"2009, c'est l'année de tous les dangers"
Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, l'affirme: "2009, c'est l'année de tous les dangers, de toutes les possibilités. Personne ne sortira indemne de cette crise". Un temps dopé par le bonus-malus de Jean-Louis Borloo au début de l'année, le secteur a plongé le premier dans la crise. Depuis, les fermetures de site se multiplient: les constructeurs sont touchés (Peugeot, Renault, Ford, Toyota), et leurs sous-traitants suivent (Faurecia, Mefro, Bridgestone, Michelin, Manitou, La Barre Thomas, Molex, Plastic Omnium, Valeo). La crise du pouvoir d'achat puis le resserrement des conditions de crédit depuis septembre ont eu raison d'un secteur très tributaire des crédits à la consommation.
Aux Etats-Unis, les "Big Three" sont au bord de la faillite .... Ailleurs en Europe, les constructeurs cherchent aussi l'aide de l'Etat. En Allemagne, Volkswagen a d'ores et déjà demandé l'aide de Berlin pour ses activités financières et bancaires.
Les promesses présidentielles
Le 6 octobre dernier, Nicolas Sarkozy avait esquivé des manifestants à l'usine de Renault-Sandouville. Que leur promettre ? D'exiger de mettre leur patron au chômage technique ? Dans son "plan de relance" il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy a réactivé la prime à la casse pour toute acquisition d'un nouveau véhicule non polluant. Une mesure anachronique puisque les ménages manquent justement de pouvoir d'achat et de crédit pour de telles dépenses. Carlos Ghosn espère un soutien financier, sous forme de prêts et de garanties bancaires: "Ce que nous demandons à l'Etat, c'est un financement à des termes raisonnables, c'est-à-dire deux ou trois ans, et à des taux raisonnables, de 4 % à 5 %" a-t-il expliqué samedi dernier.
Dès le 1er janvier 2009, le patron de Renault-Nissan prendra sa casquette de président de l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA), "pour obtenir l'aide de 40 milliards d'euros demandée par l'ensemble des constructeurs européens". Le soutien financier de la France pourrait s'inscrire dans cette enveloppe globale. Il devrait être aussi assorti de conditions. "Si l'Etat nous aide, il est normal de s'engager à ne pas fermer d'usines. Je m'y suis engagé", affirme M. Ghosn.Le rendez-vous manqué
Lundi 15 décembre, Nicolas Sarkozy a sans doute raté l'une des plus belles occasions du moment: il pouvait imposer à cette industrie fragilisée d'investir pleinement dans la voiture propre. En échange de quelques subsides, les industriels de l'automobile auraient accepté facilement. Mais le président français n'a rien fait. Il a juste annoncé de belles intentions en faveur de la "réussite du tournant technologique du véhicule décarboné"...
Il s'est d'abord contenté de répéter ses promesses passées. Il s'est ensuite dit ouvert à de nouvelles aides "sous formes de prêts ou de garanties", mais à condition qu'elles soient assorties d'engagement de localisation de l'emploi en France.
- Le décret instaurant le superbonus de 1000 € pour mise à la casse d’un véhicule de plus de 10 ans sera publié dans les prochains jours. Le dispositif s’applique en tout état de cause à compter du 4 décembre 2008.
- Les financements destinés au soutien du crédit automobile ont été versés à hauteur de 779 M€ et atteindront un milliard d’euros d’ici la fin du mois de janvier. Ces financements seront complétés à mesure des besoins, notamment en élargissant la gamme des actifs admis à titre de collatéral en garantie des financements.
- Les constructeurs et grands équipementiers ont confirmé leur engagement de participer au fonds d’investissement et de restructuration de la filière automobile, au côté du fonds stratégique d’investissement. Le fonds sera opérationnel avant la fin du mois de janvier 2009.
- Des instructions seront données aux préfets et trésoriers payeurs généraux pour un examen compréhensif des dossiers de la filière en matière de paiement des impôts et charges sociales.
(source : communiqué de la Présidence)
Puis, le pire est venu : il a chargé son secrétaire d'Etat à la Consommation d'une "mission sur les problèmes de compétitivité de l'industrie automobile française."
On connaît déjà le résultat : "coût du travail trop élevé", "flexibilité insuffisante."
On prend les paris ?

Un automobiliste qui vient d'assister à des hausses spectaculaires et spéculatives du carburant au printemps, ce qui lui a retiré la confiance, n'est pas très enclin à dépenser dans ce secteur. Le même personnage constate une croissance exponentielle du coup d'entretien de sa machine.
RépondreSupprimerSur la route des flics robotisés, transformés en agents du fisc, appliquent une tolérance zéro insupportable et pesante.
Dans l'opinion, tout a été fait pour culpabiser les utilisateurs pourtant non responsables du choix économique "pétrole".
Les prix généraux à la consommation flambent, quand l'inflation est niée. La forte baisse du pouvoir d'achat est une évidence.
La crise financière a achevé le mental du consommateur qui est en position de repli.
Pourtant, ce ne sont pas les bas salaires et les prix qui sont visés par les politiques, mais une "crise" annoncée très dure, alors même que les uns entrainent l'autre.
Que les pays occidentaux se lancent dans le financement d'une hausse générale et sensible des salaires et le problème s'arrangera.
Pour l'instant, il est promis à s'intensifier, puisqu'on finance l'offre avec les fonds de la demande, en diminuant les moyens et les possibilités de cette dernière.
Ce n'est ni plus ni moins qu'un suicide économique, piloté par un libéralisme parvenu au bout de ses contradictions.
Euh, la "voiture propre", cela n'existe pas... c'est un concept marketing relevant du greenwashing ou de l'écobanchiment. La fabrication et l'utilisation d'une voiture, c'est sale! Il y a juste des voitures un peu moins sales que les autres... Mais quand on reprend à son compte ce pseudo-concept de "voiture propre", on se fait le thuriféraire de l'industrie automobile...
RépondreSupprimerTout à fait d'accord. Aucune vision stratégique.
RépondreSupprimerMême quant à la nature de la mission confiée à Chatel il y a maldonne. L'industrie auto française n'est pas confrontée à un problème de compétitivité (en tous cas pas plus que d'habitude), elle est confrontée à une crise mondiale.
La présidence pourrait décider d'aider l'industrie par le marché intérieur français (important) donc par la demande. Ce n'est malheureusement pas la voie choisie.
Budget de l’Elysée : + 9,2 millions d’euros en 2008 (en hausse de 9,1 %), publié seulement au Journal Officiel électronique.
RépondreSupprimerL'Elysée vient d'augmenter de 9,2 millions d'euros son budget initial pour 2008, soit une hausse de 9,1 %, a affirmé aujourd'hui dans un communiqué le député apparenté PS René Dosière.
Cette augmentation s'est faite par « un décret de transfert de crédits en date du 12 décembre 2008, et publié au Journal officiel électronique du 14 décembre 2008 », précise M. Dosière, expert des comptes de l'Elysée depuis les années Chirac.
Vérification faite, un décret au Journal Officiel du 14 décembre 2008 prévoit effectivement 9,2 millions d'euros pour la présidence de la République, sous forme « d'autorisation d'engagement » et de « crédits de paiement ».
En compensation, le même décret annule 9,2 millions de crédits sur les budgets des missions de la Défense (5,3 millions) et de la Sécurité (3,9 millions). Le décret est signé par le Premier ministre François Fillon et par Eric Woerth (Budget).
« Contrairement à l'an passé, l'Elysée n'a pas utilisé la procédure transparente de la loi de finances rectificative qui est actuellement en cours de discussion au Parlement », commente M. René Dosière.
Le député de l'Aisne ironise enfin sur le fait que cette « procédure discrète » n'est pas reprise dans l'édition papier du Journal officiel.
L’augmentation du budget de l’Elysée a seulement été publiée au Journal Officiel électronique, « sans doute par respect du Grenelle de l'environnement et de la lutte contre la déforestation ».
Evidemment qu'il a raté l'occasion !
RépondreSupprimer1000 euros de prime à la casse quand les français sont dans l'impossibilité d'acheter la moindre voiture. C'est un peu donner une miette de pain à qui accepte de jeter sa baguette rassie. Alors qu'il sait pouvoir encore la manger.
Ridicule. Mais le gouvernement a l'habitude du ridicule. Il trempe dedans depuis 18 mois.