26 septembre 2008

Sarkozy à Toulon: gaucho, prophète ou paralysé ?


Le président a donc parlé. Jeudi 25 septembre, ce fut le "discours de Toulon", comme l'indiquait l'affichette fixée sur le fronton de l'estrade présidentielle. Près de 4.000 personnes --élus, responsables socio-économiques ou militants UMP-- et quelques ministres et secrétaires d'Etat étaient là. Sarkozy était tendu, il se voulait peut-être solennel.

Sarkozy se défausse
Les responsables sont ailleurs. Oubliant la crise du pouvoir d'achat, l'inflation nationale, les fragilités sociales aggravées, Sarkozy botte en touche. Il accuse la bourse, et la "peur".
"Je mesure la responsabilité qui est la mienne dans les circonstances exceptionnelles où nous nous trouvons. Une crise de confiance sans précédent ébranle l'économie mondiale." "Comme partout dans le monde, les Français ont peur (...). La peur est la principale menace pour l'économie."

"Sarko le gaucho"
Pour certains, il a gauchisé son discours. Effectivement, il désigne, dès le début de son discours, les responsables: la Bourse, les fonds de pension, l'inflation mondiale; il espère que "les responsables de ce naufrage" seront sanctionnés, "au moins financièrement".
"Le marché tout puissant, c'est fini."
En fait, le discours a enfoncé des portes ouvertes, de droite comme de gauche; le président a eu vite fait de voler au secours du système : "la crise que nous connaissons n'est pas celle du capitalisme." Selon lui, c'est l'échec d'un système qui s'est éloigné des valeurs du capitalisme, un système "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché" (nouveau concept tiré de "l'économie expliquée aux Nuls" ?).

Le monarque semble craindre pour la victoire du communisme mondial : "Renouer avec le collectivisme (...) serait une erreur historique." Mais qui a parlé de collectiviser l'économie mondiale ou française ? Pour lui, cette crise doit permettre de réformer le capitalisme, sur la base de l'éthique, de l'effort et du travail.

Sarkozy le prophète
"Dire la vérité aux Français, c'est leur dire que la crise actuelle aura des conséquences dans les mois qui viennent sur la croissance, sur le chômage, sur le pouvoir d'achat"
Tel un prophète, Sarkozy en appelle au courage de chacun: "les Français trouveront la force d'affronter la crise." Il affirme ses convictions : "nous pouvons nous sortir de cette crise, et nous pouvons nous en sortir plus forts si nous acceptons de changer nos manières de penser et nos comportements." Il appelle à accélérer les réformes, mais sans préciser lesquelles: celles qui fragilisent les plus faibles (comme par exemple les franchises médicales ou les sanctions contre les chômeurs) ?

Sarkozy, à court d'idées ?
Les annonces concrètes ont été rares :
- L'Etat se portera garant de l'épargne des particuliers.
- Les parachutes dorés et le mode de rémunération des dirigeants doivent être encadrés, éventuellement par la loi si le système ne se moralise pas lui-même (pas d'action gratuite, pas de bonus indexé autre chose que sur les performances réelles de l'économie; pas de parachutes si des erreurs; les stock options doivent être généralisées à tous). Cette dernière proposition est curieuse : alors que la bourse s'est effondrée, Sarkozy propose que davantage de personnes bénéficient à terme de stock options ...
- la nouvelle taxe sur les revenus de l'épargne instituée pour financer le RSA sera diminuée à fur et à mesure du retour à l'emploi des bénéficiaires.
- la réduction du nombre de fonctionnaires se poursuivra: 30.600 emplois publics seront supprimés en 2009, dans le cadre du non-remplacement d'un agent de l'Etat sur deux partant à la retraite.
- En matière d'environnement, le président a promis de remplacer toutes nos centrales nucléaires et de "développer massivement les programmes de recherche dans les nouvelles sources d'énergie" et "les technologies propres".
- Sarkozy a exclu de nouvelles taxes ni une politique d'austérité: "Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français, non de leur en prendre"

Incapable de faire son bilan, notamment sur l'inefficacité et le coût budgétaire de son paquet fiscal de 2007, Nicolas Sarkozy s'est contenté d'appeler à une moralisation des affaires et une limitation des taxes.

5 commentaires:

  1. En France, la récession, la baisse du pouvoir d'achat, le certitude d'une aggravation du chomâge étaient amorcées et promettaient le pire, sans la crise financière.
    Ladite crise, dont tout laisse à penser qu'elle va se résoudre comme les précédentes (elle est sans commune mesure avec celle de 1929, comme prétendu) tombe à pic.
    El senior présidente s'est jeté dessus comme sur du bon pain, l'air grave, sans doute plié de rire à l'intérieur, puisque lui voila servis sur un plateau l'excuse suprême, la raison reine, le motif parfait de laisser couler le navire en se consternant et en dégageant sa responsabilité.
    Le submerfuge tiendra bien quelques mois.
    Quant aux sublimes menaces envers les "responsables" dont il est le redevable, elles sont aussi crédibles qu'un pet de taupe lâché sur la plaine sibérienne par temps de blizzard.
    Pour terminer, poussant le bouchon jusqu'à l'autre rive du lac, le voilà concaincu que "ses" réformes, toutes destinées à réduire les libertés et les revenus, sont donc devenues plus que jamais indispensables.
    Il ne lui manque plus qu'un bon cyclone des familles, un sympathique réveil des volcans de l'Auvergne ou un joyeux tremblement de terre pour qu'il puisse repartir en vacances avec sa poupée.

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  2. Sarkozy en panne, aussi, comme la France...

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  3. J'aime beaucoup le coup de la pancarte, c'est très significatif du gars : il va faire un discours historique et il faut le marquer noir sur blanc : attention, voilà LE DISCOURS DE TOULON !!!
    :-))

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  4. Bonjour,

    Et voilà pourle discours de Toulon, oeuvre qui devrait, l'espère t-il, entrer dans l'histoire de France. Comme dit-on CON en Russe ? Dourak !
    Que dire de cette sortie : "la crise que nous connaissons n'est pas celle du capitalisme." Selon lui, c'est l'échec d'un système qui s'est éloigné des valeurs du capitalisme, un système "qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché" ? Encore la preuve qu'il est vraiement Dourak!
    Au final, le DOURAK est plus DOURAK qu'on pouvait l'imaginer. Quel Dourak !
    A+

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  5. oui une turgescent, voire priapique de Sarkozy, il contredira sans vergogne ce qu'il dit maintenant dans quelques mois.
    La routine quoi.

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