30 septembre 2008

+41 300 chômeurs: merci qui ?



La nouvelle avait fuité depuis jeudi dernier. Laurent Wauquiez puis Christine Lagarde avaient tenté de préparer les esprits: "entre 30 et 40 000 chômeurs de plus", puis "autour de 40 000 chômeurs de plus" avaient-ils annoncé ces 3 derniers jours. Le chiffre est tombé : + 41 300 demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE en août, dans la catégorie 1 ("personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé" - on n'ose imaginer le chiffre réel).

Cette dégradation n'est pas dûe à la crise boursière et bancaire américaine de ces dernières semaines. L'impact de cette dernière nous parviendra plus tard dans l'année, d'autant plus si les parlementaires républicains américains persistent à refuser le plan de sauvetage de leur président. "Derniers jours la récession" prédit Bernard Maris pour Marianne. Le "krach" des bourses européennes ce lundi a peu à voir avec ces mauvaises nouvelles. La hausse d'août est la quatrième consécutive depuis mai. Le "secrétaire" d'Etat à l'emploi a déploré lundi 29 septembre que "les entrées en formation des demandeurs d'emploi n'ont pas été à la hauteur de ce qu'on attendait sur le mois d'août". Autrement dit, le gouvernement n'a pas réussi à sortir suffisamment de chômeurs des statistiques. Mince !
"La dégradation très nette de l'intérim a été le premier facteur d'augmentation" du chômage, a-t-il aussi estimé.
Cette dégradation est l'échec des 500 jours de la Présidence Sarkozy: la défiscalisation des heures supplémentaires a grevé le budget de l'Etat et découragé les recrutements nouveaux. les emplois précaires ont été les premiers à disparaître. Et le paquet fiscal n'a pas relancé le pouvoir d'achat.
"on nous a un peu enfumés"
François Chérèque, lundi 29 septembre.
Cette dégradation de l'emploi a fuité dès jeudi, au grand damn du gouvernement qui a diligenté une enquête interne. Nicolas Sarkozy voulait maîtriser la gestion de l'annonce. Il a mal apprécié que Rue89 puis LE PARISIEN dévoilent l'affaire.

Ces mauvaises nouvelles n'ont pas découragé le gouvernement : il va s'attaquer aux "niches sociales" en créant une taxe spéciale pour financer la Sécu, de 2 % (400 millions d'euros) sur les versements des entreprises pour l'intéressement, la participation, l'abondement des plans d'épargne et de retraite. Les fraudeurs à la Carte Vitale seront eux punis d'une peine plancher de 270 euros.

"Nous allons mettre en place des sanctions financières plancher", a confirmé le ministre, qui a détaillé une annonce faire par Nicolas Sarkozy le 18 septembre.

"Un professionnel de santé qui prescrirait sans vraiment de raison se verrait d'emblée infliger une sanction de 1.350 euros", a détaillé Eric Woerth. Pour un assuré coupable d'une fraude à la carte Vitale, la sanction sera d'environ 270 euros. Ces sanctions seront décidées directement par la caisse d'assurance-maladie concernée "en cas de fraude manifeste".

Ces pénalités seront proportionnées à l'ampleur de la fraude, dans la limite de 5.500 euros pour les particuliers et du double de la fraude pour les autres. Elles seront plus lourdes en cas de fraude en bande organisée, a précisé le ministre.

Selon Bercy, 180.000 fraudes ont été détectées en 2007, mais seulement 200 ont fait l'objet de sanctions financières (source).

Laquais de Sarkofrance: Laurence de Charette

Laurence de Charette écrit au Figaro. Il y a quelques jours, elles s'exprimait ainsi, à propos de l'enfermement à vie des "criminels dangereux" après leur peine de prison. Notez la mesure et l'objectivité de ses propos:
"L'hébergement de ces grands prédateurs, pour l'essentiel des violeurs en série auteurs de crimes barbares, constitue un défi en terme de sécurité et de suivi médical."
Laurence de Charette fait partie de l'association confraternelle de la presse judiciaire. Quand elle parle de justice, elle sait de quoi elle parle. C'est sa spécialité au Figaro. Elle semble aussi proche de Rachida Dati. Le Figaro l'a envoyée suivre la ministre lors de sa visite au Proche Orient.

En mars 2005, Laurence de Charette interrogeait Thibaud Collin, auteur d'un livre contre le mariage gay. Pourquoi lui ?

En 2004, elle a co-écrit un ouvrage à charge sur le financement de la CGT et du PCF par EDF.
"Tout s'est passé comme si les oeuvres sociales d'EDF et de GDF (400 millions d'euros) appartenaient en propre à la fédération CGT de l'énergie, qui pouvait en disposer ainsi qu'elle le voulait. Par exemple, pour financer une partie de la Fête de l'Huma ou encore pour payer les services de sociétés au mieux avec la CGT ou le PC sans bénéficier pour autant des meilleurs tarifs. A cela, une seule explication: l'achat de la paix sociale à travers la CGT, le syndicat majoritaire. Dès lors, vouloir y mettre la main était à très haut risque: lors de la préparation du changement de statut des entreprises nationales, Nicolas Sarkozy a lui aussi réaffirmé qu'il n'était pas question de toucher au 1%." (Source)

Conseil des Ministres: compte rendu de Luc Chatel



29 septembre 2008

La crise financière masque l'échec de Sarkozy

Comme un écho à notre chronique hebdomadaire de la semaine dernière, un récent sondage souligne le manque de crédibilité du président en matière financière : "D'après un sondage CSA publié dimanche dans «Le Parisien - Aujourd'hui en France», 51% des Français ne font pas confiance à Nicolas Sarkozy pour «réduire l'impact de la crise financière en France» (contre 47%)"

Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, était l'invité de France Inter, le même dimanche. Il s'est fait le porte-parole du nouveau discours de rentrée du gouvernement Sarkozy: la mauvaise situation de la France à l'automne 2007 due à la crise financière

actuelle. Si le nombre de demandeurs d'emplois a crû de 40 000 personnes en août dernier, la plus forte hausse mensuelle depuis 15 ans, ce serait à cause de la crise financière de l'été.
Interrogé sur les mauvais chiffres des chômeurs en catégorie 1 attendus lundi, il a estimé qu'il était "clair que c'est lié à la crise". La France "ne peut pas être un îlot qui surnage parmi une tempête planétaire", a-t-il philosophé.
La défiscalisation des heures supplémentaires, qui fêtera sa première bougie d'entrée en application le 1er octobre, n'a servi ... à rien. Même la ministre de l'Economie convient à demi-mot qu'elle n'est pas sûre de l'efficacité des différentes mesures gouvernementales depuis 18 mois. "Je veux faire le point avec tous les acteurs du service public de l'emploi (...) et voir si tous les moyens que nous avons mis en oeuvre pour les plus jeunes et les seniors fonctionnent" a-t-elle expliqué dimanche.

Les augmentations précédentes du chômage en mai, juin et juillet (respectivement de 0,3%, 0,2% et 0,1%) avaient marqué la fin d'un cycle à la baisse et ramené juste au-dessus de 1,9 million le chiffre des chômeurs, mais celle d'août serait de l'ordre de 2%, ce qui marque un changement d'orientation.

Ce bond pourrait s'expliquer en grande partie par la perte d'emplois dans le secteur du travail intérimaire, "variable d'ajustement" traditionnelle des entreprises en difficulté (source).

Selon des chiffres déjà publiés le 11 septembre, 48.500 emplois ont été perdus dans l'intérim au second trimestre (contre 12.100 créés au premier trimestre).

C'est la règle, selon Sarkozy

Simple et efficace, comme toujours chez Politistution.


Le premier centre d'enfermement à vie est prêt

Il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy et Rachida Dati suscitaient la polémique avec leur plan d'enfermement à vie des criminels dangereux. Saisi, le Conseil Constitutionnel avait validé la loi, en y apportant quelques modifications. La loi sur la rétention de surêté a été tout de même publiée au Journal Officiel le 26 février dernier. Ainsi, la France étendait son arsenal répressif. Il suffit, en Sarkofrance, d'être "dangereux", et pas seulement coupable, pour être emprisonné.

Enfermé à vie.
Le premier centre de rétention a ouvert à Fresne. Il est prêt à accueillir 49 personnes qualifiées de "criminels dangereux" qui vont être libérés après avoir purgé leur peine de prison. Juridiquement, ces personnes sont libres. Elles ont purgé leur peine. Elles risquent néanmoins d'être enfermées à vie. Elles satisfont en effet les deux critères définis par la loi Dati: elles ont été condamnées à plus de quinze ans d'emprisonnement; elles ont enfreint les obligations qui leur ont été imposées à leur sortie de prison, (port d'un bracelet électronique, obligation de soin…). Elles seront donc évaluées par une commission qui décidera de les "retenir", si elles sont jugées dangereuses.

Question de vocabulaire
On ne parle pas d'emprisonnement, mais de "rétention". Le nouveau centre veut se distinguer des prisons: il comprend une dizaine de «studios» (à ne pas confondre avec des cellules). Le centre a également des salles de soins et une salle commune d'activité. Il est aussi prévu d'installer à terme des «unités de vie familiale», des petits appartements sécurisés à l'intérieur de l'enceinte pénitentiaire "dans lesquels les personnes privées de liberté peuvent passer de quelques heures à trois jours".

Lire aussi:

28 septembre 2008

73ème semaine de Sarkofrance: Sarko se chiraquise


En début de semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est réfugié à New York. Attaqué depuis 8 jours sur son silence au beau milieu de la plus grave crise boursière que le monde ait connue depuis 1929, le président français a profité de sa visite américaine pour "prendre de la hauteur." Puis, de retour en France, il a prononcé son fameux "discours de Toulon", avant d'achever ses promesses de croissance et d'équilibre des comptes le lendemain en Conseil des Ministres.

Président paralysé
Nicolas Sarkozy n'y connaît pas grand chose en économie. Le tsunami financier qui a frappé l'Amérique puis les places européennes l'a surpris. Il y a à peine deux ans, il déclarait: " il faut créer les conditions fiscales favorables pour le développement de fonds de pension français." Il ne mesurait pas la complexité et la volatilité imprudente du système boursier international.
Ces derniers jours, les "proches du Président" ont laissé filtrer qu'il réfléchissait à sa riposte médiatique. Il a fait venir à New York François Pérol, son secrétaire général adjoint pour l'aider. Un signe de fébrilité ou de solitude ? Là-bas, il a énoncé 3 platitudes : (1) "la crise, c'est mal" (2) "les responsables doivent être punis", et (3) il faut un sommet. "Un monde nouveau est en train de naître à travers tous les succès mais aussi toutes les crises qui secouent la planète" a-t-il ainsi déclaré mardi, entre deux cérémonies et un peu de shopping avec Carla Bruni. Mercredi, il a réuni ses proches collaborateurs et d'autres encore, pour continuer de préparer son discours au Zénith de Toulon, le lendemain: Claude Guéant, François Pérol, Henri Guaino, mais aussi des économistes et des chefs d’entreprise comme Jean-Philippe Cotis (Insee), Henri de Castries (Axa), Jean-Paul Fitoussi (OFCE), Michel Didier (Rexecode) étaient au chevet du Monarque pour l'aider à penser.

L'impasse économique
Nicolas Sarkozy n'a plus de choix. Il a grillé ses cartouches dans les premiers mois de son mandat, pour très peu d'effet. Alors que la crise des subprimes éclatait, le gouvernement français a fait l'autruche, refusant de voir le danger. Toutes les menaces extérieures étaient prévisibles: la flambée des cours du pétrole et des matières premières, la crise financière américaine, le ralentissement du marché immobilier ne sont pas apparus soudainement un jour de janvier 2008.

Le paquet fiscal de juillet 2007 coûte environ 10 à 15 milliards d'euros par an aux comptes publics. Un argent public dépensé en pure perte, qui n'a pas été remis en cause, alors que la situation se détériorait. On appelle cela ni plus ni moins du gaspillage. La croissance du PIB a ralenti dès le dernier trimestre de 2007 (+0,4% contre +0,6 à 0,7% les trois trimestres précédents); l'inflation, sur 12 mois glissants, a dérapé mois après mois de +1,2% en janvier 2007 à +3,2% en août 2008; le pouvoir d'achat s'est tassé début 2008, pour diminuer au trimestre suivant (-0,6%); les créations d'emploi salarié ont fortement ralenti (+0,7% au premier trimestre 2007, puis +0,4% le reste de l'année, pour régresser à -0,1% au second trimestre 2008); le chômage "officiel" a augmenté de 30 à 40 000 personnes en août 2008, d'après Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, une hausse mensuelle jamais vue depuis 1993. Les derniers indices du moral des industriels, au plus bas depuis juillet 2003, révèlent que la France, comme le reste de l'Europe, entre en récession.

Vendredi 26 septembre, le gouvernement a acté que la croissance serait faible en 2009 (à peine 1%); que le déficit public s'établirait à 2,7% du PIB et non 2,5%; que la France renonçait à sa promesse européenne d'équilibre budgétaire en 2012; et que la dette publique grimperait à 66% du PIB l'an prochain. «Nous sommes vigilants, raisonnables et réalistes» ont expliqué Christine Lagarde et Eric Woerth.

La messe est dite.

"Le Discours de Toulon"
Jeudi 25 septembre, le président avait rassemblé un oratoire de 4000 fidèles au Zénith de Toulon. L'affichette un peu ridicule devant son pupitre mentionnait sombrement: "Discours de Toulon." On s'attendait donc à de grandes annonces. Dans l'impasse économique et sociale la plus totale, Nicolas Sarkozy n'a pu que surjouer son rôle de Président "responsable mais pas coupable": il a accusé la finance mondiale imprudente, pour mieux éviter de parler de la situation du pays. L'Etranger, banquier cette fois-ci, voilà l'ennemi.
Procureur des dérives du système boursier "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché", il s'est auto-proclamé Sauveur du Capitalisme. "la crise que nous connaissons n'est pas celle du capitalisme."
In fine, les annonces concrètes ont été rares : garantie de l'État pour l'épargne des particuliers (c'est indéniablement essentiel), réduction du nombre de fonctionnaires (une promesse de campagne), et moralisation de la vie financière. Ce dernier point est curieux à double titre : primo, parce que Sarkozy le répète depuis des lustres sans jamais le mettre en œuvre (il a tout de même été ministre des finances en 2004...); secundo parce que Sarkozy a été d'une extrême indulgence avec le président de la Société Générale, Daniel Bouton, en janvier dernier, pendant l'affaire Kerviel qui cachait déjà 2 milliards d'euros de pertes dues aux subprimes.

Cafouillage intérieur
Les hésitations et incohérences du gouvernement et de la majorité présidentielle paraissent dérisoires, face à ces difficultés. EDVIGE a fini par être remplacée par EDVIRSP (le nouveau projet autorise toujours la possibilité exceptionnelle de ficher, à l'exception des informations relatives à la santé ou l'orientation sexuelle), La fiscalité verte ne verra pas le jour de sitôt, et Jean-Louis Borloo se tait. L'UMP s'est gentiment déchirée autour de la Présidence du Sénat. L'Assemblée Nationale a fini par voter favorablement le renforcement de l'engagement militaire français en Afghanistan. Et l'UMP a attaqué violemment le financement du RSA lors de sa présentation à l'Assemblée cette semaine.

Un président paralysé et à court d'idées moins de 18 mois après son élection, une majorité rebelle, un contexte économique effroyable, cela ne vous rappelle rien ?

Sarkozy semble tel un chasseur qui a tiré toutes ses cartouches avant que l'ours n'apparaisse vraiment. Il ne lui reste plus qu'à fuir.

Pendant encore 3 ans et demi.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

27 septembre 2008

Les décrets de Sarkofrance

L'affaire EDVIGE devrait servir de leçon à tous les Vigilants. L'enfer est souvent dans le détail, ou plutôt le décret. Trois exemples de décisions cachées

1. Edvige, une décision présidentielle devenue décret
Nicolas Sarkozy a largement communiqué, au premier semestre, sur le besoin de réformer la Défense nationale aau profit des services de renseignement. Il a été moins disert sur la centralisation de ces mêmes services sous son autorité. Il a enfin complètement oublié de nous causer du décret Edvige, publié le 1er jour de juillet...

2. Offre raisonnable d'emploi, de la loi au décret.
Mardi 16 septembre, un projet de décret sera soumis aux membres du Conseil supérieur de l'emploi. Il concerne les modalités d'application de la fameuse "offre raisonnable d'emploi". Le ministère de l'économie précise qu'il "porte à deux mois la durée de radiation des demandeurs qui ont refusé deux offres raisonnables d'emploi, contre quinze jours actuellement en cas de refus d'emploi".
La démarche d'emploi reste assez proche des règles d'antan: le demandeur d'emploi doit organiser, avec le conseiller du futur service de l'emploi (né de la fusion ANPE-Assedic), un "projet personnalisé d'accompagnement vers l'emploi" (PPAE). Il y définit le profil de l'emploi recherché. Mais les règles changent ensuite, sans tenir compte de sa durée de cotisation à l'assurance chômage...
Au bout de trois mois, s'il n'a pas trouvé de travail, il doit accepter une offre rémunérée à 95 % de son ancien salaire, pourcentage qui diminue à 85 % au bout de six mois. Après un an de chômage, l'emploi proposé sera "acceptable" s'il est rémunéré "au moins à hauteur du revenu de remplacement", soit l'allocation chômage, ou le revenu minimum d'insertion (RMI) ou encore l'allocation de solidarité spécifique (ASS). Au bout de six mois, le chômeur devra aussi accepter de s'éloigner de son domicile à une "distance d'au plus trente kilomètres ou une durée maximale d'une heure". (source)
3. Taire les conditions de rétention de sans-papier, un décret du mois d'août
Le 22 août dernier, Brice Hortefeux a signé un décret qui redéfinit les conditions d'agrément d'associations humanitaires dans les centres de rétention administrative. Dans la foulée, il peut publier, le 28, un appel d'offre qui remet en cause l'activité de la CIMADE.

26 septembre 2008

Sarkozy à Toulon: gaucho, prophète ou paralysé ?


Le président a donc parlé. Jeudi 25 septembre, ce fut le "discours de Toulon", comme l'indiquait l'affichette fixée sur le fronton de l'estrade présidentielle. Près de 4.000 personnes --élus, responsables socio-économiques ou militants UMP-- et quelques ministres et secrétaires d'Etat étaient là. Sarkozy était tendu, il se voulait peut-être solennel.

Sarkozy se défausse
Les responsables sont ailleurs. Oubliant la crise du pouvoir d'achat, l'inflation nationale, les fragilités sociales aggravées, Sarkozy botte en touche. Il accuse la bourse, et la "peur".
"Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons. Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale." "Comme partout dans le monde, les Français ont peur (...). La peur est la principale menace pour l'économie."

"Sarko le gaucho"
Pour certains, il a gauchisé son discours. Effectivement, il désigne, dès le début de son discours, les responsables: la Bourse, les fonds de pension, l'inflation mondiale; il espère que "les responsables de ce naufrage" seront sanctionnés, "au moins financièrement".
"Le marché tout puissant, c'est fini."
En fait, le discours a enfoncé des portes ouvertes, de droite comme de gauche; le président a eu vite fait de voler au secours du système : "la crise que nous connaissons n'est pas celle du capitalisme." Selon lui, c'est l'échec d'un système qui s'est éloigné des valeurs du capitalisme, un système "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché" (nouveau concept tiré de "l'économie expliquée aux Nuls" ?).

Le monarque semble craindre pour la victoire du communisme mondial : "Renouer avec le collectivisme (...) serait une erreur historique." Mais qui a parlé de collectiviser l'économie mondiale ou française ? Pour lui, cette crise doit permettre de réformer le capitalisme, sur la base de l'éthique, de l'effort et du travail.

Sarkozy le prophète
"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat"
Tel un prophète, Sarkozy en appelle au courage de chacun: "les Français trouveront la force d'affronter la crise." Il affirme ses convictions : "nous pouvons nous sortir de cette crise, et nous pouvons nous en sortir plus forts si nous acceptons de changer nos manières de penser et nos comportements." Il appelle à accélérer les réformes, mais sans préciser lesquelles: celles qui fragilisent les plus faibles (comme par exemple les franchises médicales ou les sanctions contre les chômeurs) ?

Sarkozy, à court d'idées ?
Les annonces concrètes ont été rares :
- L'Etat se portera garant de l'épargne des particuliers.
- Les parachutes dorés et le mode de rémunération des dirigeants doivent être encadrés, éventuellement par la loi si le système ne se moralise pas lui-même (pas d'action gratuite, pas de bonus indexé autre chose que sur les performances réelles de l'économie; pas de parachutes si des erreurs; les stock options doivent être généralisées à tous). Cette dernière proposition est curieuse : alors que la bourse s'est effondrée, Sarkozy propose que davantage de personnes bénéficient à terme de stock options ...
- la nouvelle taxe sur les revenus de l'épargne instituée pour financer le RSA sera diminuée à fur et à mesure du retour à l'emploi des bénéficiaires.
- la réduction du nombre de fonctionnaires se poursuivra: 30.600 emplois publics seront supprimés en 2009, dans le cadre du non-remplacement d'un agent de l'Etat sur deux partant à la retraite.
- En matière d'environnement, le président a promis de remplacer toutes nos centrales nucléaires et de "développer massivement les programmes de recherche dans les nouvelles sources d'énergie" et "les technologies propres".
- Sarkozy a exclu de nouvelles taxes ni une politique d'austérité: "Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français, non de leur en prendre"

Incapable de faire son bilan, notamment sur l'inefficacité et le coût budgétaire de son paquet fiscal de 2007, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'appeler à une moralisation des affaires et une limitation des taxes.

Premières pistes pour le budget 2009

Aujourd'hui vendredi 26 septembre, le Conseil des ministres étudiera les premières pistes budgétaires pour l'exercice 2009. En quelques mois, les hypothèses économiques se sont largement dégradées, et le cafouillage gouvernemental a été total.

Quel déficit budgétaire pour 2008 ?
Rappelons les hypothèses du budget 2008 : une croissance du PIB de 2,25%, un déficit budgétaire de 42 milliards d'euros. Le gouvernement Sarkozy tablait sur une reprise soutenue de l'activité grâce à ses défiscalisations d'heures supplémentaires. Alors que la crise des subprimes éclatait au beau milieu de l'été, il ne changea pas ses hypothèses. Il fallu attendre le printemps 2008 pour entendre enfin Christine Lagarde se rendre à l'évidence: la croissance en 2008 ne sera pas à la hauteur des espérances présidentielles. Pire, le second trimestre fut frappé par la récession, et la crise boursière laisse prévoir une croissance nulle pour l'année. Les recettes fiscales de l'Etat, largement alimentées par les impôts sur les bénéfices du secteur bancaire et des assurances risquent d'être plus mauvaises que prévues.
Finalement, il est très probable que le déficit budgétaire s'annonce plus proche de 45 milliards d'euros en 2008, soit un dérapage de 3 milliards par rapport aux prévisions.

Quelle croissance pour 2009 ?
L'hypothèse que retiendra le gouvernement pour calculer son budget pour 2009 est aussi une épreuve de vérité. La plupart des économistes tablent pour une croissance molle (0,8%) voire nulle. Sarkozy s'est engagé à réduire le déficit public de la France à 2% du PIB en 2009, alors qu'il frôlera les 3% en 2008. Qui paiera ?
"Normalement, à cette période, les choses sont calées. Là il y a un peu de retard, c'est un budget très, très tendu", confie-t-on au ministère du Budget à une semaine seulement de la présentation du projet de loi de finances (PLF) finalement fixée à vendredi prochain, après plusieurs changements. Le président Nicolas Sarkozy attendra, lui, jeudi pour préciser les orientations économiques de la France en cette période de crise (source AFP)
On sait que le gouvernement cherche à plafonner les niches fiscales, un premier recul depuis le paquet fiscal de l'été 2007. On a aussi appris que Sarkozy a exclu toute "fiscalité verte" sur les produits de grande consommation, afin d'éviter de dégrader un peu plus le pouvoir d'achat.

Laquais de Sarkofrance: Etienne Mougeotte


L'ancien directeur des programmes de TF1 s'est reconverti au Figaro il y a près d'un an, nommé "directeur des rédactions du groupe". Le mouvement tombait à point nommé, juste avant le grand ménage opéré par Nonce Paolini, le nouveau patron de la première chaîne.

Au Figaro, Etienne Mougeotte ne se lâche plus. Editorial après éditorial, semaine après semaine, il applaudit l'action du chef de l'Etat, sans recul ni critique. Avec une objectivité proche d'un éditorialiste de la Pravda sous Brejnev, le direction des rédactions loue chaque faits et gestes du Monarque.

Ainsi, le 14 juillet dernier, lors du sommet de Méditerranée, certains esprits critiques regrettaient la venue de dictateurs tels le président syrien aux cérémonies nationales. Mougeotte n'en a cure. C'est toute la présidence Sarkozy qui doit être célébrée:

"Au total, après un an de présidence, le style et la méthode Sarkozy s'affirment au Moyen-Orient. Ami constant d'Israël et allié loyal des États-Unis, le président a fait de cette double fidélité un atout à l'égard du monde arabe en se portant garant d'une solution équilibrée au conflit et en soutenant la création d'un État palestinien ayant Jérusalem-Est comme capitale.

Quels que soient les rebondissements et les crises inévitables à venir, la réunion du Grand Palais à l'initiative de Nicolas Sarkozy est à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire chaotique du Moyen-Orient". (source)

Le zèle du nouveau directeur ne semble pas avoir de limite, quand il s'agit de défendre une Sarkofrance au plus mal. Eric Dupin, à l'époque chroniqueur indépendant et aujourd'hui rédacteur en chef de Marianne2.fr, racontait au début de l'année comment Etienne Mougeotte caviardait les articles mentionnant la trop forte baisse de popularité du chef de l'Etat.

"Ensemble, tout est possible."

Lire aussi : Etienne Mougeotte, le rebelle de l’info



Budget 2009: Sarkozy pensera-t-il enfin à notre pouvoir d'achat ?

25 septembre 2008

Laquais de Sarkofrance: Paris Match



L'hebdomadaire est capable du meilleur comme du pire. En juillet dernier, il publiait un double article à la gloire du Président. Rappelez-vous ce que nous écrivions le 18 juillet 2008.

Pourquoi Sarkozy veut il un nouvel avion presidentiel ?
Une photo de l'Airbus actuel, lors du recent trajet vers le Japon pour le G8, est ainsi légendée : "l'appareil a du se poser en Siberie pour faire le plein de kérosène. La présidence de la République envisage sérieusement de se doter d'un avion plus puissant."

Notez la précision." La présidence de la République" plutôt que le Président de la République. C'est plus neutre.


Quelques pages plus loin, le titre : "après les enjeux planetaires (du G8), un espoir pour la Mediterranée."

Un titre somme toute "objectif."


Et la photo : "Dans la cour de l'Elysée, Paris enlace la paix revée."

Dans l'article qui suit, on apprend que le President a peaufiné son discours de civilisation."Il se reprend a rêver d'une politique de civilisation - sans la citer. I'll evoque Cordoue, Tanger, Constantine, Alexandrie, des civilisations de diversité."

Paris Match consacre quelques photos et pages a la surprise de ce 14 juillet : l'epouse de Bachir Al Assad. "La culture et la modernite de la jeune femme ont soudain donné un visage humain au pays qui fait peur." L'article ne rappelle pas qu'Assad a promis, 8 ans après son entree en fonction, un debut de réflexion sur la libéralisation du regime pour ... 2009.

Le président face à la crise

Les Français pensent toujours à la crise. Un récent sondage révèle que 62% des sondés jugent mauvaise la politique économique du gouvernement. Au-delà de l'aggravation du contexte général que représente la crise financière internationale, le gouvernement n'a pas trouvé la cohérence nécessaire. Nicolas Sarkozy a pris 15 jours pour préparer son grand discours de rentrée, jeudi 25 septembre.

Sarkozy fait sa rentrée
Jeudi soir, à 18h30, Nicolas Sarkozy espère rassembler 4000 personnes à Toulon pour s'exprimer (enfin) sur son programme politique des mois à venir. Il est accompagné, à Toulon, de François Fillon, Christine Lagarde, Eric Woerth, Luc Chatel, Laurent Wauquiez, et Xavier Bertrand. Peu d'annonces sont attendues. "Les caisses sont vides" et les "réformes" sont derrière nous (paquet fiscal, loi de modernisation de l'économie, etc). En visite honorifique à New York au début de la semaine, le président français s'est déjà prononcé pour des "sanctions" à l'égard des "responsables" du tsunami boursier qui frappe la finance mondiale. Rappelons qu'il avait soutenu le maintien de Daniel Bouton, le patron de la Société Générale, quand celle-ci annonça des pertes de 7 milliards d'euros en début d'année (dont 2 milliards à cause de la même crise des subprimes). Qui est donc "responsable" ?

"Le voyage de M. Sarkozy à New York restera comme une date importante dans son histoire personnelle, celle où il est devenu le roi de la régulation de l'économie, quand à Paris il reste le chantre de la dérégulation et de l'ouverture irréfléchie des marchés", pointait de son côté Julien Dray mercredi. Et le porte-parole du PS de faire la leçon au président de la République : "Plutôt que des leçons magistrales outre-Atlantique, nous attendons de lui qu'il tire les conséquences politiques de sa prise de conscience, et qu'il mette à profit la présidence de l'Union européenne pour combattre la crise avec les moyens appropriés" (source).

Pas de croissance verte à l'horizon
La fiscalité verte peine à s'installer. Hier, François Fillon a réitéré sa réticence à de nouveaux bonus-malus, après l'arbitrage rendu vendredi par Nicolas Sarkozy.
François Fillon "tacle" discrètement Jean-Louis Borloo sur les bonus-malus écologiques. En déplacement dans un pôle de compétitivité à Grenoble, le Premier ministre a glissé en "confidence" à son auditoire les propos suivants, alors qu'il rappelait l'engagement du gouvernement d'investir un milliard d'euros en quatre ans dans la recherche, notamment énergétique: "je préfère cette illustration du Grenelle de l'environnement que les taxes pour orienter les comportements" (source CHALLENGES).
Le MEDEF est d'ailleurs très remonté contre toute nouvelle taxe, et n'a pas digéré le mode de financement choisi pour le RSA de Martin Hirsch. La lune de miel de Sarkozy avec les patrons n'aura duré que 15 mois.

Quels services publics demain ?
La privatisation de la Poste ouvre un autre sujet: quel est lavenir des "services publics à la Française" ? La libéralisation des services européens met la Poste dans une une situation difficile. Cette dernière est déjà concurrencée sur le terrain très lucratif des services aux entreprises. L'échange électronique fragilise le courrier physique. Et l'éventualité d'une ouverture du capital de l'entreprise achèvera ses ambitions d'aménagement du territoire. C'est exactement le chemin suivi (subi ?) par France Télécom depuis une dizaine d'années que l'on nous promet.
Près de la moitié (49%) des Français se disent opposés à l'ouverture du capital de La Poste détaillée fin août par son président Jean-Paul Bailly, tandis que 44% y sont favorables, selon un baromètre de la politique économique BVA-France-Inter-Les Echos publié mercredi 24 septembre.
Lire aussi:
Les limites de l'agilité présidentielle, par Françoise Fressoz

24 septembre 2008

Sarkozy, le show américain

La visite à New York de Nicolas Sarkozy a viré au show médiatique et bien préparé. Plutôt que de parler à l'opinion française sur la crise financière, il a choisi son lieu : New York, à quelques pas de Wallstreet.

L'envoyé spécial du Figaro n'en est pas revenu.

Dans cette ancienne banque au décor Renaissance, entre les colonnes de marbre et sous un plafond à caisson d'où descendaient de gigantesques lustres en bronze, s'est retrouvé mardi le gratin de la communauté juive américaine, et plusieurs patrons et amis du chef de l'État, dont Martin Bouygues, Philippe Camus - nouveau patron d'Alcatel-Lucent -, le président de la SNCF, Louis Gallois, Anne Lauvergeon (Areva), Henri de Castries (AXA), Jack Lang ou Philippe Douste-Blazy. Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse, y a été accueilli au son des trompettes de Händel et couvert d'éloges par Elie Wiesel. L'ancien Prix Nobel de la paix a créé sa fondation en 1986 et avait déjà récompensé le roi d'Espagne Juan Carlos, George Bush senior, Hillary Clinton, ou encore Danielle Mitterrand. L'un des hôtes de la soirée, l'acteur Michael Douglas, a ouvert la salve des compliments en soulignant qu'il était «difficile dans un pays comme la France d'être populaire, c'est peut-être plus facile dans un pays étranger. Il a été aux côtés des États-Unis plus que son prédécesseur» .

Elie Wiesel a loué un président qui préfère «l'autorité du pouvoir plutôt que le pouvoir de l'autorité», en revenant sur la liste des initiatives du chef de l'État en matière diplomatique : «Il a libéré les infirmières bulgares, empêché le sang de couler en Géorgie, plaidé pour la libération du soldat Shalit à Damas (…)tant d'actions en si peu de temps.»
Sarkozy n'en a pas moins évité de parler du fonds, et des mesures qu'il compte prendre pour éviter de trop graves conséquences sur l'économie française. L'Etat va-t-il en France aider les banques à nettoyer leurs bilans de leurs actifs douteux ? On ne sait pas. Le président français a même reporté au mois de novembre toute proposition concrète.

L'assemblée générale de l'ONU a pourtant été agitée par les secousses de la Bourse. Certains pays ont accusé les Etats Unis de menacer l'équilibre des échanges et des économies de la planète, faute de prudence boursière et de régulation. Sarkozy lui en est resté aux grands principes:
"Reconstruisons ensemble un capitalisme régulier et régulé où des pans entiers de l'activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché, où les banques font leur métier. Le métier des banques, c'est de financer le développement économique plutôt que la spéculation" (...)

"Ma proposition, c'est au mois de novembre parce qu'on peut espérer y voir plus clair. Ca n'est pas une réunion à chaud en plein dans la crise, mais en même temps c'est avant la fin de l'année, donc on peut tirer les conséquences"


"Le format, c'est à partir du G8 mais avec une possibilité d'ouverture sur les pays émergents", a également dit le président en exercice de l'Union européenne (UE). "La logique, c'est quand même le G8, puisqu'il s'agit des huit plus grandes économies du monde mais je ne voudrais pas fermer le débat"
(Source)

Retour sur EDVIGE et un gros cafouillage



Petite mais efficace video, pour un gros cafouiilage. Rappelez-vous. c'était il y 8 jours. Une éternité en Sarkofrance.

Hortefeux n'a pas de limite

Brice Hortefeux tente de restreindre les capacités d'action de la CIMADE dans les centres de rétention d'immigrés sans-papier. Le ministre de l’identité Nationale a en effet publié un appel d’offre en août dernier pour marginaliser la CIMADE. Cette dernière est aujourd'hui la seule habilitée, avec les parlementaires, à pouvoir pénétrer dans les centres de rétention. Elle peut notamment témoigner de ce qui s'y passe, et c'est que qui semble gêner le ministre.

Hortefeux a organisé un appel d'offre qui interdira les témoignages des associations autorisées dans les centres de faire autre chose. Il prévoit que « le titulaire s’engage à respecter une stricte neutralité au regard des situations individuelles rencontrées, que ce soit dans ses publications, ses communications publiques(…) ». Sinon, « l’administration peut résilier le marché sans indemnité ». Le titulaire doit également « faire preuve de discrétion » et s’engage à ne pas divulguer « des faits ou des informations sur des situations individuelles » (source Rue89).

Lors de son interview à France Inter, Hortefeux masque le débat de fonds. Il insiste le besoin de "casser le monopole" de la la CIMADE, oubliant de préciser qu'elle a simplement gagné le précédent appel d'offre, et avoue à demi-mot qu'il n'aime pas la contestation. Écoutez (à la 5ème minute, 26 secondes) :



Samedi 20 septembre, RESF appelait à la mobilisation pour la défense d'Abdelkarim Belhadj et de Guy NDOMA SILUVANGI
"Abdelkarim Belhadj, venu de Djerba, Tunisie, est scolarisé à Paris depuis son entrée en France avec un visa il y a 7 ans. Mais le 2 septembre, il n'a pas fait sa rentrée au LP François Truffaut, Paris 3e. Car depuis le 21/08 il est en rétention au Mesnil Amelot.
Il ne s'est jamais fait remarquer, et c'est alors qu'il allait prendre le bus, avec un ticket, place de la Nation, qu'il a été contrôlé contrôle à cause de son apparence physique d¹étranger dit le Procès verbal. Il venait de recevoir les papiers qui allaient lui permettre de faire une ultime demande à la Préfecture, et surtout de se marier.."
"A Orléans, Le jeune Riguy a besoin de son père et de sa mère."

Ce jeune garçon de 8 ans scolarisé à l'école des Cordiers à Orléans risque de perdre son père si la préfecture du Loiret persiste dans sa volonté d'expulser ce papa vers la RDC.

Le papa, Guy NDOMA SILUVANGI, a été arrêté aujourd'hui, jeudi 17 septembre 2008, près de son domicile alors qu'il allait, vers la mairie de quartier, inscrire son fils pour le Centre aéré.
Guy est en France depuis septembre 2001. Il est venu en même temps que sa compagne actuelle et leur fils Riguy. Sa compagne a un titre de séjour car elle a un enfant français (né d'une période où le couple n'était plus ensemble). En avril 2007 ils ont eu ensemble une petite fille qui est malheureusement décédée quelques jours après sa naissance.
Depuis qu'il est en France Guy s'occupe quotidiennement de son fils. Des dizaines d'attestations d'enseignants, de parents d'élèves, de médecins, de membres du réseau d'aide de l'école, de voisins et même de gardien de l'immeuble où ils vivent l'affirment (même dans la période où le couple était séparé). Tous ceux qui les ont côtoyés durant toutes ces années disent l'importance de Guy dans l'éducation de son fils et l'attachement énorme de Riguy pour son père.

Ficher les enfants ou coffrer les racailles ?

Edvige est mort, voici EDVIRSP.

Le nouveau projet de décret prévoit donc les dispositions suivantes :
"L'interdiction résultant du 1 de l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ou l'appartenance syndicale des personnes, ou qui sont relatives à la santé ou à la vie sexuelle de celles-ci est applicable aux services de la direction centrale de la sécurité publique en charge de la mission de renseignement et d'information mentionnée à l'article 12 du décret du 2 octobre 1985 susvisé ainsi qu'aux services de la préfecture de police assurant la même mission. "
Mais le projet autorise la possibilité exceptionnelle de ficher, à l'exception des informations relatives à la santé ou l'orientation sexuelle, tout en maintenant l'interdiction de trier "une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules données. "
Par dérogation, sont autorisés, pour les seules fins et dans le strict respect des conditions définies aux articles 3 à 9 du présent décret, la collecte, la conservation et le traitement par les services mentionnés au précédent article de données à caractère personnel de la nature de celles visées à l'article 1er et qui ne sont pas relatives à la santé ou à la vie sexuelle des personnes.

II est interdit de sélectionner dans les fichiers et le traitement intitulés « exploitation documentaire et valorisation de l'information relative à la sécurité publique » mis en œuvre par ces services une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules données.
La polémique demeure sur le sort réservé aux mineurs de 13 à 18 ans. Le pouvoir argue que la violence a évolué, et que celle des mineurs est en constante progression. Sur France 2, samedi 13 septembre, le député-lobbyiste Frédéric Lefebvre expliquait même que les mineurs étaient responsables de 26% des viols et tentatives de viols. Ces constats sont aussi à l'origine des différents projets et réformes de la justice des mineurs (peines planchers, réforme de l'ordonnance de 1945, etc).

La situation semble pourtant bien différente des arguments de campagne du candidat Sarkozy que la majorité présidentielle ne cesse de ressasser depuis 18 mois. Il y a certes davantage de mineurs impliqués dans des actes violents qu'il y a 20 ans... mais le constat vaut aussi pour les majeurs. La part des mineurs dans la délinquance n'a pas augmenté, explique Serge Portelli:
« On est en présence d’une arnaque grossière car en réalité la délinquance baisse en termes relatifs. La part des mineurs dans la délinquance générale ne cesse de régresser : elle est passée de près de 22% en 1998 à 18% en 2005. Et 727 mineurs étaient détenus début 2007, contre 808 début 2003. » En fait, la part des mineurs dans la délinquance globale a augmenté des années 1980 à 2000 (de 14 % à 21 % en 2000), puis elle a diminué.

La situation est aussi plus délicate et complexe: un mineur délinquant est aussi une victime, comme le rappelle la Defenseure des Enfants. Sans contester la nécessité de sanctions pour les mineurs délinquants, Dominique Versini "énonce que les réponses pénales doivent être graduées en fonction de leur âge, que la privation de liberté ne doit intervenir qu’en dernier ressort, et qu’il est nécessaire de préserver au maximum les liens entre le mineur et sa famille".

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23 septembre 2008

Sarkozy à côté de la plaque


Nicolas Sarkozy est arrivé à New York. Quelques jours après l'une des crises financières les plus graves que le monde ait connu, le président français n'a rien de trouvé de mieux à dire qu'une succession de voeux pieux et de lapalissades.

"Nous devons nous interroger sur nos responsabilités. Aujourd'hui, des millions de gens à travers le monde ont peur pour leurs économies, pour leur appartement, pour l'épargne qu'ils ont mise dans les banques" (...) "Notre devoir est de leur apporter des réponses claires. Qui est responsable du désastre ? Que ceux qui sont responsables soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous, les chefs d'Etat, assumions nos responsabilités"

Une semaine de silence pour arriver à ça. Il livre aussi cette autocritique involontaire :

"Peut-être qu'au fond, le meilleur service qu'on peut rendre au monde d'aujourd'hui, c'est que les chefs d'Etat acceptent de prendre la mesure de la gravité de la situation et parlent franchement sur des sujets avec lesquels on ne doit pas transiger"

Afghanistan: jusqu'où, pour qui, et pourquoi ?

Lundi 22 septembre, les parlementaires français ont voté en faveur du maintien des troupes françaises n Afghanistant. le même jour, le Conseil de Sécurité de l'ONU prolongeait le mandat de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), opérée par l'OTAN, pour une année supplémentaire jusqu'au 22 octobre 2009. Ces autorisations posent de nombreuses questions.

Lutter contre un mouvement politique dangereux
Les autorités françaises se sont réclamées de cet argument: il faut lutter contre les Talibans. C'est la première fois depuis longtemps (sans doute depuis la guerre froide), que la France s'engage dans une croisade. Habituellement, et particulièrement sous l'ère "pragmatique" de Sarkozy, la diplomatie française occulte bien volontiers le sujet des libertés individuelles de ses considérations. En moins de 18 mois, Nicolas Sarkozy a serré la pince de la quasi-totalité des dictateurs de ce globe, exception faite de la Corée du Nord. La France, donc, respecte les Etats fussent-ils douteux.

Que dire alors des mouvements politiques internes "terroristes" ? La France les ignore habituellement. Elle ne touche pas aux FARC, au Hezbollah, aux rebelles pro-Soudan du Darfour. La France n'attaquait pas non plus la Syrie ou la Libye, pourtant soupçonnées à un moment ou à un autre des mêmes méfaits. La particularité des Talibans est qu'ils sont ... intégristes musulmans, et prosélytes. François Fillon n'a pas réitéré sa bourde d'il y a un mois, lorsqu'il parlait de "guerre contre le monde musulman" au micro d'une grande radio nationale. Mais il y a un parfum de croisade dans l'intervention française. Aux lendemains des attentats du 11 septembre, la riposte militaire rapide et brutale était nécessaire. Mais 7 après ?

L'Afghanistan était l'une des bases arrières d'Al Quaida. Est-ce suffisant pour rester militairement présent ? Faut-il militairement occupé un pays pour nuire à Al Quaida ?

Éviter les pertes civiles et militaires
Les témoignages sur les pertes civiles sont nombreux. Le Conseil de Sécurité de l'ONU l'a rappelén, par l'intermédiaire du délégué libyen, Ibrahim Dabbashi, lundi 22 septembre. Au total, 1.445 civils sont morts dans les violences en Afghanistan depuis le début de l'année, 39% de plus que durant les huit premiers mois de 2007 selon l'ONU.

L'intervention française semble également bâclée. Il a fallu 10 soldats tués pour réagir. Un rapport de l'OTAN critique le manque de matériel des troupes françaises. Surprenant ?
"Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l'aéromobilité, du renseignement et de l'appui. Ces moyens seront sur place dans quelques semaines. Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d'hommes" (source)


Laquais de Sarkofrance: les 3 mousquetaires de l'Express



Il y a quelques semaines, le lecteur critique de l'EXPRESS pouvait tomber de sa chaise en lisant son hebdomadaire favori.

Trois "journalistes" avaient conjugué leurs efforts pour écrire l'un des articles les plus complaisants qu'il nous ait été possible de lire cette année sur Nicolas Sarkozy. Eric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne (ce sont eux) ont titré leur méfait: "Sarkozy devient un autre président."
"Pendant le mois d'août, Nicolas Sarkozy s'est mesuré à deux géants, la Chine et la Russie. Et a connu les affres du chef des armées, après l'embuscade afghane. Il ne pourra plus exercer la fonction présidentielle comme avant."
On entend déjà la musique de fonds, le président marchant au ralenti. On se croirait dans un film de série B. Ce type d'article déshonore la presse. C'est dommage.

On a connu Romain Rosso plus inspiré. Il a co-écrit deux ouvrages sur les coulisses du Front National et Le Pen. Il a enquête sur la milice privée du FN, le "DPS". Cet homme a suivi le DPS pendant 4 ans.

Ludovic Vigogne, au contraire, est un trentenaire déjà remarqué au Parisien pour sa sarkophilie débordante. Voyez ce qu'en disait Bakchich.info en avril 2007:
Ludovic Vigogne (c’est le nom de la brosse à reluire), ferait presque passer son homologue du Monde pour un anti-sarkozyste primaire, voire un dangereux gauchiste.

Un souci avec une sombre histoire d’appartement acquis dans des conditions particulièrement avantageuses [1] ? Pas de problème. Ludovic veille au grain. Et relaye sans tarder les justifications forcément bienveillantes du promoteur immobilier, qui réprouve « le comportement des journalistes du Canard enchaîné qui par trois fois, ont forcé (sa) porte et (l’)ont importuné une quatrième fois ». Face aux calomnies, assure sans ciller le quotidien, Sarkozy « sort ses factures » (01/03/07). Une seule en fait, celle d’un escalier en chêne. Les autres, c’est juré, seront prêtes « pour les jours à venir ». Les lecteurs du Parisien attendent toujours…

Enfin, Eric Mandonnet aime lui aussi parler des Présidents. Il a publié plusieurs ouvrages. Il y a 13 ans, il publiait "LES HOMMES DE L'OMBRE." Pourquoi donc une telle sarkophilie ?

Le journaliste n'est pas un gauchiste avéré. Il a juste servi de nègre à un ouvrage de Jean-Pierre Raffarin, "La France de Mai". Il avait aussi écrit sur les frais de la présidence un jour de novembre 2007 . L'article est modeste. Eric Mandonnet loue la transparence du nouveau président. Sa rémunération est "dans la moyenne" des chefs d'Etat occidentaux. Les ministères ne paieront plus les frais de voyage du Président. Nous attendons, un an plus tard, qu'il fasse acte de repentance, et mentionne la commande d'AIR FRANCE ONE, cet Airbus d'Air Caraïbes que Nicolas Sarkozy s'est fait aménagé sur-mesure. Le "journaliste" pourrait aussi parler des allers-retours, aux frais du contribuables, du Président entre son lieu de vacances et Paris cet été.

Laquais, vous avez dit laquais ?

22 septembre 2008

Insécurité: que fait la police ?

Pris à son propre piège ?

De janvier à août 2008, les vols à main armée contre les petits commerces à Paris ont augmenté de 76%. Que fait la police ?
Selon la préfecture, 141 vols à main armée contre les petits commerces ont été enregistrés sur les huit premiers mois de l’année 2008, contre 80 pour la même période de 2007. Le total des méfaits de ce type, avec parfois de très petits préjudices dérobés, se situant pour 2007 à 149 contre 117 en 2006.

De 2001 à 2007, les vols à main armée ont diminué de moitié dans la capitale, passant de 775 à 301 avec une forte baisse des agressions contre les établissements bancaires, «de mieux en mieux protégés» (source LIBERATION).
Dans le Nord de la France, un mouvement de grève a frappé les lignes de bus.
En fin de matinée, le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Claude Menault, est intervenu devant la presse, à la suite du mouvement de grèves des chauffeurs de bus, ulcérés par une succession d'agressions et un grand sentiment d'insécurité (source LA VOIX DU NORD).

Laquais de Sarkofrance: Christophe Barbier


Christophe Barbier veut plaire. Directeur de la rédaction de l'Express, propriété de Serge Dassault, il se risque à la critique du Monarque pour mieux la limiter. Jeune, il devait rêver devenir le Alain Duhamel des années 2000: faire semblant de critiquer, mais surtout ne pas déranger.

Sa note biographique sur le site de l'Express contient 4 phrases, et 4 fois "JE".
Je suis né en 1967. Je suis un ancien élève de l'Ecole normale supérieure de la rue d'Ulm. Journaliste politique, je suis passé par le Point et Europe 1 avant de venir diriger le service politique de l'Express, en 1996, et d'être nommé directeur adjoint de la rédaction, en 2001. Après le départ de Denis Jeambar, en 2005, j'en suis devenu le directeur de la rédaction.
Il oublie de préciser les circonstances de son remplacement de Denis Jeambar à la tête de l'Express. Ce dernier a simplement démissionné quand Serge Dassault lui demanda de ne pas publier certaines des caricatures de Mahomet, à l'automne 2005. Dassault craignait que ces publications nuisent à ses ventes d'armement quelques semaines plus tard.

Au lendemain de l'élection de Sarkozy à la présidence, il écrit: "Dans ces débuts de président, il y a un mélange de mauvais goût et de comportement de nouveau riche, de ringardise et de "beaufitude". Sarkozy, en fait, se comporte comme une vedette de show biz, pas comme un chef d'Etat. Rien de grave, mais rien d'élégant."

Un peu plus tard, à propos de Bernard Accoyer, il partage ses émotions:
"Bernard Accoyer, le nouveau président de l'Assemblée nationale, me raconte ses émotions... Quand il a été élu, c'est le sentiment de la longue route, du travail accompli et des chausses-trapes de la dernière ligne droite qui l'a envahi. Plus tard, quand il a prononcé son discours d'investiture, la solennité et la concentration ont dominé son esprit. (...) On peut brocarder le Parlement, le dénigrer, se dire que la politique se passe ailleurs. Mais la République porte en elle, en servant la démocratie représentative, une beauté intacte. Non?"

Il se permet de conseiller le Président, à l'automne 2007: "Vouloir fléchir la réalité selon la volonté, et plier le monde vrai à ses désirs est le propre de la tyrannie... On n’en est pas là, heureusement, avec Nicolas Sarkozy, mais il n’y a pas loin du volontarisme à l’entêtement. Et s’entêter, en matière de politique économique, est très risqué." Il est aussi l'un des rares à ne pas critiquer l'omniprésence médiatique du Président: "Trop de Sarko cette semaine ? En repoussant du 12 au 19 septembre, son discours sur la fonction publique, le chef de l’Etat a concentré ses annonces de réformes (retraites plus fonctionnaires) sur deux jours. Résultat : une image de président réformateur confirmée, mais aussi une tension sociale maximale."

L'une des confessions les plus surprenantes de neutralité donc de complaisance est son témoignage de la décoration de Légion d'Honneur de l'ancien journaliste de MINUTE, Patrick Buisson, par Nicolas Sarkozy. Pas un mot de critique. Barbier ne veut heurter personne. Cela se lit, cela se sent.

Nicolas Sarkozy remet la légion d’honneur à Patrick Buisson, spécialiste de l’opinion très adroit et très à droite. Le discours est sincère, profond, touchant, très réussi. Dans cet Elysée où le protocole, c’est palpable, s’est allégé et simplifié (enfin !), le moment ne manque pas de chaleur. Le président évoque les temps forts de la campagne, quand l’avis de Patrick lui fut si précieux : les incidents gare du Nord, le ministère de l’Identité nationale, la pédophilie « innée », l’invocation de Jean-Paul II… Le duo s’est durci au feu électoral, comme il s’était formé sur un autre moment fort : neuf, , mais avant le 29 mai 2005, Patrick vient dire à Sarkozy, place Beauvau : « Le non va gagner par 55%. Si je me trompe, vous ne me reverrez plus jamais ». Bravo l’oracle.

Il y a, bien sûr, le vieil adage selon lequel "un journaliste décoré, c'est un journaliste de moins"; mais le talentueux polémiste, constant et frondeur, qu'est devenu Patrick Buisson au fil des ans (le fameux "Buisson ardent") l'éloigne de cette grille d'accusation. Sarkozy, d'ailleurs, contourne habilement l'obstacle. "Patrick est un journaliste de conviction, ce qui est rare; Patrick est un journaliste de grande culture, ce qui est très rare", dit le président, pointant deux vérités. "Et si les convictions de Patrick le portaient à droite, cela ne ferait qu'équilibrer ceux que leurs convictions portent ailleurs", ajoute-t-il. Est-ce si pertinent? Faut-il un "équilibre" en la matière? Et ne faudrait-il pas des journalistes engagés mais non partisans, capables de critiquer et la droite et la gauche, puis de louer l'une et l'autre si elles servent bien le pays? Le manichéisme règne encore, mais il s'accommode de la tolérance, et la démocratie, donc, prospère.
Comme souvent chez les journalistes trop installés, Christophe Barbier concentre ses critiques et analyses sur le jeu politique, les tactiques et petits ambitions. A chaque coup dur porté à la présidence, Barbier justifie, évite de choquer ou de prendre position. Barbier n'est pas Sarkozyste, il est du côté du pouvoir. Point.

Christophe Barbier, laquais de Sarkofrance ?

A cet instant, les Bourses mondiales s'effondraient.

Quand Sarkozy fait de l'humour. C'était mercredi dernier. Merci à Politistution... comme toujours.

La rude semaine de Nicolas Sarkozy


Le président de la république fait sa rentrée politique. Il a pourtant beaucoup parlé ces derniers jours. On l'a vu parler du sauvetage des otages, des 52 médailles françaises aux Jeux Olympiques Handi-Sports, ou encore dans le Jura de la réforme du système de santé.

Sarkozy préparait sa rentrée.
Point d'interview à la télévisée chez Laurence Ferrari sur TF1, ni d'entretien dans la presse. Ses conseillers l'ont conseillé. Ce sera un meeting ce jeudi au Zénith. Il a chipé l'idée de Ségolène Royal, qui organise un rassemblement de la Fraternité deux jours après au même endroit. Cela fait 8 jours que le Président "réfléchit", nous a appris Christine Lagarde hier. Il est "en situation d'analyse avant de proposer jeudi soir toute une présentation de sa politique économique". On a effectivement vu qu'il réfléchissait beaucoup, avec "Carlita" Bruni-Sarkozy, à l'Elysée, lors de la journée du patrimoine.

Pour Nicolas Sarkozy, la semaine est toutefois délicate.

On l'attend sur la crise financière. Le Président s'est trouvé tel un musicien du Titanic continuaant sa partition alors que le bateau coule. Il n'a strictement rien dit sur la crise boursière depuis 10 jours qu'elle s'est déclarée, avec les difficultés puis la disparition de LEHMAN BROTHERS.

Sa popularité est fragile.
Seuls 37% de Français interrogés se sont déclarés satisfaits de lui comme président de la République, selon un sondage Ifop publié par "Le Journal du dimanche" le 21 septembre. Les mécontents sont à nouveau extrémement majoritaires (62%).

Le budget 2009 se prépare
Vendredi, Sarkozy et ses ministres se réunissent pour discuter du budget de l'Etat en 2009. L'an passé, le gouvernement s'était volontairement planté dans ses prévisions de croissance (2,25%). la crise des subprimes s'était pourant déclarée en août, la croissance ralentissait déjà, mais Sarkozy, Fillon et Lagarde ont quand même crié au "choc de croissance" pendant près de 10 mois. En sera-t-il de même pour 2009 ? Point de paquet fiscal voté ni annoncé; Sarkozy ne peut compter que sur ... Dieu ?

La mascarade écolo de Sarko a fait long feu
En portant le coup de grâce aux ambitions fiscales de Jean-Louis Borloo, Nicolas Sarkozy a heurté les écologistes jusqu'à Nicolas Hulot: "Compte tenu de la situation économique et des tensions actuelles sur le pouvoir d'achat, le président de la République réaffirme son opposition à la mise en place de toute nouvelle fiscalité sur des produits de grande consommation" a expliqué un communiqué de l'Elysée vendredi.

Les élections sénatoriales sont mauvaises
Dominique Paillé, ancien centriste rallié à Sarkozy et porte-parole de l'UMP a été battu dès le 1er tour des élections sénatoriales, dimanche 21 septembre. Il briguait un des quatre sièges en lice de représentants des Français de l'étranger.

Les députés se prononcent sur la guerre en Afghanistan
Ce lundi 22 septembre, pour la première fois depuis 1991, le Parlement est appelé à se prononcer par un vote sur une opération militaire extérieure. Il s'agit davantage d'une mascarade (encore une fois) qu'autre chose puisque la majorité présidentielle est écrasante dans les deux chambres, et le président a déjà renforcé le dispositif militaire français en Afghanistan il y a 6 mois. Le président s'est quand même permis d'adresser une lettre aux parlementaires de gauche, à quelques heures de leur vote: «Je crois qu'il est particulièrement important que la représentation nationale (...) exprime à nos soldats et au peuple afghan le soutien clair qu'appelle leur courage face à la barbarie».

Rude semaine pour le Président ? Finalement, ce n'est pas si sûr. Sarkozy s'envole avec Carla 3 jours à New York. Il doit, entre autres, recevoir un prix de la Fondation Elie Wiesel:
“C’est le Canard Enchaîné qui a levé le lièvre : la fondation Elie Wiesel pour l’Humanité s’apprête à couronner Nicolas Sarkozy. Au cours d’un dîner de charité à New york, où la place se négociera jusqu’à 150 000 dollars, le Nobel de la paix 1986 remettra le 22 septembre prochain le prix «humanitaire» de sa fondation à Nicolas Sarkozy” (source)

21 septembre 2008

Anne-Sophie Lapix cuisine drôlement bien


Elle a le regard gourmand et le sourire désarmant. Anne-Sophie Lapix recevait pour Dimanche+ le ministre de la Defense Hervé Morin. On la sentait heureuse d'avoir un ministre à dézinguer tout en douceur.

La journaliste cuisinait le ministre sur sa réforme de la carte militaire. Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la Coopération se félicitait d'être intervenu pour sauver la caserne de sa circonscription en Moselle.
"Mais je l'aurais fait de toute façon." réplique Hervé Morin.

Et un peu plus tard,
AS Lapix : "Comment ça va avec MAM ? "
H. Morin : "Ca va très bien"
AS Lapix : "Parce qu'il y a 3 semaines, elle vous a balladé."

Souriante, elle semble prendre un malin plaisir à tenir les rênes de cette émission.

Merci pour nous.

"Hôpital, patients, santé, territoire"


Vendredi dernier, Nicolas Sarkozy a présenté un projet de loi. Chef du gouvernement, il a énoncé un à un les différentes mesures ou principes que sa future loi sur la santé devra inclure. L'objectif affiché est le retour à l'équilibre financier dans 3 ans, soit en 2011. Pourtant, le président n'a pas détaillé comment il comptait y parvenir.

Sa loi devrait comprendre 4 volets : des peines planchers pour les fraudeurs, un système d'intéressement pour les personnels, une forfaitisation des prise en charge de traitement de maladies chroniques, et la publication des mauvais établissements.

1. Lutter contre les fraudes.
Nicolas Sarkozy suppose que la fraude est responsable du déséquilibrte des comptes sociaux. C'est la seule "mesure d'économie" éventuelle qu'il a explicité lors de ses annonces.
Le chef de l’État a "invité l’assurance maladie à intensifier la lutte contre les gaspillages, les abus et les fraudes" et a annoncé l’instauration de "pénalités planchers" contre les fraudeurs à l’assurance maladie en 2009 : "un mécanisme de pénalités planchers sera institué à compter de l’an prochain, sur le modèle de celui en vigueur pour lutter contre le travail illégal", a-t-il déclar (source)
2. Mieux traiter les maladies chroniques
Nicolas Sarkozy a précisé qu’il fallait que "dans chaque cabinet médical, chaque maison de santé, la qualité de la prise en charge (...) soit garantie par l’application de protocoles clairs et connus de tous." Il a souhaité que des "forfaits de prise en charge (...) soient expérimentés par l’assurance maladie et les complémentaires santé", précisant que ces "forfaits devront se substituer au paiement à l’acte".
3. Intéresser financièrement les personnels médical et paramédical
Le président a suggéré que les hôpitaux bénéficiaires mettent en place un système d'intéressement aux profits de leurs salariés. Cette promesse est assez vaine, vu l'état des comptes de l'assurance maladie et de la plupart des établissements hospitaliers. de surcroît, à notre connaissance, la participation est obligatoire en France dans les entreprises de plus de 50 salariés, donc dans les hôpitaux également.

4. Dénoncer les mauvais hôpitaux.
Le Président souhaite notamment la publication du taux de mortalité et d'infections nosocomiales des hôpitaux
.
L'Élysée a assuré jeudi «ne pas vouloir mettre en place un classement des meilleurs hôpitaux, mais plutôt pointer du doigt les plus mauvais résultats». Si le président ouvre ce chantier, estime-t-on à l'Élysée, le ministère de la Santé devra développer des outils méthodologiques très élaborés, notamment avec des indices de technicité, d'activité et de notoriété, afin que ce classement tienne compte des différences de recrutement des patients. Les médecins et les chirurgiens traînent en général des pieds pour communiquer ces informations (source).