
Nicolas Sarkozy avait réuni mardi 30 septembre les principaux banquiers et assureurs français. L'opposition a critiqué (un peu vite ?) la démarche tardive. Après le sauvetage de FORTIS, par les Etats voisins de Belgique, du Luxembourg et des Pays-Bas, puis de DEXIA, avec l'intervention des Etats français et belges, l'inquiétude s'est propagé en Europe dans la foulée du rejet du plan Paulson par la Chambre des Représentants américaine lundi soir.
Nicolas Sarkozy s'inquiétait "de la situation des PME", rapporte l'obligeant Figaro, et des mesures sont attendues pour la fin de la semaine.
"Le Président de la République a reçu aujourd’hui au Palais de l’Elysée les principaux dirigeants des groupes bancaires et d’assurances français pour faire le point sur la situation économique et financière au vu des derniers développements de la crise. Le Gouverneur de la Banque de France et le Président de l’autorité de contrôle des assurances et des mutuelles ont également participé à la réunion qui a eu lieu en présence du Premier ministre et de Mme Christine LAGARDE, ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Cette réunion de travail s’inscrit dans le cadre de la préparation des rencontres européennes et internationales prévues dans les semaines à venir. Elle a également permis au Président de rappeler aux établissements bancaires leur mission prioritaire de financement de l’économie. D’ici la fin de la semaine le Gouvernement annoncera à cet égard de nouvelles dispositions." (source: Elysée)
Sauver les banques
Pour la première fois depuis 14 ans, l'Etat en France est intervenu pour renflouer une banque, la seule institution financière française de taille moyenne. Christine Lagarde s'est justifiée en expliquant qu'il y avait "un risque de déstabilisation systémique" (c'est-à-dire de contagion) à laisser couler DEXIA dans la journée de mardi. On n'ose plus lui rappeler ses propos de ... dimanche : "Le système bancaire français est un système solide."
Mobiliser l'épargne des petits épargnants au secours des banques
Les marchés financiers se ferment en cascade et la méfiance entre institutions demeure. Pour les banques en panne de liquidités, le gouvernement a évoqué l'idée d'autoriser ces dernières à emprunter une partie des fonds du livret A qu'elles collectent, pour une durée limitée. la mesure est attrayante et curieuse. Attrayante car elle fournit rapidement et simplement une source stable de financement aux banques; curieuse car elle ponctionne l'épargne des petits épargnants pour sauver des institutions financières. Kessako ?
Des rencontres européennes et internationales, pourquoi faire ?
Henri Guaino, le "conseiller spécial" du Président espère un Bretton Woods, du nom de ce chef-lieu américain où furent signés à l'été 1944 les accords internationaux qui créèrent la banque mondiale et le FMI. Sarkozy aussi se voit sans doute en De Gaulle. Mais dans quel but ? En France même, le consensus n'est pas là.
Les banquiers et patrons français ne veulent pas trop de réglèmentation.
Passé le discours presque gauchisant du président français à Toulon, le ton semble davantage à un pragmatisme libéral qui vise à sauver les meubles avant tout. Lors de la rencontre patronale de mardi, Ernest-Antoine Seillière, président de BusinessEurope, a déclaré que la délégation patronale européenne avait suggéré à Nicolas Sarkozy "une amélioration de la réglementation des marchés" mais "seulement là où c'est nécessaire". "Pas trop de réglementation", a dit le . "Nous redoutons toujours les excès de la réglementation."
Pas trop de sauvetage, nous redoutons toujours les sauvetages de traders.
Que faire pour les prêts-relais immobiliers ?
Cette (saloperie de) crise de subprimes arrive en France: 30 000 foyers français ont souscrits des "prêts-relais" (1) arrivant à terme d'ici au mois de janvier. "Concrètement, les emprunteurs n'arrivent pas à vendre leur bien, alors qu'ils ont baissé le prix de leur logement de 20% à 30%. (...) Certaines personnes ont ainsi demandé un report à leur banque, mais il a été refusé. Nous sommes face à une crise des «subprime» à la française, il y a un risque énorme de saisies immobilières." expliquait le président de l'Association française des usagers de banque mardi 30 septembre. Les banques refusent de rééchelonner les emprunts, puisqu'elles même sont fragilisées.
Le pouvoir d'achat est oublié
Tout le monde, même l'EXPRESS, l'a noté. Le pouvoir d'achat a disparu du vocable politique de Sarkozy. Seule compte la sauvegarde de l'épargne.
(1) Prêt pour acheter un bien immobilier dans l'attente de la vente du précédent.
Bonjour.
RépondreSupprimerJe lis vos chroniques et je me suis demandé si vous n'obtenez pas l'effet inverse recherché:faire de la pub a notre cher Président(j'y baise ses babouches)le principal dans un personnage public c'est que l'on parle de lui en bien en mal ,rien a cirer des critiques.
Si j'étais au gouvernement ou Sarko je serais content de votre feuilleton,vous êtes un excellent porte parole.
Moi votre lecteur je suis satisfait de vos articles ,j'apprends des choses.
Merci.
Le plus beau de l'affaire est que les banques ont dilapidé les dépôts des particuliers, qu'il va falloir les renflouer en ponctionnant le particulier par le biais du fisc, mais qu'elles peuvent couler quand meme en laissant leurs dettes à la collectivité et des comptes vides à ceux qui la composent.
RépondreSupprimerCerise sur le gâteau, une fois le désastre consommé, la détention d'un compte étant obligatoire, les dépôts reprendront et les banques survivantes se referont du beurre en fonctions traditionnelles et en attendant de remettre ça!
3,8 millions d'euros pour l'ex-patron de Dexia ?
RépondreSupprimerLe président du comité de direction de Dexia, Axel Miller, qui a dû démissionner mardi 30 septembre, pourrait partir avec une indemnité de 3,8 millions d’euros, selon son contrat.
La banque Dexia a été sauvée par les gouvernements français, belge et luxembourgeois, qui lui apporteront au total 6,4 milliards d’euros.
Le gouvernement français injectera 3 milliards d'euros pour renflouer la banque Dexia, le gouvernement belge injectera 3 milliards d'euros lui-aussi, le gouvernement luxembourgeois injectera 400 millions d'euros.
http://eco.rue89.com/2008/09/30/38-millions-deuros-pour-lex-patron-de-dexia
Trois conclusions :
1- Quand les banquiers gagnent en jouant à l'économie-casino, les banquiers gardent l'argent.
2- Quand les banquiers perdent en jouant à l'économie-casino, les contribuables paient des milliards d'euros pour les renflouer.
3- Quand les banquiers perdent en jouant à l'économie-casino, les banquiers partent en empochant des millions d'euros en parachutes dorés.
C'est ce qu'on appelle privatiser les profits et mutualiser les pertes...
RépondreSupprimer@anonyme n°1: vous avez peut être raison. fais-je de la pub à Sarkozy ? Mon constat initial, le 7 mai 2007 à la cération de ce blog, était que Sarkozy inonde les médias de sa présence, et que les médias sont rarement critiques (il faut attendre qu'il touche le fonds de l'impopularité pour qu'ils réagissent de concert). Il fallait donc, modestement, apporter un point de vue critique, un autre angle à ses propos.
RépondreSupprimerLe doute... n'est-ce pas la première preuve d'intelligence ?
RépondreSupprimerJuan, je n'ai pas le plaisir de vous connaître et ce n'est pas mon genre de lustrer les pompes, mais si d'aventure j'avais perçu que le blog était sous-intentionné, je n'y viendrais pas. Or, j'y viens tous les jours, informé ici et vite de ce que je n'ai pas toujours le temps de voir ailleurs.
RépondreSupprimerVotre réponse est donc bien conforme aux motivations initiales qui vous ont animées et c'est une évidence.
Cela dit, pour répondre à anonyme, un site qui s'appelle Sarkofrance est nettement destiné à parler de la politique actuelle, sous présidence Sarko. Autant accuser les écologistes de faire de la pub pour la pollution parce qu'ils s'en préoccupent.
Bon, j'espère que je ne vais pas me faire virer sous prétexte que le créateur déteste qu'on dise du bien de lui. D'ailleurs, j'attends mon chèque, ouarfffffffffff
Bonsoir a tous,
RépondreSupprimerParlons crédit si vous le voulez bien. Et plus précisément "crédit à la consommation". et pourquoi tout va se casser la gueule très bientôt si rien n'est fait.
Quand on achète un bien de consommation (télé, frigo, ordinateur...), on a le choix entre deux possibilités : on le paye cash ou on finance l'achat par un crédit à la consommation.
Dans le deuxième cas, c'est un organisme spécialisé (filiale d'une banque avec pignon sur rue, par exemple BNP Paribas pour Cetelem) qui vous "offre" cette possibilité. Le problème, c'est que les taux sont très souvent beaucoup plus élevés qu'avec une banque traditionnelle (en dehors des fameux 10 fois sans frais et autre "crédit report"). Par ailleurs, les pauvres consommateurs que nous sommes, ne savent pas que le vendeur préfère largement qu'ils achètent à crédit plutôt que cash (désolé mais vous avez plus de chance de négocier une remise en recourant au crédit qu'en payant cash... un comble non ?). Pourquoi ??? Parceque les organismes de crédit leur refilent des primes sur le taux de recours à crédit. Je travaille dans la grande distribution et TOUS LES MATINS les vendeurs sont briefés sur le fameux "TRC" (taux de recours à crédit) et se font remonter les bretelles quand ce TRC n'est pas à la hauteur des objectifs. On incite donc les vendeurs à pousser les consommateurs au surendettement. Système pernicieux s'il en est. Avec les subprimes, on a atteint le paroxysme de ce système qui consiste à dépenser du pognon qu'on n'a pas tout en étant quasi certain de ne jamais l'avoir et, par voie de conséquence, de ne jamais pouvoir le rembourser.
Des tas de pauvres gens se font avoir tous les jours sans s'en rendre compte. A tel point que certaines banques commencent à pointer ce système du doigt (il est bien tard, j'en conviens).
La seule solution à ce système consisterait à baisser les prix pour que les consommateurs puissent acheter sans avoir recours au crédit...
Utopie quand tu nous tiens !
Une autre fois, si Juan m'en donne l'occasion, je vous parlerai des marges arrières et du "pourquoi vous n'achetez pas le produit que vous voulez ou qui vous convient mais bien celui que le vendeur VEUT vous vendre"
La banque Dexia devait faire faillite. Mardi 30 septembre, la banque Dexia a été sauvée de la faillite par l'argent des contribuables français, belges, et luxembourgeois. Pour renflouer la banque Dexia, le gouvernement français va injecter 3 milliards d'euros, le gouvernement belge va injecter 3 milliards d'euros lui-aussi, le gouvernement luxembourgeois va injecter 400 millions d'euros.
RépondreSupprimerNon seulement le patron de Dexia a mené sa banque à la faillite, non seulement les contribuables vont devoir payer des milliards d'euros pour renflouer la banque Dexia, mais en plus son patron va toucher 3,73 millions d'euros en parachutes dorés !
Lisez cet article :
" Le patron de Dexia pourrait toucher 3,7 millions d'euros d'indemnités de départ.
Le président du directoire de la banque franco-belge Dexia, qui vient d'être sauvée de la faillite, pourrait toucher une indemnité de départ de 3,7 millions d'euros, selon les termes de son contrat cité dans le rapport annuel de la banque. "En cas de résiliation par Dexia du contrat" qui le lie à la banque, Axel Miller peut prétendre "à une indemnité égale aux rémunérations fixes et variables et autres avantages correspondant à une période de 24 mois", soit deux ans de salaire, indique ce rapport annuel.
M. Axel Miller a touché une rémunération fixe de 825 000 euros en 2007, à laquelle s'ajoute une rémunération variable de 1 039 500 euros, selon ce même rapport annuel. Il toucherait donc 3,73 millions d'euros si les termes de ce contrat s'appliquaient. La banque Dexia n'était pas immédiatement disponible pour confirmer cette information. Axel Miller a dit mardi soir à la télévision belge RTBF qu'il était contre les parachutes dorés quand les patrons ont démérité. "Mais en ce qui me concerne, je n'ai pas démérité, et personne ne m'a dit que j'ai démérité", a-t-il ajouté.
http://www.lesechos.fr/info/finance/afp_00080622-le-patron-de-dexia-pourrait-toucher-3-7-millions-d-euros-d-indemnites-de-depart.htm
Je répète la phrase du patron de Dexia, Axel Miller :
” Mais en ce qui me concerne, je n’ai pas démérité, et personne ne m’a dit que j’ai démérité. ”
Les contribuables français, belges, et luxembourgeois vont payer 6,4 milliards d’euros pour sauver la banque Dexia de la faillite. Axel Miller va toucher 3,73 millions d’euros en parachutes dorés.
Vive la Révolution !