30 novembre 2008

Poupée Vaudou: Sarkozy définitivement ridiculisé

Il n'a sans doute pensé à cette éventualité. La cour d'appel de Paris a estimé vendredi 28 novembre que la poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy constituait bien une «atteinte à la dignité» du chef de l'Etat mais a autorisé sa commercialisation à condition d'y apposer la mention «que l'incitation du lecteur à piquer la poupée jointe à l'ouvrage avec les aiguilles fournies, action que sous-tend l'idée d'un mal physique serait-il symbolique, constitue une atteinte à la dignité de la personne de M. Sarkozy» ainsi que l'ensemble de la condamnation.

Yes, we can !


Autrement dit, chacun peut désormais acheter en toute légalité cette poupée vaudou labellisée "insulte au Chef de l'Etat" par la Justice. Merci les juges !


Faites comme moi, photographiez-vous avec la poupée !

Crédit photo : Juan/Sarkofrance.

29 novembre 2008

82ème semaine de Sarkofrance : et Sarkozy abandonna le Travail

Cette semaine, une chose incroyable s'est produite. Nicolas Sarkozy a abdiqué. Évidemment, il ne l'a pas avoué. Il a abandonné la promesse centrale de sa campagne électorale de 2007 : la priorité au travail. Cette semaine en effet, Nicolas Sarkozy a enfin annoncé la couleur. Jusqu'ici, la réponse "sociale" à la crise était minime. Le discours de Rethel incluait un modeste traitement social du chômage. Il y a deux jours, le monarque a confirmé la donne : face à la crise, le monarque n'aidera que les employeurs et le capital. Exit le travail et les travailleurs ! 

Électeurs sarkozystes, avez-vous voté pour cela ?


Gesticulateur
Le Monarque a un talent certain : celui de la répétition des discours. Devant les diplomates, les journalistes, les ouvriers, les maires, il répète à l'envie les mêmes phrases, les mêmes arguments, appuyés par les mêmes exemples. Les conseillers en charge de ses discours sont-ils déjà au chômage technique ?  Un confrère blogueur l'a surnommé "Gesticulator." Nicolas Sarkozy excelle effectivement à cacher ses contradictions et reniements par une gesticulation médiatique. Depuis des semaines donc, le Monarque répète jusqu'à l'écœurement la même rengaine: "on est passé à deux doigts de la catastrophe du siècle." Mais de quelle catastrophe parle-t-il ? La vraie casse semble pour plus tard, l'an prochain. Les victimes sont connues : les pauvres, les salariés, les seniors, les classes moyennes, les fragiles.


Escamoteur
La déconvenue est totale : pour le 6ème mois consécutif, le chômage s'aggrave. Nicolas Sarkozy veut vous/nous faire croire que la "Grande Crise de Septembre" en est l'unique responsable. Le ralentissement économique français a commencé il y a 6 mois, révélant l'échec total et absolu d'une politique anachronique. Cette semaine, le sous-secrétaire d'État au Chômage Laurent Wauquiez a été envoyé au charbon, et son patron de président a crié ses slogans à coups d'haussements d'épaules convulsifs. En octobre, le chômage "officiel" a augmenté de 46 000 personnes pour s'élever à plus de 2 millions. Ce chiffre ne compte ni les précaires du temps partiel ni les chômeurs "techniques." Dans leur communiqué de presse, la ministre "Marie-Antoinette" Lagarde et son secrétaire Wauquiez n'osent pas avouer le chiffre : 2 004 500 chômeurs "officiels" en France.

Mais ce n'est pas tout :cette semaine, les services de Jean-Louis Borloo ont annoncé que le nombre de mises en chantier de logements en France a reculé de 20,6% entre août et octobre, comparé à la même période un an plus tôt. Le financement par l'État de 30 000 logements, annoncé par Nicolas Sarkozy en septembre, n'a produit aucun effet. Le moral des industriels français a lui touché un nouveau plus bas en novembre, chutant à 80 points, son plus faible niveau depuis septembre 1993. La France compte 1,1 million de Rmistes, deux millions de travailleurs pauvres et sept millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Pour ceux-là, la réduction des indemnités chômage, les franchises médicales, et la réduction des pré-retraites ne sont pas remises en cause alors que la plus grave crise sociale du siècle menace. Un dernier chiffre ? Le chômage des plus de 60 ans a crû de 4,1% sur l’année. Vive le travail des seniors !

Imposteur

Tous les efforts gouvernementaux visent le soutien à l'investissement et aux entreprises. le pouvoir d'achat et la protection des salariés est oubliée. Travail versus capital ? Nicolas Sarkozy a choisi depuis longtemps. La crise fait tomber les masques. Politique de classe ? Le Monarque n'a pas renoncé à deux de ces mesures les plus inéquitables, anachroniques et inefficaces: l'incitation aux heures sup et les allègements fiscaux. Qui va payer ? Voici, à titre de simple illustration, un florilège des mesures votées cette semaine :
  •  Le RSA est adopté, une bonne chose pour les plus pauvres, mais financé exclusivement par les classes moyennes.
  • Les bénéficiaires du bouclier fiscal n'auront plus à attendre le remboursement de l'Etat des sommes trop perçues par le fisc. L'an prochain, ils pourront directement les déduire de leur ISF et de leurs taxes d'habitation et foncière.
  • Frédéric Lefebvre a failli réussir à faire un adopter un amendement créant une nouvelle niche fiscale pour ceux des plus aisés qui souhaitent investir dans les pays en voie de développement. Le vrai retour de la Françafrique !
  • Contre l'avis du gouvernement, les députés ont voté la prime transport
  • Suivant l'avis du gouvernement, les députés ont renoncé aux taxes sur les stock-options, les actions gratuites et les retraites chapeaux. 
  • Les parachutes dorés seront exonérés de taxes jusqu'à un million d'euros.
  • La hausse du minimum vieillesse de 25% promise par Sarkozy d'ici 2012 sera limitée aux personnes seules. 
  • Alors que l'emprise de la Bourse sur l'économie est accusée de tous les maux, les députés ont voté que l'attribution de stock-options aux cadres soit désormais conditionnée à la distribution de stock-options ou d'actions gratuites à 90% des salariés, Autant tous plonger!

Irresponsable
La récession est là, il n'y a que Sarkozy et ses proches pour tenter de nous la cacher. Pour une seule raison, idéologique et personnelle, Nicolas Sarkozy n'abandonnera pas "SA" mesure phare, l'incarnation même de son slogan de campagne "Travailler plus pour gagner plus" : la défiscalisation des heures supplémentaires. Cette mesure, votée dans les premières heures de la Sarkofrance triomphante, a détruit l'emploi intérimaire un trimestre à peine après sa mise en œuvre. Dès le mois de juin, le chômage est reparti à la hausse, malgré les efforts gouvernementaux pour exclure des statistiques le plus grand nombre de sans-emplois. En août, une première dégradation sérieuse de l'emploi cassait l'élan présidentiel, deux semaines avant le premier krach boursier. Et jeudi dernier, le gouvernement devait préparer les esprits. la subvention des heures supplémentaires est la plus belle souplesse accordée aux entreprises de ces dernières années : elle leur permet de se passer de l'intérim, et d'éviter les CDD. mesure anachronique par excellence, elle signifie pour le salarié le renoncement à une augmentation de son salaire contractuel.

Mais Sarkozy ne renconcera pas à la mesure, elle est trop symbolique de sa "rupture." En 2009, il ne s'agira pas de travailler plus pour gagner plus, mais simplement de travailler, même partiellement.

Monarque
Nicolas Sarkozy a peur de s'embêter l'an prochain, quand il ne présidera plus le Conseil Européen. Après avoir pris l'engagement de plus maquiller les photos gouvernementales qu'il publie (avec ou sans bague à 15 600 euros), le Figaro expliquait cette semaine ces états d'âme présidentiels. L'homme (ou la femme) de la rue pourrait croire que l'actualité française est suffisamment chargée. Mais la crise sociale et économique que traverse le pays semble peu préoccuper le monarque. Le Figaro relève ainsi les sujets d'inquiétude et de réflexion du président français ; en résumé, ses ambitions sont simples: va-t-il pouvoir toujours autant voyager («Je vais pouvoir voyager dans des pays différents») ? Comment garder l'UMP à sa botte («il y a six places à l'UMP en janvier et huit places éligibles pour les élections européennes, en juin ») ? Comment se montrer autant sur le "terrain" («Le président veut organiser au moins deux déplacements par semaine» ) ? Bref, une petite crise narcissique en perspective difficile à gérer pour les proches du chef de l'État.
Comble de la monarchie, voici le retour de la grâce présidentielle, cette fois-ci pour Noël. la grâce servait notamment à désengorger les prisons, au moment de la Fête Nationale le 14 juillet. Sarkozy nous a expliqué l'an passé qu'il ne cèderait pas à la tentation. Finalement, en bon monarque, il a changé d'avis et se réserve le droit de gracier une poignée de prisonniers méritants pour Noël. Il a demandé une liste de 50 détenus exemplaires à la Garde des Sceaux. Cette grâce est un double symbole : fini la grâce collective, place à la clémence du Monarque.

Le Monarque est tout de même parfois humilié : une Cour d'appel a imposé à l'éditeur de la poupée vaudou de bien préciser sur son objet qu'il était effectivement "insultant" pour le chef de l'Etat. Merci la Justice pour ce label marketing supplémentaire !

Quelle alternative ?
L'unique réponse du clan sarkozyste (c'est un clan, en êtes-vous convaincu ?) est l'absence d'alternative. Sarkozy n'a pas d'opposant crédible. L'opposition a cependant une chance à saisir. Elle n'est pas si simple. Les Français craignent désormais davantage pour leur emploi que pour leur pouvoir d'achat. Pourtant, les arguments sont à portée de main : un président qui défend sa "classe"; des efforts inégalement partagés aux détriments des plus pauvres et des classes moyennes.
Martine Aubry commence très moyennement son rôle d'opposante en chef. Jeudi, elle a réclamé la suppression de "70 milliards d'euros de niches fiscales." Vraiment ? Ses conseillers pourraient-ils lui dire que ce montant regroupe bien des aides très sociales. Ségolène Royal s'est rangée à la décision contestée de son Parti. Mais elle reste l'une des rares à tacler le monarque très clairement. Le Modem est lui encore inaudible, faute de représentation politique à la hauteur. Le mouvement écologiste se regroupe dans la perspective des élections européennes. Il pourrait révéler l'imposture "durable" du gouvernement en matière de défense de l'environnement. A l'extrême gauche, on attend avec impatience la constitution du Nouveau Parti Anticapitaliste autour d'Olivier Besancenot, toujours très présent.
Un paysage semble se dessiner au tour de trois pôles, un centre-gauche, offensif contre l'ineptie économique et l'imposture républicaine du Monarque; l'autre, écolo, ruinant la crédibilité présidentielle en matière de développement durable; le troisième très social, dénonçant la casse sarkozyste qui frappe les plus fragiles.

Le masque est-il tombé ?

Ami Sarkozyste, où es-tu ? 

No comment : Sarkozy mon richard

28 novembre 2008

Frédéric Lefebvre est-il député ou lobbyiste ?


L'excellent porte-parole et lobbyiste de l'UMP, le député Frédéric Lefebvre, s'est amusé à la provocation gratuite mardi 25 novembre. Alors que la loi sur la réforme de l'audiovisuel public entrait en examen à l'Assemblée Nationale et qu'un mouvement de grève secouait les chaînes et radios publiques, le dit député s'est autorisé à réaffirmer que cette réforme devrait entraîner une baisse des effectifs à France Télévisions: environ 900 départs à la retraite ne devraient pas être, selon lui, remplacés, auxquels s'ajouteraient les départs volontaires: "ça peut faire plus que 900 personnes." Au même moment, le député proposait un amendement à cette loi pour instaurer un quota de minorités visibles sur les écrans et les ondes de l'audiovisuel public.

Le député n'est pas avare de propositions en matière de contrôle des médias : il suggère des émissions, veut contrôler l'Internet, imposer la discrimination positive sur les écrans français.

Mais mercredi, patatras. Il a été retoqué par ses pairs.


Mercredi en effet, Frédéric Lefebvre s'est vu retoqué son amendement au Projet de Loi de Finances prévoyant un avantage fiscal pour investissement dans les "pays en voie de développement". Un sursaut des députés présents ? Avec l'aval et le concours technique du gouvernement, Frédéric Lefebvre avait souhaité créer une nouvelle niche fiscale : selon cet amendement, un foyer pouvait défiscaliser 25% des sommes investies dans des entreprises françaises implantées dans les pays sous-développés. La liste de ces pays "agréés" était définie par l'Etat et les investissements devaient transiter par des sociétés d'investissement également agréées par le Ministère des Finances.

Dans le préambule de son amendement, le député expliquait que 255 sociétés françaises étaient déjà implantées en Afrique.

Pour qui donc travaillait le député Lefebvre ?

L'un de ses collègues a ironisé en séance sur sa capacité de travail : "Voilà un amendement tout à fait impressionnant ! Il faut rendre hommage à notre collègue : rédiger seul - puisqu'il en est l'unique signataire - un amendement d'une telle complexité technique..."

Frédéric Lefebvre arguait enfin que ces investissements directs des ménages pourraient ainsi se substituer à l'aide publique d'Etat à Etat. Investissement privé contre aide publique ?

Lors de son examen il y a quelques semaines, le député communiste Jean-Pierre Brard a eu cette réponse lapidaire et bien trouvée : "Que nous est-il proposé ? Non pas des projets de codéveloppement, mais des facultés d'investissement. Il s'agit d'une démarche néocoloniale classique : le blanc dominateur décide pour le noir, parce que les Africains ne savent pas ce qu'il leur faut - c'est bien connu - alors que les blancs, eux, savent..."

L'amendement a été supprimé.

Aujourd'hui, achetez Vendredi !


Vendredi est une intiative curieuse et alléchante. Mes confrères vous en ont déjà parlé. Pour en avoir discuté avec l'un des fondateurs (Philippe Cohen), l'un de leurs constats était que les blogs conservaient cette fraîcheur et cette virulence du débat qui fait désormais défaut à la presse traditionnelle. J'y découvre des blogs et des infos ratées sur le Net.

Vendredi.info offre un recul, pour certains articles, que le surf intempestif n'autorise pas toujours.

Aujourd'hui, c'est Vendredi.

Donc allez-y.

27 novembre 2008

Outrages à président

La question de l'outrage est revenue sur le devant de la scène politique depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Outrages à président, policier, hommes politiques, les occasions de "délits" sont nombreuses, et la machine gouvernementale semble s'enrayer à trop couloir contrôler la contestation.

Outrages à Président
Inutile de recenser ici les cas nombreux de plaintes présidentielles. L'immunité dont jouit le Chef de l'Etat ne dérange ce dernier. Il porte plainte à tout va, sans craindre du coup une quelconque contestation. Certaines affaires sont risibles, telle celles de la poupée vaudoue ou de ce militant socialiste condamné à ... 30 euros pour avoir brandi une pancarte "casse-toi, pov'con" devant un cortège présidentiel. Les récentes déclarations de Dominique de Villepin à l'encontre de Nicolas Sarkozy vont-elles lui valoir une plainte pour diffamation. L'accusation est grave et directe, par avocat interposé: «Le détournement de pouvoir auquel le président de la République s'est livré en maintenant M. Henri Pons dans ses fonctions, dans le seul but de poursuivre l'information dans laquelle il est partie civile, constitue à l'évidence une violation du principe de l'égalité des armes et, plus largement, du droit au procès équitable».

Outrages à ministre ou à maire
Le secrétaire d'Etat Yves Jego a eu gain de cause, en première instance, contre un blogueur en avril dernier. Il avait été débouté d'une autre plainte contre deux blogueurs qui l'avaient traité de "menteur" et de "manipulateur." La semaine dernière, la mairie de Puteaux  a perdu son action en justice contre Christophe Grébert (4 ans de procès pour rien !). Lundi, un homme a été condamné à 400 euros d'amende pour outrage à l'encontre de Bernard Kouchner. Le ministre n'avait pourtant rien entendu. Les propos incriminés avaient été "notés par des CRS assurant la sécurité de la réunion européenne, le 6 septembre."

Outrages à agent
Un collectif réclame la dépénalisation du délit d'outrage. Il a même publié une lettre ouverte au Garde des Sceaux (vendue 5€) et lancé une pétition. Il rapporte:

"L’article 26 de la loi du 29 juillet 1881 [sur la liberté de la presse] relatif à l’offense au président de la République s’inscrit dans une filiation monarchique : le crime de lèse-majesté. Ce délit, tombé depuis 34 ans en désuétude, vient d’être réactivé par le président Sarkozy, dans un contexte d’explosion du délit d’outrage, de pénalisation des rapports sociaux, de répression des luttes militantes par voie judiciaire, d’atteintes répétées à la liberté d’expression.



Parce que ces dangereuses dérives laissent à craindre une résurgence du délit d’opinion. Parce qu’il existe suffisamment de dispositions juridiques concernant la protection de la vie privée, y compris celle du chef de l’Etat. Parce que le délit d’offense aux chefs d'Etat étrangers a été aboli par la loi Perben II du 9 mars 2004, après que la France eût été, le 25 juin 2002, condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme." (source)

Outrages à citoyen ?
Comment ne pas se souvenir des insultes faciles proferrées: "casse-toi pov'con" de Nicolas Sarkozy lors du dernier Salon de l'Agriculture, une insulte que ses proches avaient qualifiée de "un peu vive" voire "virile" ? Et l'accroissement de la précarité du plus grand nombre n'est-il pas l'outrage le plus insupportable ?


Lire aussi:

26 novembre 2008

Sarko se chiraquise à Valenciennes

Nicolas Sarkozy est venu à Valenciennes mardi 25 novembre défendre l'un de ses mesures de traitement social du chômage, l'élargissement du contrat de transition professionnelle (CTP). Le 28 octobre dernier, il avait discouru à Rethel, première intervention sociale depuis la rentrée.

Nicolas Sarkozy a raison
Mardi, Il a proposé l'élargissement du traitement social du chômage : extension des Contrats de Transition Professionnelle (budget débloqué  : 225 millions d'euros), assouplissement du chômage partiel. Sur ce dernier point, Sarkozy a raison : mieux vaut l'emploi que le chômage. Actuellement, une entreprise ne peut mettre ses salariés plus de 600 heures au chômage technique sauf à les licencier. Sarkozy a proposé d'étendre à 800 voire 1000 heures ce délai suivant les zones d'emploi, et d'accroître de 4 à 6 semaines de chômage technique consécutives les possibilités des entreprises. Il a aussi proposé aux partenaires sociaux "d'augmenter le taux de prise en charge des rémunérations perdues qui n'est aujourd'hui que de 50%".


Nicolas Sarkozy nous trompe

Le Monarque nous trompe. A y regarder de plus près, il se rapproche de son modèle, Jacques Chirac. Il parle davantage, mais brasse davantage de vent.

1. Il n'a pas chiffré le périmètre de ses action. 
Aucune indication n'a été fournie sur le nombre de salariés concernés par l'extention des Contrats de Transition Professionnelle (CTP): "On fait plus que tripler le nombre de bassins qu'on prend, c'est considérable, et je suis prêt à aller beaucoup plus loin encore" a déclaré le Monarque. On lui rétorquerait volontiers: combien de personnes y-a-t-il dans un bassin d'emploi ? 1 000 personnes ? 10 000 personnes ? 100 000 personnes ?  En fait, les CTP des 7 bassins d'emploi actuellement concernés s'élèvent à ... un millier de salariés. Trois fois plus, cela ferait .... 3 000 ! Conclusion : Sarkozy se foutrait-il de notre gueule ?

2. Il a fait des promesses qui n'engagent que lui.
Ce n'est pas la première fois que le Monarque s'engage pour le compte d'autrui. Comme l'a rappelé le Président, les modalités d'indemnisation des chômeurs dépendent ... des négociations entre partenaires sociaux. Et, sur ce sujet, on sait qui bloque : le M-E-D-E-F. Sarkozy est resté dans la position facile du Chirac de la Fracture sociale: "Y-a Qu'A - Faut-Qu'On"

3. Il n'a pas renoncé à deux mesures phares de sa présidence qui sont dangereuses et inefficaces : le soutien aux heures sup et les allègements fiscaux. La défiscalisation des heures supplémentaires est une erreur historique. Elle décourage l'emploi, réduit les cotidations sociales et retraites, et, en période de crise, ne sert à rien. La suppression du bouclier fiscal et de la défiscalisation des successions sont une question de justice sociale. la crise demande des efforts. Qui va payer ?

Nicolas Sarkozy n'avait pas le choix que d'annoncer des mesures "sociales" ce mardi. Jeudi seront annoncés les dernières statistiques du chômage, celles d'octobre. Laurent Wauquiez a prévenu qu'elles seraient très mauvaises.

Quand le président français nous annonça qu'il prévoyait un large plan de relance de l'économie dans 10 jours, on se prit à rêver et on comprit. Il nous faisait rêver. Les mesures adéquates sont connues. Il n'avait qu'à s'inspirer de Gordon Brown.

Le préfet du coin a dû confirmer que le Président, comme à chaque déplacement officiel, a fait un crochet discret chez les militants locaux, à Saint-Saulve, la ville de la députée Cécile Gallez. Loin des caméras, le chef de clan prend soin de motiver "ses" troupes.

Il a raison, les Français semblent y croire.

Lire aussi:

Centres de rétention ou prisons ?

Ce montage video est dramatique d'efficacité. Il y a 10 mois, le Monarque nous faisait la leçon, en direct à la télévision. Il ne fallait pas confondre prisons et centres de rétention, d'après lui. 10 mois plus tard, la sanction est tombée.

25 novembre 2008

Crise : Nicolas Sarkozy à la remorque de Gordon Brown ?

Nicolas Sarkozy recevait Angela Merkel lundi 24 novembre, afin de préparer l'annonce d'un plan de relance économique au niveau européen prévue ce mercredi. Comme en septembre dernier, le premier ministre britannique a devancé ces collègues européens.Et cette fois, Angela Merkel n'a pas donné raison à un président français bien embarrassé.
La relance anglaise
Le plan anglais présenté lundi 24 novembre se chiffre à15 milliards de livres (17,8 milliards d'euros), soit 1 % du PIB. La baisse de la TVA de 17,5 % à 15 % compte pour l'essentiel de cette relance, soit quelque 12 milliards de livres (14,2 milliards d'euros). La crise conduit aussi Gordon Brown à améliorer la fiscalité des ménages : il a ainsi prévu d'augmenter les impôts sur les revenus des foyers les plus riches, en portant de 40 % à 45 % du taux d'imposition pour les 300 000 personnes qui gagnent plus de 150 000 livres par an. Parallèlement, le plan anglais prévoit d'étendre un abattement fiscal de 120 livres par an consenti aux contribuables les plus modestes. Le Royaume Uni a davantage de marges de manoeuvre que la France : sa dette publique ne représente "que" de 40% du PIB, contre plus de 60% pour la France.

L'hésitation allemande
L'Allemagne, peut être davantage que la France, se prépare à la récession. Néanmoins, comme la France, elle refuse de s'engager dans une baisse de la TVA. La contradiction fiscale de la politique française interroge : les allègements fiscaux de l'an passé, qui accroissent les inégalités puisqu'ils concernent essentiellement la fiscalité progressive, ne sont pas remis en cause. Pourtant, la TVA, la fiscalité directe la plus inéquitable socialement, restera donc à son niveau record (19,6% pour le taux normal, contre une moyenne européenne à 15%).
"L'Allemagne, avec son train de mesures qui est en cours d'examen au Parlement, a mis en place de telles mesures ciblées, comme par exemple la suspension de la vignette en Allemagne, des allègements fiscaux pour les artisans. Je souhaite qu'on attende les effets de ces mesures", a ajouté la chancelière.
"La France partage l'analyse de l'Allemagne", a renchéri Nicolas Sarkozy. "Faut-il faire une baisse de la TVA généralisée alors que nous constatons une baisse des prix ?", a-t-il demandé. "Et est-ce qu'il faut mettre les marges de manœuvre dont nous disposons sur la baisse des prix quand la baisse des prix a lieu, ou sur ce qu'on vient de dire Angela [Merkel] et moi, sur l'investissement, l'innovation, la recherche, les écoles, l'éducation, la formation ?", s'est interrogé le président en exercice de l'UE. "Je crois pouvoir dire, sous le contrôle d'Angela Merkel, que nous faisons plutôt ce choix-là. Cela ne veut pas dire qu'on juge ce que font les autres, ils peuvent avoir d'autres ambitions, d'autres demandes", a-t-il conclu (source AFP).
Malgré ce "constat commun", la chancelière allemande est restée inflexible aux demandes de Nicolas Sarkozy d'approuver un nouveau plan de relance européen. Elle a considéré que l'Allemagne avait déjà réinjecté quelques 30 milliards d'euros dans son économie, qu'il fallait attendre janvier afin d'en mesurer les effets, et que tout plan européen devait intégrer ces efforts nationaux et non s'ajouter à ceux-ci. le Figaro a commenté sobrement: " Le 10e conseil des ministres franco-allemand n'a débouché lundi sur aucune mesure concrète."
Au contraire, Angela Merkel s'est prononcé pour des mesures… «qui ne coûtent pas d'argent» aux Etats, comme l'assouplissement de certaines règles concernant les petites et moyennes entreprises (PME). «Il ne faut pas confondre action et précipitation. Compte tenu des informations actuelles pas faciles à interpréter, nous courrons ce risque»

L'éparpillement français
Les mesures envisagées par le gouvernement français sont plus "ciblées", un autre qualificatif pour désigner un éparpillement des actions et des annonces :
Visiblement, le gouvernement Sarkozy s'obstine à ne pas vouloir soutenir largement la consommation, les ménages et entreprises précaires (PME, commerçants, chômeurs, seniors) par autre chose que des actions sectorielles limitées. Les autres mesures évoquées lundi étaient en effet du même acabit : accélération de la rénovation de 800 000 HLM pour améliorer leur efficacité énergétique, rénovation des infrastructures de transports SNCF, prêt à taux zéro pour l'acquisition d'une automobile (faut-il donc encore favoriser l'endettement des ménages ??).

Ce lundi donc, l'allié allemand a fait comprendre à Sarkozy qu'il était trop agité; et l'allié anglais avance dans son coin. Le Monarque est embarrassé : «Nos organisations ne sont pas les mêmes: il y a d'un côté un pays fédéral, de l'autre côté un pays qui est plus centralisé»

L'UMP raille le PS, Usés, Méchants et Populistes


La semaine dernière, les dissensions au Parti Socialiste ont évidemment réjoui le "parti majoritaire." Florilège de déclarations, et quelques faits pour rappeler à certains Umpistes qu'ils devraient peut-être se faire discrets.

Patrick Devedjian : «L'opposition, c'est aussi le visage de la France, et l'image est là tout à fait désastreuse. Elle l'est aussi pour la démocratie d'une manière générale»

Patrick Devedjian est le patron "sous contrôle" de l'UMP depuis l'élection présidentielle. Déçu de n'avoir pas obtenu le ministère de la Justice, il avait raillé l'ouverture à quelques personnalités de "gauche" dans le gouvernement Fillon. L'UMP n'a jamais connu de véritable démocratie interne, les dépôts de candidatures étant sous contrôle. L'an passé, l'énergie électorale s'éloignant, le parti "majoritaire" a perdu quelques 100 000 adhérents. Sur son blog, Devedjian reconnaît que son parti a connu les mêmes péripéties que le parti socialiste aujourd'hui. Et comment les-a-t-il résolu : en faisant taire les oppositions. Dimanche 23 novembre, il confiait : "le secrétaire général que je suis est un paratonnerre, qui doit assumer les difficultés et qui ne fait rien d’important sans lui en référer."

Yves Jego: "On peut toujours rafistoler la façade... la famille socialiste est confrontée à une situation qui peut aboutir à une scission entre social-libéralisme et néo-marxisme".

Yves Jégo est secrétaire d'Etat à l'Outre Mer. Cumulard par excellence, il était député de la Seine-et-Marne et secrétaire national de l'UMP, et reste maire de Montereau-Fault-Yonne, Yves Jego est l'un de ces politiciens qui supportent mal la critique. il a porté plainte l'an dernier contre deux blogueurs qui l'avaient traité de "menteur" et "manipulateur". Il a perdu son procès en diffamation. Il a réussi à en coincer un autre, le faisant condamner à 200 euros d'amende en avril dernier. Yves Jego est aussi l'un de ses professionnels politiques d'envergure mineure. Yves Jego n'a jamais travaillé ailleurs que dans le cercle politique. Plus récemment, il a laissé filé 100 000 adhérents de l'UMP, étant en charge des "nouveaux adhérents" alors que son parti vivait une hémorragie militante sans précédent. Son blog : yvesjego.typepad.com

Frédéric Lefebvre : "Ce parti qui a décidé de ne pas choisir a implosé! Il vient de désigner, de justesse, une Premier secrétaire minoritaire déjà contestée sur qui pèse le soupçon de la fraude!"

C'est l'un de nos députés UMPistes préférés. Toujours actif, il a un avis sur tout, sauf sur les industries qui le payaient (le cigarettier Altadis, le Syndicat national des professionnels immobiliers, l’Association nationale des industries agro-alimentaires, les casinos Lucien Barrière, les groupes Bouygues, Alcatel... ). Nous serions ravis d'en savoir plus sur sa période 2002-2007 aux côtés de Nicolas Sarkozy. Il cumulait des fonctions de lobbyiste professionnel, de confident du futur président, maire-adjoint de Garches, en charge de la jeunesse, des sports et des grands évènements, et avait son bureau au Ministère de l'Intérieur. Porte-parole de l'UMP, on mitraille la presse de ses communiqués. Lefebvre est l'un des piliers du bar Sarkozy. Il ne parle jamais des affaires de son patron. Rien sur Neuilly, ses appartements, les escapades "bling bling" du Président. Son blog : fredericlefebvre.com.

Dominique Paillé : "je salue le talent d'auto-destruction du PS".

C'est un autre porte-parole de l'UMP. Il est aigri d'avoir perdu largement l'un des sièges représentant les Français de l'étranger aux élections sénatoriales de septembre 2008: 10,60% des voix, une déroute personnelle. En juin 2007, il avait déjà échoué aux élections législatives dans son fief natal du nord des Deux-Sèvres. En lot de consolation, il est resté conseiller auprès du Président de la République. En 2007, il faisait partie de cette cellule qui réfléchissait pour Sarkozy à comment flinguer politiquement François Bayrou. Initialement proche du leader centriste, son sarkozysme l'a fait adopté les formules de mauvais goût de son patron. Il cherche la petite réplique qui fera mouche, quite à franchir la ligne jaune. Le 26 mars 2004, il a été condamné par la justice, "dans le cadre d'une affaire privée", par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de dix mois de prison avec sursis et 30 000 euros d’amende, pour « abus de confiance ». Il a ainsi prélevé depuis les comptes d'une association qu'il avait créé 40 000 euros pour ses voyages privés et des dépenses personnelles (source).

24 novembre 2008

28 000 expulsions, un ministre Hortefeux heureux.

Brice Hortefeux a de quoi se réjouir. Il n'avait finalement pas besoin de faire expulser 56 Afghans dans un charter commun avec le Royaume Uni, projet auquel il a renoncé cette semaine.

D'après ses comptages, au 1er novembre, les chiffres des expulsions d’immigrés en situation clandestine sur le territoire depuis le début de l’année se sont élevés à 28 000, hors DOM-TOM. Son objectif de 25 000 reconduites aux frontières est largement atteint. En juin dernier, il avait fait état de 28 778 expulsions sur 12 mois glissants. Un confrère revient sur les tensions croissantes que vivent les associations humanitaires dans le Nord de la France. Nous vous avions parlé, il y a quelques jours, de leur grève" des prestations. depuis la fermeture du centre de Sangatte, les clandestins vivent dans la précarité la plus extrême. L'ancien centre était peut-être indigne, mais la "fausse" solution de sa fermeture à l'époque par Nicolas Sarkozy a conduit à une impasse.

Le 12 novembre dernier, il présentait au Conseil des Ministres son "bilan de l'intégration."

Au niveau national, le ministre annonce la création de l’Office français de l’immigration et de l’intégration au 1er janvier 2009, avec pour objectif de moderniser l’administration. Trois objectifs majeurs - la connaissance de la langue, l’accompagnement des familles, l’accès à l’emploi - pourront ainsi être poursuivis en 2009.
Par ailleurs, le Haut Conseil à l’Intégration devrait être saisi d’une réflexion sur les valeurs de la République. Il s’agira de définir les moyens d’enseigner ces valeurs aux nouveaux immigrants et d’en évaluer la connaissance.

Tout occupé à légitimer son immigration choisie, le ministre a mis les boucjhées doubles pour rénover son site web. Je vous invite à le consulter. de liens en liens, on peut tomber sur cette mise à à jour, le 18 novembre, de la liste des métiers "où il existe une tension" sur l'emploi (i.e. des difficultés de recrutements) sur le site du Journal Officiel. Le candidat immigré à l'un de ces métiers ainsi répertoriés ne peut se voir opposé un titre de séjour. Sinon, l'employeur doit notifier l'ANPE et attendre de savoir si des "demandeurs d’emploi français ou étrangers en situation régulière" peuvent se substituer au candidat (source ANAEM).

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

23 novembre 2008

Sarkozy, de Funès de pacotille à Mont-Richard

Cela ne s'invente pas. Nicolas Sarkozy a donc parlé de son "fonds souverain stratégique" dans la petite ville de ... Montrichard, jeudi dernier..

Mon-richard...

A écouter ces quelques mots compilés par l'excellent Politistution, on croit rêver. Le président parle, truffé de tics nerveux, de bons mots choisis, rebondissant à chaque éclat de rire de son assistance. Il dérive, dérape, déconne. (oups ! Vais-je être accusé/arrêté/condamné ?).

A écouter ces quelques mauvais jeux de mots, on se croit ailleurs. Sur l'estrade d'un amuseur de foire, devant un pâle imitateur de Laurent Gerra. Chaque haussement d'épaule est ponctué d'une onomatopée ("Hein ?" "Oh !" "Hé !").

Le président veut humilier, lui qui ne supporte pas la caricature. En fait, il fait le fier.

Un petit garçon, vous avais-je dit.


Aujourd'hui, achetez Marianne


C'est presqu'un devoir pour les lecteurs de ce blog. Marianne dresse donc cette semaine le portrait réjouissant d'une opposition nombreuse, construite, éparpillée et têtue à l'action de Nicolas Sarkozy. L'opposition est de gauche, ou de droite. Mais elle est là.

Merci Marianne, pour ce panorama !

L'hebdomadaire est aussi l'un des plus réguliers dans le suivi concret de l'action présidentielle. Et je ne dis pas cela parce que le site compagnon du journal a la gentillesse de publier mes chroniques hebdomadaires.

Qui se ressemble, s'assemble.

22 novembre 2008

Le blog Sarkofrance n'est pas de droite


Pour faire suite à certaines interrogations de lecteurs fidèles, je tiens à faire cette précision: je ne suis pas "de droite".

L'hebdomadaire Marianne publie un dossier sur les "Anti-Sarko" (dont je vous recommande la lecture).

Il m'y cite parmi les blogueurs de droite anti-sarkozystes.

Ce n'est qu'une erreur.

Le titre de ce ce blog est volontairement confusant depuis le 1er jour. Mon épouse me le rappelle assez régulièrement. Voici pour éclaircir certains lecteurs (et faciliter le travail de Nicolas Princen qui veille sur nous depuis l'Élysée), un court descriptif de la galaxie Sarkofrance.

L'unique objet de ce blog (pas des autres) est de proposer une autre lecture de l'action présidentielle. Nicolas Sarkozy est sans doute la pire expérience politique, économique et sociale que la 5ème République ait connue.

Non, ce blog n'est pas "de droite."

J'ai bien quelques informations, que je distille avec plaisir. Mes amis et proches sont souvent sarkozystes. D'autres trotskystes, écolo, socialistes ou communistes. Pire, quelques Modemistes se cachent parmi eux.

Mais lisez-moi plutôt. Et jugez.

81ème semaine de Sarkofrance : Sarkozy vainqueur par abstention


Pour ceux d'entre nous qui ont modestement couvert (ou suivi) le Congrès de Reims, cette 81ème semaine de Sarkofrance a confirmé une triste évidence : le président français peut être agité, princier, monarque, maladroit, nerveux, paranoïaque, inculte voire incompétent, aucun concurrent valide et valable ne s'est cependant distingué en France depuis mai 2007 pour le challenger durablement.

Un président usé qui abuse
Comme Sarkozy a néanmoins tenu nombre de promesses, elles devaient être finalement mauvaises: la répression criminelle est plus forte, mais les prisons regorgent puisque que la réforme pénitentiaire était le cadet des soucis du nouveau Président. La défiscalisation des heures supplémentaires a grevé le budget de l'État, de la Sécurité Sociale et des retraites sans créer d'emplois. Le durcissement du traitement des chômeurs et pré-retraités a précarisé ces derniers. Les mesures d'économies sur le "train de la vie de l'Etat", par le biais symbolique de suppressions de postes de fonctionnaires sont apparues dérisoires dans le budget et dangereux

Nicolas Sarkozy s'est même permis de mettre le feu inutilement à des secteurs qui ne demandaient rien : citons la révision autoritaire et idéologique des programmes scolaires, la suppression des ressources publicitaires du service public audiovisuel et l'imposition du démarrage des programmes télévisuels à 20h35, ou la réforme de la carte judiciaire.

Dernier gadget, le "fonds souverain d'investissement stratégique." L'idée est séduisante, mais elle est réservée aux PME innovantes et aux entreprises stratégiques. Les salariés licenciés de Renault, PSA, Amora, Sanofi ou du secteur bancaire peuvent aller pointer au chômage ailleurs. Cet argent n'est pas pour eux. D'ailleurs, il n'y a que 6 milliards d'euros, et pas 20.

Un président qui se ridiculise
Il n'y a que quelques blogueurs tenaces et de rares journalistes têtus pour relever systématiquement les incohérences présidentielles. L'agitation médiatique et législative de Sarkozy n'a produit objectivement aucun effet positif sur l'économie et les conditions sociales des Français. A l'exception d'une minorité bénéficiaire du paquet fiscal, la majorité du pays se retrouve aujourd'hui davantage fragilisée qu'hier. Et le président français a beau expliquer crânement qu'il a sauvé la Géorgie, l'Europe politique et le système financier international, il devient la risée des observateurs étrangers. La France n'a jamais aussi bien porté sa caricature: Sarkozy est notre un petit coq gaulois. La première année, il se contentait de jacqueter dans les basses cours des dictatures du monde. Depuis cet été, c'est plus gênant. Il nous humilie devant des plus forts. Obama l'a gentiment snobé en juillet dernier. Medvedev, le président russe s'est gentiment gaussé de ses tics ("le président Sarkozy aime être à la tribune pour parler"). L'estimé Washington Post a critiqué son agitation inutile il y a 10 jours.

Voici cette semaine l'International Herald Tribune qui flingue en bonne et due forme notre Monarque gaulois et son action européenne et internationale: l'Union pour la Méditerranée est oubliée aussitôt passé le 14 juillet; la présidence de l'Eurogroup après 2008 lui est refusée; son Traité simplifié est rejeté; son projet de refonte du capitalisme mondial est repoussée au 31 mars. Plus grave, le journaliste américain pointe l'inconstance dangereuse de Sarkozy dans l'affaire des missiles nucléaires américains à Kaliningrad : le Monarque, debout à la tribune à Nice à côté de Medvedev, critique l'utilité de ce bouclier américain, lui qui encourageait une éventuelle riposte nucléaire contre l'Iran; Puis, il se reprend quelques jours plus tard, après les protestations britanniques, tchèques et polonaises. Un ancien ministre de Tony Blair expliquera plus tard aux participants d'un meeting de l'OTAN en Espagne: "on dirait que Medvedev prend Sarkozy pour une truite grasse et lente qu'il peut dévider à loisirs."

Seul compte le show, pour Nicolas S.


Mais un président sauvé ?
La crise mondiale aidant, Sarkozy a cependant gagné un sursis. Cet été, les sondages se sont retournés. Les Français craignent moins pour leur pouvoir d'achat que pour leur emploi. Le chômage est devenu la première préoccupation de nos concitoyens depuis cet été. Le slogan sarkozyste "Travailler plus pour gagner plus" reste obsolète et anachronique, mais il a tôt fait d'éclipser la misère sociale du pays. Si la gauche ne change pas rapidement son fusil d'épaule pour s'attaquer à la protection de l'emploi et la lutte contre la précarité, elle va une fois de plus passer à côté du sujet essentiel.

Cette récession est en effet pour l'instant une triple bonne nouvelle pour le président: elle masque son échec (paquet fiscal, heures supplémentaires, etc) ; elle divertit les attentions par la peur ; elle replace le discours sarkozyste sur le travail au cœur du dispositif. Car la France entre en récession, les déficits dérapent (mais le gouvernement ne renonce pas à ses échecs fiscaux) et l'administration Sarkozy semble gouverner à vue. Moins d'Etat un jour, Gosplan le lendemain, etc... Une chose demeure, les plus riches sont épargnés.

La coquille vide de l'UMP
Le parti majoritaire n'aide pas le Président. L'UMP a beau jeu de se moquer du Parti Socialiste, et de prendre un air mi-sérieux mi-compatissant ("c'est important d'avoir une opposition en démocratie, mais regardez-les."). Elle n'est pas mieux lotie. Hier agacés par son narcissisme "bling bling" qu'il a dû mettre de côté, les parlementaires expriment de temps à autre leur énervement: Christine Boutin en a fait les frais il y a un mois; Rachida Dati est lâchée en pleine campagne d'impopularité. Au sein même de l'UMP, l'agitation parfois grotesque de Frédéric Lefebvre, l'ancien lobbyiste et conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy devenu député et porte-parole de l'UMP ne doit pas faire illusion.

L'UMP a perdu plus de 100 000 adhérents, Patrick Devedjian nommé à sa tête a été désavoué à plusieurs reprises depuis un an (par la nomination de sarkozystes zélés tels Xavier Bertrand à ses côtés); Jean-Pierre Raffarin, "l'autre patron par intérim" de l'UMP a été sèchement évacué de la présidence du Sénat. Même l'élection du patron des "Jeunes Populaires" s'est soldée par une mascarade à la fin de l'été. Il y a quelques semaines, l'UMP s'était lancée dans des "ateliers du changement" pour "refonder le capitalisme". La liste des 37 propositions est amusante; la présentation de ces dernières à la presse a été l'occasion de nombreuses précautions : en gros, elles n'engagent que les débatteurs mais pas le gouvernement, et certaines ne seront étudiés davantage. Bel exercice de communication.

Nicolas Sarkozy n'a pas plus de réservoir de voix à son extrême droite que le Parti Socialiste n'en a à sa gauche. le FN paraît durablement miné par l'agonie politique de son chef historique, et les récentes élections municipales ont encore prouvé que son électorat n'a pas retrouvé le chemin des urnes.

Une opposition éparpillée façon puzzle
L'opposition politique aurait pu profiter de cet effondrement. Que nenni. François Bayrou pâtit ainsi de son inexistence parlementaire et d'un positionnement toujours ambigü. Cette semaine, il en est venu à intervenir sur les radios pour protester contre le détournement "probable" de son vote à l'Assemblée Nationale : il a été crédité à tort d'un vote favorable à l'allongement de l'âge de la retraite à 70 ans; en fait, c'était juste son voisin de fauteuil qui s'était trompé de bouton... De leur côté, les Verts ont compris la leçon de leur petitesse en acceptant une large union écologiste, de Bové à Hulot, pour le prochain scrutin européen. L'activisme parlementaire de 4 députés ne suffit pas. Le Parti Communiste souhaite lui se coaliser avec le Parti De Gauche de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon, deux dissidents socialistes depuis le 6 novembre. 1,3% + 0% = ? Restons sérieux. Olivier Besancenot travaille à son Nouveau Parti AntiCapitaliste, mais il ne veut pas diriger avec d'autres que lui.

En organisant le plus tard possible son Congrès, le Parti Socialiste a aussi manqué bien des étapes. Le rassemblement de Reims a été salutaire. Il a en effet comprendre à nombre de sympathisants et militants que l'appareil historique du Parti n'était occupé qu'à une chose : contrer Ségolène Royal, les mammouths à la charge, usant et abusant de postures creuses. Que Martine Aubry ait finalement réussi à l'emporter d'une courte tête repousse à plus tard la mise en ordre de bataille du premier parti d'opposition. La base militante est plus apaisée que ces chefs.

Pourtant les mobilisations sociales ou républicaines se multiplient. L'opposision existe, mais elle n'est pas parvenue à se structurer. Les échecs électoraux éparpillent toujours les perdants. C'est la loi du genre. On se dispute, on se chamaille. Le temps presse. Il ne reste 3 ans et demi à l'opposition pour s'ouvrir, se rassembler, se rénover, et organiser la riposte sur le terrain.

Pour le moment, malgré son impopularité rapide et record, le Monarque se frotte les mains.



crédit photo

21 novembre 2008

Sarkozy: le fonds souverain, un bel exercice de communication



Jeudi 20 novembre, à Montrichard, Nicolas Sarkozy a annoncé son plan de relance. En fait, il a juste confirmé la création d’un Fonds Stratégique d’Investissement (FSI), "destiné à renforcer les fonds propres et à stabiliser le capital des entreprises françaises."

«Nous souhaitons faire de la crise une opportunité pour le développement, a déclaré le Président. Puisque les banques sont frileuses et n'investissent pas, nous on financera.»
«On renforce les moyens dans les entreprises, on renforce les universités, on met de l'argent au service du développement, plutôt que dans des politiques dites sociales qui ne font que retarder le drame (...) La meilleure politique sociale, c'est celle qui permet de continuer à investir dans l'industrie, on met l'économie au service du social.» (source)


Sarkozy, le monarque de l'approximation
En fait, l'Etat (directement) et la Caisse des Dépôts et Consignations vont devenir actionnaires d'une société anonyme commune, à respectivement 30% et 70%. En d'autres termes, l'Etat sera un actionnaire direct mais sans minorité de blocage (<34%). style="font-weight: bold;">l'Etat n'injecte pas 20 milliards; cette intervention n'a rien à voir avec les besoins de facilités de trésorerie des la majorité des PME et des petits commerces du pays; les entreprises concernées par ce fonds ne sont pas les plus fragilisées par la récession mondiale.


Qui paye ?

Les 20 milliards apportés au fonds souverain proviennent de deux sources : un apport en numéraire, pour 6 milliards d'euros apportés à part égale par l'Etat et la Caisse des Dépôts (i.e. accroissement de l'endettement public de 3 milliards d'euros); et un apport de titres, celui des participations minoritaires de l'Etat (dans Renault, Air France, France télécom) de l'ensemble des participations stratégiques de la CDC (notamment celle dans Accor, Veolia, la cie des Alpes, Icade). En d'autres termes, si les investissements de ce fonds nécessitent un apport d'argent frais, l'Etat devra sortir du capital des entreprises qu'il juge aujourd'hui non stratégiques pour investir dans ce fonds. Autrement, cette annonce de dotation à hauteur de 20 milliards d'euros est une belle ... fumisterie.

Quelle gouvernance ?
A la tête de ce fonds souverain richement doté, Nicolas Sarkozy a choisi de placer un trio: un représentant de la Caisse des Dépôts et deux patrons du secteur privé. Patricia Barbizet est une dirigeante connue. En 2002, un magazine international la classait parmi les "businesswomen" les plus puissantes du pays. Elle est présidente du conseil de surveillance du Groupe PPR, directrice générale d’Artemis et présidente du conseil de surveillance de Christie’s. C'est une fidèle de François Pinault depuis plus de 20 ans. Le cas de Jean-François Dehecq, président du Conseil d'administration de Sanofi-Aventis dont il a laissé les rênes de la direction générale en février 2007, en troublera quelques-un(e)s. En 2006, le sieur a été (gentiment) épinglé pour sa belle rémunération, la troisième plus forte du CAC40 (3,4 millions d'euros, en augmentation de 9% sur un an). C'est néanmoins un expert des rachats d'entreprises. On profitera peut-être de sa nomination pour lui demander ce qu'il pense des suppressions de postes dans son propre groupe.
La direction de la filiale commerciale du groupe pharmaceutique Sanofi-Aventis en France a annoncé le 2 octobre un "projet de réorganisation" entraînant "la suppression de 927 postes", principalement des visiteurs médicaux. (source)
En fait, la question la plus importante est celle de la gouvernance de ce fonds.

Qui décide ? Comment l'Etat contrôle-t-il l'investissement de ces fonds ? En fait, les règles sont encore floues. A ce stade, il est prévu que "le FSI sera également assisté d’un comité d’orientation associant les partenaires sociaux, des chefs d’entreprises et des économistes à l’élaboration de ses grands axes stratégiques." Mais le comité d'investissement, qui décide concrètement des prises de participations dans les entreprises concernées reste lui relativement flou dans ses modalités d'intervention. Tout au plus sait-on que le FSI doit se concentrer sur deux types d'entreprises : innovantes ou stratégiques.

Les entreprises exclues
Cette aimable formulation présidentielle signifie que les secteurs les plus fragiles ... ne seront pas soutenus: l'industrie automobile (PSA vient d'annoncer plus de 3550 licenciements, après RENAULT; le groupe MOLEX), la distribution (CAMIF), l'intérim, les banques et services financiers.

Maintenant, écoutez donc le discours présidentiel. Sarkozy nous explique qu'il a respecté son délai. Avec une précision et un tic de répétition qui pourrait inquiéter plus d'un médecin attentif, le président insiste : "j'avais dit que je parlerai dans 3 semaines; je parle 3 semaines plus tard." Et il nous annonce une simple opération ... financière. L'embrouille est à son maximum quand Sarkozy explique son exemple du jour: l'État va apporter 85 millions d'euros dans l'entreprise qu'il visitait... qui, dixit le président français, va générer 200 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires. la belle affaire. Le chef de l'Etat affiche son ignorance ou sa démagogie. Investir dans une entreprise n'est ... jamais garanti de succès. Sommes-nous d'accord ?



Lire aussi:

20 novembre 2008

Rachida Dati est-elle grillée ?


L'EXPRESS n'est pas suspect d'anti-sarkozysme primaire. Tout au plus vogue-t-il avec le vent ou se fait-il l'écho, parfois, de la pensée présidentielle. Jeudi 13 novembre, Rachida Dati en faisait la couverture dans des termes peu avenants : "Dati, les raisons d'une disgrâce."

Le modèle
Nous l'avons moultes fois écrit sur ce blog: Rachida Dati est d'abord la voix de son maître : agressivité, bling-bling et agitation. Elle exécute des promesses présidentielles (loi anti-récidive, peines planchers, justice des mineurs, etc). Il y a un an, l'EXPRESS déjà dressait des couronnes de lauriers à la "mystérieuse" ministre à la réussite "balzacienne", sans oser en dévoiler trop sur les raisons de sa promotion fulgurante.
"En propulsant Place Vendôme cette jeune femme frêle et séduisante, ni élue ni énarque, Sarkozy joue le velours de l'opinion contre la bure des préjugés. Rachida: le prénom claque comme une promesse d'avenir pour les enfants d'immigrés. Dati: le nom symbolise une France enfin égalitaire. Du jour au lendemain, la ministre, forte d'une belle cote de popularité, est devenue une héroïne républicaine et glamour."

La curée
Depuis quelque mois, les attaques se multiplient contre la Garde des Sceaux, un an après un enthousiasme initial tout aussi excessif. Mercredi, on apprenait que 534 magistrats avaient signé une pétition contre la ministre. Le texte est révélateur du divorce ("pour faute" ?). Les signataires demandent des excuses à la ministre.

La ministre a réagi dans les colonnes du Figaro : "J'avoue ne pas comprendre la teneur de cette motion". Et d'ajouter: «Notre politique a été demandée par les Français». Ses réponses veulent évacuer, évidemment, la dimension personnelle du conflit. Si la politique mise en oeuvre depuis mai 2007 heurte une partie de la profession, Rachida Dati se voit également (et surtout) reprocher son incompétence, son autoritarisme, et son goût prononcé pour le "bling bling" présidentiel. Son absence totale de solidarité avec la profession et ses difficultés est troublant. Ses maladresses également. Le 16 octobre dernier, elle inventait un cas de mineur récidiviste pour étayer ses propos sur France 2 dans l'émission A VOUS DE JUGER qui lui était spécialement consacrée.

Le dernier scandale
L'affaire de Metz a été la goutte d'eau qui fit déborder la vindicte judiciaire.
Sur une pleine page, les magistrats exposent leurs doléances : ils stigmatisent les «injonctions paradoxales» d'une politique qui, expliquent-ils, développe les peines planchers - poussant ainsi les récidivistes en prison - tout en demandant des aménagements de peine.

Ou encore une garde des Sceaux qui «souhaite une plus grande fermeté pour les mineurs», mais jette l'opprobre, selon eux, sur les ma­gistrats après le suicide d'un jeune détenu.

Depuis plusieurs semaines, «l'affaire de Metz» nourrit l'amertume du corps. À la suite du décès du mineur, Rachida Dati diligente une inspection sur place. Le lendemain matin, elle se rend elle-même sur les lieux. Les conditions de cette inspection - les acteurs ont été interrogés jusque tard dans la nuit - ont donné aux magistrats le sentiment de servir de boucs émissaires. Une polémique est également née autour de l'attitude de Rachida Dati elle-même, qui aurait critiqué l'action du parquet - une version fortement démentie par la Chancellerie. L'événement fait déjà partie d'une liste de griefs que les syndicats de la magistrature ont demandé à l'instance suprême, le Conseil supérieur de la magistrature, d'ar­bitrer. Les sages ont d'ailleurs décidé d'enquêter sur ce sujet, mais l'inspecteur général ne s'est pas rendu à leur première invitation - et n'acceptera pas d'être auditionné par eux (source).

Nicolas Sarkozy sera-t-il encore patient ?

La difficile fiscalité du gouvernement



Ce n'était pas un hasard de calendrier. Eric Woerth, ministre du Budget, avait choisi ses annonces. D'un côté, il avait dû concéder que le déficit budgétaire en 2008 déraperait. Qui eut cru le contraire ? Il sera donc de 51 milliards, contre 38 milliards en 2007 (réévalué à 44 milliards d'euros par la Cour des Comptes en début d'année). C'est la faute à la crise ! Pourtant, à lire les tableaux détaillés de l'exécution budgétaire au 30 septembre, les recettes publiques sont en progression à cette date, alors que les dépenses dérapent déjà de 4 milliards d'euros par rapport à la même période que l'an passé.

Le même jour, le ministre expliquait dans LE FIGARO comment le guichet fiscal unique se mettait en place. En soi, cette mesure devrait simplifier la vie du contribuable. Mais le ministre y voit surtout un avantage, la réduction du nombre de fonctionnaires, sans qu'il affiche un lien de cause à effet entre cette réorganisation et ces suppressions de postes. Pire, les économies sont ... une goutte d'eau par rapport aux déficits aggravés par le paquet fiscal.

"Nous allons dégager une économie de 225 millions à l'horizon 2011, grâce au non-remplacement de 55 % des départs à la retraite. Entre 2003 et 2009, nous avons réduit les effectifs de 10 %, ce qui correspond à plus de 13 000 personnes à la DGFip. Nous allons continuer l'effort dans les années qui viennent. Dès 2009, ils baisseront de 4 %, soit 64 millions d'euros. En 2011, la baisse sera de 7 %, soit 111 millions d'euros."

Dans la nuit de lundi à mardi, les députés ont finalement voté le plafonnement partiel des niches fiscales. Un contribuable ne pourra déduire plus de 10% de son revenu imposable (plus 25 000 euros) de son impôt sur les revenus. En 2007, 7000 foyers fiscaux déclarant plus de 97 500 de revenus annuels n'avaient payé aucun impôt sur le revenu. La mesure adoptée permettrait d'économiser environ 200 millions d'euros. Le gouvernement a fait semblant de se féliciter de cette mesure d'équité fiscale. En fait, les députés sont allés plus loins que ses souhaits.

Le durcissement des conditions de ces défiscalisations n'a été que partiel dans la mesure où certaines niches ont été simultanéement ... assouplies ! Ainsi, les ménages fortunés pourraient être tentés de reporter leurs investissements sur des dispositifs fiscalement avantageux sur plus long terme. Par exemple, le dispositif dit "Malraux" défiscalise de 25 % à 35 % du montant des travaux engagés, selon le lieu, dans la limite de 100.000 euros de travaux : les députés ont étendu la durée de l'avantage fiscal consenti de 3 à 4 ans.

Petit rappel... en video.

Video: sarkozy, réformes, fonctionnaires et PIB

19 novembre 2008

Video: Sarkozy et les grèves fantômes ?

Ateliers des changements de l'UMP: 37 propositions pour ... rien ?


L'UMP se félicite de son unité, à l'heure où le Parti Socialiste se déchire. Bref retour en arrière sur un bel exercice de communication, et de vide politique : on réfléchit à des mesures contre la crise; on en dresse la liste pour les journalistes; et on explique en parallèle que la plupart d'entre elles ne seront pas adoptées.

Drôle ?

La conférence de presse de l'UMP mercredi 12 novembre fut l'occasion de proposer 37 propositions pour résoudre la crise financière et économique, suite aux "Ateliers du Changement" organisés depuis le 15 octobre dernier par l'UMP.

On notera, sans surprise, la récupération politique d'experts "de gauche" tels Bernard Maris, Jean-Paul Fitoussi, ou Robert Rochefort davantage remerciés que n'importe qui d'autre parmi les participants.

Ces Ateliers du Changement sont une nouvelle méthode pour aborder les débats politiques, en "direct" (i.e. retransmis sur Internet). Le sujet des ateliers était la refondation du capitalisme. Rien de moins. Une démarche installée sous l'ombre permanente du président français et son discours de Toulon. Hervé Novelli eut cette phrase, après l'intervention de Frédéric Lefebvre: "c'est une redécouverte !"

L'opération de communication est à son comble quand on écoute l'intégralité de la conférence de presse : ce ne sont que des "pistes", "Sans Garantie du Gouvernement" précisa Patrick Devedjian; le gouvernement pourra "bien sûr" en rejeter certaines; les participants espèrent qu'il en retiendra quand même d'autres; aucune n'engage tous les participants (car certains d'entre eux "n'étaient pas présents tout le temps", ou d'autres "ont transmis leurs idées après les ateliers"). "On ne pense pas avoir trouvé la pierre philosophale" justifie Frédéric Lefebvre.

... Et finalement, Frédéric Lefebvre ne souligna que... quelques pistes :

  1. Créer un poste de gouverneur économique de l'Union Européenne
  2. Séparer les activités de banque de dépôts de celles de banques d'affaires
  3. Développer le télétravail comme une alternative aux délocalisations
  4. Mobiliser une partie du Livret A pour l'accession à la propriété

Les pistes de réflexion de l'UMP

Piste n°1 Inventer une nouvelle banque plus sûre et créer une filière du contrôle

Piste n°2
Renforcer le rôle de l’Etat et des organismes publics de régulation dans la supervision des acteurs financiers ayant une mission d’intérêt général, comme les banques, en permettant notamment à l’Etat de s’assurer de la bonne exécution de cette mission par leur présence systématique au sein des organes d’administration des banques

Piste n°3
Noter les agences de notations

Piste n°4
Faire entrer toutes les « zones grises » de la finance mondiale dans le champ de la régulation

Piste n°5
Mettre en place une réelle régulation européenne et internationale du système financier et faire du FMI le pivot de cette nouvelle régulation financière

Piste n°6
Institutionnaliser les réunions de l’Eurogroupe au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro, pour en faire un véritable gouvernement économique et ce, sans remettre en cause l’indépendance de la Banque centrale européenne

Piste n°7
Désigner un « gouverneur économique » de la zone euro

Piste n°8
Promouvoir un plus haut niveau d’harmonisation fiscale en Europe et limiter le dumping fiscal en définissant pour un certain nombre d’impôts (tel l’impôt sur les sociétés) un système de plancher, comme cela est déjà le cas pour la TVA

Piste n°9
Doter la France d’une politique industrielle adaptée à la mondialisation et aux enjeux du XXIème siècle.

Piste n°10
Faire de l’ « intelligence économique » une priorité de l’action économique de l’Etat

Piste n°11
Créer un fonds souverain à la française, en mobilisant la Caisse des dépôts et consignations et le fonds de réserve pour les retraites (FRR)

Piste n°12

Passer de l’Etat « tourmenteur » à l’Etat « partenaire » des entreprises

Piste n°13
Développer des « pôles d’attractivité » dans les collectivités d’Outre-mer, qui constituent de véritables « porte-avions » de la France dans la conquête des talents étrangers ; installer dans les Caraïbes françaises un « pôle d’attractivité » dédié à l’audiovisuel et au cinéma

Piste n°14
Améliorer l’efficacité de la politique des « pôles de compétitivité » et y associer plus étroitement les acteurs privés

Piste n°15
Réformer la protection sociale en conciliant efficacité, responsabilité et haut degré de protection afin de faire du modèle social français un levier de l’attractivité et de la compétitivité de la France

Piste n°16
Clarifier les compétences économiques des collectivités, pour rationaliser l’ensemble des interventions économiques

Piste n°17
Doter les autorités locales de l’Etat d’une véritable « task force » au service de l’économie, chargée de décliner au niveau territorial les priorités de l’Etat stratège, en lien avec les collectivités et les acteurs privés

Piste n°18
Favoriser l’accès des PME aux marchés financiers

Piste n°19
Favoriser fiscalement la constitution de PME en autorisant le cumul des avantages fiscaux du PEA et du crédit d’impôt pour la création d’entreprise

Piste n°20
Aller plus loin dans la réforme de l’ISF en faveur de l’investissement dans les PME

Piste n°21
Rendre plus transparente et plus compréhensible l’information sur les risques associés aux produits financiers destinés aux particuliers, en améliorant notamment la classification de ces produits et en prohibant toute dénomination qui sortirait de cette classification

Piste n°22
Réformer le système d’aide à la conquête des marchés étrangers par les PME

Piste n°23
Mettre en place un « big small business act » européen

Piste n°24

Mettre la formation professionnelle au service de l’emploi et de ceux qui en ont le plus besoin

Piste n°25
Créer dans chaque grand bassin d’emploi un « pôle formation » fédérant les différents acteurs publics et privés (entreprises, Pôle Emploi, chambres consulaires, établissements d’enseignement professionnel et d’enseignement supérieur, AFPA, etc.)

Piste n°26

Développer le recours au télétravail comme alternative à la délocalisation

Piste n°27
Développer les emplois familiaux

Piste n°28
Imposer à Pôle Emploi une obligation de résultat en fixant des objectifs annuels contractualisés de retour à l’emploi par catégories de demandeurs d’emploi et par zones géographiques

Piste n°29
Libéraliser le travail le dimanche sur la base du volontariat

Piste n°30
Développer les « emplois verts » et saisir les opportunités offertes par le développement durable

Piste n°31
Créer une « agence de l’accession à la propriété », gérant un service public de la caution pour l’achat d’un premier logement

Piste n°32

Mobiliser une partie des fonds déposés sur les Livrets A en faveur de l’accession à la propriété

Piste n°33
Créer un crédit hypothécaire mixte pour aider les plus modestes et les classes moyennes à devenir propriétaires

Piste n°34

Réfléchir à la mise en place d’un système de crédit bail immobilier ouvert aux particuliers

Piste n°35
Libérer du foncier pour faciliter la construction, en incitant les communes à rendre les terrains disponibles constructibles ou en permettant aux préfets de se substituer aux communes défaillantes ; par exemple, les communes pourraient, à l’instar de ce qui se fait en Allemagne, être financièrement intéressées lorsqu’elles rendent constructible un terrain

Piste n°36
Introduire dans la loi SRU un système de bonus, en plus du malus existant, pour récompenser les communes faisant plus que ce que la loi exige, y compris en matière d’accession sociale à la propriété

Piste n°37
Réduire et réorganiser les niches fiscales consacrées au logement et définir des objectifs clairs

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