18 octobre 2008

76ème semaine de Sarkofrance: qui va siffler la fin de Sarkozy ?


En cette 76ème semaine de Sarkofrance, les Bourses mondiales ont joué au yoyo avec nos nerfs. Nicolas Sarkozy, président semestriel du Conseil Européen, est parvenu à mettre d'accord ses voisins de la zone euro, puis l'Union Européenne dans son ensemble de dépenser 1 700 milliards d'euros pour sauver le système bancaire d'une crise de confiance. En France, certains ont fait beaucoup de vacarme sur une anecdote sportive, celle d'un hymne national sifflé pendant un match amical mardi soir. Une distraction de plus pour éviter de siffler les véritables mauvais joueurs.

On n'a pas sifflé la fin du capitalisme
Cette semaine, ce n'est pas la fin d'un monde. L'UMP, sous l'impulsion de son président fantôme, s'est empressé d'installer des "ateliers" pour travailler à "la refondation du capitalisme." Comment laisser des idéologues libéraux réfléchir à sauver leur système ? Serait-ce une thérapie de groupe ? Dès les premiers jours, la réaction de Nicolas Sarkozy a été sans équivoque. La crise financière est la conséquence d'une poignées d'irresponsables fautifs en Bourse. Où est donc passée la merveilleuse "main invisible du marché" ? Les traders ont beau jeu d'expliquer qu'ils n'ont fait que leur métier. Ils ont raison. Le capitalisme a substitué l'illusion financière à la croissance des industries et des services. Du côté de la Sarkozie et des milieux d'affaires, le discours est rodé: le système a été perverti. Ben voyons.
Nicolas Sarkozy, samedi 18 octobre, est dans les bureaux de George W; Bush dans sa résidence de vacances de Camp David pour le convaincre d'organiser un nouveau Bretton Woods. Nicolas Sarkozy se prendrait-il pour De Gaulle ? La comparaison avec celui qui dirigea la France Libre puis un véritable gouvernement d'union nationale, et présida à la création de la Sécurité Sociale et des services publics au lendemain de la guerre serait funeste pour le Monarque actuel de l'Élysée.

Personne n'a sifflé le Président
Nicolas Sarkozy avait la voix enrouée en fin de semaine. Le rythme soutenu de ces derniers jours le changent de ses longs weekends d'août. Surtout, il ne comprend pas grand chose à ce qui se passe. En mars 2005, Nicolas Sarkozy encourageait les subprimes sans le savoir. Il fallait prêter aux pauvres !
"Il faut mettre en œuvre rapidement la réforme du crédit hypothécaire. Ce n’est quand même pas excessivement audacieux de proposer que les crédits immobiliers soient tout simplement et uniquement garantis sur la valeur des biens achetés ; ni excessivement anormal de demander aux banques d’accorder sur la même hypothèque un nouveau crédit, lorsque le précédent emprunt a été partiellement remboursé. Il faut inciter les banques à prêter à tous et pas seulement aux plus aisés." (source: UMP)
Nicolas Sarkozy a réussi dimanche dernier à mettre d'accord l'Eurogroupe, les chefs d'Etats membres de la zone euro. C'est une performance qu'il faut saluer. La crise était grave. Nicolas Sarkozy a rattrapé son propre retard inconséquent des 3 semaines précédentes. Il peut surtout remercier le premier ministre britannique Gordon Brown. Ce dernier a convaincu ses homologues des seules bonnes actions à mettre en œuvre : il fallait débloquer le crédit interbancaire. Les établissements financiers ne se font plus confiance, et risquent de ne plus prêter à personne. Asphyxie générale ! Sarkozy, seul, avait décidé de garantir les dépôts des particuliers, de construire 30 000 logements et de transférer 22 milliards d'euros de la collecte des Livrets A vers le crédit aux PME. Une goutte d'eau dans une piscine en débordement.
Lundi soir, comme ses homologues anglais, allemand, ou italien, il a annoncé son propre plan de plusieurs centaines de milliards d'euros. Finalement, Sarkozy s'est retrouvé à la remorque de Brown.
Cette crise l'a semble-t-il conforter dans sa stature de Monarque. Il porte plainte contre l'ancien patron des RG à cause de la publication des carnets privés de ce dernier; il exige l'interdiction de la commercialisation d'une poupée Vaudou à son effigie; il demande à supprimer les régions (majoritairement à gauche) au profit des départements (où le rapport gauche/droite est plus équilibré); il régente même le comportement des spectateurs dans les stades; et il s'octroie une augmentation de 11% de son budget en 2009. Il est vrai qu'il voyage beaucoup. Il lui fallait un bel avion tout beau tout neuf. C'est chose faite pour le Monarque.

On a sifflé la Marseillaise, et alors ?
L'inconséquence ou simplement la joie du défi de quelques supporteurs a permis aux bonnes consciences de la Sarkofrance de se refaire une santé. L'indignation fut nationale. Bernard Laporte, le patron de casino et secrétaire d'Etat aux Sports a réclamé un "public sain." Siffler l'hymne, comme brûler des billets de banque ou le drapeau, a de tous temps dérangé les Etats. L'oukase présidentiel est tombé le lendemain: les matches qui seront troublés par de tels comportements seront suspendus immédiatement. Le Monarque a parlé, de façon impulsive comme souvent.
Michel Platini lui a gentiment rétorqué que la réaction présidentielle était crétine: "Il y a trente ans, quand je jouais avec l'équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. " Et l'ancien champion d'expliquer: "Je ne vois pas dans les sifflets qu'on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d'un soir, en l'occurrence l'équipe de France, que l'on veut battre." Merci Michel, on va pouvoir retrouver une activité normale. Priver 50 à 70 000 supporters de leur match est simplement la meilleure façon de provoquer des émeutes. Peut-être pourrait-on cesser d'assimiler 11 joueurs éventuellement talentueux courrant après une baballe à un acte de fierté nationale ? Quelques heures plus tard après l'affront national, il nous a aussi fallu rappeler :

Pourtant, réfléchissez un peu, amis patriotes. La France est une belle cause qu’un ministre de l’Identité Nationale, exécuteur d’une politique indigne de son chef Nicolas, bafoue un peu plus chaque jour. Dans la France de Brice Hortefeux, il faut savoir apprendre à expliquer à nos amis étrangers pourquoi on peut séparer des familles d’immigrés, demander un test ADN pour justifier une maternité, et en même temps employer des clandestins pour la rénovation de la maison de campagne du Président.

En sarkofrance, tout est possible.

Taisez-vous les pauvres !
La crise est là, mais rien ne change en Sarkofrance. Après les mauvaises nouvelles du mois d'août, l'UNEDIC table désormais sur une hausse de 46.000 chômeurs en 2008. Il y a à peine trois mois, elle attendait une baisse de 80.000 pour l'année. Vendredi dernier on apprenait que la production industrielle aussi avait fléchi en août, de 0,4% par rapport à juillet. L'inflation s'est confirmée à 3,6% en septembre dans la zone euro, preuve que le marché reste tendu malgré le ralentissement de la croissance, voire l'entrée en récession pour certains pays tel la France depuis 3 mois.
François Fillon a bien commencé un mea culpa discret: mercredi sur RTL, il a avoué que le gouvernement allait revenir aux contrats aidés, pour juguler la hausse du chômage. Voici enfin l'échec de la "politique des heures sup" officialisé ! Mais c'est l'arbre qui cache encore la forêt: aucune mesure d'accompagnement social de la récession à venir n'a été annoncé.

Le durcissement de la politique sociale amorcée depuis 18 mois se poursuit: avec la généralisation du travail le dimanche, Le gouvernement laisse croire que la consommation sera plus grande si les horaires de la distribution s'assouplissent. En période de baisse du pouvoir d'achat, l'argument est un peu simple. Une exception ? La mise en œuvre d'un Revenu de Solidarité Active dont le financement acquis au forceps paraît bien ridicule face aux sommes monstrueuses dégagées en quelques heures pour sauver les banques. Rachida Dati a quelques peines à concilier son incompétence et les suicides à répétitions dans les mourroirs que l'on appelle prisons. Brice Hortefeux croit se refaire une éthique grâce à son "Pacte Européen de l'Immigration et de l'Asile", adopté par les 27 Etats membres.

Ne faut-il pas siffler Frédéric Lefebvre ?
L'UMP est un parti godillot. C'est le propre des partis au pouvoir. Un homme s'en distingue. Frédéric Lefebvre, l'un des 3 porte-paroles du Parti. Il est de tous les combats. C'est normal. C'est son métier. Frédéric Lefebvre est l'homme des basses œuvres et des confidences de Nicolas Sarkozy. Lobbyiste professionnel, il défendait les intérêts de belles sociétés du tabac ou de l'agro-alimentaire. Il avait son bureau au Ministère de l'intérieur. Cécilia Sarkozy le détestait, car il couvrait son patron en "toutes occasions." Il est député sans avoir été élu, grâce à la suppléance d'André Santini dont il a récupéré le fauteuil. Lefebvre a un avis sur tout, même s'il ne connaît pas grand chose (immigration, immobilier, culture, audiovisuel, heures supplémentaires). N'y-a-t-il personne pour l'arrêter ?

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Rien ne change en Sarkofrance.

1 commentaire:

  1. Nicoli Sarkoza a supposé qu'il manipulerait tout le monde, au plus haut niveau.
    C'est lui qui est bien devenu le jouet de ses cibles, comme tout le laissait prédire. Plus dure sera cette évidence quand il sortira de la présidence européenne, tendue comme un piège à musaraignes.
    Plus la chandelle brûle vite, plus vite elle s'éteind.

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