielle est une bonne chose.

Les rebonds sont toujours fragiles
Nicolas Sarkozy a peut-être bien joué cette semaine, mais les rebonds sont fragiles, surtout en politique. La semaine passée, ses gloussements nerveux lors de son allocution à Kaboul devant les soldats français après la perte de 10 d'entre eux a fait le tour du web (malgré quelques censures). Son narcissisme a failli également lui coûtéé ce qui lui restait de réputation, lorsqu'il ramena d'une phrase le drame militaire ... à son cas personnel. Lors de l'hommage nécessaire et légitime aux victimes du massacre de Maillé du 25 août 1944, le naturel l'a à nouveau rattrapé : il s'est permis d'instrumentaliser la cérémonie pour défendre la cause de l'intervention française en Afghanistan. Plus drôles (ou ridicules ?), ses "anecdotes de comptoir" lors de son discours à Laval à propos du RSA ont fait sourire le web 2.0. A quelques mois d'intervalles, Sarkozy ressort la même anecdote, avec les mêmes tiques et les mêmes détails... Une panne d'inspiration ?

Les rebonds peuvent être factices
Inutile de se le cacher, le RSA et son mode de financement ne sont que tactiques. Comme le dit l'estimé Intox2007.info, c'est "la" réforme sociale du quinquenat, la première depuis 69 semaines de casse sociale, et peut être (ou sans doute) la dernière avant la rigueur contrainte par la récession annoncée. De surcroît, le financement du RSA est somme toute bien hypocrite: primo, Sarkozy laisse à sa majorité réticente le soin de décider si cette nouvelle taxe sur 1,1% de certains revenus du capital sera ou non intégré dans le calcul du bouclier fiscal à 50%. La belle affaire ! Quand c'est risqué, le président se débine-t-il ?
Deuxio, une fidèle lectrice m'a fait justement remarqué que certains "revenus" sont gentiment exclus de toute taxation: les stock-options sont-ils des revenus du capital ? Et oui.
Tertio, rares ont été celles et ceux à évaluer enfin le coût social du RSA: n'est-ce pas fondamentalement une "trappe à précarité" ? Le RSA doit permettre à RMiste de gagner plus que l'assistance en acceptant un petit boulot. Disons-le autrement : la seule mesure sociale de Nicolas Sarkozy depuis 69 semaines consiste à encourager les RMistes à prendre des jobs de caissières ou de manutentionnaires à temps partiel.
Lisez donc la position de Denis Clerc, membre, en 2005, de la commission présidée par Martin Hirsch, qui considère que "le RSA risque d'augmenter le travail à temps partiel".

Cette mesure doit nous faire oublier la politique sociale d'une "droite sniff sniff". Rappelez-vous l'offre raisonable d'emploi, le bouclier fiscal à 50%, les franchises médicales, le déremboursement des frais d'optique, la suppression du critère du handicap pour l'attribution de bourses universitaires, l'envoi des futurs pré-retraités de 57 à 60 ans au chômage, le déplafonnement des heures supplémentaires et la suppression des 35 heures, la dégradation de la loi SRU, l'augmentation des cotisations vieillesse, le service minimum à l'école, la privatisation de la Poste à l'horizon 2010, la réforme de la carte judiciaire et sa suppression de tribunaux de province, la fermeture des petits établissements hospitaliers, la précarisation des travailleurs sans-papier, la protection des niches fiscales, la libéralisation du travail le dimanche, la "réforme" du dialogue social dans les entreprises, le licenciement des fonctionnaires "inaptes", la réduction des allocations familiales, l'augmentation du prix du gaz, l'absence de coup de pouce au SMIC, l'allongement de la période d'essai des cadres à 8 mois,

Cela ne vous choque-t-il pas ?

Ami Sarkozyste, où es-tu donc ?

29 août 2008

Quand Sarkozy légitime (enfin) le discours de gauche


En déplacement à Laval, en Mayenne, ce jeudi 28 août Nicolas Sarkozy a a annoncé la généralisation du Revenu de Solidarité Active (et c'est tant mieux), en direct devant les caméras de télévision de LCI, i-télé et BFM-TV.

Ce nouveau dispositif doit remplacer le RMI et l'Allocation de parent isolé (API) en permettant un cumul partiel des revenus du travail et de solidarité. Il devrait concerner 3,7 millions de ménages. Ce taux de cumul entre les revenus de solidarité et du travail a été fixé à 62% (un nouveau salarié pourra conserver 38% de son RSA en sus de son salaire). Côté financement, la rumeur des jours précédents fut confirmée: "Les revenus du capital étaient jusque-là taxés à 11%, ils le seront désormais à hauteur de 12,1%. Cette contribution spécifique de solidarité entrera en vigueur le 1er janvier 2009."

Il a semblé abasourdir la Sarkofrance, c'est-à-dire ses proches, ses soutiens, ses supporters avec ses déclarations, entre angélismes et lapalissades. Ce discours est historique tant il contredit la quasi-totalité des mesures sociales et fiscales mises en oeuvre depuis mai 2007.

1. Les plus pauvres ont besoin d'être aidés
Il a ainsi admis que le RSA ne peut être financé par la suppression d'autre dispositifs sociaux, telle la Prime Pour l'Emploi. Ou encore:
«Moi mon rôle, c'est d'apporter des réponses aux problèmes de la société française, je veux ramener au travail les exclus. C'est un sujet majeur pour moi, c'est un élément de la justice sociale, et la majorité doit se saisir de ce problème de l'insertion et de la justice, sinon elle se caricature».
2. Les plus riches doivent être solidaires.
"Dans un contexte où, depuis plusieurs années, les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital, dans un contexte où l'on explique aux salariés de tant d'entreprises qu'il n'y a pas de quoi augmenter les salaires en bas et qu'au même moment, on augmente la distribution des actions et les dividendes en haut, il n'est quand même pas anormal que les revenus du capital soient mis à contribution pour revaloriser le travail des plus démunis et des plus exclus"
Ou mieux :

"S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l'effort de se lever chaque matin. J'assume"

3. La France souffre de déficits.
"Ce ne sont pas les déficits qui financeront la réforme"

4. "Les salaires progressent beaucoup moins vite que les revenus du capital."


5. Il ne faut duper les électeurs avec de fausses promesses.
"Le RSA n'est pas un marché de dupes" (...) "Le RSA, c'est zéro entourloupe pour les bénéficiaires, puisqu'on ne leur retirera rien et qu'on ne prendra pas sur la prime de Noël. Et c'est zéro entourloupe pour les Conseils généraux, puisque c'est l'Etat qui prend en charge le surcoût".
C'est un angélisme de façade. Sur le fonds et le forme, on peut faire effectivement quelques constats complémentaires :

Primo, Sarkozy laisse à une majorité réticente le soin de décider de l'intégration ou pas de cette nouvelle taxe sur le capital dans le bouclier fiscal. Pour une fois, il se déclare ouvert à ce que le Parlement décide de l'exclure. En d'autres termes, il laisse sa majorité décider si cette taxe ne frappera que les classes moyennes, qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal à 50% faute de revenus suffisants. Vous avez dit hypocrite ?

Deuxio, nous sommes clairement en monarchie élective. Le Président a arbitré et décidé cette réforme jusque dans ses moindres détails. Son discours de Laval se conjuguait au futur simple, pas au conditionnel qu'un éventuel débat parlementaire aurait supposé. Les parlementaires auront leur os à ronger pour justifier leurs émoluments (cf le point ci-dessus).

Tertio, Sarkozy ridiculise sa majorité. D'ailleurs, il en a parfaitement conscience: «la majorité ne doit pas se caricaturer» a-t-il déclaré. Serait-il inquiet ? Son annonce a été reçue par une volée de bois vert ... à droite : le sénateur UMP et blogueur Alain Lambert parle de "couardise idéologique." Lionnel Luca, député UMP des Alpes-Maritimes, craint une future expatriation supplémentaire des capitaux. Hervé Mariton, député UMP, a déclaré que le mode de financement du RSA n'est "pas acceptable". Un autre a parlé de mesure "socialo-communiste."

Quarto, Sarkozy jubile de son coup politique... Il espère couper l'herbe sous le pied d'une gauche qui se refonde. Cette dernière aurait tort de s'inquiéter. Cette annonce pourrait être une excellente nouvelle. Elle déçoit un peu plus une frange fragile et volatile de l'électorat sarkozyste (je ne parle pas du MEDEF); et prouve l'inconstance politique de l'action présidentielle (69 semaines de casse sociale pour en arriver là); mais avant toute chose, le discours présidentiel légitime une bonne part du programme social de l'opposition.

Merci Mister President, ...

28 août 2008

Sarkozy: le coup social ... de maître.


Nous vous l'avions annoncé sur ce blog : "Avant même son adoption, le Revenu de Solidarité Active joue déjà son rôle de pare-feu social du gouvernement" écrivions-nous le 7 août, en rappelant que la casse sociale de la précédente parlementaire.

Mercredi 27 août, la nouvelle a fuité: Nicolas Sarkozy va financer le Revenu de Solidarité Active par une nouvelle taxe sur les revenus du capital. Difficile, pour l'opposition, de critiquer la mesure. En elle même, elle assure la création d'un nouveau dispositif de protection social a priori vertueux, et fait mentir ceux qui croyaient(*) qu'il serait au mieux financé par une économie sur d'autres protections.
Cette taxation accrue des revenus de placements (dont les produits d'assurance-vie et des plans d'épargne) et du patrimoine sera de 1 %. Elle pourrait prendre la forme soit d'un relèvement de 1 point du prélèvement social de 2 %, qui sert actuellement à financer le fonds de solidarité vieillesse (FSV) et la Caisse nationale d'assurance-maladie, soit d'une nouvelle contribution de 1 %. Différentes sur le plan de la technique budgétaire, ces deux options sont rigoureusement identiques pour les contribuables.
L'augmentation de l'imposition des revenus du capital, confirmée au "Monde" de sources gouvernementales mardi 26 août, permettra de financer l'essentiel du surcoût du RSA en régime de croisière – de l'ordre de 1,3 milliard –, le reste étant apporté par les quelque 300 millions dégagés par le gel, en 2009, de la prime pour l'emploi (PPE), normalement indexée sur les prix.
(source LE MONDE)
Cette annonce arrive à point nommée. Elle cache une diplomatie erratique : l'administration française le bourbier afghan, et allège l'attention publique et médiatique sur l'attitude du Président face à la crise géorgienne. Sarkozy a dû se résoudre à la fermeté contre la Russie, après le coup de force de mardi. Discrètement, on a aussi appris que Sarkozy ira rendre visite au dictateur syrien les 3 et 4 septembre prochains. La real-politik n'est pas loin.

Cette annonce permet de calmer le jeu, alors que les mauvaises nouvelles économiques s'accumulent et que la préparation du budget 2009 est très avancée.

Cette annonce trouble le jeu à gauche, tant dans la perspectives des élections sénatoriales de fin septembre que dans celles des recompositions en cours: création du NAP, regroupement des écologistes, préparation du Congrès de Reims. Miner le terrain de l'opposition est un sport présidentiel fort pratiqué en Sarkofrance. D'autant que le parti majoritaire, l'UMP, est en grande difficulté de militance semble-t-il.

Pourtant, certains ne manqueront pas de remarquer que cette mesure n'est pas équitable : les plus pauvres, sans revenus financiers, en seront épargnés. Mais les plus riches, qui bénéficient du nouveau bouclier fiscal à 50%, également. Qui va donc payer le 1,3 milliard d'euros attendu par le gouvernement ? Les classes moyennes. A bon entendeur...

(*) y compris ce blog.

Lire aussi:

Une rentrée scolaire qui démarre ... mal

Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, s'est faite piégée sur cette video de Rue89. Elle cherchait des témoignages "de terrain" sur le coût maîtrisé de la rentrée scolaire dans un supermarché. Elle est tombée sur une mère de famille énervée.



De son côté, Valérie Pécresse a dû clarifier (battre en retraite ?) sur les règles d'allocations de bourses universitaires aux étudiants handicapés. Ces dernières, rappelées en début de semaine, prévoyaient en effet que le critère du handicap ne serait plus pris en compte dans l’attribution des bourses sur critères sociaux. 1200 élèves étaient concernés. Cette suppression s’expliquait par "le fait que depuis avril les étudiants handicapés de plus de 18 ans pouvaient toucher la prestation de compensation du handicap (PCH), autrefois réservée aux plus de 21 ans", avait expliqué le ministère en juin. Valérie Pécresse a donc corrigé le tir: "si malgré l’élargissement de la PCH, la simplification des critères s’avérait défavorable pour un étudiant, le ministère de l’enseignement supérieur s’est engagé à ce que la situation soit examinée et sa bourse rétablie afin de s’assurer qu’aucun étudiant ne soit lésé par la réforme".

Lire aussi sur Rue89: "ce que cachent les enquêtes conso"

L'Elysée a-t-il commandé un article à l'EXPRESS ?


sans lui faire injure, Nicolas Sarkozy est un homme politique "primaire." Il ne semble pas maîtriser ses émotions, il fait parler son coeur, et n'a que peu le sens de la mesure. Après LE POINT, qui dressait avec une perfidie sans doute sincère voici 8 jours, le portrait d'une monarchie en devenir, voici l'EXPRESS qui raconte les coulisses du choc afghan. Un article sur-mesure, à la limite de la commande officielle.

"C'est simple, je ne veux plus d'opérations de ce genre tant que vous n'avez pas tiré toutes les conséquences de l'embuscade" explique-t-il aux militaires au lendemain de l'attaque meurtrière du 18 août.

A un conseiller qui lui demande ce qu'il fera au prochain coup dur: "Ne nous laissons pas submerger par l'émotion, répond le président. La vie est suffisamment compliquée."

Sans rire ni trompette, les 3 journalistes (Eric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne) écrivent:
Pour un chef d'Etat, l'épreuve de la mort de militaires tombés au combat est un moment de vérité. A Kaboul, aux Invalides le lendemain, Nicolas Sarkozy a d'ailleurs aussi parlé de lui: "Jamais à un tel point je n'ai mesuré ce que peut être la solitude d'un chef de l'Etat face aux décisions qu'il doit assumer." En ce mois d'août 2008, il est devenu pleinement chef des armées. Chef de guerre. Ce mot qu'il récusait il y a encore cinq mois.
Imaginez le drapeau flottant au loin, la musique sombre et sévère qui démarre, Sarkozy arrivant sur le tarmac de Villacoublay...

Et un peu plus loin, sans recul ni contradicteur, les 3 pigistes de l'Elysée poursuivent :
Pas question, évidemment, de retirer les troupes - même au PS, ils sont peu nombreux à le souhaiter. Lors du Conseil des ministres, le 21 août, le président a souligné que "le 11 septembre, ça aurait pu être en France". "On me reproche de ne pas défendre les droits de l'homme à Pékin, mais les mêmes me critiquent quand je prends le risque d'envoyer des troupes en Afghanistan, où ils sont menacés", se justifie-t-il en privé.

Amis journalistes, vous valez mieux que cela ....

Non ?

27 août 2008

Compte rendu du Conseil des Ministres (21 août)

Il y a 7 jours, Luc Chatel a fait son compte rendu hebdomadaire du Conseil des Ministres tenu le même jour. Quelques perles sur ce qui s'est dit lors de cette réunion avec le Président.

A propos de l'Afghanistan
"Bernard Kouchner a indiqué que nous défendions là-bas la liberté du monde."
"Ce sont 25 pays sur les 27 pays de l'Union Européenne qui sont présents en Afghanistan."
On a aussi appris, POUR LA PREMIERE FOIS, les raisons du renforcement des forces militaires françaises sur place: "parce que les attaques des Talibans y sont plus nombreuses."
On appelle cela ... une escalade.
"Les petites filles vont à l'école."
"Cet engagement de la France se fait dans le cadre d'un mandat des Nations Unies."
"La France défend la liberté du monde."

A propos du bilan du paquet fiscal
"Ce texte traduisait dans les actes les engagements (...) pris pendant la campagne."
"Pour l'année 2008, nous considérons que cette loi va apporter aux Français 7,7 milliards d'euros."

La Russie provoque, l'Occident est surpris (?)


Le président russe, Dmitri Medvedev, a signé mardi 26 août 2008 «les décrets sur la reconnaissance par la Fédération de Russie de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'indépendance de l'Abkhazie». Il viole ainsi les engagements de la Russie sur l'intégralité territoriale de la Géorgie, issus de l'accord de paix conclu il y a 15 jours, après les interventions de Nicolas Sarkozy puis de l'administration Bush. Sergeï Lavrov, le ministre des Affaire étrangères, a assuré que la Russie n'avait pas l'intention d'annexer par la suite ces deux territoires séparatistes. Certains notent que c'est la "victoire de la ligne dure au Kremlin," qui et de ses partisans, tel l'ambassadeur de la Russie à l'Otan, le nationaliste Dmitri Rogozine, "qui a comparé la situation actuelle aux tensions précédant la Première Guerre mondiale."

M. Medvedev a justifié cette décision:
"Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr nous ne la voulons pas" (...)

"Dans cette situation, tout dépend de nos partenaires, de la communauté mondiale et de nos partenaires en Occident. Si les Occidentaux veulent conserver de bonnes relations avec la Russie, ils comprendront les raisons de notre décision de reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie."

(...)
"La Russie a pleinement rempli ses obligations relevant des six principes du plan dit Sarkozy-Medvedev. Nos forces se sont retirées hors des frontières de Géorgie, exception faite de la zone dite de sécurité. (...) "Notre pays a agi en médiateur et en force de maintien de la paix (…) Les dirigeants géorgiens ont choisi une autre voie. (…) Ils ont méthodiquement préparé la guerre"
La totalité des pays occidentaux ont condamné cette décision. C'est l'échec (provisoire ?) de la stratégie d'apaisement avec la Russie, notamment conduite et défendue, en Europe, par Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas davantage le succès pour les partisans de la ligne dure contre la Russie : quelle sera la prochaine étape ? Le soutien occidentale, voire une intervention militaire en Géorgie ?

L'Elysée a publié un communiqué mardi soir, au nom de l'Europe :
"La Présidence du Conseil de l’Union européenne prend note de la décision prise par les autorités russes de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud.

Elle condamne fermement cette décision. Celle-ci est contraire aux principes d’indépendance, de souveraineté et d’intégrité territoriale de la Géorgie, reconnus par la Charte des Nations Unies, l’Acte final de la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe et les Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

Dans ce contexte, la présidence du Conseil de l’Union rappelle avec force son attachement au principe d’intégrité territoriale de la Géorgie dans ses frontières internationalement reconnues.

Elle appelle de ses vœux une solution politique des conflits en Géorgie. Elle examinera de ce point de vue les conséquences de la décision de la Russie."

Rapports à l'appui, Bernard Kouchner s'est emporté le même jour jusqu'à dénoncer le nettoyage ethnique en cours par la Russie dans la ville de Akhalgori en Géorgie, passée sous contrôle sud-ossète.
"On dit que cette nuit (de mardi à mercredi) les troupes russes vont pousser devant eux --nettoyage ethnique, épuration ethnique--, les populations géorgiennes vers la Georgie pour que ce bout d'Ossétie soit homogène".
"Ce n'est pas acceptable, on ne peut pas tout accepter".
Mardi 26 août, Nicolas Sarkozy a préféré être filmé recevant les athlètes français en direct à l'Elysée plutôt que d'intervenir sur cette crise internationale. La video est visible ici.

Lire aussi: "Retour de la guerre froide" sur Sarkofrance

Pouvoir d'achat ... de fruits et légumes


Fruits et légumes au juste prix 05
par CN-PCF

26 août 2008

Sarkozy à Maillé, un hommage nécessaire mais brouillon

Nicolas Sarkozy a réparé lundi 25 août une profonde injustice : depuis 64 ans, la France officielle a omis de commémorer le massacre de 124 civils français par les soldats nazis, le 25 août 1944.

"En ignorant si longtemps le drame de Maillé, en restant indifférente à la douleur des survivants, en laissant s'effacer de sa mémoire le souvenir des victimes, la France a commis une faute morale" (...) "C'est cette faute qu'au nom de la Nation tout entière je suis venu reconnaître et réparer aujourd'hui."
Mais on regrettera que le Président français n'ait pu s'empêcher de "récupérer" cet commémoration indispensable au profit d'une justification de l'intervention française en Afghanistan. "Je pense au sacrifice de nos dix jeunes soldats face à ces barbares moyenâgeux, terroristes que nous combattons en Afghanistan".

Voulait il rattrapper sa bourde de Kaboul, où il pouffa de rire en évoquant sa terrible solitude présidentielle ?



Sarkozy n'oppose pas "les évènements", il les compare
envoyé par ZappeurLePost

Sarkozy n'a pas le sens de la mesure.

Point.

Fraude chez les Jeunes UMP ? La jeunesse à l'honneur en Sarkofrance

Les "Jeunes populaires" ont un nouveau président depuis dimanche 24 août: il s'agit de Benjamin Lancar, étudiant à HEC et président de l'UMP Grandes écoles. Cette élection était attendue. Il y a quelques semaines, il avait une double concurrence sérieuse, celle de Matthieu Guillemin et Aurore Bergé, qui ont été contraints de fusionner avec le prétendant officiel. Restaient deux autres adversaires, dont l'un a vu sa candidature invalidée la semaine dernière. Restait un outsider, Louis-Alexandre Osinski, étudiant lillois. Il a regretté l'intervention de l'UMP


"Je suis conscient d'avoir été la caution démocratique. J'ai pensé à me retirer, mais je me serais retiré sans rien, contrairement à Matthieu Guillemin et Aurore Bergé. Si je l'avais fait, on aurait dit que c'était par manque de courage", a-t-il raconté au JDD.fr.

"J'ai envie de tourner la page après une campagne assez rude. Il va falloir un bon moment de cicatrisation. En tout cas, le taux de participation -qui est très faible- est l'expression d'un désaveu des jeunes militants de l'UMP (...) Je ne comprends pas ce qui a pu motiver l'intervention du président de la République puisqu'à la différence de la dernière élection des Jeunes populaires où il y avait une guerre de tendance entre un candidat pro-Juppé et un autre pro-sarkozyste, cette année, tous les candidats étaient sarkozystes." (source LE POST)

Benjamin Lancar a été donc élu sans surprise avec ... 75% des voix et une abstention de ... 46%. «C'est un très beau score» a commenté le nouveau Président...

De son côté, la FAGE, fédération d'associations étudiantes, a publié lundi 25 août, pour la sixième année consécutive, un indicateur du coût mensuel de la vie étudiante. Selon celui-ci, la rentrée coûte 3,5% plus cher cette année qu'en 2007, une augmentation très proche de l'inflation générale record constatée en France depuis un an.
Cet indicateur évalue le coût mensuel de la vie d'un étudiant et prend en compte les frais d'inscription et d'installation qui lui incombent. Le coût de la rentrée est estimé à 2.935,17 euros en moyenne pour un étudiant parisien, 2.425,33 euros pour un étudiant de province. Selon la fédération d'associations étudiantes, cette somme augmente tous les ans depuis six ans.

Se loger représente cette année encore la difficulté principale des étudiants, selon la Fage: le coût du logement augmente en moyenne de 8% et représente 44% du budget d'un étudiant, contre 41,2% en 2007.

"Sur la base de ce constat, la Fage demande au gouvernement de mettre en place une allocation de rentrée étudiante, de 390 euros ouverte non seulement aux étudiants boursiers, mais également aux étudiants issus de la classe moyenne qui ne bénéficient aujourd'hui d'aucune aide sociale", selon le communiqué.
François Fillon, lui, prépare la rentrée scolaire. Il s'est déplacé à Avrillé (Maine-et-Loire) pour défendre sa réforme de l'école primaire.


Présentant sa réforme du primaire, il a énuméré « trois logiques ». Tout d’abord, selon le Premier ministre, cette réforme doit s’articuler autour de l’allègement des horaires des élèves, « car un enseignement trop chargé n’est pas un enseignement fécond ».

Il insiste également sur « le ciblage des programmes » avec la maîtrise « des fondamentaux ». Enfin, il rappelle que la réforme du primaire prévoit désormais deux heures hebdomadaires au soutien individuel, dans une logique de « personnalisation » (source).
Les nouveaux programmes du primaire sont censés insister sur les mathématiques et le Français, et les élèves n'auront plus classe le samedi matin: ils perdront deux heures hebdomadaires. Rappelons que cette rentrée s'ouvre avec 11 200 postes en moins, dont près de 9 000 d'enseignants. Xavier Darcos a confirmé également que les suppressions seraient de 13 500 en 2009.

Lire aussi :

Foetus nés sans vie et avortement

Vendredi 22 août, le décret n° 2008-798 du 20 août 2008 modifiant le décret n° 74-449 du 15 mai 1974 relatif au livret de famille a été publié au Journal Officiel. Il ne règle pas la situation juridiquement trouble relative aux foetus né sans vie, et soulève bien des questions.

La loi du 8 janvier 1993 ne précisait pas le moment à partir duquel un foetus pouvait être considéré comme "un enfant sans vie mais autorisaient les parents à le déclarer à l'officier d'état civil. Se fondant sur une définition de la viabilité donnée en 1977 par l'Organisation mondiale de la santé, les officiers d'état civil ne retenaient que les enfants mort-nés après un terme de 22 semaines ou ayant un poids de 500 grammes.

Le décret paru vendredi est très court:


Art. 1er. - Dans le décret du 15 mai 1974 susvisé, il est rétabli un article 4 ainsi rédigé :
« Art. 4. – Un livret de famille est remis, à leur demande, aux parents qui en sont dépourvus par l’officier de l’état civil qui a établi l’acte d’enfant sans vie.
Il comporte un extrait d’acte de naissance du ou des parents ainsi que l’indication d’enfant sans vie, la date et le lieu de l’accouchement.
Il est ultérieurement complété selon les modalités de l’article 3. »

Rien n'est dit sur l'incompatibilité de cette nouvelle règle avec le droit à l'avortement.
Un foetus né sans vie pourra donc désormais être inscrit sur les registres d'état civil, ce qui permettra notamment l'organisation d'obsèques. N'importe quel foetus, sans considération de son âge, ni de sa maturité.
Cette inscription sur les registres d'état civil signifie aussi pour les parents la possibilité de donner un nom à leur enfant, de bénéficier de certains droits sociaux comme le droit au congé maternité, ou encore de récupérer le corps afin d'organiser des obsèques.

Dans un communiqué conjoint, la Garde des Sceaux Rachida Dati et la ministre de la santé Roselyne Bachelot ont expliqué qu'il s'agissait d'"une réponse pragmatique et humaine à ces situations de deuil," qui"permettra aux femmes ayant accouché d'un enfant mort-né, de disposer d'une mention symbolique de cet enfant, par exemple celle d'un prénom, tant sur le registre de l'état civil que sur le livret de famille, et d'un traitement funéraire décent". (...) "aucune filiation n'est établie et le foetus n'acquiert pas de personnalité juridique", soulignent les deux ministres.

25 août 2008

Bilan contrasté du "paquet fiscal"

Christine Lagarde s'est félicitée la semaine dernière du bilan du "paquet fiscal", voté en juillet 2007, et entré ensuite en vigueur progressivement. Voici une vision un peu plus complète de la réalité des chiffres.

1. Défiscalisation des heures supplémentaires
55% des entreprises mensualisées ont eu recours au dispositif au 30 juin 2008.
6 millions de salariés l'ont utilisée au premier semestre. Mme Lagarde a prédit "entre 670 et 900 millions d’heures" supplémentaires en 2008. En fait, le nombre d'heures supplémentaires "déclarées" en 2006 (avant l'entrée en vigueur de ce dispositif) étaient déjà de 700 millions.
De surcroît, l’Acoss, qui fédère les Urssaf, a précisé ne pas être en mesure, à partir des déclarations des entreprises, de chiffrer le nombre de salariés faisant des heures supplémentaires.
Coût pour l'Etat : 4 milliards d'euros en 2008. Le gouvernement ne précise pas si ce déficit inclue ou pas le manque à gagner pour les régimes sociaux : on sait que le coût pour la Sécurité Sociale est déjà de 615 millions d'euros par trimestre. Le régime des retraites perd à lui seul 2,5 milliards d'euros par an de financement.

2. Exonération des droits de succession
76 000 personnes ont effectué une donation à leurs proches un montant moyen de 19 000 euros environ (données au 30 juin 2008). Il y a environ ... 34,8 millions de foyers fiscaux en France.

3. Bouclier fiscal : la ministre n'a pas communiqué sur les résultats de ce dispositif. Faisons-le à sa place: les 1291 premiers bénéficiaires du bouclier fiscal à 50% en 2008 ont touché en moyenne 47 000 euros. Au titre de 2007, le précédent bouclier fiscal (à 60%) avait permis de rendre 241 millions d'euros à 14.981 contribuables, soit 16 000 euros en moyenne par foyer.

4. Défiscalisation des intérêts d'emprunt:
Du 6 mai 2007 au 31 décembre 2007, près de 320 000 foyers ont eu recours au crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt pour acquérir leur résidence principale. Mais ce chiffre ne signifie pas une amélioration. Primo, le marché immobilier s'est détérioré. Cette mesure, qui visait à soutenir l'accès à la propriété, a été introduite au pire moment : le nombre de transactions immobilières est en chute (-15% à fin juin 2008). Au premier semestre, le montant des nouveaux crédits immobiliers a baissé de 10,9% par rapport aux six premiers mois de 2007 (source). Et comme le notent LES ECHOS, "Pour la première fois depuis septembre 2005, le seuil des 400.000 mises en chantier n'est pas atteint sur les douze derniers mois. Tout aussi inquiétant, les mises en chantier reculent de 11,5 %. "

Toutes ces mesures ont un coût. Le rapporteur général de la commission des Finances du Sénat, le sénateur UMP Philippe Marini, a expliqué dimanche 24 août, que le déficit public de la France pourrait atteindre, voire dépasser les 3% du PIB à la fin de l'exercice budgétaire de 2008.

Source : communication gouvernementale du 21 août 2008.

C'est la rentrée sociale et écolo

Dimanche 24 août, Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, a affirmé que le Revenu de Solidarité Active serait généralisé dès 2009. Après le cafouillage de la semaine passée, les proches de Nicolas Sarkozy lancent la rentrée sociale.

La quasi-totalité de la presse française s'est interrogée ou a critiqué le "sang froid" gouvernemental face à la dégradation de la conjoncture. Dès l'annonce de la récession au second trimestre, Fillon avait annoncé une rentrée anticipée de son gouvernement lundi 21 août. Une réunion très médiatisée qui n'a débouché sur aucune annonce. Même Nicolas Sarkozy, d'après les indiscrétions du POINT, a été irritée de cette réunion "de communication" inutile.

Hier, Claude Guéant a confirmé au PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, que "le Revenu de solidarité active (RSA) sera "généralisé sur l'ensemble du territoire en 2009." Nicolas Sarkozy pourrait se déplacer en Mayenne jeudi 28 pour évoquer le dossier avec Martin Hirsch. Guéant a également maintenu sa confiance dans le retour à la croissance, mais le financement de cette mesure n'est toujours pas précisé malgré les polémiques depuis avril à ce sujet au sein même de l'équipe gouvernementale.
"En année pleine, son coût sera de 1,5 milliard d'euros supplémentaires", précise M. Guéant.Interrogé sur le risque d'un "RSA au rabais", il assure que "non, ce sera un vrai RSA".Le RSA, qu'expérimentent déjà 34 départements, sera examiné "en urgence" par le Parlement lors de sa session extraordinaire du 22 septembre, mais le Haut-Commissaire Martin Hirsch, principal concepteur de cette mesure, s'est inquiété publiquement du risque qu'il ne soit pas généralisé avant l'été 2009. (source)


Côté environnement, Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet entendent faire voter dès la rentrée un premier projet de loi d'une cinquantaine d'articles fixant les grandes orientations écologiques du pays. Un an après le Grenelle de l'Environnement. Ce projet prévoit notamment la basse consommation d'énergie commela norme dans la construction de l'habitat, une taxe kilométrique pour les poids lourds en 2011, et la mise en chantier de 2 000 kilomètres de lignes à grande vitesse d'ici à 2020.

A suivre

Quand Rama Yade se souvient des fausses promesses de Raffarin...

24 août 2008

Quand Sarkozy pouffe devant les militaires français à Kaboul

Sur cette video, Nicolas Sarkozy étouffe un rire quand il justifie sa décision de poursuivre la participation militaire française aux opérations d'Afghanistan.

«Si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille ! Pas le même
enchainement des événements !»





Source: Arrêt Sur Image/Marianne2

Ajout du 26 août (après censure sur YouTube ci-dessus):

Silence en Afrique

Tout occupé à la crise géorgienne, la France oublie-t-elle l'Afrique ? L'été y a pourtant été riche en évènements politiques. Résumé des épisodes précédents.

En Mauritanie, un coup d'Etat militaire a renversé le premier président élu le 6 août dernier. Le pays était en grande tension depuis un an (remaniement gouvernemental en mai dernier; vote de censure de juillet contre le gouvernement; démission du gouvernement ; menace de dissolution de l’Assemblée nationale; démission de près de 50 députés du parti au pouvoir).

Au Gabon, l'un des leaders de l'opposition a expliqué la semaine dernière qu'il craignait pour sa vie. Le président de l’Union du Peuple Gabonais (UPG, opposition), Pierre Mamboundou, a révélé « les preuves » d’un complot visant, selon lui, à son élimination physique le « 15 » ou le « 17 août 2008 ».

Au Zimbabwe, le président Mugabe tente de se concilier une partie dissidente de l'opposition, avec l'immense fraude électorale qui l'a maintenu au pouvoir au début de l'année. Le sommet de l'Afrique australe s'est ouvert à Johannesburg le 15 août, pour "conclure les négociations" pour un gouvernement d'unité nationale au Zimbabwe.

En Tunisie, le président Zine El Abidine Ben Ali a annoncé fin juillet qu’il serait candidat à sa propre succession en 2009. S’il est élu, il assurera son cinquième mandat consécutif. Président à vie ?

Au Tchad, la
justice tchadienne a condamné à la peine de mort par contumace l’ancien président Hissène Habré, qui vit en exil à Dakar depuis son renversement du pouvoir en 1990.

En République démocratique du Congo, la loi sur la décentralisation vient d'entrer en vigueur. Promulguée par le président Kabila, cette loi "décentralisera la corruption", d'après certains commentateurs. Elle autorise les provinces à conserver 40% des recettes dites à caractère national.

Dalaï-Lama: volte-face officielle

Avez vous suivi l'un des feuilletons de l'été: le Dalaï-Lama est arrivé en France le 10 août dernier, pour repartir hier. Il n'a pas été reçu par Nicolas Sarkozy, ce fut sans doute la seule nouvelle "stable" sur le sujet.

Il ne devait rencontrer aucune personnalité officielle du gouvernement; puis Carla Bruni s'est déclarée présente pour l'inaguration d'un temple boudhiste, en fin de séjour; puis Kouchner s'est joint; puis il a décliné; puis il a re-confirmé; puis Rama Yade s'est ajoutée à l'évènement. Enfin, la surprise du chef : Nicolas Sarkozy a transmis "ses salutations" par la voix de son épouse Carla Bruni, a indiqué vendredi le représentant en Europe du dalaï lama Jampol Chosang.

Sarkozy, partout partout



Merci à protman

23 août 2008

68ème semaine de Sarkofrance : sang chaud à l'étranger, sang-froid à l'intérieur


Les vacances sont terminées. Le premier ministre a fait sa rentrée devant le Président, en cette 68ème de Sarkofrance. Le contraste entre les deux hommes est frappant : devant une actualité internationale toujours chargée, Nicolas Sarkozy reste chaud, voire agité. En France, Fillon affiche calme, voire indifférence, face à la récession qui s'annonce.

Sarkozy a toujours le sang chaud à l'étranger

Cette semaine, la presse s'interrogeait (enfin ?) sur les limites de l'action diplomatique de Nicolas Sarkozy. La Russie n'a pas cessé de renforcer sa position militaire dans la zone, jusqu'à installer des missiles en Ossétie du Sud et déloger les populations géorgiennes. Curieuse force de maintien de la paix. Le président géorgien n'est pas exempt de reproches, tant son attaque de l'Ossétie le 7 août a déclenché sans raison une crise diplomatique et humanitaire de grande ampleur.


Samedi dernier, Bush a à nouveau tapé du poing sur la table, histoire de soutenir davantage l'imprudent président géorgien. Dimanche, l'Elysée a dû rendre public le courrier du 14 août, que Nicolas Sarkozy avait adressé au président géorgien. Il lui expliquait qu'il était bien prévu dans l'accord qu'il avait conclu avec les dirigeants Poutine et Medvedev que les forces russes occupent la Géorgie au-delà des frontières ossètes. On comprend mieux la pagaille.


Puis Sarkozy a tenté de se justifier, dans une tribune publiée à la fois par le Figaro et le Washington Post. Son titre était trompeur: "La Russie doit se retirer.", Sarkozy avait conclu autre chose avec les Russes, et , surtout, son article est avant tout une défense "pro domo" de la stratégie française: "j'ai eu raison" nous dit Sarkozy, alors que le monde s'interroge depuis quelques jours sur la persistance des tensions géorgiennes. Mercredi, Sarkozy publiait enfin un nouveau communiqué "conjoint" avec le président russe qui pouvait inquiéter davantage que rassurer: le retrait russe sera partiel; et Russes et Français ne sont pas d'accord sur le nombre d'observateurs de l'OFCE qui pourront être déployés en Ossétie du Sud. Qui dit mieux ?

Lundi et mardi, la France a perdu une dizaine de soldats au combat. Nous avons critiqué de la décision unilatérale de Sarkozy de renforcer le contingent français en Afghanistan. Nous aurions dû débattre de cette intervention: a-t-elle encore un sens, six ans après la décision initiale, de Chirac et Jospin, de participer à cette intervention de l'OTAN ? Quels sont les paramètres qui nous feront rester ou partir ? En Afghanistan, si on ne sait pas davantage qu'en Irak pour quoi on se bat, on sait au moins contre qui nous combattons: les talibans. Mais c'est une raison insuffisante pour tout justifier.


Nicolas Sarkozy s'est rendu sur place mardi soir. A-t-il eu raison ? Ses malentendus avec l'armée, depuis la démission du chef d'état major de l'armée de terre le 1er juillet dernier, étaient trop nombreux (*). Témoigner d'un vrai soutien moral auprès des soldats était peut-être nécessaire. Mais n'est-ce pas également faire monter les enchères sur le dos de notre armée ? N'est-ce pas légitimer l'importance des talibans ? La question est posée. En se déplaçant "à chaud", Sarkozy affiche un soutien, mais enterre toute possibilité de critique, et valorise l'ennemi. C'est la question que pose légitimement Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, sur son blog Secret Défense. Vendredi, pressé par la droite, comme par la gauche, Fillon a annoncé un débat suivi d'un vote parlementaires pour l'automne, stricte application de la récente réforme des institutions.


Le malaise était encore davantage perceptible, jeudi 21 août, lors des funérailles des 10 soldats tués. Nicolas Sarkozy a fini par rater son hommage en y consacrant une bonne partie de son discours à une justification de l'intervention française et, pire, à y glisser un peu d'auto-compassion: «Jamais à un tel point je n’ai mesuré ce que peut être la solitude d’un chef de l’Etat face aux décisions qu’il doit assumer».


Fillon a le sang-froid face à la récession

En métropole, l'INSEE a pourri les derniers jours de vacances du gouvernement : l'institut avait confirmé que le PIB a baissé au second trimestre. Cette semaine, on a appris que les créations d'emplois salariés en France ont également baissé au deuxième trimestre 2008. C'est la première fois depuis 5 ans. Comme le notait un analyste, cette fois-ci, tous les indicateurs sont mauvais: production industrielle, inflation, créations d'emplois, croissance.


Lundi, le gouvernement a répliqué avec "sang-froid." Il préfère les "réformes de structure". Est-ce un autre terme pour désigner un futur plan de rigueur ? Fillon a refusé toute relance. C'est normal. "Il n'y a plus d'argent dans les caisses." Mais qui va trinquer ? Le gouvernement est coincé.



Le "paquet fiscal" de l'été 2007 n'a pas permis d'éviter la récession; il n'a pas soutenu la consommation; et il a creusé le déficit public (comptes sociaux inclus), en supprimant des ressources fiscales et sociales sur des revenus (les heures supplémentaires, les intérêts d'emprunt immobilier, le déblocage anticipé de la participation, etc), sans fournir d'alternative de financement. Christine Lagarde affirme le contraire : sans aucune preuve, "le gouvernement estime que l'impact de la loi sur l'ensemble de l'économie française, c'est environ 0,3% (de croissance supplémentaire) en 2008 et en 2009". Et Mme Lagarde chiffre elle-même le coût fiscal de sa loi: "Pour l'année 2008, nous considérons que cette loi va apporter aux Français 7,7 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire", a-t-elle déclaré. Avec la loi de modernisation de l'économie qui vient tout juste d'être votée (le 23 juillet), le gouvernement n'a aujourd'hui aucun plan de relance à lancer, ni plus aucune marge de manoeuvre. Sarkozy l'annonçait lui-même en janvier dernier : "les caisses sont vides."

En fait, les estimations s'affrontent : la défiscalisation des heures supplémentaires a d'abord créé un effet d'aubaine (des heures sup non déclarées le deviennent puisque l'Etat paye l'essentiel du surcoût !). Pire, les ménages français n'ont ressenti aucune amélioration de leur pouvoir d'achat puisqu'on leur reprenait d'une main ce qu'on leur donnait de l'autre : les prix de l'énergie, qu'elle soit publique (EDF) ou récemment privatisée (Gaz de France), qu'elle soit nucléaire ou gazière, augmentent trop fortement et trop fréquemment; le coût de la santé à charge des assurés ne cessent de progresser (avec les nouvelles franchises médicales depuis janvier; le déremboursement des frais d'optique; et la taxation des mutuelles pour financer le trou de la Sécu). On polémique sur le coût de la rentrée scolaire et la nouvelle modulation de l'allocation aux familles. Le panier de fruits et légumes devient un luxe en Sarkofrance. Même le crédit à la consommation a amorcé une nouvelle hausse au second trimestre.


Autant rester stoïque. Face à la crise, les seules mesures qui ont transpiré ici ou là étaient donc de vieilles annonces des mois précédents, plutôt immédiatement favorables aux entreprises qu'aux ménages: suppression de l'imposition forfaitaire annuelle (coût pour l'Etat : 1,6 milliards d'euros), réforme de la taxe professionnelle, création d'une contribution transport, extension du malus écologique. Pour le reste, il faut faire le dos rond, et attendre que l'orage de la récession passe... Le gouvernement allume déjà ses contre-feux pour une rentrée chargée : Nadine Morano et Rama Yade ont lancé la réforme de l'adoption (qui sera contre ?), avec la création d'une autorité centrale et un assouplissement des procédures; Valérie Pécresse étend les aides sociales universitaires à 50.000 nouveaux bénéficiaires (c'est déjà ça), et Luc Chatel nous a expliqué jeudi que la relance a déjà eu lieu ... il y a un an.

Pourquoi s'inquiéter ?







Post-Scriptum à l'attention de mes critiques : je ne suis pas journaliste, mais simple blogueur.


(*) Hasard du calendrier, Michèle Alliot-Marie a présenté ce jeudi le rattachement de la Gendarmerie au Ministère de l'Intérieur.

La monarchie sarkozyenne, vue par LE POINT

Extrait du POINT, édition du 21 août.
Sans commentaires.

"C'était le 14 juillet 2008. Ou était-ce en 1648 ? C'était à l'Elysée. On aurait dit Versailles. Ce jour-là, « M. et Mme Nicolas Sarkozy » reçoivent. De beaux esprits mondains arrivent en nombre, qui, après cette réception, pourront mourir en paix. Ils sont parés de costumes flamboyants et de robes entre mauvais goût et élégance rive gauche. « Les dames excellaient en pierreries et autant qu'elles purent en beauté ; les autres en broderie, rubans et bonne mine, chacun selon l'étendue de ses forces et de la libéralité de la nature. » Ainsi, en son temps, l'écrivain Jean-Louis Guez de Balzac décrivait-il la pompe des courtisans. Nous y sommes.

Il est presque 13 heures. Dans le jardin de l'Elysée, on festoie, lève son verre. On se reluque. On guette les visages connus, les célébrités. « Oooooh, il est beau comme un dieu ! » : une dame vient de poser une main sur la joue de Jean Sarkozy.

L'orchestre de la Garde républicaine joue des airs populaires. On croise des personnes circulant en fauteuil roulant, d'autres avançant sur des béquilles : les victimes sont à l'honneur en cette deuxième garden-party de la présidence Sarkozy. Des railleurs, entre eux : « On vient de croiser Patrick de Carolis [le PDG de France Télévisions], on peut le compter parmi les victimes ! Ah, ah, ah... » Ils auraient pu rire autant de Patrick Devedjian, lui que le président ne cite plus, lui qui s'est fait damer le pion par la petite Rachida, devenue ministre de la Justice « à sa place », lui qui parle le sarkozysme sans accent et qui a toujours eu la reconnaissance du ventre... Lui, lui, lui qui n'est pas aujourd'hui dans le salon des Ambassadeurs et marche le dos voûté, tel un héros maudit de la mythologie grecque. Le salon des Ambassadeurs est la pièce centrale, côté jardin, du Château. Y accèdent uniquement ceux qui ont un petit point rouge sur leur carton d'invitation. Soit une centaine de personnes sur les 8 000 conviées ce jour-là.

C'était le 14 juillet 2008. Dans le salon des Ambassadeurs, les « choses de la cour » se jouaient à huis clos. Comme jadis à Versailles, entre les pilastres du salon d'Hercule, quand Louis XIV reçevait. Etienne Mougeotte, Jean-Pierre Elkabbach et Catherine Nay se disent maintes choses à voix basse. Non loin d'eux, deux hommes assis dans un recoin de la pièce, telles deux divinités tutélaires, ont l'air las devant tant de magnificence : ils s'appellent Charles Pasqua et Serge Dassault. Les VIP se bousculent, se reconnaissent puis s'enlacent et s'embrassent. Que peuvent-ils donc bien se dire ? Henri Guaino et Régine, Claude Guéant et Claudia Cardinale, Alain Minc et David Douillet, Rachida Dati et André Glucksmann. Magie de l'Elysée... La famille Dati est au grand complet. Michel Rocard et Elisabeth Guigou, seuls socialistes présents-Jack Lang était bien là, mais dehors...-, se présentent conjointe et conjoint. Pierre Charon, le conseiller du président, ne cesse de dire combien Carla est merveilleuse. L'abbé de La Morandais pose la main sur la tête d'un enfant, un des fils de Brice Hortefeux, et lui murmure à l'oreille quelques « bondieuseries ».

Soudain, une porte s'ouvre. C'est lui, Nicolas Sarkozy, tout en majesté. Ses chaussures luisent. Sa maquilleuse finit de lui repoudrer le nez. Carla est là. Dire qu'elle est belle va de soi. « Tu as vu ma mère ? » demande-t-elle à son amie Farida Khelfa. Elle prend la pose, Carla, pour les amis de la famille, la famille des amis. Le président, lui, s'en va directement saluer Ingrid Betancourt. A leur gauche, Simone Veil et Hélène Carrère d'Encausse. « Elle, c'est une immortelle », lance Sarkozy à Betancourt, en agitant son index en direction de la secrétaire perpétuelle de l'Académie française. Sarkozy a plaisanté ? On a bien sûr rigolé !


La suite de l'article (croustillant) est à lire ici.

Le piège afghan, vu par les journaux télévisés

22 août 2008

L'hommage raté de Sarkozy aux soldats français tués en Afghanistan


Sarkozy lors de l'hommage aux soldats tués en Afghanistan
par la-croix

Les funérailles des 10 soldats français tués au combat en début de semaine ont eu lieu ce jeudi 21 août, en présence du chef de l'Etat et des caméras de télévision.

"Aujourd'hui, l'émotion étreint chaque Français.
Aujourd'hui, c'est le temps du recueillement."

"La mort vous a fauché dans la fleur de l'âge, le 18 août, à l'Est de Kaboul."


Commentaires:

1. On saluera l'hommage aux soldats. C'est la moindre des choses. Sarkozy avait raison d'apporter le soutien moral, matériel et affectif aux proches des soldats.

2. On regrettera, comme hier pour d'autres évènements plus heureux, l'omniprésence filmée du Président de la République, à l'affut de chaque opération de communication. Il a tort de faire filmer son émotion comme à chaque fois.

3. On détestera la récupération sordide, au détour d'une phrase du discours : "Vous avez été pris sous le feu nourri de terroristes talibans qui vous avaient tendu une embuscade." Fallait-il en rajouter sur le registre du "méchant ennemi fourbe". On détestera aussi la suite : "Nous sommes en Afghanistan depuis 2001 dans le cadre d'un mandat de la communauté internationale." Et le voici qui justifie, dans un discours d'hommage, lors de funérailles, la pousuite de l'intervention française. Sarkozy se permet même d'un peu de autocompassion:

"Je veux dire devant vos familles qu'à ce moment précis où je vous parle, jamais à quel point je n'ai mesuré ce que peut être la solitude d'un chef de l'Etat face aux décisions qu'il doit assumer."

Vous avez bien lu.

Fallait-il ainsi instrumentaliser une cérémonie privée, habituellement dédiée au recueillement des proches, au service d'une diplomatie hésitante ?

Après le Travail, et la Patrie, parlons Famille en Sarkofrance (*)

Lundi, François Fillon et une partie de son gouvernement se sont penchés sur la récession qui menace la France.

Mardi et mercredi, Nicolas Sarkozy s'est dépêché en Afghanistan apporter réconfort et soutien aux soldats français attaqués par les Talibans, après le décès de 10 d'entre eux. Jeudi après-midi, il s'est affiché à leurs funérailles.

Jeudi, le gouvernement retrouvait son Président et devait discuter adoption et politique familiale. Le projet de loi n'a finalement pas été présenté par Nadine Morano et Rama Yade, à cause du contexte international chargé. Les deux secrétaires d'Etat avait pourtant multiplié les déclarations médiatiques sur le sujet ces dernières heures : leur projet reprend l'une des propositions phare du rapport de Jean-Marie Colombani : traiter, en même temps, de l'adoption internationale et de l'adoption nationale, avec la création d'une "autorité centrale de l'adoption" pour coordonner l'action des différents réseaux à l'international. Mme Morano veut aussi favoriser l'adoption des enfants abandonnés, en multipliant les voies de déclaration de délaissement : "les travailleurs sociaux seuls chargés de saisir le tribunal de grande instance quand ils constatent une situation de désintérêt manifeste devront ainsi se positionner sur la question de l'abandon dans les rapports annuels sur la situation des enfants dont ils ont la charge." (source)

"Nous avons choisi de mieux coordonner l'ensemble de nos services consacrés à l'adoption", a affirmé sur France 2 Mme Morano, qui devait présenter jeudi un plan sur ce thème avec la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, Rama Yade.

Interrogée sur le nombre d'adoptions visé, Nadine Morano n'a pas donné de chiffres, indiquant que "l'objectif, c'est l'augmentation du nombre d'adoptions", qui s'est élevé à 3.162 en 2007 (contre plus de 4.000 en 2005), alors que quelque 30.000 familles disposent d'un agrément pour adopter."Nous réformerons d'une part nos dispositifs au niveau international (...) et nous réformerons aussi au niveau interministériel en France", a-t-elle indiqué.

En France, elle a réaffirmé son intention de réformer la procédure d'agrément des familles, les autorisant à adopter, jugeant que le dispositif actuel ne permettait pas d'avoir "une vraie visibilité des agréments qui sont en cours" (source: AFP)


Par ailleurs, la secrétaire d'Etat à la Famille a expliqué jeudi sur France 2 qu'elle voulait relancer la fécondité des Français, en améliorant les dispositifs d'accueil de la petite enfance. Selon k'INSEE, le taux de fécondité a atteint 2,0 enfants par femme en 2006, soit son plus haut niveau depuis 30 ans, "faisant de la France le pays le plus fécond de l'Union européenne avec l'Irlande."

"Bien sûr que nous pouvons faire mieux", a dit Nadine Morano sur France 2.
La secrétaire d'Etat a rappelé que "l'engagement du président de la République
c'est, à la fin du quinquennat, d'avoir développé 350.000 offres de garde
supplémentaires" (source).

(*) Que mes lecteurs pardonnent la provocation manifeste que représente le titre de ce billet.

21 août 2008

"Actualité internationale chargée"

L'actualité internationale peut détourner l'attention publique des difficultés intérieures. Malheureusement, à l'échelle de la France, elle se maîtrise mal faut de poids politique suffisant sur la scène internationale.

L'armée chinoise aurait tiré sur la foule au Tibet. La France n'a pas réagi à ces accusations du Dalaï Lama.

L'ambassadeur de France et Géorgiea été "bloqué pendant quelques heures" à un point de contrôle des soldats russes jeudi matin près de la ville de Gori, a indiqué le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères à Paris, Frédéric Desagneaux. Malgré la communication conjointe franco-russe de mercredi, les tensions restent fortes sur place.

Après l'Ossétie, voici l'Abkhazie, une autre province séparatiste géorgienne, qui demande son indépendance à la Russie...

Le gouvernement finlandais n'a pas confiance dans les tests de sureté nucléaire réalisé sur le chantier de son EPR.

Géorgie, Afghanistan : Sarkozy monte au front

En Géorgie ou en Afghanistan, on ne nous dit pas tout.

Après son plaidoyer lundi, Nicolas Sarkozy a publié un communiqué commun avec le Président Medvedev mardi 19 août dans la soirée, confirmant le retrait tant attendu des troupes russes du territoire géorgien. Il est possible que ce communiqué ne rassure pas les Géorgiens. En premier lieu, les Russes maintiendront 500 soldats sur place pour "la mise en œuvre des mesures additionnelles de sécurité." En second lieu, par ce communiqué, les deux présidents confirme ... qu'il n'y a pas d'accord sur le nombre d'observateurs de l'OSCE avec la Russie ! Medvedev a accepté le principe de leur présence, mais pas leur nombre...

"Comme ils en étaient convenus, le Président de la République française Nicolas SARKOZY, Président en exercice du Conseil de l’Union européenne, et le Président de la Fédération de Russie Dimitri MEDVEDEV ont eu ce jour une conversation téléphonique.

Les deux chefs d'Etat sont convenus de l’urgente nécessité de pleinement mettre en œuvre l’accord de cessez-le-feu en six points, conclu le 12 août à Moscou.

Le Président MEDVEDEV a annoncé au Président SARKOZY que le retrait des troupes russes sera achevé les 21 et 22 août, à l’exception d’un effectif de 500 personnels chargés de la mise en œuvre des mesures additionnelles de sécurité prévues par l’article 5 de l’accord du 12 août.

Le Président MEDVEDEV a par ailleurs confirmé son accord à la présence d’observateurs de l’OSCE qui coopèreront avec les patrouilles dans la zone temporaire de sécurité.

Le Président de la République française a indiqué son souhait que le nombre des observateurs de l’OSCE puisse être rapidement augmenté et a confirmé l’envoi d’observateurs français dans le cadre de cette mission."

Nicolas Sarkozy est arrivé en Afghanistan mercredi 20 août pour rassurer, consoler et soutenir les soldats français présents sur place, après la mort de 10 d'entre eux.
"La meilleure façon d'être fidèles à vos camarades c'est de continuer, c'est de relever la tête, c'est d'agir en professionnels" (...) "Je tenais à vous dire que le travail que vous faites ici, il est indispensable (...). Pourquoi on est ici ? Parce qu'ici se joue une partie de la liberté du monde. Ici se mène le combat contre le terrorisme. Nous sommes ici non pas contre les Afghans, mais avec les Afghans, pour ne pas les laisser seuls face à la barbarie".
"Je n'ai pas de doute, il faut être là. Moi aussi, j'étais sous le choc (...), mais je vous dis en conscience que si c'était à refaire, je le referais. Pas la patrouille et l'enchaînement des événements, mais le choix qui m'a amené à confirmer le choix de mes prédécesseurs d'envoyer l'armée française ici"
Le même jour, on en apprenait davantage des circonstances de ce drame : des soldats blessés ont témoigné de la lenteur de la réaction du commandement (pendant près de quatre heures sans renfort") et, pire, les soldats français ont été la cible ... de tirs imprécis des avions de l'OTAN !

Les frappes aériennes de l'OTAN censées permettre aux soldats assaillis de sortir du guet-apens ont par ailleurs, selon les blessés, raté leur cible et touché des soldats français, de même que des tirs venant des soldats afghans positionnés en aval. Les communications radio ont par ailleurs été coupées avec les unités du Régiment du marche du Tchad, créant une grande frustration parmi les soldats coincés au col.

Commentaire : certains réclament un débat sur les finalités de cette intervention, voire un retrait pur et simple des forces françaises. Cette participation de la France à une opération de l'OTAN a été décidée ... en 2001, après les attentats du 11 septembre. La situation n'a-t-elle pas évoluée en 7 ans ? Sinon, ne faut-il pas a minima sur l'efficacité de cette présence militaire ? deux questions qu'il aurait été utile de se poser avant de renforcer le contingent français. L'OTAN est tenue en échec, comme l'explique très bien cet article du MONDE.

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