vendredi 19 décembre 2008

L'économie au bord du gouffre, Sarkozy aussi ?

Hier, une commerçante voisine a rapidement vidé sa boutique de sa marchandise. Dans le secteur, on pense qu'elle voulait éviter les huissiers.
Mardi, pour la 10ème fois consécutive depuis l'été 2007, la FED américaine (Federal Reserve Board) a abaissé ses taux directeurs à ... 0%-0,25%. Elle aussi semble chercher à éviter ses huissiers.

La semaine dernière, l'État allemand a eu quelques difficultés à emprunter 7 milliards d'euros en Bourse pour un malheureux emprunt public.

L'économie mondiale est-elle au bord du gouffre ?
Les Etats Unis vivent une situation quasi-inédite, une gigantesque faillite économique, financière et sociale. En novembre, le pays a confirmé être entré en ... déflation : l'indice des prix à la consommation a connu la plus forte chute de son existence. Mais tout n'est pas encore noir. Ainsi, le salaire hebdomadaire réel moyen des américains (disposant encore d'un emploi) a progressé de 2,3 % en novembre...L'escroquerie Madoff est le dernier coup dur du nettoyage en cours.
Dans un discours prononcé mardi à Chicago et précédent le verdict de la Fed, le président élu américain Barack Obama a également affirmé que les Etats-Unis étaient «à court de munitions traditionnelles en cas de récession» (source Figaro)
Les Etats semblent avoir touché les limites de leur capacité d'endettement. La semaine dernière, la nouvelle a fait grand bruit dans le monde feutré de la finance : "l'Allemagne, pays dont la réputation financière est pourtant irréprochable, a peiné à boucler une émission de dette à deux ans de 7 milliards de dollars. L'événement a d'autant plus frappé les esprits que la même mésaventure était arrivée la veille à l'Autriche et aux Pays-Bas" (source).

Et Sarkozy dans tout ça ?
Dans ce contexte, Nicolas Sarkozy a raison d'expliquer que nous vivons la pire crise que la France, l'Europe et le monde aient connu depuis des décennies. Il fut même le premier des retardataires, de ses collègues chefs d'Etat. En France, la crise est similaire. Dernière nouvelle en date, le montant des impayés des entreprises ont doublé en 6 mois. Le nombre de faillites aurait crû de 30 % à 40 % au second semestre par rapport au premier.

Mardi devant les parlementaires européens, puis devant les journalistes, Nicolas Sarkozy a remis le même couvert qu'un certain 14 janvier 2007 : il a "changé", il aurait gagné en "tolérance et en ouverture d'esprit." Le vrai changement est à chercher ailleurs : Sarkozy recule, lundi sur la réforme des lycées, mardi sur le travail le dimanche.

Aurait-il conscience, lui aussi, d'être au bord du gouffre ?

Le Monarque semble convenir que la situation est grave: après son recul sur la réforme de la seconde, le bourbier de sa réforme audiovisuelle, voici le camouflet suprême : "sa" réforme du travail le dimanche est plantée. Il a accepté jeudi après-midi qu'elle soit reportée à janvier. L'avalanche d'amendements à gauche et la vigueur des débats de la veille ont eu raison de sa détermination.



Dans ce contexte, nous remercions le député René Dosière pour son alerte: l'Elysée vient de réquisitionner 9,2 millions d'euros pour ses propres besoins (photo ci-contre) en matière de missions de Défense (5,3 M) et de Sécurité (3,9 M) au titre de 2008. La dite réquisition a été publiée très discrètement au Journal Officiel (version électronique uniquement), dimanche 14 décembre 2008. Vous avez bien lu, un dimanche, et sur internet seulement. Pour mémoire, le budget de l'Elysée voté dans la loi de finances 2009 augmente de 11 millions d'euros (+11,5%).

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4 commentaire(s):

  1. "En novembre, le pays a confirmé être entré en ... déflation"

    non en récession, en revanche comme le souligne le lien qui suit cette affirmation les risque de déflation a court terme deviennent très élevés. Ce qui serait une catastrophe pour l'économie mondiale.

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  2. Au bord du gouffre ?

    On peut être sûr qu'il va faire le pas en avant. Du plus il se fait bazooker par D. de Villepin.
    lien : http://www.liberation.fr/politiques/0101306490-quand-villepin-dezingue-sarkozy

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  3. Les marchés craignent un effondrement du dollar et de la livre.

    Après avoir dévasté les marchés de crédit puis les places boursières, après avoir envoyé au tapis de petites monnaies, comme la couronne islandaise ou le forint hongrois, la crise des subprimes frappe aujourd'hui les grandes devises internationales. Le dollar et la livre sterling plongent, tandis que l'euro et le yen s'envolent.

    Au lendemain de la baisse sans précédent, mardi 16 décembre, des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), ramenés à 0 %, le billet vert a connu la chute la plus violente de son histoire face à l'euro et il est tombé à son niveau le plus bas depuis treize ans face au yen. La livre sterling, elle, décroche, se rapprochant de la parité face à l'euro. Vendredi 19 décembre, l'euro cotait 1,43 dollar, contre 1,25 dollar il y a à peine un mois. La livre sterling valait 1,06 euro contre 1,30 euro début octobre.

    Le billet vert avait longtemps résisté, de façon un peu surprenante, à la crise des subprimes. En dépit de la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, le dollar avait même gagné du terrain face à l'euro. Mais cette progression avait une explication mécanique. L'aggravation de la crise financière avait conduit les grands investisseurs américains à solder leurs positions, financées par endettement, sur les marchés financiers internationaux. Ce mouvement de "deleveraging", comme disent les spécialistes, avait poussé le dollar à la hausse. Il est aujourd'hui en grande partie terminé, et les données fondamentales reprennent le dessus.

    SCÉNARIO CATASTROPHE.

    Or pour le dollar, les données fondamentales sont très négatives. D'une part, le billet vert est désormais assorti d'une rémunération nulle, ce qui n'est pas fait pour inciter les investisseurs internationaux à en détenir. En comparaison, l'euro rapporte nettement plus - le taux de la Banque centrale européenne (BCE) se situe à 2,5 %.

    Sur le plan économique, la situation des Etats-Unis se dégrade à une vitesse inouïe, avec une envolée du chômage et des craintes de faillite des constructeurs automobiles. La Fed, de son côté, fait fonctionner la planche à billets pour lutter contre la déflation. Cette surabondance de dollars, reflétée par l'envolée de la base monétaire, fait baisser sa valeur.

    La défiance des investisseurs vis-à-vis de la monnaie américaine est accrue par le scandale Madoff. Elle l'est aussi par les doutes quant à la capacité des Etats-Unis à financer leurs déficits jumeaux, celui du commerce extérieur et budgétaire. Les plans de sauvetage bancaire et de relance - le Wall Street Journal affirme, vendredi 19 décembre, que le programme du président élu Barack Obama pourrait atteindre 850 milliards de dollars (597,5 milliards d'euros) - vont faire exploser le déficit public.

    Pour l'heure, les Chinois restent fidèles et continuent à jouer les banquiers de l'Amérique. La banque centrale de Chine a même accru récemment ses acquisitions de bons du Trésor américains. Elle en détenait 652,9 milliards de dollars fin octobre, soit 11,2 % de plus que fin septembre. Mais un éditorial du journal gouvernemental China Daily, mercredi 17 décembre, a averti que la Chine n'entendait pas « financer indéfiniment l'économie américaine ».

    Le risque, en cas de baisse de la demande chinoise lors des adjudications d'emprunts d'Etat américains, serait celui d'un effondrement du dollar doublé d'une flambée des taux d'intérêt à long terme aux Etats-Unis. Le Royaume-Uni, victime des mêmes maux que ces derniers - éclatement de la bulle immobilière, économie financée à crédit, explosion du déficit public - est dans une position monétaire plus délicate encore, la livre sterling n'étant pas une monnaie de réserve. Au point que certains font le parallèle avec la situation de 1976, quand le pays avait reçu l'assistance du Fonds Monétaire International.

    Ce scénario-catastrophe pour les économies américaine et britannique en serait aussi un pour celles de la zone euro et du Japon. Une envolée de la monnaie unique et du yen aurait pour effet d'accentuer les pressions déflationnistes, déjà fortes, dans ces deux zones. Face à ce risque, la Banque du Japon a annoncé, vendredi, une baisse de son taux directeur, ramené à 0,10 %.

    http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/12/19/les-marches-craignent-un-effondrement-du-dollar-et-de-la-livre_1133129_1101386.html

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  4. On ne parle que des marchés là dedans ! Le problème c'est que les euls vrais payeurs dans tout ça sont encore une fois les classes moyennes et les tous petits (chômeurs, MRIstes, Employés, Intérimaires...) qui eux n'ont pas eu, à l'époque où ça rapportait, les moyens de placer de l'argent en bourse. Aujourd'hui, on nous parle de faillites de pertes colossales, de milliards de dollars etc, etc, etc... Les petits et les moyens, n'ont rien à faire de ces gros lards qui se sont enrichi pendant des années sur leur dos. Ils veulent simplement pouvoir offrir des jouets à leurs enfants à Noël et pouvoir continuer à manger à peu près à leur faim dans les années à venir.
    Que les gros qui se sont gavé pendant des années s'étouffent avec leurs dettes et leurs pertes ! On n'en a rien à foutre ! Ils sont dans la merde jusqu'au cou ? Et bien il faut leur mettre un pied sur la tête pour les y enfoncer définitivement.

    Pour l'instant, seuls les petits payent les pots cassés par la chute du pouvoir d'achat et par la flambée des prix à la consommation. Et ça, c'est LE SEUL VRAI DRAME dans tout ça !

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