5 février 2009

Ce que Sarkozy ne dira pas ce soir à la Télé


Nicolas Sarkozy intervient jeudi 5 février sur TF1, France 2, M6 et RTL, dans une émission exceptionnelle intitulée « Face à la crise » à 20h15. Une semaine jour pour jour après un mouvement de grève, le 29 janvier, qui a exprimé des protestations diverses et un ras-le-bol général.

Les mesures qu'il ne prendra pas
Sans surprise, le président ne devrait pas remettre en cause certaines de ses mesures "sociales" et fiscales qui pourtant n'ont aucune efficacité face à la crise. Elles participent de la précarité générale, mais, selon Sarkozy, elles sont symboliques de sa "rupture" avec la "France d'avant.
1. La suppression des heures supplémentaires défiscalisées.
2. La suppression de l'offre raisonnable d'emploi
3. Le maintien des remboursement de soins en France (suppressions des franchises médicales, etc)
4. Le maintien des dispositifs de pré-retraites, avec le réalignement de l'âge ouvrant droit à une dispense de recherche d'emploi.
5. L'annulation des suppressions de postes à l'Education Nationale (enseignants, RASED, etc). Elle n'empêcherait pas de réfélechir à l'allocation de ces postes en fonction des priorités.
6. La revalorisation des minima sociaux davantage que l'inflation, la mise en œuvre dès février du RSA (plutôt que juin).
7. La suppression du bouclier fiscal et la taxation des successions.

Le président ne change pas de cap.  Il préfère "communiquer sur la crise."

La fausse relance
Depuis plusieurs semaines, on découvre ce qui se cache derrière le plan de relance de 26 milliards d'euros. Déjà, la tournée des vœux présidentiels avait été l'occasion pour Sarkozy de distribuer ses étrennes, sous couvert de relance économique, et le faire savoir aux clientèles concernées: 100 millions d'euros pour le patrimoine culturel, 100 millions d’euros pour la police et la gendarmerie; 80 millions pour la rénovation des prisons; 600 millions d'euros pour la presse.

Lundi 2 février, François Fillon a remis le couvert, en détaillant un milliers de mesures complémentaires. Nous avons déjà rapporté combien nombre d'entre elles, parmi les plus coûteuses, n'ont rien à voir avec une relance économique : mise aux normes de sécurité de bâtiments universitaires ou hospitaliers, ou d'installations routières; rénovation de monuments; ou dépollution de sites. La crise est aussi l'occasion pour enterrer bien vite certains engagements du Grenelle de l'Environnement, comme la construction d'un second EPR ou l'accélération de construction d'autoroutes.

Un Etat... inactif
Le plan de relance pose aussi la question de l'équité. certaines mesures sont rapidement décidées, rapidement mises en oeuvre. Les 6 banques françaises bénéficiaires d'un prêt de l'Etat de 10,5 milliards d'euros sans contrepartie (autre que les agios) ont reçu leurs fonds dès l'automne. Une seconde tranche est à l'étude. Côté salariés et chômeurs, il faut être patient. François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, a rappelé que le décret d'application sur la meilleure indemnisation du chômage partiel, prévue dans l'accord conclu le 15 décembre, se plaignait de sa parution tardive au Journal Officiel (chose faite depuis dimanche dernier). Depuis le 1er janvier 2009, les heures de chômage partiel auraient dûes être indemnisées sur la base de 60% du salaire horaire brut, au lieu de 50%. Comme le rappelle Politique.net, une extrême minorité des lois finissent par être appliquées. Depuis mai 2007, à peine 25% des décrets d'application des lois votées par les parlementaires ont été publiés !

Nicolas Sarkozy ne parlera sans doute pas non plus de la stèle qui lui a été érigée à Gandrange hier par des ouvriers de Mittal. Il y a un an jour pour jour, Nicolas Sarkozy blaguait avec eux sur son mariage, tout en promettant: "On ne se contentera pas de dire « il n’y a qu’à », on mettra de l’argent dans l’outil de production s’il le faut ». Le groupe venait d'annoncer 575 licenciements sur 1100 postes. Un an plus tard, les suppressions ont eu lieu

9 commentaires:

  1. excellent billet, qui résume de manière quasi exhaustive la plupart des mesures iniques, antisociales, prises par ce gouvernement rétrograde et réactionnaire qui se pique de modernité alors qu'il nous fait régresser de 70 ans en termes d'évolution sociale et sociétale. Bravo Juan, continuons le combat. Tu en es l'un des piliers dans la blogosphère et je te remercie au nom de beaucoup je pense pour ton travail inlassable, qui me laisse sans voix.

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  2. ah oui, voila ce que j'avais oublié de dire, ou plutôt d'écrire : tu aurais pu ajouter l'appel à la délation de Besson et nous voila revenu dans de biens étranges moments d'une histoire qu'on pensait révolue....

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  3. juste un commentaire sur les 100 millions d'euros pour le patrimoine culturel.. Ayant une entreprise de restauration monuments Historiques, je voudrais vous dire combien la crise est grave pour toutes les TPE du secteur..notre boite a déjà licencié 3 salariés sur 8, et se trouve dans la plus grande précarité face à l'avenir.. si on se réfère au rappport Aillagon sur le Patrimoine, ce sont 100 000 emplois induits par la restauration MH qui sont en danger.. n'est ce pas une raison suffisante pour essayer de les sauver, d'autant que ces emplois relèvent d'un savoir-faire irremplaçable concernant les techniques de restauration.. Par contre, le plan relance ne favorise que les grands monuments et quelques petits, ce qui inévitablement va donner les marchés( qui sont d'ailleurs exempts d'appels d'offre jusqu'à 5,5 millions d'euros, bonjour les pots- de vin) aux seules grosses entreprises au détriment des petites, celles ci disparaitront et à terme, quand la crise sera terminée, il restera un monopole des amis de sarko qui fera les prix les plus élevés possibles.. et nous on aura mis la clef sous la porte...voilà la perversité du plan de relance... et je suppose que pour toutes les mesures avancées dans les autres domaines, ne seront favorisés que les Bouygues, Lefèvre, Vinci, etc...Un super Noel, en perspective!à nos frais évidemment!

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  4. @judith : merci pour le témoignage. Ce plan de relance est inéquitable ET inefficace à plus d'un titre. Il fait notamment passer des dépenses inévitables (comme la rénovation des prisons, ou votre exemple) pour un effort de relance.
    @gauchedecombat: je parle de Besson demain. Merci pour le commentaire, mais c'est trop d'honneur. l'actualité nous est servie sur un plateau... malheureusement

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  5. Mais depuis ce matin on sait ce qu'il dira ce soir... et ce que l'on perd en ne regardant pas notre bien-aimé Président :

    http://dominiquehasselmann.blog.lemonde.fr/2009/02/05/exclusif-extraits-de-l%E2%80%99interview-audiovisuelle-de-ce-soir/

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  6. Et depuis ce matin, on sait ce que "valent" sarko et fillon : respectivement 37% et 38% d'avis favorables (sondage TNS sofres. Quand à l'IFOP, l'oragnisme les crédite (toujours respectivement) de 41% et 49%...

    sarko doit être certainement le plus impopulaire des présidents français. Et, chose assez cocasse, son premier ministre est devant lui en indice de satisfaction ce qui est assez rare convenons-en.

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  7. Quand Nicolas copie sur les devoirs d'Obama :
    Non Messieurs le maitre, j'ai pas copié sur mon voisin, nanana

    "Le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, pourrait annoncer, lors de son intervention de jeudi 5 février, le plafonnement des salaires des dirigeants des banques aidées par l'Etat.
    Le plafond de 500 000 euros annuels avait été évoqué. Le plafonnement s'appliquerait d'une manière uniforme à tous les dirigeants d'établissements qui sollicitent l'aide financière de l'Etat."

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  8. allez live blogging pour moi ce soir, meme si ça me coute de ouir sa pollution verbale

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  9. Je n'ai qu'une chose à dire : bravo et, en plus, on peut aujourd'hui dire que vous aviez totalement raison. Heureux de découvrir ce blog ! A très bientôt

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