Alain Juppé et Louis Schweitzer ont remis le 27 août dernier un rapport à Nicolas Sarkozy, un Livre Blanc sur la politique étrangère de la France. Bernard Kouchner en avait reçu une première version en juillet dernier.
Ce Livre Blanc devait « identifier de manière opérationnelle : les missions prioritaires assignées à notre appareil diplomatique dans le contexte d’un monde en pleine évolution ; les aménagements à apporter à l’organisation et aux structures du ministère des Affaires étrangères et européennes, pour qu’il se concentre sur ces missions ; les conséquences à en tirer sur les métiers spécifiques de ce ministère, tant au niveau du recrutement, de la formation professionnelle, du déroulement des carrières, que de l’ouverture vers l’extérieur ».
La commission Juppé-Schweitzer a livré ses 12 recommandations, articulées autour de 4 propositions. La dernière d'entre elles serait une rupture avec la pratique diplomatique du couple Sarkozy-Kouchner depuis mai 2007. La France poursuit une politique "réaliste", bien éloignée du critère des droits de l'homme (*).
Mais le rapport livre aussi quelques comparaisons internationales intéressantes (en annexe 10) : la France a quasiment autant d'ambassades que les Etats Unis (158 contre 166). Elle est présente dans quasiment tous les pays du monde, y comprius les 26 Etats membres de l'Europe. Faut-il maintenir de luxueuses installations diplomatiques ... à Londres, Berlin ou Rome à l'heure de l'Europe ?
Le rapport explique que "la décision de fermeture des 28 ambassades de la catégorie 7 de la directive nationale d'orientation (pays avec lesquels nos liens sont les moins denses) permettrait de réaliser une économie annuelle théorique de 40 millions d'euros (moyens de coopération compris). " Qui dit mieux ?
Il semblerait que Nicolas Sarkozy ait accepté de réduire la voilure. La réforme du Quai d'Orsay, présentée à l'occasion de la Conférence des amabassadeurs jeudi 28 août, prévoit la réorganisation du réseau diplomatique français en 3 catégories : les ambassades "polyvalentes" avec toute la gamme des compétences (une trentaine), les ambassades consacrées à des "missions prioritaires" (une centaine), et des "postes de présence diplomatique" à effectifs très réduits (une trentaine)
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(*) LES 12 RECOMMANDATIONS DU LIVRE BLANC (RELEVE DE CONCLUSIONS)
Proposition 1 : Rendre l’action extérieure plus cohérente et plus interministérielle
- Mesure 1.1 : créer un Conseil de l’action extérieure de l’Etat
- Mesure 1.2 : rénover le Conseil interministériel des moyens de l’Etat à l’étranger (CIMEE) et élargir ses compétences
- Mesure 1.3 : accroître la dimension interministérielle de l’action du MAEE, notamment en établissant des échanges systématiques entre le ministère et les directions des affaires internationales des autres ministères
Proposition 2 : Intégrer les instruments de prévention, de gestion des crises et de protection de nos concitoyens à l’étranger
- Mesure 2.1 : renforcer la capacité d’anticipation et de prospective du MAEE et mieux l’articuler avec les autres sources ministères et notamment nos capacités de renseignement
- Mesure 2.2 : unifier les capacités du MAEE dans le domaine de la prévention, de la gestion et de la sortie des crises et les placer dans une direction spécialisée au sein de la direction politique
- Mesure 2.3 : rattacher également à à la direction politique les fonctions de coopération régaliennes qui doivent être maintenues au MAEE (gouvernance, aide militaire et de sécurité, outils de stabilisation post- conflit et aide humanitaire)
- Mesure 2.4 : orienter les moyens de notre réseau consulaire vers la fonction de protection de nos concitoyens à l’étranger
Proposition 3 : Un investissement maintenu dans la construction de l’EuropeProposition 4 : Mettre notre diplomatie au service du multilatéralisme et de la défense des droits de l’homme
- Mesure 3.1 : conforter l’existence d’une filière européenne et la place du Ministère des affaires étrangères et européennes en son sein
- Mesure 3.2 : renforcer notre coopération avec nos partenaires européens et le rôle de nos postes bilatéraux en Europe
- Mesure 3.3 : aborder avec ambition la contribution de la France à la politique étrangère de l’UE dans la perspective du Service européen d’action extérieure
- Mesure 4.1 : adapter pleinement notre organisation et nos modes d’action aux spécificités du système multilatéral
- Mesure 4.2 : mieux intégrer la question des droits de l’homme dans nos plans d’action et la formation des agents
Lire la version intégrale du Livre Blanc.
C'est vrai qu'à Berlin... des fauteuils d'artistes inutilisables :-) Une proche connaissance ayant travaillé à Berlin durant les grandes manoeuvres sur place en revient toujours pas. D'ailleurs c'est encore régulièrement repris, Le Canard y compris.
RépondreSupprimerMais Rome, en dehors du coût de gestion et de rénovation (La France paie 1€ symbolique de location la Palais Farnèse mais s'engage a restorer), on ne peux pas dire que ce soit luxueux... Certains apparts de fonction sont sympas mais bon. (Le mien ne l'était pas ;-) )
Les 2 autres ambassades Françaises à Rome (auprès du Saint Siège et de l'ONU) sont de simples bureaux
Après quoi, je ne sais pas comment est réparti le budget, entre le MAE, l'église e tutti quanti, mais les "Pieux Etablissements" possèdent un sacré nombre d'apparts de standing et repeignent après chaque occupant.
@+
@jaxx: merci de ces précisions vécues ! L'ambassade de Londres s'est faite elle richement rénovée il y a quelques années..
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