17 septembre 2008

Sarkozy et la Bourse: quand Jack Bauer oublie le crash mondial


Lundi 15 septembre, une banque d'affaires américaine, fondée il y a 158 ans, a disparu.

Ses 26 000 employés ne savent pas s'ils seront payés à la fin de la semaine.

L'Etat américain, sans doute à juste titre, a décidé de laisser couler LEHMAN BROTHERS, après avoir sauver 3 banques dans les 6 derniers mois.

Le Président jouait à Jack Bauer depuis son bureau
Nicolas Sarkozy pensait aux 2 otages français détenus par des pirates somaliens. Ils ont été libérés par ddes forces spéciales.

Au cours d'une action qui a duré une dizaine de minutes, les forces spéciales ont pris le contrôle du voilier Carré d'As, sur lequel les pirates retenaient les otages. Il s'agit de ce que les spécialistes appellent un "assaut à la mer", l'une des opérations navales les plus délicates qui soient. Les commandos arrivent très vite, à bord de zodiacs spéciaux, et montent à l'abordage du bateau. D'autres peuvent être héliportés. Pour des raisons de sécurité, ni l'Elysée, ni l'Etat-major des armées ne souhaitent préciser les conditions exactes de l'opération de cette nuit.

"Nous avons joué sur la surprise" explique ce matin un officier. Comme l'a précisé le président Nicolas Sarkozy, ce matin lors d'une conférence de presse, il s'agissait d'éviter que le voilier atteigne la ville d'Eyl (sud de la Somalie), qui sert de repaire aux pirates. Une fois à terre, la libération des otages par une action de "vive force" aurait été beaucoup plus risquée, et donc a priori exclue.

Tout occupé à cette opération, le président français a oublié la crise financière mondiale. Depuis samedi, tout ce que compte de grand patrons et banquiers américains a défilé devant le Secrétaire d'Etat au Trésor américain. Lundi, la messe était dite, LEHMAN BROTHERS ne serait pas sauvée par l'Etat fédéral.

Une crise mondiale, une curiosité française
Nicolas Sarkozy s'est refusé à commenter cette crise, qui annonce peut être un cataclysme financier sans précédent. Il a prétexté "une petite nuit", occupé qu'il était à "faire libérer" deux otages français dans la nuit de lundi à mardi. Cette réaction est incompréhensible pour deux raisons. Primo parce que la faillite de LEHMAN BROTHERS était connue dès dimanche soir. Lundi matin, les salariés de LB à Londres pliaient bagages. Deuxio car le premier risque de cette faillite pour la France est une crise de confiance des marchés, des banques et des ménages.

Le second risque, faible mais réel, est la perte de confiance des marchés boursiers dans certaines institutions financières françaises. Christine Lagarde s'est voulue rassurante: les banques françaises sont moins exposées que leurs consoeurs américaines; là n'est sans doute pas le problème. Argumenter "en faveur" de la mondialisation en permanance pour, dès le premier coup grave, prier pour en être exclu est une curiosité intellectuelle.

Les banques françaises délivrent au compte goutte les informations sur leurs engagements précis sur Lehman Brothers, et sur d'éventuelles nouvelles dépréciations. Après Dexia et BNP Paribas lundi, Natixis a communiqué ce mardi sur le sujet. La banque de gros des groupes Caisse d'Epargne et Banques Populaires a précisé ne pas avoir d'exposition sous forme de dépôts ou de prêts interbancaires, ne signalant qu'un risque net sur la signature Lehman de 21 millions d'euros, une exposition en "mark to market" de 34 millions d'euros et des opérations de prêts-emprunts de titres pour un montant nominal de 267 millions d'euros. Mais la chute de Lehman pourrait aussi compliquer l'augmentation de capital de Natixis. Le recul des valeurs financières entamée lundi se poursuivait aujourd'hui à la Bourse de Paris (source LES ECHOS).
En fait, c'est davantage un resserrement général du crédit qui menace l'économie: les crédits à la consommation, immobiliers, industriels, etc, vont se faire chers car rares.

Des difficultés sur le crédit et sur l'immobilier à la crainte d'une récession généralisée, il n'y a qu'un pas, presque franchi mardi par Laurence Parisot. Tout en réitérant elle aussi sa confiance dans le système bancaire français, la présidente du patronat s'est déclarée pessimiste sur la situation économique dans l'Hexagone, estimant que "le pire" devait désormais être envisagé. "Pratiquement tous les secteurs et tous les territoires en France ont enregistré une inflexion notable de la situation à partir des mois de mai et juin", a-t-elle relevé.


6 commentaires:

  1. Sarkozy préfère commenter les succcès, ils sont automatiquement siens et reflètent, selon lui, sa politique.
    Donc oui, jouer à Jack Bauer lui plait.
    Commenter la faillite du système économique qu'il veut à toute force imposer en France, non, il n'a pas le temps (ni les compétences, ni l'honnêteté intellectuelle vraisemblablement)

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  2. Au plan mondial ce sont sans doute entre 800 et 1000 milliards d'euros qui vont être dégagés par les banques centrales pour seulement tenter de sauver les meubles et ce sans certitudes.
    En d'autres termes, on dispose de mille petits milliards qui traînent pour éponger les monstrueuses "dettes de jeu" de groupes qui font mumuse avec nos ressources vitales, mais il n'y a pas un rond dans les caisses pour les injecter dans l'économie, le social ou la lutte contre la pauvreté.
    Seuls pourront rigoler ceux qui ont des dettes et aucune économies. Ils feraient pourtant mieux de s'abstenir. La ruine des rentiers de petite taille (retraités sur rentes et non sur bourse), serait non seulement une honte, mais cette disparition d'énormes liquidités et de pouvoirs d'achat divers s'ajouterait à l'invévitable et grave récession qui se prépare.

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  3. je viens de découvrir ton blog et je trouve qu'il s'agit d'une excellente initiative de la part d'un citoyen responsable. bravo!

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  4. Rébus a raison, Nicolas Sarkozy ne voulait pas gâcher l'effet Benoit XVI, en s'affichant pour commenter de mauvaises nouvelles, même si annoncer la réussite d'une opération de police était plutôt du ressort d'un quelconque conseiller à la Défense… Dans tout cela, il nous manque une appréciation de ce que pourrait être "le pire"à venir…

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  5. Ce qu'ily a de pire, dans le pire, c'est qu'il n'est jamais connu d'avance.

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  6. @ virginie : Bienvenue parmi nous. Et je pense comme toi. Cette initiative de Juan est excellente et permet de rester VI GI LANTS...

    Maintenant, en ce qui concerne ce qui se passe :

    1) Au états Unis, les us et coutumes veulent que les entrepreneurs qui se plantent le font seuls. Sans l'aide de l'état pour les renflouer. Première entrave à cette règle : La Fed (banque centrale américaine) à renfloué AIG de 85 Milliards de dollars sous forme d'un prêt sur deux ans. J'espère que ce sera la dernière entrave ou alors.... Les "States" au comportement si "libéral" sont en train de virer au paternalisme d'état ou à l'étatisme primaire. Ce qu'ils honnissaient chez les russes avant l'éclatement de l'URSS.
    2) Ce qui est "amusant" dans cette débâcle quasi généralisée des "financières" comme on les appelle couramment, c'est que la banque anglaise Barclays qui avait émis l'hypothèse de reprendre (du moins en partie) les actifs de Lehman Brothers ne l'a pas fait mais pire, la banque a racheté ce matin une grosse partie de ces actifs pour environ 1.7 milliard de dollars. Les requins ne se bouffent pas entre eux d'habitude mais là... Si !
    3) On nous dit "En france, il n'y a pas de danger que cette crise affecte en quoi que ce soit l'économie (Cf. le journal de l'économie sur LCI)". Foutaise ! Toutes les banques mondiales sont parties prenantes dans les subprimes. Pourquoi ? Simple. Les banques prennent un certains nombre de risques en capitalisant sur des valeurs boursières ou non (assurances, crédits...). Dans tous les cas, lorsque cette capitalisation est très importante (on parle tout de même de plusieurs milliards), elles ont recours à des sociétés de notation des risques. Et pour les subprimes... Les notes étaient les meilleures qui aient jamais été attribuées. Qu'on ne me fasse pas croire que des banquiers ne se sont pas jeté sur cette "affaire"...

    Cela dit, que lesdites sociétés de notation aient pu attribuer des notes (selon certains analystes) de type "AAA" à des crédit de type subprimes (crédit accordés avec des taux révisables à des gens qui n'ont pas les moyens au départ) est pour le moins scabreux... Comme dirait l'autre, y'en a qui ont sauté pour moins que ça.

    Dans tout ça qui va payer ?

    1) le contribuable et peu importe le pays...
    2) tous les clients des banques qui se sont faites avoir sur les subprimes... Comme le dit si bien Juan dans son excellente analyse... Les crédits vont devenir rares et chers.
    3) Les employés de ces banques quelques peu hasardeuses dans leurs choix d'investissements.

    Enfin et pour conclure, je pense que nous ne sommes pas loin de revivre un "jeudi noir" (vous savez 1929 ?)

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