12 février 2009

Sarkozy et la réforme du système financier

Lors de son discours émission télévisuelle du 5 février dernier, Nicolas Sarkozy s'est attardé sur la réforme du système financier. Il a pointé les traders du doigts, demandé à ce que l'on ferme les paradis fiscaux, et appelé de ces voeux une grande réforme du système financier mondial à l'occasion du prochain G20 en avril prochain avec Barack Obama.

Les paradis fiscaux, à qui la faute ?
On a peine à comprendre pourquoi Nicolas Sarkozy a tant de mal à faire un sort aux paradis fiscaux fussent-ils européens. Depuis le temps qu'il en parle... Didier Migaud, le président (PS) de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale a critiqué vendredi dernier ce "décalage entre les discours et les actes aussi incompréhensible qu'inacceptable." Mardi soir en effet, le directeur général de la BNP, auditionné par les députés, avait déclaré que la question des paradis fiscaux "n'avait jamais été abordée par les pouvoirs publics dans le cadre des contreparties exigées" en échange du soutien de l'Etat. Alors, hypocrite ou incompétent ?



Les traders, je t'aime moi non plus.
Jeudi 5 février, Nicolas Sarkozy avait eu des mots très durs contre les traders. Vendredi, on apprenait, des services de Christine Lagarde, que les banques françaises allaient d'elles même soumettre à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, "des engagements visant à encadrer la rémunération des traders." Georges Pauget, président de la Fédération bancaire française (FBF), doit présenter sous peu un rapport sur le sujet. Y comprenez-vous quelque chose ? Quand il y a trop d'accidents de la route, on ne demande pas un rapport à l'Automobile Club !

François Fillon avait taclé les socialistes, les accusant d’avoir exonéré d’impôt et de charges le « bonus des traders » avant 2002. La réalité est différente. Laurent Fabius, alors ministre des Finances, a effectivement allégé la fiscalité des gérants de fonds.

L'Etat-banquier
Aux critiques qui lui reprochaient d'avoir imprudemment prêté aux banques quelques 10 milliards d'euros l'automne dernier sans contreparties véritables comme une place dans leurs conseils d'administration, Sarkozy avait répondu que l'Etat n'a pas à devenir banquier. ce ne serait pas son métier. Lundi 9 février, l'Etat est devenu banquier, en annonçant un prêt de 6 milliards d'euros sur 5 ans aux constructeurs Renauld et PSA Peugeot Citroën, à un taux d'intérêt de 6% "au lieu des 11 à 12% consentis actuellement par les banques." Les 3 contreparties obtenues sont le maintien de l'emploi (pas de plan social en 2009), des usines en France (pas de délocalisation) et une modération des dividendes aux actionnaires. Nicolas Sarkozy n'a pas repris l'idée de Barack Obama de plafonner la rémunération des patrons des entreprises concernées.
Si l'Etat est actionnaire à 15% de Renault, il n'a aucun intérêt dans PSA Peugeot Citroën. Il est donc devenu banquier. Coïncidence facheuse, Nissan, détenue à 40% par Renault, annonçait le jour même la suppression de 20 000 postes dans le monde...


Au fait, sur le front de l'économie "réelle", les nouvelles du jour ne sont pas bonnes : l'Unedic prévoit 282.000 chômeurs de plus en 2009 et 250.000 emplois détruits. PSA a annoncé 6 à 7000 suppressions de postes en France (tiens, où sont les contreparties du soutien de l'Etat aux constructeurs ?); et Nicolas Sarkozy devra aller s'expliquer à Bruxelles : "Ce plan automobile sert bien à nos voisins européens parce que si on n'avait pas engagé ce qu'on a engagé au service de PSA et de Renault, c'est leurs implantations partout en Europe (notamment en République tchèque et en Slovénie où une partie de la production a été délocalisée, ndlr) qui s'en trouveraient menacées" avait déclaré le président français. Vraiment ?

Et si les déclarations présidentielles en faveur d'une refonte du système financier n'étaient qu'un leurre supplémentaire ?

9 commentaires:

  1. ca me rappelle la phrase d'un philosophe disparu, je crois du 20ieme siecle :
    "on m'aurait menti ?"...

    merde, j'chuis con d'avoir laissé un commentaireau pire, j'vais m'faire insulter de gauchos-bobos par un@nonyme, au mieux etre ficher ...

    Arrrff...

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  2. "Sarkozy avait répondu que l'Etat n'a pas à devenir banquier. ce ne serait pas son métier": argument fallacieux comme d'hab avec notre naboléon!

    un actionnaire n'est pas du tout partie prenante (ou très rarement) dans l'opérationnel de la société dont il détient des actions...

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  3. "Sarkozy avait répondu que l'Etat n'a pas à devenir banquier. ce ne serait pas son métier

    en mettant de l'argent dans le scteur automobile, l'etat devient mecano ?

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  4. Le 25 mars 1957 a été signé le traité de Rome. Les 6 membres fondateurs de l'Union Européenne sont la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas ... et le Luxembourg !

    Le Luxembourg !

    Un paradis fiscal est présent dans l'Union Européenne depuis le 25 mars 1957 !

    Et tout le monde trouve ça normal !

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  5. Débat très structurant et de haut niveau enfin sur France Inter ce matin :

    D'un côté : Todd / Gréau et de l'autre Saint Etienne.

    Il va falloir que Monsieur S choisisse entre un crédo libéral ou un crédo néo protectionniste.

    Pendant ce temps, Pernaut fait honneur à son métier sur TF1:

    http://disparitus.blogspot.com/2009/02/une-demonstration-dindependance.html

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  6. Débat très structurant et de haut niveau enfin sur France Inter ce matin :

    D'un côté : Todd / Gréau et de l'autre Saint Etienne.

    Il va falloir que Monsieur S choisisse entre un crédo libéral ou un crédo néo protectionniste.

    Pendant ce temps, Pernaut fait honneur à son métier sur TF1:

    http://disparitus.blogspot.com/2009/02/une-demonstration-dindependance.html

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  7. taper sur les traders, où les prendre comme bouc émissaires de la crise , c'est un brun facile pour Nicolas. ça lui permet de passer sous silence la responsabilité des directoires des banques dans le contrôle des passages d'ordre des traders. ça exonére de toutes responsabilités les instituions de controles bancaires.

    et en plus vu qu'ils ont gagnés de coquettes sommes les années précédentes, cela permet de montrer du doigts des personnes pas franchement populaires auprés de la populations.

    des boucs émissaires bien choisits, bien trouvés et qui ont vraiment bon dos, façe à tous ceux qui n'ont pas contrôlés les transactions bancaires.

    Nan, Bien joué, là je dois dire.

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  8. Je me demande si c'est bien le rôle de l'Etat de transporter des ministres en vacances par exemple !
    Concernant l'automobile, ce que je ne pige pas c'est qu'on a donné des dizaines de milliards aux banques pour remettre de l'eau dans les tuyaux de la machinerie financière et que quelques semaines après, c'est à nous qu'il revient de prêter aux constructeurs ! Y'a pas comme un problème ?
    Ce n'est pas Sarko et Fillon qui nous expliquaient que l'Etat ne pouvait pas faire de pret direct aux entreprises et qu'il fallait obligatoirement financer d'abord les banques ?
    :-))

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  9. @ kropotkine : Bobo ??? Pas grave, on est tous des bobos mais on en est fiers pas vrai ? Et puis, il vaut mieux être un bobo qu'un mouton ou une chèvre qui ne voit même pas ce qui va lui arriver. Le grand méchand loup est dans la bergerie mais il ne bouffe pas tout le monde pour le moment... Faut en garder pour plus tard. Et les bobos ne seront peut-être pas ceux qu'on croit ;)

    @ Juan : Oui, je crois que tu as résumé en une phrase l'idée du concept sarkosien : envoyer des leurres. Et se tirer vite tant qu'il est (semble être) temps.

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