24 février 2009

Fête de la banane en Sarkofrance


Coïncidence des polémiques cette semaine. Un proche de Nicolas Sarkozy reprendrait la tête de la future seconde banque française, issue du rapprochement des Caisses d'Epargne et des Banques Populaire. Et l'UMP dénonce la "récupération politique" par Ségolène Royal des "évènements" aux Antilles.

François Pérol, la nomination en question
Lundi 23 février, Christine Lagarde a confirmé qu'"il y aura un nouvel établissement qui sera créé pour constituer la fusion". Aux Etats Unis, Barack Obama a fait prêter serment à ses conseillers, il y a un mois, de ne jamais travailler pour une entreprise ou un lobby d'un secteur qu'ils auraient en charge pendant l'intégralité de son mandat. En France, cette précaution éthique ne semble pas de mise. L'Elysée se refusait à confirmer la nomination de François Pérol à la tête de la banque issue de la fusion de l'Ecureuil et de la Banque Populaire. François Pérol a conseillé Nicolas Sarkozy quand il était ministre des Finances en 2004, puis l'a rejoint à l'Elysée en mai 2007, après un passage à la banque Rotschild, comme secrétaire général adjoint et conseiller en matière de politique financière. les compétences ne l'homme ne sont pas en cause, bien au contraire. Jean-Louis Bianco, député PS proche de Ségolène Royal, a même déclaré que cette nomination éventuelle ne le dérangeait pas.

Pourtant, la question éthique se pose: François Pérol travaille sur la régulation du secteur financier et le voici qui rejoindrait une banque majoritairement privée. Primo, on peut supposer qu'il a eu connaissance d'informations privilégiées sur l'ensemble du secteur bancaire, et donc sur ses futurs concurrents. Deuxio, il aura sans doute l'écoute présidentielle mieux que d'autres à un moment où les banques doivent être sous contrôle. Tertio, il a largement travaillé sur le dossier de fusion proprement dit entre ces deux banques françaises. Les critiques contre cette nomination sont multiples. Benoit Hamon, pour le Parti Socialiste, s'est sans doute planté en fustigeant une mainmise de Sarkozy lui-même sur les banques («ce n'est pas que l'Etat Sarkozy, c'est le patronat Sarkozy»).... François Pérol travaillera pour l'intérêt de son futur employeur, pas pour Sarkozy. Jean Arthuis (Nouveau Centre) a jugé cette décision "extrêmement choquant(e)". François Hollande a également parlé de problème déontologique. La bonne décision aurait été de se contenter de nommer des administrateurs représentant l'Etat, puisque ce dernier sera vraisemblablement un actionnaire significatif de la nouvelle entité. Après des garanties bancaires sans contre-parties, voici un président de la république qui tombe dans l'excès inverse en faisant nommer l'un de ses proches à la tête d'un établissement en pleine crise. A quand Henri Guaino patron de la Poste ? République bananière ?

Ségolène Royal aux Antilles
L'UMP a violemment critiqué le déplacement de l'ancienne candidate en Guadeloupe pour les funérailles du syndicaliste du LKP tué la semaine dernière: "Je suis venue en amie des peuples antillais et guyanais, d'abord pour rendre hommage à un syndicaliste tué" a-t-elle expliqué. Faudrait-il rester coi et distant ? Si Nicolas Sarkozy a la trouille, sincère, de venir en Guadeloupe dans les conditions actuelles, par crainte de débordement, c'est avant tout son problème. Ségolène Royal, comme Olivier Besancenot, font leur travail d'opposant et de responsables politiques en se déplaçant là où ça fait mal. Jean-Louis Bianco a justement rappelé que "C'est ridicule, c'est débile de réagir comme ça. Ségolène Royal est sur place parce qu'elle connaît très bien les lieux [elle a passé quelques années dans l'île voisine de la Martinique, dans son enfance, NDLR]. C'est le monde à l'envers, car ce qui est choquant, c'est qu'aucun membre du gouvernement ne s'y trouve".

13 commentaires:

  1. @ Juan : Je suis d'accord avec toi. On est en pleine fête de la banane !
    Un proche de sarko à la tête de ce qui va devenir la plus grande banque fraçaise. On aura tout vu ! Par dessus le marché, question concurence déloyale, là, c'est kafka ! Les autres banques auront toujours un train de retard. Honteux et lamentable, comme d'habitude chez sarko !

    Ségolène est aux antilles et après ? C'est vrai que ce qui est choquant, c'est qu'aucun membre du gouvernement n'y soit allé ! Nous sommes dirigés par des lâches qui préfèrent légiférer sur le travail du dimanche ou sur les aides accordées aux grandes entreprises pendant que d'autres se font butter comme des chiens. Ca me fout les nerfs en boule ! Et pendant ce temps là, il y a des abrutis qui passent leurs journées à poster des réponses débiles contre "les socialos" de ce blog alors que ceux qu'ils tentent désespérément de défendre n'ont même pas les c******s de se bouger vraiment le cul pour que ça aille mieux.

    Doublement honteux et doublement lamentable !

    Pardon Juan... Je m'emporte, je m'emporte et j'en oublie de te dire combien ton analyse est juste et vraie.

    RépondreSupprimer
  2. Les compétences de F. PEROL
    sont reconnues, mais le problème d'éthique se pose car il a été l'architecte de la fusion Caisse d'Epargne/Banque populaire.
    Des remarques violentes sur le voyage de Ségolène Royal en Guadeloupe cinglent de la part de l'U.M.P. et du MEDEF local.
    On se demande pourquoi ?

    RépondreSupprimer
  3. @iceman : tu ne t'emportes pas, c'est la réalité qui nous emporte ! :-)
    @Jane : je crois qu'on a la réponse . :-)

    RépondreSupprimer
  4. Devant la situation apocalyptique des banques françaises, Sarkozy a paré au plus pressé. La Caisse d'Epargne est en faillite. Sarkozy n'a pas voulu l'annoncer et il a bien fait. Vous imaginez la panique ?

    Donc Sarkozy a nationalisé DE FACTO la Caisse d'Epargne pour la sauver de la faillite, et il a nommé à sa tête le secrétaire adjoint de l'Elysée.

    Je répète que Sarkozy a paré au plus pressé.

    Quand la nationalisation de la Caisse d'Epargne - Banque Populaire sera terminée, Sarkozy nationalisera les autres banques françaises, qui sont elles aussi en faillite.

    http://www.jpchevallier.com/article-28300671.html

    RépondreSupprimer
  5. Washington se prépare à nationaliser Citigroup et Bank of America pour les sauver de la faillite, alors que :

    - Citigroup a un ratio capitaux propres / dettes de 8,4 %.
    - Bank of America a un ratio capitaux propres / dettes de 10,79 %.

    Et en France ?

    Prenons deux exemples : la BNP et la Société Générale.

    BNP :
    Total dettes : 2 016 581 millions d’euros.
    Total capitaux propres : 58 968 millions d’euros, soit seulement 2,92 % des dettes.

    http://media-cms.bnpparibas.com/file/38/4/etats-financiers-4t2008.6384.pdf

    Société Générale :
    Total dettes : 1 089 116 millions d’euros.
    Total capitaux propres : 40 887 millions d’euros, soit seulement 3,75 % des dettes. (En fait, c’est même 2,79 % parce que la Société Générale a menti sur ses capitaux propres).

    http://library.corporate-ir.net/library/21/217/217918/items/324870/87B0CCAB-9166-4D4A-84A1-D62197186AD3_etatsfinancier.pdf

    RépondreSupprimer
  6. et sarko avait déjà mis un de ses proches à la tête de Dexia il y a quelques mois...

    RépondreSupprimer
  7. Juan, Ségolène, un responsable politique ? Où as-tu vu ça ? Elle n'est "que" présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, et pas chef de parti... Je ne vois pas en tant que qui/quoi elle se rend là-bas, si ce n'est pour s'afficher partout où le pouvoir sarkozyste n'est pas et tirer la couverture à elle.

    Après Washington, Pointe-à-Pitre : tout est bon pour racler la gamelle. Là-dessus, le MEDEF et les élus (PS) guadeloupéens ont bien eu raison de la basher.

    RépondreSupprimer
  8. L o L à en pleurer24 février 2009 à 19:38

    c'est un brun bizarre d'entendre parler de nationalisation des "banques", alors que depuis une quinzaine / vingtaine d'année on a surtout entendu parler de privatisation des banques, secteur automobilies, telecom, poste, hopital.

    Et le plus bizarre dans cette situation est la présence de Sarkozy, dans cet élan.
    Serait il communiste ?

    RépondreSupprimer
  9. @Nick Carraway : tu chipotes. Cela ne t'a pas échappé que la miss a été candidate à l'élection présidentielle et qu'elle a tjs envie d'y retourner en 2012 ?

    RépondreSupprimer
  10. @ BA :

    Les ratios des banques américaines sont non avenus, vu la part de "faux" dollars qu'elles comportent. Les bilans en Euros sont les seuls qui vaillent encore quelque chose, mais pour combien de temps est une autre question.

    Quant aux nationalisations, ce serait plutôt une excellente nouvelle dans le contexte courant d'un point de vue politique, il est donc difficile de croire que le régime bananier ne communique pas davantage là-dessus et mette l'accent sur la guadeloupe.

    RépondreSupprimer
  11. Pantouflage de François Pérol : le gros mensonge de Sarkozy.

    Nicolas Sarkozy a manifestement quelques soucis avec la déontologie. Depuis Rome, lors du sommet franco-italien, le président de la République a déclaré devant la presse que la future nomination du secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol, à la tête du futur groupe Caisse d’épargne — Banque Populaire ne posait pas de « problème » aux yeux de la Commission de déontologie.

    Cette dernière est censée se prononcer en cas de pantouflage, c’est-à-dire de départ d’un fonctionnaire vers le privé, pour vérifier qu’il n’existe pas de conflits d’intérêts potentiels.

    D’après Sarkozy, cette Commission de déontologie « a donné son point de vue, et son point de vue a été communiqué aux deux banques. Il sera rendu public et vous verrez qu’une fois de plus, c’est la différence entre une polémique et un problème. De problème il n’y en a pas ».

    Il semble que le président de la République prenne ses rêves pour la réalité. Car la Commission de déontologie n’a pas été saisie du cas Pérol. Et ne s’est pas réunie pour en discuter. « On n’a jamais évoqué le cas de François Pérol, assure un membre de la Commission, puisque notre prochaine réunion est prévue pour le 11 mars ».

    A l’Elysée, un porte-parole tente de rattraper le coup en expliquant que « la Commission ne s’est pas encore réunie, mais elle a émis un avis "off", positif, qu’elle a communiqué aux banques. C’est ce qui se passe dans les cas d’urgence ».

    En réalité, il semble bien que cette procédure d’urgence soit totalement inconnue : « Cela fait des années que je siège à cette Commission, et à ma connaissance une telle procédure n’a jamais été convoquée », selon le membre de la Commission interrogé par Libération.

    Le président de la Commission de déontologie, Olivier Fouquet, n’a pas souhaité répondre à nos messages.

    Quant aux banques, elles refusent de dire si elles ont ou non reçu le fameux avis « off » de la Commission. Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas de problème…

    http://www.liberation.fr/economie/0101321567-pantouflage-de-perol-le-gros-mensonge-de-sarkozy

    RépondreSupprimer
  12. David75

    Si les banques sont en faillites, c'est toute l'idéologie et le dogme de l'UMP qui est en faillite.

    On nous répète en boucle depuis des années que l'état donc les serviteurs de l'état n'avait pas vocation ni de près ni de loin à diriger ni à gérer des banques, ni aucune entreprise d'ailleurs.

    la nomination de Perol ...

    RépondreSupprimer
  13. Ben ouais mais sarko n'est pas pragmatique, il est dogmatique. Nuance.

    RépondreSupprimer

Merci par avance de votre commentaire. Les insultes, les commentaires racistes, antisémites, pornographiques, révisionnistes, sexistes ou en général tout sujet contraire aux valeurs humanistes ne sont pas acceptés.
Les commentaires PEUVENT être modérés et donc censurés.