16 décembre 2008

Réforme de la seconde : Darcos cède au débat


Xavier Darcos veut-il éviter le syndrome Dati ? En 19 mois, il s'est aliéné la quasi-totalité du coprs enseignant. Comme Rachida Dati avec la profession judiciaire, Darcos semble mépriser les personnels de son ministère. Dimanche dernier, il annonçait les grandes lignes de sa réforme des classes de seconde. Hier lundi, le voici qui recule, et reporte d'un an son projet pour "prolonger les discussions sur le lycée, en abordant sans tabou tous les sujets, qu'il s'agisse de la place des enseignants dans ce futur lycée ou de l'équilibre respectif des disciplines."

Darcos récuse les critiques
Il en avait expliqué les grandes lignes dimanche dernier. Le ministre s'était plaint des "perturbateurs" qui s'abriteraient derrière le mouvement lycéen, "qui enflamment des poubelles, jettent des caddies sur les grilles, et qui s'en prennent aux personnes ." Il restait sourd aux critiques sur la suppression de 3000 RASED ("Je ne remets pas en cause le dispositif de Rased en soi, je le fais évoluer"), la réduction des effectifs enseignants, ou les nouvelles formes de protestation ("la plupart de ces mouvements n'ont pour but que la désinformation, comme ces pétitions répétées pour appeler à la non suppression de la maternelle dont je ne cesse de dire qu'elle n'est en aucun cas remise en cause."). Sur RMC le 11 décembre, le ministre s'était déjà fendu d'une formule lapidaire à propos des manifestants: "ils défilent pour des bobars".

La réforme de la seconde
La réforme des classes de seconde consiste d'abord à séparer l'année en deux semestres, avec une semaine de battement entre les deux pour "préparer son orientation", et notamment changer le programme scolaire facultatif du semestre suivant. Les cours seront en effet organisé en 3 parties :
  • Un tronc commun regroupant les enseignements de seconde avec français, maths, l'histoire, deux langues vivantes et les sciences économiques (21 heures).
  • 6 heures d'enseignements complémentaires proposés sous forme de modules, à choisir dans quatre familles thématiques : : humanités, sciences, sciences de la société, technologies.
  • 3 heures personnalisé d'accompagnement personnalisé.
Au total, cela représente 31h30 par semaine. Le ministre explique que c'est la même moyenne qu'aujourd'hui. En fait, il ment. Le volume horaire actuel du tronc commun obligatoire est de 25 heures, contre 21 heures à la rentrée prochaine. Or ce tronc commun sera le socle de l'enseignement obligatoire. Les 6 heures de modules complémentaires pourront être remis en cause au semestre suivant, et les 3 heures de soutien personnalisé ne s'appliqueront pas, par définition, à tous les élèves.

Je vous incite à lire la simulation horaire de CeeCee, qui nous donnera une idée du programme réel de nos enfants.

Darcos recule face à la contestation
Finalement, le ministre a cédé. Reconnaissons-lui l'intelligence politique de ce recul. Ces confidences au Point ce week-end, révélées lundi matin, sont explicites quant à la crainte gouvernementale de voir la contestation durer: "L'opposition devra trouver autre chose". "C'est une décision que j'ai prise moi-même, que j'ai mûrement concertée pendant le week-end, mais évidemment j'ai consulté plusieurs fois le président de la République lui-même avec qui j'ai eu plusieurs entretiens pour qu'il me donne son accorda-t-il ajouté sur Europe 1. "Nous avons trouvé qu'il était convenable de faire ainsi, tout simplement parce qu'objectivement le climat ne se prête pas à avancer sereinement sur une réforme qui est pourtant tout à fait nécessaire".

La contestation a fait la preuve de son utilité pour croyait le contraire.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?
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