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mercredi 7 janvier 2009

Sarko colombe de la paix ou vautour de la démocratie ?

Pendant que Nicolas Sarkozy faisait sa communication politique au Proche Orient, ses proches nous préparaient (mal) leur rentrée : suppression du juge d'instruction ou cacophonie gouvernementale sur la relance,c'est au choix.

Dati revient à temps pour supprimer le juge d'instruction
A l'ordre du jour du mercredi 7 janvier, les voeux du président Sarkozy lors de la rentrée solennelle de la cour de cassation devraient inclure un nouveau projet : la suppression du juge d'instruction. Les avocats sont hostiles. Certains magistrats aussi. Des recommandations n'étaient attendues que pour la mi-février. Comme à son habitude, Nicolas Sarkozy fait sembler d'aimer le débat mais annonce le résultat au préalable (cf. la réforme de l'audiovisuel public). L'ensemble des enquêtes judiciaires seraient désormais confiées au parquet, sous le contrôle d'un magistrat du siège, appelé "juge de l'instruction". Rachida Dati vient d'accoucher qu'elle revient bosser. Elle sera là aujourd'hui, a-t-on appris. Elle assistera à la séance des questions d'actualité au Sénat. Guillaume Didier, son porte-parole à la Justice, a même confirmé qu"il n'y aura pas de vacances du pouvoir à la Chancellerie". Triste exemple.

Les ministres multiplient les gaffes sur la relance
Une salve de contradictions a ponctué la communication gouvernementale de ces derniers jours sur le plan de relance et l'économie. Sur CANAL+, Patrick Devedjian a considéré qu'un nouveau plan de relance serait inutile. Eric Woerth a au contraire expliqué que si le premier plan ne marche pas, il faudrait un second: "si ça ne marche pas (...) si le monde s'enfonce dans la crise, il faut rester agile, mobile". Il a aussi justifié que le gouvernement maîtrisait les dépenses de l'Etat, "à l'exception des dépenses de relance" : ces dernières se chiffrent à environ 80 milliards d'euros, comme l'a noté Yann Barthès sur CANAL+, si l'on considère le plan de 26 milliards, le fonds souverain pour les PME innovantes à 22 milliards et les prêts aux banques pour 40 milliards dont 10 déjà débloqués ! Le ministre du Budget a (re)confirmé que le déficit public serait de 3,9% en 2009 "toutes choses égales par ailleurs." La palme revient cependant à Christine Lagarde : elle a réussi à dresser un éloge au froid hivernal qui frappe la France ces derniers jours qui favoriserait ... les soldes (voir la video).
"Du point de vue des soldes, le mauvais temps, c'est une aubaine ! Parce qu'évidemment, quand on a 12° on n'a pas forcément envie de craquer pour un manteau. Si il fait -3°, on se dit que le manteau, ça vaut la peine."

La réforme du travail dominical est encore reportée
 Inialement inscrit à l'ordre du jour de la rentrée parlementaire pour le 15 janvier, cette réforme contestée a été une nouvelle fois reportée sine die, selon l'ordre du jour de l'Assemblée nationale communiqué mardi et fixé par le gouvernement jusqu'au 25 janvier.
"Ce n'est pas une reculade, assure son porte-parole Luc Chatel. Nous savons qu'il va y avoir de nombreux débats" au Parlement sur le plan de relance et le projet de loi organique de révision de la Constitution et "dans les quinze jours qui viennent il ne sera pas matériellement possible d'examiner d'autres textes, dont le travail du dimanche". Cette décision "n'est pas liée" aux divisions qui ont agité la majorité sur cette proposition de loi, ajoute-t-il. Le secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, insiste, lui, sur le fait que "la détermination du gouvernement reste entière" et que l'absence du texte "dans l'ordre du jour des trois prochaines semaines est simplement mécanique" (source)
La justice de Sarkofrance s'entête sur l'ultra-gauche
"La cour d'appel de Paris a refusé, mardi 6 janvier, la remise en liberté d'Yldune Lévy, compagne de Julien Coupat, mise en examen dans l'enquête sur les sabotages présumés de lignes ferroviaires à grande vitesse," nous apprend LE MONDE. La justice française, agitée par un gouvernement sous pression persiste et signe. L'enquête n'a pas avancé d'un hiota. Mais qu'importe. Pourquoi reste-t-elle en prison ? parce que le juge d'instruction (encore lui !) ne l'a pas encore interrogé depuis son incarcération le ... 15 novembre dernier.

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

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5 commentaires:

Tonio Christi a dit…

Je crois que ce qui me choque le plus dans ce triste tableau, c'est le retour précipité de Mme Dati en conseil des ministres 5 jours après avoir donné naissance à une petite fille qu'elle a sans doute désiré pendant de longues années. Et pourquoi se précipiter ainsi? Pour ne pas laisser de terrain à d'autres, pour ne pas perdre sa place, pour continuer d'exister. Son attitude est sans doute déplorable, mais que ce soit en politique ou en entreprise, la réussite passe souvent, et à plus forte raison pour les femmes, par un sacrifice complet. Triste monde! et comme le disait justement Saramago: Pauvre France!

andykarasi a dit…

Pitoyable cette Madame Lagarde...
Pour la réforme du travail dominical, pourquoi les députés ne se réunissent pas le dimanche...

Anonyme a dit…

Ce qui est choquant aujourd'hui, c'est la maîtrise du langage par le pouvoir. Ilfaut arrêter de reprendre le terme de "réforme" et dénoncer comme étant des "contre réformes", s'agissant de régressions des acquis sociaux. Quand NS prétend qu'l fait des choses il faut faire comprendre qu'il VEUT que les choses se fassent mais le PEUT il réellement (hormis les pécadilles d'une volonté concetrationnaire?) VOULOIR que pourquoi pas mais POUVOIR en sorte que... c'est bcp de réflexion, de concertation et de réelle énergie pour que cela se concrétise....

le chafouin a dit…

Tu es mieux au courant que le juge, dis donc! Rien ne te permet d'affirmer quoi que ce soit sur cette affaire, mais toi aussi, tu persistes et signes.

Je te rappelle que la décision de laisser ces deux là en prison a été prise collégialement, pas par un juge seul. Tu crois au complot collégial?

Juan a dit…

@le chafouin: mille excuses de répondre si tard. On pourrait tomber d'accord tous les deux sur trois choses : primo, si le groupe était si dangereux, pourquoi en libérer 4 sur 6 ? Deuxio, si Sarko connaît qqchose sur leur culpabilité, ne crois-tu qu'il l'aurait fait savoir comme à chaque fois ? Tertio, pourquoi le juge désigné sur cette affaire soit-disant gravissime n'a toujours pas interrogé la dite jeune fille depuis le 15 novembre ?

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